Dossier IA64003041 | Réalisé par
Ehlinger Maïté
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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Villa Ene Maitia
Auteur
Ehlinger Maïté
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Commune de Bidart

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bidart (commune)
  • Commune Bidart
  • Lieu-dit Oyamberria
  • Adresse chemin de Ene Maitea
  • Cadastre 1831 A 150  ; 2017 BC 155
  • Dénominations
    maison
  • Précision dénomination
    maison de villégiature
  • Appellations
    Villa Ene Maitia

D'après les matrices cadastrales, en 1841, la veuve Curet fit construire une maison sur la parcelle 150 de la section A du plan cadastral de 1831. Cette grande parcelle était bordée à l'ouest par le chemin Bichipau et à l'est par un ruisseau. Elle accueillait également, sur une parcelle indépendante, une grange qui fut détruite en 1891 par son propriétaire Firmin Dartaguette. Toujours d'après les matrices cadastrales, en 1919, Louise Sauvé, alors propriétaire, fit agrandir la maison. Elle possédait alors six ouvertures ordinaires. En 1927, Marthe Régnier acheta la maison et la parcelle 150 qui fut divisée en deux ; l'autre partie fut cédée à Henri Alaguillaume qui fit construire la villa En Solitude.

Marthe Régnier (1880-1967) était une actrice et chanteuse renommée à Paris. Depuis 1916, elle était mariée au secrétaire de l'ambassade du Brésil en France, José de Oliveira. D'après la presse locale, la comédienne connut la Côte basque en jouant notamment en 1907 Mademoiselle Josette, ma Femme au théâtre de Biarritz et en séjournant à l'hôtel des Princes de Biarritz au printemps 1910. Elle participait à la vie mondaine de la côte. Elle présida la partie de pelote internationale qui se joua au stade Aguiléra de Biarritz, en septembre 1923. Elle présenta également les chapeaux de sa maison de couture Marthe Régnier lors du grand gala des Glaïeuls organisé au Pavillon Royal, en septembre 1925. D'après la perspective et le plan au sol publiés dans la revue "Jardins et cottages " du 1 janvier 1926, Charles Siclis avait dessiné une villa de plain-pied pour Marthe Régnier. En comparant, la perspective avec une photo aérienne de 1938, il semblerait que la villa de Charles Siclis fut réalisée. La villa avait un plan à retours, le volume principal tourné vers le sud abritait la pièce principale, l'entrée était située sur la façade ouest et la chambre ainsi que la cuisine et la salle de bains étaient regroupées au nord dans le retour. D'après les matrices cadastrales, elle fit également construire une conciergerie qui correspond aujourd'hui à la maison située sur la parcelle BC 154 du plan cadastral actuel. Les services étaient accessibles, au nord, par la cour (conciergerie, potager, puits et cuisine). Charles Siclis avait pensé la villa avec un patio comportant une fontaine qui devait se profiler dans la perspective de la façade sud mais aujourd'hui aucun document ne permet d'attester sa création. Ce qui est certain, c'est que Marthe Régnier fit appel, quelques années plus tard, en 1932, aux frères Gélos, architectes et paysagistes pour l'aménagement de son jardin. Les plans conservés ne font pas état de la présence d'un patio. Ils présentent une parcelle irrégulière déclinant en pente douce vers le sud. La villa était implantée dans l'axe du portail d'entrée mais elle lui tournait le dos pour regarder vers le sud-est, vers les Pyrénées. Il semblerait que le plan de l'architecte Charles Siclis fut adapté car l'accès aménagé sur la façade ouest a complètement disparu et l'entrée principale était aménagée sur la façade sud que l'on atteignait en suivant à droite une allée pavée. Une allée courait jusqu'au point de vue situé à l'extrémité de la parcelle, en longeant d'abord la roseraie puis en passant par la salle d'observation qui se composait de 3 bancs arrondis protégés d'une pergola.

D'après la presse locale, dans les années 1930, Marthe Régnier souhaita quitter la scène parisienne et s'investit d'avantage au Pays Basque. Ses séjours à Bidart devinrent de plus en plus longs. Elle invita à sa villa l'écrivain Pierre Benoit (1886-1962), Henri de Rotschild et l'actrice Spinelly qui possédait également une résidence à Bidart, la villa Etche Spi. Elle fit des dons au préventorium de Pé Martin, participa aux parties de chasse à la palombe organisées par le député Jean Ybarnégaray, souscrit au Comité d'entraide des mobilisés de Bidart et allait chaque vendredi au cinéma "Le Royal" à Biarritz. Après son décès, la villa fut modifiée par l'ajout d'une extension accolée sur la façade nord qui formait désormais une façade régulière décorée d'un faux pan de bois. En 1997, la propriété fut bordée au sud-est par l'autoroute A63. En 2009, la propriété fut divisée en trois : la conciergerie devint une maison d'habitation individuelle, l'intérieur de la villa fut modifiée et le jardin fut acheté par une société pour y construire un immeuble à logements supprimant les aménagements des frères Gélos. Les transformations contemporaines de cette maison qui présente désormais "un style basque" témoignent d'un rejet de l'architecture moderniste des années 1920.

La villa est située sur le chemin de Ene Maitia. Implantée au centre de sa parcelle, elle se compose d'un volume de plan massé qui comporte un rez-de-chaussée, un étage carré et une toiture à deux pans dissymétriques. Les façades sont enduites et l'étage carré présente un faux pan de bois.

La villa est accessible par un portail aménagé sur le chemin de Ene Maitia. A l'origine, il fallait passer devant la conciergerie avant d'accéder à la cour antérieure. Désormais le portail d'origine n'ouvre que sur la conciergerie transformée en maison.

  • Murs
    • enduit
    • faux pan de bois
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    1 étage carré
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée

Documents d'archives

  • Matrice cadastrale de Bidart, propriétés foncières bâties, 1910-1957.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : E dépôt Bidart 1G5
    Case 220.

Bibliographie

  • VIGATO Jean-Claude. L'architecture régionaliste : France, 1890-1950. Norma, 1994.

    P.178.

Périodiques

  • La gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz : journal républicain indépendant littéraire, mondain et d'intérêt local (1893-1934).

    10 octobre 1932, p. 1 ; 18 décembre 1934, p. 1.

Documents figurés

  • Villa Ene Maitia : calques.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : Fonds Gélos. 141J583
  • Atlas cadastral napoléonien, 1831.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : E dépôt Bidart, 1G1
    Section A
Date d'enquête 2018 ; Dernière mise à jour en 2019
(c) Commune de Bidart
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
Ehlinger Maïté
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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