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Usine de mise en bouteilles d'eau-de-vie de cognac Hennessy et Cie

Dossier IA00066219 réalisé en 1987

Fiche

  • L'ensemble vu du pont.
    L'ensemble vu du pont.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • tonnellerie
    • bureau
    • musée
    • cour
    • chai
Précision dénominationmise en bouteilles d'eau-de-vie de cognac
Appellationsdite Jas. Hennessy et Cie
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, tonnellerie, bureau, musée, cour, chai
Dénominationsusine de mise en bouteilles
Aire d'étude et cantonCharente - Cognac-Nord
Hydrographiesla Charente
AdresseCommune : Cognac
Adresse : 8 rue de la
Richonne
Cadastre : 1823 B 797 à 837 ; 1975 AW 876

Cette usine de mise en bouteilles d'eau-de-vie de cognac est construite au 19e siècle, sur l'emplacement du couvent des cordeliers, de 1651, dont les bâtiments disparaissent au 19e siècle et au début du 20e siècle pour laisser la place aux différents chais. La mise en bouteilles, la tonnellerie et le caissage sont reconstruits en 1929-1930, selon un projet de l'architecte Marcel Oudin. L'effectif en 1988 est de 2391 personnes et l'effectif d'usine compte environ 800 personnes. Il existe un fonds d'archives privées.

Période(s)Principale : 19e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Dates1929, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : Oudin Marcel architecte attribution par travaux historiques

Les anciens chais côté rivière sont en moellon, à deux niveaux, toit à longs pans à croupes, baies en arc segmentaire. Le bureau est en pierre de taille à deux étages, toit à longs pans et croupes, couvert de tuiles creuses. Le bâtiment du chai des coupes de 1929 est à trois étages, en béton, avec tour carré et terrasse. La mise en bouteilles et le hall d'expédition sont en brique avec shed ovoïde et charpente métallique apparente, couverte de métal.

Mursbéton
brique
calcaire moellon
calcaire pierre de taille
Toitmétal en couverture, tuile creuse, béton en couverture
Étages3 étages carrés
Couvrementscharpente métallique apparente
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturesterrasse shed ovoïde
toit à longs pans croupe
Typologiesarc segmentaire
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • " Hennessy ". Extrait de : Sepulchre, B. Le livre du Cognac. Paris, 1983, p. 221-223.

    Qu'est-ce qui a pu pousser cet Irlandais, ancien militaire, à s'installer à Cognac en 1765 pour pratiquer le commerce des fameuses eaux-de-vie charentaises ? L'historiographie locale y voit le charme particulier exercé sur Richard Hennessy par le cognac.

    Plus sûrement, on peut penser qu'après l'abandon des armes, Hennessy avait noué de nombreuses relations commerciales dans le négoce bordelais et cognaçais.

    Ce personnage, devenu le fondateur d'une des premières maisons de cognac, mérite quelque attention. Il naquit à Cork vers 1720 (1720-1724-1728 selon les auteurs). Catholique, il quitta son pays pour s'engager dans la Brigade irlandaise, au service de la France. Après une douzaine d'années de bons et loyaux services, il quitte l'armée et part pour l'Angleterre où il se marie. De retour sur le continent, il s'installe quelque temps à Ostende et y pratique le négoce. Son fils Jacques y naît en 1765. La même année, il passe à Dunkerque un acte d'association avec une société siégeant à Tonnay-Charente où il ne tarde pas à s'établir. Cette société a pour raison sociale : Hennessy-Conely & Cie et les nécessités commerciales l'obligent à s'installer en 1765 à Cognac. Ayant de nombreuses attaches commerciales avec Bordeaux, il y fonda une société en 1776. Il laissa celle de Cognac à son ami Saule avec qui il s'était associé de 1774 à 1778 sous l'enseigne d' " Hennessy et Saule ". A la mort de Saule, en 1778, Richard Hennessy reprend son ancienne affaire de Cognac et reforme une société en association avec son fils Jacques : " Richard Hennessy et fils ". Richard Hennessy mourut en 1800. Son fils James, connu pour être un habile négociant et un personnage " dévoué aux intérêts de son pays " fut député de la Charente de 1823 à 1834. Par son mariage avec Marthe Henriette Martell, dont il eut trois fils, James, Auguste et Frédéric, il forma une alliance entre les deux grandes maisons cognaçaises. Il mourut en 1845. Les Hennessy ont occupé plusieurs fonctions à responsabilités politiques : député, sénateur, ambassadeur, ministre.

