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Vallée de la Gartempe

Dossier IA86010445 réalisé en 2017

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Longue de quelque 200 km, la Gartempe prend sa source à Peyrabout, dans le département de la Creuse, à une dizaine de kilomètres au sud de Guéret. Elle traverse d'est en ouest les départements de la Creuse et de la Haute-Vienne avant d'infléchir son cours dans le département de la Vienne. Le présent dossier concerne les quatorze communes riveraines de la rivière dans ce département.

Parties constituantes non étudiéespont, moulin, gué, viaduc, barrage, lavoir, abreuvoir, abri sous roche
Dénominationsrivière aménagée
Aire d'étude et cantonArrondissement de Montmorillon - Montmorillon
AdresseCommune : Jouhet
Adresse :
AdresseCommune : Pindray
AdresseCommune : Lathus-Saint-Rémy
AdresseCommune : Saulgé
AdresseCommune : Montmorillon
AdresseCommune : Antigny
AdresseCommune : Saint-Savin
AdresseCommune : Saint-Germain
AdresseCommune : Nalliers
AdresseCommune : La Bussière
AdresseCommune : Saint-Pierre-de-Maillé
AdresseCommune : Vicq-sur-Gartempe
AdresseCommune : Angles-sur-l'Anglin
AdresseCommune : La Roche-Posay

Plusieurs sites archéologiques importants sont installés sur les bords de la Gartempe : les grottes de la Piscine à Montmorillon et du Taillis des Coteaux à Antigny témoignent d'une occupation depuis plus de 40000 ans. D'autres sites sont implantés sur des affluents de la Gartempe, à quelques centaines de mètres : le site du Roc-aux-Sorciers à Angles-sur-l'Anglin avec sa frise sculptée magdalénienne ou la grotte des Cottés à Saint-Pierre-de-Maillé.

Franchissements de la rivière

La voie romaine de Poitiers à Lyon via Bourges franchit la Gartempe entre Saint-Savin et Antigny, au lieu-dit le Gué-de-Sciaux, où se développe une agglomération secondaire (vicus) avec un important ensemble monumental (thermes, temple). L'ancienne route de Poitiers à Avallon traverse Saint-Savin au gué de la Croix-ronde, situé quelques dizaines de mètres en aval du vieux pont.

L'abbaye de Saint-Savin et la Maison-Dieu à Montmorillon étendent leurs bâtiments parallèlement à la rivière et contrôlent, durant tout le Moyen-Âge et l'Ancien Régime, de nombreux établissements (églises, prieurés, moulins) le long de la rivière et bien au-delà.

Sur l'actuel territoire du département de la Vienne, deux ponts permettent de franchir la Gartempe au Moyen-Âge : le vieux pont de Montmorillon et le vieux pont de Saint-Savin-Saint-Germain.

Les services de bacs et passages d'eau, sous l'Ancien Régime, sont en grande partie contrôlés par l'abbaye de Saint-Savin. Après la Révolution, les services sont organisés par l’État, qui émet au cours du 19e siècle des appels à concurrence pour affermer les passages dans la plupart des communes riveraines de la Gartempe : du sud vers le nord se trouvaient le bac de Chez-le-Pey (commune de Lathus-Saint-Rémy), le bac de Jouhet-Pindray (figuré sur la carte de Cassini), le bac d'Antigny, le bac de Nalliers, le bac situé près du moulin de Busserais (commune de La Bussière) et le bac de Barbousseau (commune de Saint-Pierre-de-Maillé).

Ces services du bac sont supprimés au fur et à mesure de la construction et de la mise en service des ponts : 1845 pour le nouveau pont de Montmorillon ; 1875 pour le pont de Jouhet-Pindray ; 1885 pour le pont d'Antigny.

La voie ferrée de Poitiers à Limoges, inaugurée le 23 décembre 1867, franchit la Gartempe sur un viaduc à Montmorillon. La voie ferrée aujourd'hui désaffectée de Poitiers (Saint-Benoît) au Blanc franchit la Gartempe par un viaduc mis en service en 1887 à Saint-Savin.

Moulins et barrages

De nombreux moulins et barrages rythment le cours de la Gartempe à partir du Moyen-Âge. Sous l'Ancien-Régime, ils dépendent notamment de l'abbaye de Saint-Savin et de seigneurs locaux.

