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Usine métallurgique, moulin à blé, moulin à Huile

Dossier IA00066351 réalisé en 1990

Fiche

  • L'ensemble vu du sud-ouest
    L'ensemble vu du sud-ouest
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • logement patronal
    • logement de contremaître
    • pigeonnier
    • parc
    • logement d'ouvriers
Destinationslogement
Parties constituantes non étudiéeslogement patronal, logement de contremaître, pigeonnier, parc, logement d'ouvriers
Dénominationsusine métallurgique, moulin à blé, moulin à huile
Aire d'étude et cantonCharente - Rochefoucauld (La)
Hydrographiesla Tardoire
AdresseCommune : Rancogne
Lieu-dit : la Forge
Cadastre : 1830 B 79 à 103 ; 1990 B 103 à 120, 125 à 128

Un haut fourneau et une forge à canons sont créés avant 1640, époque où le propriétaire, Raymond de Mognac, y habite. La partie centrale du logement patronal date de cette époque. La période de grande prospérité, en tant que fournisseur de canons pour la marine, commence vers 1670 avec Charles Dumont, puis René Andouillette, maîtres de forge et commissaires de la marine. La construction de la partie est du logement patronal date vers 1720 pour la fille d'Andouillette. En 1754, de Ruffray, trésorier des vivres de la marine, devient propriétaire et maître de la forge. Vers 1760, les quatre hauts fourneaux, la forge et la forerie à canons occupent jusqu'à 300 personnes. L'arrêt des activités industrielles dû à la concurrence de la fonderie de Ruelle date de la Révolution. Tous les ateliers de fabrication sont détruits. Le moulin à blé et le moulin à huile du 19e siècle sont restaurés par une association et fonctionnent encore. Une roue en bois à palettes droites actionne un cylindre double de G. et A. Cusson et Cie, de 1908, construit à Châteauroux (Indre).

Période(s)Principale : 1ère moitié 17e siècle
Principale : 1er quart 18e siècle
Principale : 19e siècle

Le logement patronal à un étage, est couvert de tuile creuse et de tuile plate pour la partie centrale. Le logement de contremaître est à deux étages. Le logement d'ouvriers et le moulin à blé sont à un étage.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse, tuile plate
Étages2 étages carrés
Couvrementscharpente en bois apparente
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans croupe
Énergiesénergie hydraulique produite sur place roue hydraulique verticale
État de conservationvestiges, restauré
Statut de la propriétépropriété privée
Éléments remarquablesmachine de production

Annexes

  • Historique de la forge, auteur anonyme.

    Document délivré par l'actuel propriétaire du domaine.

    LA FORGE DE RANCOGNE

    L'emplacement du hameau dit " LA FORGE DE RANCOGNE " fut, très tôt, le site d'une active industrie du fer.

    Remarquablement placé, bénéficiant à la fois de la proximité de la forêt de la Braconne pour fournir le combustible (charbon de bois) et des gisements de minerais (sur les communes de Taponnat et Fleurignac notamment) la Tardoire offre un débit suffisant pour assurer le fonctionnement des soufflets et autres machines qui constituent l'usine. La production était destinée à la consommation locale soit, essentiellement, des outils aratoires et autres ustensiles domestiques.

    C'est en 1640 que le nom du propriétaire en titre de la Forge de Rancogne apparaît dans les minutes notariales et sur le registre paroissial de Rancogne, il s'agit de Raymond de Magnac qui réside à la Forge avec sa famille. L'on peut penser que la partie centrale du logis leur servait de résidence. Les Magnac disparaissent aux environs de 1670. Il est toutefois probable que leur disparition n'a pas entrainé l'arrêt de la Forge. En effet, la coutume voulait que l'on confie l'exploitation de l'activité industrielle à un " fermier " contre une redevance annuelle.

    1670, c'est aussi le début d'une période de grande prospérité pour la Forge de Rancogne, en effet, Colbert vient de décider de bâtir le port et l'Arsenal de Rochefort, formidable arsenal destiné à contrer l'Anglais et toutes les ressources de l'arrière pays sont mobilisées pour mettre en place une puissante force maritime. L'on verra, à cette époque, la prospérité de La Forge passer des mains de besogneux Maître de Forge locaux à celles de véritables hommes d'affaires ayant leurs intérêts liés à ceux du Roi. En effet, curieusement, les trois Maîtres de Forge qui feront la prospérité de La Forge de Rancogne seront, respitivement, Commissaire Général de la Marine, Inspecteur de l'Artillerie du Roi, Trésorier des Vivres de la Marine.

