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Vallée de la Charente

Dossier IA17050718 réalisé en 2015

L’inventaire du patrimoine lié à l’eau dans la vallée de la Charente concerne le territoire actuel de la Charente-Maritime. Il a débuté en 2015 par l'étude topographique de la commune de Courcoury, puis s'est poursuivi jusqu'en 2021 par l'étude thématique du reste du territoire.

Aires d'étudesVallée de la Charente

Rendu navigable à partir d'Angoulême par des aménagements pratiqués au Moyen Âge, le fleuve a permis le développement de ports à Angoulême, Cognac, Saintes, Tonnay-Charente et Rochefort, pour le transport de matériaux, de produits manufacturés et de vivres. Il a également stimulé l'économie des communes alentours. La navigation a longtemps été pratiquée à courant libre entre Cognac et l'océan, jusqu'à ce que des écluses soient construites à Chaniers et à Saint-Savinien. En raison de la baisse du trafic dans la première moitié du XXe siècle, la section de Cognac à Tonnay-Charente a été rayée de la nomenclature des Voies navigables de France (VNF) en 1957. L'ancien axe commercial et économique est désormais consacré à la navigation de plaisance qui se développe fortement ces dernières années.

La presque totalité du cours du fleuve et de ses affluents est classée dans le réseau européen Natura 2000. En outre, la loi Littoral s'applique sur la plus grande partie des espaces naturels sensibles de l'estuaire. Au plan de la protection des paysages, depuis août 2013, 17 500 hectares (dont 10 000 en mer) de l'estuaire sont classés, et un site de Port-des-Barques, la Côte-de-Piedemont, est inscrit depuis 1967.

A la fin des années 1880, les seuils rocheux du Fougueux, Soubise et Martrou sont dérasés, le chenal entre Vergerou et Port-des-Barques est creusé à la drague.

Sites de proctectionloi littoral, zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique

A l’entrée du département de la Charente-Maritime, le fleuve a déjà parcouru près de 300 kilomètres depuis sa source à Chéronnac, en Haute-Vienne, en étant ensuite passé dans les départements de la Charente, de la Vienne et de la Charente à nouveau.

En Charente-Maritime, où il traverse 34 communes, le fleuve a une faible pente et sa vallée se caractérise par un large fond plat et des coteaux à peine marqués. Grossi par les eaux de ses affluents, le Né, le Coran, la Seugne, la Boutonne et l’Arnoult, il parcourt 93 kilomètres en faisant de nombreux méandres. Il est en outre relié, en aval de Tonnay-Charente, à la Seudre par le canal de la Bridoire, achevé en 1862. La marée, qui se faisait autrefois sentir jusqu'à Cognac, a été limitée jusqu'à la Baine, à Chaniers, grâce à la construction d'un barrage dans les années 1960 à Saint-Savinien. En aval de Rochefort, la Charente forme une grande boucle et s'élargit progressivement dans les marais, pour atteindre plus de 500 m de large dans les cinq derniers kilomètres. Elle se jette dans l'océan par une large embouchure entre Fouras et Port-Des-Barques.

Le fleuve est soumis à des crues annuelles largement débordantes, principalement en période hivernale et printanière ; assez fréquemment, des crues de plus grande ampleur provoquent des inondations, longues à régresser en raison de la faible pente et des marées qui ralentissent l'écoulement. Les prairies de la large vallée de la Charente à l'aval de Cognac sont ainsi inondées chaque hiver. Autour de Rochefort, des marais sont organisés en un réseau dense de chenaux et de fossés, creusés pour assainir les prairies. À son embouchure, où d'anciens marais salants ont été convertis en prairies, le fleuve alimente en eau douce le bassin ostréicole de Marennes Oléron, composé de marais, de claires et de parcs à huîtres. Toutes ces zones humides rassemblent de nombreuses espèces et forment un ensemble de milieux écologiques très riches.

Les villages et les bourgs se sont implantés le plus généralement sur les terres hautes, à l'abri des crues hivernales. Cependant, quelques hameaux se situent au plus près du fleuve et des voies routières qui y ont été aménagées.

Annexes

  • Extrait du mémoire géographique de Claude Masse sur une partie du Bas Poitou, païs d'Aunis et Saintonge, 1715. Copie par Jaillot au 18e siècle. Médiathèque de La Rochelle, Ms 31.

    "... la Charente qui est une rivière très connue par son commerce, par la bonté de sa navigation et par sa profondeur qui fait qu'il monte et descend continuellement des vaisseaux de diverses nations jusqu'à Tonnay-Charente, où il se charge quantité de vin, eau de vie, noix, châtaignes et autres denrées. Les barques et autres petits bastiments remontent jusqu'à St-Savinien et les moindres qui ne sont que des gabares vont jusqu'à Saintes. Elle est navigable aux basteaux plats jusqu'au dessus d'Angoulesme, par où il descend quantité de denrées pour le port de Rochefort et d'autres qui se chargent sur les vaisseaux françois et sur ceux des autres nations, en temps de paix. Un des principaux commerces de cette rivière est en pierres de taille qui proviennent de plusieurs carrières qui sont sur le bord de cette rivière. "

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Moisdon Pascale