En 1910, l'administration autorise la construction d'un barrage hydroélectrique à Lathus. Commencés en 1913, les travaux sont interrompus par la Première Guerre mondiale et le barrage ne sera jamais achevé, malgré une tentative de relance du projet en 1940.

Autres industries

D'autres industries qui ont des besoins importants en eau s'installent sur les bords de la Gartempe :

- des fours à chaux à Saulgé ;

- une usine à gaz à Montmorillon

- un abattoir qui se déplace toujours le long de la rivière à Montmorillon : voir l'emplacement au début du 19e siècle, l'abattoir construit en 1894...

Crues et débâcles exceptionnelles, étiages les plus bas, gels exceptionnels

Des documents d'archives citent des crues exceptionnelles de la Gartempe :

- en 1792

- le 26 février 1844, la crue atteint près de 3 m au-dessus du niveau d'étiage ordinaire au niveau du moulin de la Promenade (moulin de l'abbaye) à Saint-Savin ;

- la crue de 1846 a failli emporter le pont neuf tout juste construit en service à Montmorillon ;

- une crue importante est notée le 1er novembre 1859 sur les plans du moulin de la Gassotte à Saint-Savin ;

- en 1880, une crue a submergé jusqu'au dessus du toit un lavoir rue Fontaine-de-l'École à Montmorillon ;

- le mauvais temps, les pluies torrentielles de l'hiver 1879-1880, le haut niveau de la Gartempe en 1883 empêchent des travaux au moulin de la Gassotte à Saint-Savin ;

- la dernière grande crue est celle du 6 janvier 1982.

A l'inverse, des étiages très bas sont également mentionnés.

La Gartempe est entièrement gelée pendant plusieurs semaines en 1788-1789 : à Jouhet, le mercure du thermomètre de M. de Moussy a gelé à -17° pendant la nuit du 30 au 31 octobre 1788. Le gel de la Gartempe a été constant du 30 octobre 1788 au 8 janvier 1789, sur une épaisseur qui a atteint jusqu'à 20 à 25 pouces (soit 50 à 70 cm) et une débâcle impressionnante le 14 janvier, qui a nécessité des interventions pour sauver son château de la Contour et ses ouvrages hydrauliques (moulin, prise d'eau, barrage...).

La débâcle des glaces de l'hiver 1860-1861 a emporté l'un des pontons du bac de Busserais.

Période(s)Principale : Préhistoire, Antiquité, Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine
Auteur(s)Auteur : maître d'oeuvre inconnu

La vallée de la Gartempe présente une faune et une flore remarquables, qui lui valent d'être reconnue comme un site écologique majeur. La lamproie marine, les écrevisses à pieds blancs, le cincle plongeur et la loutre y trouvent refuge. La ripisylve, boisement des rives, est encore présente et dense sur la quasi totalité de ses berges. Longue de 200 km, la Gartempe traverse les départements de la Creuse, de la Haute-Vienne et de la Vienne. Ses paysages préservés attirent aujourd'hui amateurs de patrimoine et sportifs de pleine nature.

Sites archéologiques, ponts, barrages et moulins ponctuent son cours. Dans les quatorze communes de la Vienne, elle est dominée par des édifices imposants, comme la Maison-Dieu à Montmorillon, les châteaux de Pruniers à Pindray ou de Boismorand à Antigny, la Villa des Îles à Vicq-sur-Gartempe, et bien sûr l'abbaye de Saint-Savin et ses exceptionnelles peintures murales, fleuron de la Vallée des Fresques.

La Gartempe

Transition entre le Massif central et la vallée de la Loire, la Gartempe, parfois aussi orthographiée Gardempe, notamment sur certains plans cadastraux du 19e siècle voir Gardemple (plan cadastral de La Roche-Posay), nom dérivé du Guardampa flumen des plans du 17e siècle, traverse, sur quelque 200 km, un paysage dominé par le bocage.

La rivière qui prend sa source dans la Creuse...

La Gartempe prend sa source à Peyrabout, dans le département de la Creuse, à une dizaine de kilomètres au sud de Guéret. Après avoir parcouru une centaine de kilomètres d'est en ouest à travers les terres granitiques de la Creuse et de la Haute-Vienne, elle infléchit son cours vers le nord à Peyrat-de-Bellac.

