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Verrière figurée : la Crucifixion

Dossier IM23005151 réalisé en 2011

Fiche

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Dénominationsverrière
Aire d'étude et cantonLimousin - Le Grand-Bourg
AdresseCommune : Saint-Pierre-de-Fursac
Cadastre : 2014 BN 01 75
Emplacement dans l'édificeScaristie

La sacristie de cette église, accolée au flanc sud de son chevet plat du 14e siècle, paraît dater des premières années du 16e siècle. Elle était initialement la chapelle des seigneurs de Chabannes. Cette annexe s’éclaire de deux fenêtres, l’une placée à l’est, l’autre au sud ; seule la baie orientale conserve des restes de sa verrière d’origine mais le petit monument, autrefois dit « chapelle aux vitraux », avait probablement reçu un décor complet. La verrière qui subsiste en partie, une grande Crucifixion, était déjà fragmentaire avant 1846, lorsqu’elle fut décrite par l’abbé Texier, qui lui assignait une datation voisine de 1550. Or, l’œuvre comportait jadis à sa base les armoiries de la famille de La Roche-Aymon, de sable semé d’étoiles – ou de molettes d’éperon - d’or, au lion rampant de même armé et lampassé de gueules, qui avaient été relevées en 1716. Ces armes permettent de préciser l’identité du commanditaire : il ne peut s’agir que de Jean II de La Roche-Aymon, né en 1441, héritier de Chabannes en 1464 au décès de son père Jean I, seigneur de Saint-Maixent, sénéchal de la Marche et lieutenant général du duc de Bourbon, lui-même mort en mars 1511 et inhumé dans l’église, près du portail sud. Les portraits qui occupaient la partie inférieure du vitrail - on distingue encore, à gauche de la composition, le buste du donateur, placé devant saint Jean qui pose sa main sur son épaule - étaient donc ceux de ce personnage, bailli de Mâcon et gouverneur du Languedoc en 1489, et de sa femme Madeleine de Montalembert, âgés d’une soixantaine d’années vers 1500, date approximative à partir de laquelle l’œuvre a pu être réalisée. La seigneurie de Chabannes revint après 1511 à leur seconde fille, Marguerite de La Roche-Aymon, épouse de Louis IV de La Pierre-Buffière.

Une restauration générale de l’église débuta en 1887 sous la direction de Lucien Roy. À cette occasion, l’architecte photographia la verrière, la fit classer Monument historique et, en 1894, fit venir sur place le peintre verrier parisien Albert Bonnot afin d’établir un devis. Fut alors envisagée non seulement la remise en état de l’œuvre mais, puisqu’elle était située dans une annexe, sa mise à l’abri dans une collection publique moyennant l’octroi de 500 francs à la fabrique. Une polémique durable devait en résulter entre le conseil de fabrique, acquis aux projets des représentants de l’État, et les autorités municipales, qui refusaient l’expédition de la verrière à Paris, craignant qu’elle ne fût pas réaffectée à l’église ; les élus locaux firent d’ailleurs imprimer en 1897 un document de huit pages pour défendre leur position : la restauration se ferait sur place ou ne se ferait pas (DOM, dossier). Les crédits furent pourtant alloués par l’inspecteur général Lucien Magne l’année suivante, tandis que l’Administration poursuivait les négociations avec le maire. En 1901, un ouvrier du peintre verrier Marcel Delon fut envoyé de Paris pour déposer la verrière mais, accusé de « déscellement clandestin », il fut contraint de battre en retraite en abandonnant la caisse de vitraux dans une auberge du village. Les panneaux, ensuite restés en dépôt à la mairie, furent déclassés en 1903, tandis que Delon réclamait le montant des frais investis en vain en 1901. L’architecte Darcy reprit le dossier en 1913, le vitrail bénéficiant d’une nouvelle mesure de classement, mais l’effet du devis qu’il dressa en 1914 fut ajourné du fait de la Grande Guerre. La verrière ne regagna son cadre d’origine qu’en 1921, après sa restauration à Limoges par Francis Chigot. Celui-ci procéda alors à sa remise en plombs et remplaça le verre à vitre qui comblait les parties brisées par des pièces de verre antique teintées d’un lavis.