    II semblerait que les premiers marchés de fourniture de canons pour la marine aient été exécutés par Charles DUMONT, Conseiller du Roi, Baron de Blagnac et Commissaire Général de la marine. On retrouve en effet des correspondances datées de Novembre 1677 entre ce dernier et le Seigneur de Rancogne (Devezeau).

    Propriétaire des Forges de Rancogne et Planchemenier, DUMONT a, semble-t-il, abandonné la Forge de Rancogne à René L'Andouillette en 1678, ce dernier, Inspecteur de l'Artillerie du Roi fera véritablement décoller l'activité de la Forge qui verra, sous son administration et plus tard sous celle de sa fille, son importance augmenter considérablement pour devenir la plus importante des forges de la région, ce développement n'ayant été arrêté que par la mise en place de la forge de Ruelle.

    Parallèlement au développement de son activité, René l'Andouillette améliore sa position sociale, devient seigneur de Logivière, Conseiller du Roi, Commissaire Général de la Marine. L'on doit à sa fille Mademoiselle De Logivière, la construction du corps de bâtiment situé à droite du logis central. Nous n'avons pas de documents permettant de dater exactement les travaux, on peut cependant estimer qu'ils ont été faits durant le premier quart du XVIIIème. En effet, certains documents laissent penser qu'après la mort de son père, vers 1720, Mademoiselle De Logivière se soit trouvée confrontée à des difficultés financières, qu'elle se soit également trouvée dans l'impossibilité d'honorer les marchés passés avec la marine, ce qui aurait pu la conduire, en 1754, à céder la Forge à Charles Pierre De Ruffray. Ce dernier, Trésorier des vivres de la Marine est un gros brasseur d'affaires fournissant principalement la marine en chaume et en bois, il devient donc industriel en 1775 date à laquelle il aménage à La Forge, c'était un homme moderne. A cette époque, la Forge de Rancogne atteint son apogée, elle employait environ 300 personnes pour faire fonctionner les quatre hauts fourneaux et se trouvait à la pointe de la technique avec sa machine à forer des canons. Elle était alors la plus importante du Royaume alors que Montalembert se débattait au milieu de ses problèmes financiers et techniques à Ruelle.

    Charles Pierre décède en 1760 laissant deux fils mineurs. L'activité industrielle de la Forge sera arrêtée en 1768.

    On assiste à cette époque à une crise générale de l'industrie du fer qui succombe sous la poussée des importations espagnoles et suédoises, la raréfaction du combustible et la lenteur des paiements de l'Etat.

    Jean Louis Marie, fils aîné de Charles-Pierre devient propriétaire de la Forge où il réside jusqu'à la veille de la révolution. Protégé de CHOISEUL-GOUFFIER, il sera nommé par Louis XVI Consul de France à Constantinople. Pris dans la tourmente révolutionnaire, il meurt dans le dénuement à Bucarest en 1796.

    Julien René, son fils, officier de marine vivra à La Forge. La maison passera ensuite à son fils Jean-Jacques qui la transmettra à son fils Ernest qui mourut sans postérité en 1914.

    Les Ruffray auront donc occupé la Forge pendant 160 ans et cinq générations.

    Après le décès de Jean Ernest de Ruffray, sa veuve Lydie Dutartre de Boisjoly fera en 1925 une donation partage entre Monsieur Jean-Marie Mathé-Dumaine et ses nièces Mesdames De Piau en 1932 Monsieur BESSON achète à Jean Marie Simeon Auguste Mathé-Dumaine qui avait lui-même acheté les parts de Mesdames Veuve Besson et Grand. Monsieur Jean Besson meurt en 1978 sans postérité et la propriétée repasse à la famille Mathé-Dumaine qui la revend la même année à Jean Rondinaud.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Moulins de Forge à Rancogne, de Saint-Florent, du Château à la Rochefoucauld.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : S 344
Bibliographie
  • Collection privée Rondinaud.

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