... fait une entrée fracassante dans la Vienne...

Elle entre dans le département de la Vienne par les "Portes d'Enfer" ou "Roc d'Enfer", sur la commune de Lathus-Saint-Rémy. Ce chaos granitique est un lieu privilégié pour la pratique des sports de plein air, canoë, kayak, rafting, escalade, course d'orientation ou randonnée.

... pour couler dans une douce vallée boisée

À la sortie de ce passage mouvementé, la Gartempe coule dans une vallée peu encaissée, bordée par une végétation dense, la ripisylve, composée d'arbres qui apprécient la présence de l'eau : saules, aulnes, frênes les pieds dans l'eau, érables et ormes à mi hauteur, charmes et chênes pédonculés sur le haut des berges. Interrompu au niveau des communes, ce boisement des rives reprend ses droits dès la sortie des bourgs.

Elle traverse ou borde les communes de Saulgé, Montmorillon, Pindray, Jouhet, Antigny, Saint-Savin, Saint-Germain, Nalliers, La Bussière, Saint-Pierre-de-Maillé, Angles-sur-l'Anglin sur quelques dizaines de mètres, Vicq-sur-Gartempe, avant de se jeter dans la Creuse au lieu-dit le Confluent, sur les communes de La-Roche-Posay (rive gauche) et d'Yzeures-sur-Creuse (rive droite), en Indre-et-Loire. Elle reçoit les eaux de nombreux affluents, ruisseaux et rus (voir le ruisseau des Écurioux affluent de la rive gauche à Montmorillon, le ruisseau du Rimorin affluent de la rive droite à Montmorillon, rive droite le Chambon et les rus de Jouhet).

Non flottable ni navigable, la rivière a donné lieu à des descriptions par différents ingénieurs des Ponts-et-Chaussées, écrivains, riverains, etc. :

- " la Gartempe est une rivière torrentielle sujette à des crues aussi fortes qu'imprévues et d'autant plus sensibles à Saint-Savin que la vallée y est très réservée " (rapport de l'ingénieur Grissot de Passy en 1846 à propos du moulin de la promenade à Saint-Savin) ;

- " La plus folle des rivières sages, le plus paisible des torrents " (Robert Bréchon) ;

- " Il est un coin du Poitou dans lequel coule une rivière qui, tour à tour, prend des allures de torrent puis se pavane un peu plus loin comme une Loire paresseuse : elle s'appelle la Gartempe " (Régine Deforges, Sur les bords de la Gartempe, éditions Fayard, 1985).

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Jouhet-Gartempe (Chansons de la revue 1939 à Jouhet)

    " Air : La Paimpolaise

    I.

    Quand le campeur qui se promène

    Passe chez nous sans se hâter,

    Il est charmé et le soir même,

    Il voudrait pouvoir adopter

    Nos beaux prés fleuris,

    Vivre sans souci.

    Refrain

    J'aime Jouhet sur Ia Gartempe,

    Ses coteaux, ses prés, ses vieux toits,

    Sa jolie rivière qui rampe

    Se cachant à l'ombre des bois.

    II.

    Quand la nature se réveille

    Et que le printemps apparaît,

    Notre pays vous émerveille,

    C'est chez nous que l'on aimerait

    Vivre sans soucis,

    Dans nos prés fleuris.

    III.

    Quand la rosée mouille l'aurore,

    Qu'il est doux de se promener

    Pour aller une fois encore

    Voir la Gartempe se pavaner

    Dans les prés fleuris

    Couler sans soucis.

    IV.

    Oh ! que je l'aime ma campagne

    Avec son calme si prenant,

    Dans le soir les bœufs qui regagnent

    L'étable de leur pas traînants,

    Rêvant sans soucis

    Aux beaux prés fleuris

    V.

    Comme il est donc beau mon village

    Quand la lune fait miroiter,

    Poudrant d'argent sur son passage,

    Les tuiles de mon vieux clocher

    Au chant des cris-cris

    Qu'on entend la nuit ".

    Tiré de : Livret de chansons. Fête du 8 janvier 1939, patronnée par l'UNC et la Fraternelle ; présidée par L. Luc Lévesque, député de la Vienne. 4 pages.

Liens web

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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