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Villa des Roseaux, actuellement mairie et bureau de poste.

Dossier IA00046740 réalisé en 1977

Fiche

Œuvres contenues

AppellationsVilla des Roseaux
Destinationsmairie, bureau de poste
Dénominationsvilla
Aire d'étude et cantonArrondissement de Montmorillon - Lussac-les-Châteaux
Hydrographiesla Vienne
AdresseCommune : Gouex
Adresse : 3 rue de la mairie
Cadastre : 1811 C 973 ; 2019 OC 0542

La Villa des Roseaux a été édifiée à l'emplacement d'une importante propriété, dénommée « La Sicarderie » (nom qui vient probablement de son propriétaire, René Sicard attesté en 1676), qui figure sur le plan cadastral napoléonien de 1811. Elle appartient alors à Jean Gabriel Savin, un riche cultivateur qui est également maire de la commune. L'état des sections nous apprend que la maison compte 1 porte cochère et 11 portes et fenêtres de premier et second étage. Le plan montre un bâtiment en U, dont la façade antérieure est orientée à l'est vers la rivière Vienne, avec 2 petits pavillons en retour d'équerre de part et d'autre. La propriété reste dans la famille Savin, jusqu'à sa vente par Jeanne Savin,épouse Dumas, à Armand Henri Delacoux des Roseaux et son épouse Suzanne Leroy de Lenchères, le 5 octobre 1879. Il s’agit alors d’une propriété de plus de 3 hectares d’un seul tenant composée d'une maison d’habitation entre cour et jardins et ses servitudes : écuries, granges, toits à porcs ainsi que des jardins, des prés et des terres labourables.

Fils de Théodore Delacoux des Roseaux, médecin à Montmorillon, Henri meurt le 2 mai 1882 à l'âge de 32 ans. Les travaux de construction de la villa étaient engagés comme en témoigne l'inventaire après décès établi le 12 juillet 1882, faisant état des sommes dues pour la construction de la Villa. C'est l'architecte Beausoleil, plutôt connu pour son travail sur le mobilier religieux au sein de l'atelier Saint-Hilaire, qui assure la maîtrise d’œuvre. Les travaux sont confiés pour la plupart à divers artisans de Gouex ou des environs. En mémoire de son commanditaire, la villa prend le nom de Villa des Roseaux, inscrit en fer forgé sur la grille d'entrée. Remariée à Evariste Thonnard du Temple puis de nouveau veuve, Mme Delacoux vend la propriété à une SCI parisienne en 1936.

C'est le député-maire Fernand Maillocheau qui propose en mars 1951 à son conseil municipal d'acheter la villa des Roseaux susceptible d'être prochainement vendue. Il y voit la possibilité de réunir « [...] dans un beau décor suffisamment spacieux […] la mairie, la poste et les bains douches [...] ». A cette époque, en effet, la mairie est installée dans une seule pièce à l'arrière de l'ancienne cure, située rue Romaine. L'acte de vente passé en mars 1953 décrit ainsi la villa : " [...] comprenant au sous-sol cuisine, office, cellier et cave avec pompe ; au rez-de-chaussée vestibule avec vaste véranda à la suite, salle à manger, salon et water closets ; au 1er étage quatre chambres, deux cabinets de toilette et corridor. Au second étage cinq chambres avec grenier au-dessus. Cour d'entrée dans laquelle se trouvent au nord une maison d'habitation de concierge avec grange, écurie, toits et servitudes et au sud un bâtiment composé de garage, écurie, cellier et dépendances ; grand jardin potager et prairie, traversée par un ruisseau alimenté par une source [...] ". Des travaux de décloisonnement et d'aménagement de bureaux sont entrepris avant l'installation des services en 1955. Le bureau de poste est installé dans l'ancienne maison d'habitation du concierge.