Période(s)Principale : 1er quart 16e siècle
Secondaire : 1er quart 20e siècle
Dates1500, daté par travaux historiques
1510, daté par travaux historiques
1921, daté par source
Lieu d'exécutionCommune : Limoges
Édifice ou site : Atelier Chigot
Auteur(s)Auteur : Chigot Francis
Chigot Francis (1879 - 1960)

Francis Chigot est élève au lycée Gay-Lussac de Limoges, puis à l'École nationale supérieure des arts décoratifs. Il commence à travailler pour les Monuments Historiques en 1917, et continue avec les restaurations d'églises du nord de la France, détruites par les combats de la Première Guerre mondiale. Il meurt en 1960. À la suite de son décès en 1960, les ouvriers de son atelier fondent l'Atelier du Vitrail à Limoges, qui poursuit son œuvre. Il a réalisé de nombreux vitraux parmi lesquels les vitraux de l'opéra de Vichy, de l'église Saint-Pierre de Montluçon, de la gare de Limoges-Bénédictins, de la basilique de la Visitation à Annecy, de l'église de Conques et du prieuré de Million à Paris.


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peintre-verrier, restaurateur attribution par source
Personnalité : La Roche-Aymon (de) Jean II
La Roche-Aymon (de) Jean II (1441 - 1511)

Jean II de La Roche-Aymon, seigneur de Chabannes-Guergny. Il fut bailli de Mâcon et gouverneur du Languedoc en 1489. Fils de Jean I, seigneur de Saint-Maixent, sénéchal de la Marche et lieutenant général du duc de Bourbon. Il épousa Madeleine de Montalembert.


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commanditaire attribution par source

Ce vitrail est composé d'une lancette trilobée et de deux écoinçons. Dans une vitrerie losangée, restes d'une grande Crucifixion à nombreux personnages. Seuls les panneaux de la tête de lancette et central sont conservés, avec quelques pièces du panneau intermédiaire, le tout resté à son emplacement d'origine.

Au sommet, dans la tête de lancette : trois bustes d’anges apparaissent dans une nuée au-dessus d’un phylactère sur lequel on lit ANGELI PACIS AMARE FLEBUNT (Isaïe, 33) ; on note l'emploi de grisaille et de jaune d’argent, ainsi que les ailes taillées dans des verres rouges, verts et bleus). Dans le second panneau figuré, la moitié supérieure des personnages massés se situe au pied de la croix. Au milieu, le bois de la croix et les pieds du Christ crucifié, prolongés par quelques pièces du torse de Jésus et des fragments des drapés des anges qui recueillaient le Saint Sang. À gauche, à l’avant-plan d’une troupe de soldats au-dessus de laquelle s’amorce un paysage arboré, le groupe constitué par la Vierge entourée de saintes femmes, et par saint Jean en tunique verte et manteau rouge (tête remplacée par une pièce de verre blanc), qui participe de la scène tout en présentant le commanditaire, Jean II de La Roche-Aymon (buste conservé avec la partie inférieure du visage et les épaules couvertes d’un collet de fourrure laissant voir le haut du pourpoint et une chaîne d’or). À droite, devant une autre foule de soldats, le buste de sainte Marie-Madeleine au pied de la croix (tête perdue, vêtement complété de bouche-trous), qui patronnait en même temps Madeleine de Montalembert (contour de sa tête faite d’une pièce de verre blanc visible à l’extrême droite, en symétrie de celle de son époux) ; plus haut, le centurion en armure tourné vers le sanhédrin qui désigne le Christ du doigt, en robe verte à large col rouge dont le galon s’orne d’une suite de lettres (AHRVNOERO/ ANORI). Trois têtes brisées ont été renforcées par des verres de doublage.

