Logo ={0} - Retour à l'accueil

Voie ferrée de Rochefort à Cognac

Dossier IA17050924 réalisé en 2017

Fiche

Œuvres contenues

Dénominationsvoie ferrée
Aire d'étude et cantonVallée de la Charente - cantons du département 17
AdresseCommune : Rochefort
AdresseCommune : Tonnay-Charente
AdresseCommune : Cabariot
AdresseCommune : Champdolent
AdresseCommune : Bords
AdresseCommune : Saint-Savinien
AdresseCommune : Taillebourg
AdresseCommune : Saint-Vaize
AdresseCommune : Bussac-sur-Charente
AdresseCommune : Fontcouverte
AdresseCommune : Saintes
AdresseCommune : Chaniers
AdresseCommune : Saint-Sever-de-Saintonge
AdresseCommune : Rouffiac
AdresseCommune : Montils
AdresseCommune : Brives-sur-Charente
AdresseCommune : Salignac-sur-Charente

La voie ferrée de Rochefort à Cognac, longue de 72 kilomètres, est le premier tronçon de la ligne Rochefort - Limoges. Elle est mise en service en mai 1867, quelques mois avant l'inauguration du segment Rochefort - Angoulême. Réalisée par la Compagnie des chemins de fer des Charentes, cette ligne, à l'étude depuis 1852, est déclarée d'utilité publique le 14 juin 1861. La compagnie, dirigée par l'ingénieur Georges-Henry Love à partir de 1857, établit à Saintes, au point à peu près central de ses concessions, un service de la construction de la ligne, sous les ordres de l'ingénieur des Ponts et Chaussées Perreau. Un autre service est créé sous la direction de l'ingénieur Bonnefonds pour la construction du matériel fixe et roulant (rails, coussinets, traverses en bois, voitures, wagons, signaux, ateliers...). Ces deux services préfigurent les futurs Ateliers de Saintes. Les superstructures des ponts métalliques sont mises en adjudication en 1865.

Le premier convoi d'essai circule en janvier 1867 entre Cognac et Rochefort. Dans cette ville est utilisée, dans un premier temps, une gare, située près du bassin n° 2 et construite pour la ligne Aigrefeuille-Le-Thou - Rochefort (prolongement sur la ligne Paris - La Rochelle), ouverte en 1857 par la Compagnie d'Orléans. Après quelques années, la Compagnie des Charentes fait construire sa propre gare à 500 mètres de la précédente, mise en service en 1873.

La section de Rochefort à Saintes emprunte la rive droite du fleuve en suivant ses méandres. Au-delà, au sud-est de Saintes, la ligne franchit le fleuve entre les communes de Chaniers et de Saint-Sever, à Chauveau, pour se diriger vers Cognac. L'établissement de la voie suppose la construction de nombreux ouvrages d'art : ponts plus ou moins grands livrant des passages inférieurs ou supérieurs, passages à niveau, mais aussi aqueducs pour permettre l'écoulement des eaux. Il affecte aussi le réseau routier qu'il faut dévier ou modifier. Le plus généralement, la voie contourne ou passe à l'écart des bourgs tels ceux de Saint-Savinien ou Salignac-sur-Charente, à l'exception toutefois de ceux de Taillebourg ou Chaniers qu'elle traverse.

La construction de la voie est facilitée par le choix de longer le fleuve dans sa vallée, toutefois le franchissement de certaines zones nécessitent des travaux plus importants de fouilles, de terrassement ou de consolidation, comme à Saint-Savinien où les voies passent au-dessus des galeries des carrières de pierre, ou bien à Tonnay-Charente où une large tranchée doit être pratiquée dans une colline. Deux grands ponts à tablier métallique assurent la traversée de la Boutonne et de la Charente.

L'implantation des gares est choisie en fonction de l'importance des zones desservies et de manière à les distancer de 4 à 10 kilomètres. La possibilité d'une desserte des communes, de la rive gauche pour la section en aval de Chaniers et de la rive droite en amont, est un critère essentiel. Les passages à niveau se situent aux croisements de la ligne avec les routes et chemin principaux, qui mènent souvent aux prairies et à la rive du fleuve, et parfois à des passages d'eau. Les travaux de 33 maisons de garde et de 9 gares sur le territoire de la Charente-Maritime sont adjugés à M. Dufau aîné, certaines des petites maisons de passage à niveau sont bâties par des entrepreneurs locaux sous-traitants.

En 1867, il faut 1 h 10 pour rallier la gare de Saintes à partir de Rochefort, pour une distance de 44 kilomètres. Le service journalier consiste alors en trois convois aller-retour. Au début des années 1880, une deuxième voie vient compléter l'unique des débuts.