La dernière campagne de travaux a eu lieu en 2013.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Dates1879, daté par source
1882, daté par source
Auteur(s)Auteur : Beausoleil Adolphe architecte attribution par travaux historiques

Bien que de dimensions modestes, la Villa des Roseaux n'en présente pas moins les caractéristiques d’une villa. Implantée en retrait de la route dans une cour fermée par un muret et une grille en fer forgé, la villa est orientée est-ouest. L'inspiration néogothique domine et se traduit par les fenêtres à croisées, les larmiers encadrant le dessus des baies décorés d’un arc en accolade, et enfin par les pinacles qui décorent les lucarnes centrales des deux façades. La villa est enduite, les encadrements de baies et chaînages d'angles sont en pierre de taille harpée. Le toit à croupe en ardoise est assez élevé. Il est orné de 4 souches de cheminée.

La façade ouest présente 3 travées d'ouvertures parfaitement symétriques s'élevant sur 4 niveaux apparents séparés par des cordons, dont un niveau de soubassement et un étage de comble éclairé par des lucarnes pendantes à fronton triangulaire sur les côtés et pinacle au centre. Les pleins de travée sont appareillés. La porte d'entrée est placée au centre et on y accède par un perron. C'est une porte à 2 battants à panneaux supérieurs vitrés dont l'encadrement rectangulaire aux angles adoucis est accosté de 2 demi pilastres reposant sur une pierre saillante. L'entablement est sobrement décoré.

La façade est s'ordonnance avec la même symétrie que la façade ouest mais présente 2 caractéristiques supplémentaires : d'une part l'étage de soubassement visible dans sa totalité et d'autre part la véranda au centre du rez-de-chaussée surélevé, de forme demi-circulaire et à laquelle on accède par un escalier suspendu de chaque côté.

Côté cour, au nord se situe l'ancien logement des domestiques prolongé vers l'est d'une écurie et abritant aujourd'hui le bureau de poste. Il est composé d'un rez-de-chaussée et 1 étage, 3 des 8 ouvertures de la façade sud présentent un arc surbaissé. Côté sud se trouve une ancienne écurie et grange, s'élevant également sur 2 niveaux. Contrairement au bâtiment situé au nord qui est enduit, celui-ci est enduit à pierres-vues. Sa façade nord présente 4 ouvertures en arc surbaissé, dont une ancienne porte cochère murée depuis.

A l'arrière de la villa, à l'est, s'étend le parc, dans lequel on peut admirer plusieurs arbres centenaires et, côté nord, la piscine municipale, 1ère piscine de plein air du département de la Vienne.

A l'intérieur, bien que très remanié suite à l'installation des services de la mairie en 1957 sont conservées, au rez-de-chaussée, deux cheminées en marbre rose dont une, autrefois située dans la salle à manger, est surmontée d'un chauffe-plat. Sur les manteaux, les deux grands miroirs à encadrement doré semblent également d'origine.

Mursenduit
Toitardoise
Plansplan rectangulaire symétrique
Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage en surcroît
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans croupe
Escaliersescalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
escalier de distribution extérieur : escalier symétrique en maçonnerie
Jardinsgroupe d'arbres
Techniquesferronnerie
Précision représentations

Transcription : "Villa des Roseaux"

Statut de la propriétépropriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • Minutes notariales de Joseph-Célestin Rougier-Labergerie, notaire à Lussac-lès-Châteaux, 1839.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 E 99/25
  • Minutes notariales de Théodore-Charles Parcellier, notaire à Persac, 1882.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 E 101/47
  • Gouex, plan parcellaire du cadastre napoléonien, section C, par MM Vignaud et Guignard, 1811.

    2e feuille Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 4972
  • Gouex, bien communaux bâtis. Mairie, acquisition de la villa des Roseaux : projet d'installation d'un bureau de poste, de bains-douches et d'une cantine scolaire.(1957-1954). École, acquisition (1944-1946) ; installation des sanitaires (1950-1951) ; construction de la maison de l'instituteur (1956-1959) ; appropriation de locaux (1962). Cimetière, concessions (1941-1948). Piscine, construction (1955-1965). Immeuble, acquisition de la maison Lacarte (1956). Bâtiments communaux, installation du chauffage (1953).

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 601 W 332
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Renaud Madeleine - Favreau Myriam
Favreau Myriam

Archiviste de 1998 à 2018. Chercheuse à l'inventaire du patrimoine depuis 2018.


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