Catégoriesvitrail
Structureslancette, polylobé
Matériauxverre, coloré peint, grisaille sur verre, jaune d'argent
plomb, réseau
Mesuresh : 280.0 cm
la : 110.0 cm
Précision dimensions

Dimensions du panneau figuré : h = 60 cm ; la = 110 cm. Dimensions de la tête de lancette : h = 45 cm ; la = 55 cm.

IconographiesCrucifixion

Inscriptions & marquesinscription, latin, sur l'oeuvre
inscription, (non identifié)
Précision inscriptions

Inscription située dans le phylactère tenus par les anges au registre supérieur : "ANGELI PACIS AMARE FLEBUNT" (Isaïe, 33).

Suite de lettres inscrites dans le galon ornant la robe du Christ : "AHRVNOERO / ANORI".

État de conservationoeuvre restaurée
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé au titre objet, 1913/12/10
Précisions sur la protection

Vitrail classé au titre des Monuments historiques en 1892, déclassé en 1903, à nouveau classé en 1913.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Haute-Vienne. Fonds Bosvieux ; M, carnet 23.

    Archives départementales de la Haute-Vienne, Limoges : M, carnet 23
  • Médiathèques de l'Architecture et du Patrimoine. Documentation des Objets Mobiliers. Rapport de Francis Chigot, 17 juin 1921.

    Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, Paris : Documentation des Objers Mobiliers
Documents figurés
  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. Archives photographiques. collection Lucien Roy, 10L07160 ; 10L07161 [s.d.].

    Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, Paris : 10L07160 ; 10L07161
Bibliographie
  • FESNEAU, Yves. Saint-Pierre-de-Fursac. In Pierre Langlade. Album historique et pittoresque de la Creuse. Aubusson, 1847, p. 9-16. 2 vol. ; in-4.

    p. 9-16 Bibliothèque nationale de France, Paris : 4- LK4- 321 (A)
  • GATOUILLAT, Françoise, HEROLD, Michel ; collab. BOULANGER, Karine, LUNEAU, Jean-François. Les vitraux d'Auvergne et du Limousin : Corpus Vitrearum, France, recensement IX. INVENTAIRE GENERAL DU PATRIMOINE CULTUREL. CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE Presses universitaires de Rennes, 2011. 327 p. : ill. ; 32 cm.

    p. 246-247 ; fig. 185, 218, 219 Centre de documentation du patrimoine, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, Limoges : 247.4 INV
  • LECLER, André. Dictionnaire topographique, archéologique et historique de la Creuse. Réimpression de l'édition de Limoges, 1901. Marseille : Laffitte Reprints, 1979. 809 p.

    p. 682-686 Centre de documentation du patrimoine, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, Limoges : (23) 908 LEC
Périodiques
  • BOULAUD, Joseph. Armoiries sur vitraux en Limousin (répertoire pour l'ensemble de l'ancien diocèse de Limoges). Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1944, tome LXXX-2, p. 325-366.

    p. 325-366 Centre de documentation du patrimoine, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, Limoges : Usuel
  • LACROCQ, Albert. Les vitraux de la Creuse. Mémoires de la Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, 1919-1921, tomes XXI et XXIV, p. 505-507 et p. CXXIV.

    p.505-507 ; p. CXXIV Bibliothèque nationale de France, Paris : MDC 12- 35646
  • TEXIER, abbé Jacques. Histoire de la peinture sur verre en Limousin. Bulletin de la société archéologique et historique du Limousin, 1846, tome I, p. 84-101 ; p. 148-169 ; p. 209-256.

    p. 235-236 Centre de documentation du patrimoine, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, Limoges : Usuel
(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel ; (c) Monuments historiques (c) Monuments historiques ; (c) Centre André Chastel - Françoise Gatouillat - Gatouillat Françoise
Gatouillat Françoise

Ingénieur de recherche au Centre André Chastel.


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- Monuments Historiques - Lefebvre Barbara
Lefebvre Barbara

Chargée de recherches_Centre André Chastel (octobre-décembre 2015).


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