Différents embranchements et lignes complémentaires vont venir s'ajouter à cette voie. Une ligne directe Rochefort - La Rochelle est ouverte en décembre 1873, qui permet de relier Nantes à Saintes. Elle est dotée d'une bifurcation vers Fouras en septembre 1883. A partir de 1874, la gare de Beillant, au sud du pont, sert d'aiguillage entre les voies reliant, vers l'est, Cognac et, vers le sud, Coutras (sur la ligne de Nantes à Bordeaux par La Rochelle et Rochefort). En 1878, la Compagnie des chemins de fer des Charentes est reprise par la Compagnie des chemins de fer de l'Etat. Cette même année, un aiguillage à Taillebourg permet d'atteindre la gare de Saint-Jean-d'Angély, sur la ligne du réseau secondaire ouverte en 1881 jusqu'à Niort. Puis, en 1889 est créée la bifurcation à Cabariot vers Le Chapus et l'île d'Oléron. Enfin, en 1912, la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Royan, par Saintes, est mise en circulation. Les liaisons avec Paris se font par La Rochelle ou par Angoulême. Grâce à l'ensemble de ces voies et à l'implantation d'ateliers de réparation du matériel roulant en 1877, Saintes devient un important carrefour ferroviaire.

Après la mise en service de la voie La Rochelle - Rochefort, la création de nouvelles petites gares ou haltes fait l'objet de demandes de la part des habitants des communes traversées par la ligne ou limitrophes. Les refus sont motivés par le souci de préserver des temps de trajet raisonnables, mais la gare du Pontreau à Bussac-sur-Charente est ainsi bâtie en 1889.

Les deux gares d'importance de la voie, celles de Saintes et de Rochefort ont leur partie voyageurs reconstruite, la première en 1897-1898 et la seconde vers 1913. Elles comprennent des bureaux pour l'administration et d'autres pour la distribution des billets, des salles d'attente, une halle métallique au-dessus des quais et des voies, des bâtiments pour les services des marchandises et des ateliers.

Pour l'établissement de la voie ferrée, la Compagnie des Charentes utilise le transport fluvial ; elle demande, dès 1864, l'autorisation de bâtir un appontement en bois au port de Tonnay-Charente pour "conduire en wagonnet, des navires aux lieux de dépôt, les matériaux de construction qu'elle reçoit sur ce point en très grande quantité." Le trafic des ports de Rochefort et de Tonnay-Charente l'amène très vite à miser sur la complémentarité des deux types de transport, et l'installation de Tonnay-Charente sert bientôt au transvasement d'autres marchandises. En 1890, les chemins de fer de l'Etat établissent un deuxième appontement, complété, vers 1915, par un troisième.

Des embranchements particuliers desservent des usines qui communiquent aussi, généralement, avec le fleuve pour l'importation des matières premières, à l'image de l'usine de produits chimiques Saint-Gobain de Tonnay-Charente, installée entre la voie ferrée et la Charente et dotée de son propre ponton dans les années 1920. Certains distillateurs, qui exportaient auparavant leurs eaux-de-vie par voie fluviale, demandent également la création d'embranchements particuliers, comme M. de Laage pour relier ses magasins à la gare de Saint-Savinien, dès 1879.

Dans les années 1890, l'expédition des pierres des carrières locales se fait à la fois par les ports et par les gares les plus proches, celles de Rochefort, Saint-Savinien, Taillebourg et Saintes. Entre les années 1880 et 1930, la ligne de Rochefort à Saintes voit ainsi son trafic tripler, pour les voyageurs comme pour les marchandises. Cette croissance correspond dans le même temps à une nette diminution de la navigation sur le fleuve. Cependant, dès les années 1920, le voyage en train est concurrencé par celui en autobus, moins cher et plus commode. Parallèlement, le fret ferroviaire tend à être remplacé par le transport par camions. Ce déclin du trafic ferroviaire se fait lentement et, dans les années 1960, les acheminements par la voie ferrée de poissons rochelais vers Bordeaux et le sud de la France sont encore nombreux par exemple.

A partir de 1937, comme toutes les autres lignes, celle de Rochefort - Limoges relève de la SNCF.

