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Villiers Couture : demeures

Dossier IA17049808 réalisé en 2001

Fiche

Dénominationsdemeure
Aire d'étude et cantonVals de Saintonge Communauté - Matha
AdresseCommune : Villiers-Couture

L'analyse des maisons et fermes ou anciennes fermes prend en considération les constructions antérieures aux années 1950. En l'absence de documents ou de dates portées sur les bâtiments, la datation se base principalement sur l'étude et la comparaison des formes architecturales et des décors.

L'inventaire topographique n'a pas mis en évidence la présence d'éléments d'habitat du Moyen Age. Les constructions de la période moderne (17e ou 18e siècle) sont en revanche bien présentes. Le plus souvent, il s'agit d'éléments isolés conservés dans des bâtiments remaniés par la suite, mais il subsiste néanmoins quelques rares ensembles de cette période conservés en grande partie en l'état (notamment impasse des Lauriers). Cette datation a pu être attribuée grâce à des baies chanfreinées, c'est-à-dire taillées en biseau, caractéristiques du 17e siècle. Les constructions du 18e siècle peuvent présenter des linteaux en arc segmentaire, que l'on retrouve aussi au début du 19e siècle.

Comme partout en Vals de Saintonge, une grande partie des habitations a été remaniée ou reconstruite au 19e siècle. Ce renouvellement traduit un certain essor économique notamment lié à la culture de la vigne. On relève un ralentissement net de la construction au cours de la 2e moitié du 19e siècle, suite à la crise du phylloxéra et à un important exode rural. Les maisons du 19e siècle sont généralement identifiables à leurs ouvertures à linteaux droits et feuillures, souvent réparties en travées, et aux décors saintongeais récurrents (double génoise dans la 1ère moitié du 19e siècle, solin, bandeau et corniche à partir du milieu du 19e siècle).

La construction de la 1ère moitié du 20e siècle est rare sur la commune. Les maisons plus récentes (non étudiées) de la 2e moitié du 20e siècle sont également peu nombreuses. Nombre de bâtiments ont en revanche fait l'objet, au cours des dernières décennies, de remaniements plus ou moins importants pour satisfaire aux exigences du confort moderne. Ces transformations sont davantage visibles dans les villages que dans le bourg.

Période(s)Principale : Temps modernes, Epoque contemporaine

Un habitat groupé

La commune de Villiers Couture possède un habitat regroupé principalement au centre de son territoire, autour de deux pôles, le bourg et La Touche. Seul le hameau Chez d'Aigre fait exception, à la limite de la commune de Fontaine Chalendray. Le reste des terres est entièrement dévolu à l'agriculture ou à la forêt.

De taille moyenne, le bourg est établi à proximité de croisements des routes d'Aulnay, Chef Boutonne, Ruffec, Aigre. Il est difficile de classer l'organisation du bourg dans un schéma de développement. Il s'approche par certains aspects du village rue : l'axe principal, la rue de Cognac, dessert plusieurs impasses de faible ampleur, auxquelles la rue du Moulin fait exception. Il procède également du village carrefour, la route de Cognac et la rue du Moulin se croisant au centre de l'agglomération, au niveau de la place du Monument. Enfin, la proximité du gros village de La Touche classe généralement la commune parmi les villages bi-polaires. Toutefois, cette proposition est plus difficilement acceptable, car les deux pôles sont très nettement distincts.

Au sein du bourg, le bâti est dense et l'espace peu aéré, à l'exception de la place au centre du village, qui a pris la place de l'ancien cimetière. En comparant le cadastre napoléonien de 1834 et le cadastre actuel, on constate que le bourg a conservé intacte son organisation ancienne.

On ne compte que deux villages sur la commune, La Touche et Chez d'Aigre. La Touche s'est développée sur le chemin reliant Romazières à Couture d'Argenson. Chez D'Aigre se trouve dans une petite cuvette à l'entrée sud de la commune. Il faut également mentionner La Métairie, à l'origine ferme isolée aujourd'hui incluse dans le bourg, ainsi que Bethléem, créé au 19e siècle et par le même processus inclus aujourd'hui dans La Touche. D'autres hameaux sont signalés par le cadastre de 1834, mais ils ont aujourd'hui disparu.

L'empreinte des activités agricoles

Les fermes ou anciennes fermes représentent une large majorité des éléments recensés dans cette commune où le travail de la terre a de tous temps été la première activité.

L'analyse du plan des fermes montre que la plupart d'entre elles s'est implantée et développée sans souci d'organisation préalable. Ainsi, le plan à bâtiments dispersés dans une cour ou celui à bâtiments jointifs sont de très loin les plus fréquents et représentent la quasi-totalité des ensembles recensés. On trouve également quelques fermes de plan massé, à bâtiments organisés autour d'une cour ou de plan allongé, mais elles restent rares.

Les anciennes fermes de Villiers Couture comptent un logement, plus rarement plusieurs. On rencontre plusieurs ensembles comportant deux à trois logements de taille modeste. On compte peu de grandes exploitations telles qu'on en rencontre beaucoup autour de Matha.

Le nombre et la taille des dépendances agricoles varie selon la richesse de la propriété. A Villiers Couture, elles sont généralement de petite taille et peu nombreuses. On note la présence d'étables, de granges, de toits à bêtes, de hangars et parfois d'un four à pain ou d'une buanderie. Les trous à pigeons et les creux à moineaux sont fréquents. Certaines fermes disposent de leur propre puits, la majorité devant s'approvisionner aux très nombreux puits communs que l'on peut encore voir dans les impasses et les quéreux.

Une architecture simple

Excepté quelques rares exemples, les logements de Villiers Couture accusent une certaine simplicité. De manière générale, le moellon enduit et la tuile creuse constituent la base de l'architecture locale. En effet, la totalité des façades est en moellon de calcaire, généralement enduit : aucune maison n'est édifiée en pierre de taille, matériau plus noble et plus coûteux. Même simplicité dans la couverture avec l'emploi systématique de la tuile creuse, l'ardoise est absente.

Les principales typologies utilisées pour classer l'habitat de la commune sont la cellule charentaise et la maison saintongeaise. La première est un logement de dimensions réduites, comportant généralement une pièce unique en rez-de-chaussée surmontée d'un comble à surcroît autrefois réservé au stockage des grains, et dont les façades comptent une, deux voire aucune travée et peu ou pas de décors. La seconde est une habitation plus vaste, souvent avec un étage habitable voire un comble à surcroît en plus, une façade à plusieurs travées et des décors davantage présents.

Les deux catégories sont bien représentées à Villiers Couture. Toutefois, la taille des logements est généralement modeste et le nombre de travées relativement restreint. Les maisons à quatre ou cinq travées sont très exceptionnelles. En revanche, il n'est pas rare d'observer de petits logements à pièce unique, à une ou deux travées, voire à baies disposées sans ordre.La décoration des façades est tout aussi sobre.

Les principaux décors, typiques de la région, sont le solin (partie légèrement saillante à la base d'une façade), le bandeau (bande horizontale marquant les niveaux), la double génoise (deux rangées de tuile décoratives au sommet d'une façade) et la corniche (surplomb mouluré au sommet d'une façade). Les décors plus élaborés, tels que les encadrements d'ouvertures moulurés, les corniches de portes ou les agrafes sculptées sont rares.

Références documentaires

Bibliographie
  • Pays des Vals de Saintonge, CAUE 17. Atlas architectural, 1999.

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