La ligne Rochefort - Cognac est toujours en activité de nos jours, mais certaines des voies secondaires ont fermé, comme l'embranchement de Cabariot vers Le Chapus, ou celui de Taillebourg vers Niort. Au fil du temps, les petites gares ont fermé, certaines ont disparu comme celles de Cabariot, de l'Hôpiteau (Bords) ou du Pérat, les autres appartiennent à des particuliers. La gare de Tonnay-Charente a été démolie en 2010, mais l'arrêt est conservé. Les passages à niveau ont été automatisés, rendant superflus les postes de gardiens, et les maisonnettes ont été vendues à des particulier ou ont été démolies. Seule la gare de Saint-Savinien a conservé sa halle à marchandises d'origine.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Auteur(s)Auteur : Perreau Etienne Simon
Perreau Etienne Simon (1827 - )

A l'école des Ponts et Chaussées en 1849.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
ingénieur des Ponts et Chaussées attribution par source

La voie ferrée de Cognac à Rochefort est la portion de la ligne reliant Angoulême à Rochefort dans le département de la Charente-Maritime, depuis Salignac-sur-Charente, le canal du Né constituant la limite entre les deux départements charentais. Son parcours fait 72 kilomètres de long. Elle dessert les gares et stations du Pérat, Brives-Chérac, Beillant, Chaniers, Saintes, Taillebourg, Saint-Savinien, Bords, Tonnay-Charente et Rochefort.

Le pont de Beillant est le seul pont de franchissement de la Charente sur la ligne Rochefort - Cognac, mais d'autres ponts permettent de traverser des cours d'eau, comme la Boutonne à Carillon ou le canal de la Daurade à l'entrée est de Rochefort, ou encore des voies routières. La voie ferrée est elle-même surplombée par des ponts pour les croisements avec les routes principales aux endroits où elle est encaissée, mais il existe surtout des passages à niveaux, au nombre de 64 en 1872. Beaucoup d'entre eux sont établis aux croisements de la ligne avec les chemins d'accès aux passages d'eau de la Charente.

La ligne borde directement le fleuve sur sa rive droite à Taillebourg, entre le bourg de Saint-Vaize et les Mailleaux, entre les Motillons, sur la commune de Bussac-sur-Charente, et Lormont-Haut, sur Fontcouverte, ainsi qu'à Portublé, sur Chaniers. Sur la rive gauche, la voie ferrée ne serpente jamais à moins de 200 mètres du fleuve.

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1864, 13 juin : Approbation ministérielle du projet d'implantation de la partie de la ligne de Rochefort à Saintes comprise entre le 7e kilomètre et la rivière Boutonne.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 5 S 91
  • 1864, 29 novembre : rapport de l'ingénieur Guillemain relatif à la demande de construction d'un appontement au port de Tonnay-Charente par l'ingénieur Perreau pour la Compagnie du chemin de fer des Charentes.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 5 S 91
  • 1872, 29 février : Etat de classification des passages à niveau de La Rochelle à La Roche-sur-Yon et de Rochefort à Angoulême, par l'ingénieur de l'entretien et de la surveillance.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 5 S 57
  • 1879, 23 janvier : courrier du ministère des travaux publics au sujet du raccordement des magasins de M. de Laâge et Cie avec la gare de Saint-Savinien.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 5 S 397
Bibliographie
  • Blier, Gérard. Saintes, centre ferroviaire. Norois, année 1963, volume 38, n° 1.

    p. 133-138
  • "Chemin de fer des Charentes ; rapport présenté à l'assemblée générale du 23 avril 1864". Gazette de l'industrie et du commerce, n° 417, samedi 7 mai 1864.

    p. 4-5
  • "Chemins de fer, Compagnie des chemins de fer des Charentes ; assemblée générale du 8 avril". Gazette de l'industrie et du commerce, n° 465, samedi 15 avril 1865.

    p. 3-4
  • "Compagnie des chemins de fer des Charentes ; assemblée générale du 30 avril". Gazette de l'industrie et du commerce, n° 521, dimanche 13 mai 1866.

    p. 3-4
  • Enjalbert, H. La création du réseau routier et des voies ferrées. Etudes locales : bulletin de la Société charentaise des études locales, mai 1939.

    p. 107
  • Le Dret, Yves. Le train en Poitou-Charentes : t. 1. Editions les Chemins de la Mémoire. Saintes, 2004.

    p. 39-63
  • "Les ports français et la guerre". Le génie civil : revue générale des industries françaises et étrangères, 37e année, Tome LXXI, n° 12, 22 septembre 1917.

    p. 188-189
  • Répertoire des carrières de pierre de taille exploitées en 1889, Paris : Librairie polytechnique Baudry et Cie, 1890.

    p. 50-53
  • "Love (Georges-Henry)". Biographie nationale des contemporains, Paris : Glaeser et Cie, 1878.

    p. 472

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Moisdon Pascale