    James développa considérablement l'affaire de même que son fils Maurice (1834-1905). De nos jours, les Hennessy sont encore à la direction de cette maison. En 1971, elle s'est alliée aux champagnes Moët et Chandon et aux parfums Dior, devenant la puissante firme " Moêt Hennessy ". Ce groupe s'est peu à peu étendu à de multiples autres activités et peut être considéré actuellement comme une puissante multinationale, cotée en bourse, et dont les structures sont solidement établies.

    L'emblème des Hennessy est le célèbre bras armé qui figure au cimier de leurs armes : " De gueules au sanglier passant de sable ".

  • " Jas Hennessy et Cie ". Publicité. In : Bulletin Officiel Municipal, Cognac, 1968.

    Vers 1740, Richard HENNESSY, troisième fils de Charles HENNESSY, Seigneur de Ballymacmoy, dans le Comté de Cork, en Irlande, était officier au régiment de Clare, régiment irlandais qui servait le Roi de France. Las de la vie des camps, il se retira à Cognac, goûta l'eau-de-vie de cette région, l'apprécia et expédia quelques barriques de Cognac à ses amis ou parents restés en Irlande.

    Les commentaires qu'il reçut le décidèrent à entreprendre le négoce du Cognac et, en 1765, il fonda une Société de commerce qui, au temps de son fils Jacques, prit le nom de JAS HENNESSY et Cie.

    C'est ainsi qu'un officier exilé, amateur de bonnes choses, fonda une Maison dont la réputation est mondiale et dont les exportations comptent parmi les plus importantes de toute l'Economie française.

    Les descendants de Richard HENNESSY dirigent toujours l'affaire. Ecrivant à l'un d'eux et lui parlant du fondateur, M. Jacques de LACRETELLE, de l'Académie française, pouvait dire à l'occasion du bicentenaire de la Firme : " Vous avez assurément des raisons particulières de vouer quelque reconnaissance à cet ancêtre si expert et si clairvoyant. Mais nous aussi. Il a su imposer au goût français une franchise et une pureté que nous ignorions jusque là. On rougit de rappeler que la liqueur favorite de Louis XIV était le rissoly, où entraient des parfums composites de rosé, de fleur d'oranger, de lis, de jasmin, de cannelle et de girofle.

    " La vogue du Cognac a chassé ces produits frelatés. Il a éduqué notre palais. Il nous a fait une âme forte ".

  • " Jas Hennessy et Cie ". Publicité. In : Bulletin Officiel Municipal, Cognac, 1971.

    Vendant à l'étranger environ 94 % de sa production, la Société HENNESSY, en 1969, s'est classée au 82e rang des principaux exportateurs et au premier rang des boissons.

    On peut regrouper l'essentiel de ses ventes en quatre grandes zones.

    La plus importante de ces zones est celle constituée par le bloc Etats-Unis - Canada. Aux Etats-Unis, HENNESSY vend à lui seul autant que toutes les autres marques réunies.

    Le bloc Angleterre-Irlande constitue traditionnellement un gros marché pour les marques de Cognac. Les ventes de la Société HENNESSY y ont progressé de 89,9 % en dix ans.

    Sous la rubrique Extrême-Orient figurent les expéditions vers la Malaisie, Hong-Kong et le Japon. Malgré les incertitudes économiques et politiques de cet important secteur, la Société HENNESSY a réussi à augmenter ses exportations de 34,2 % pendant la même période.

    Enfin, le progrès le plus spectaculaire vient des pays liés à la France par le Traité de Rome. En dix années le volume des affaires pour la C. E. E. a progressé de 118,2 %.

    De tels résultats sont significatifs lorsqu'on sait qu'ils ne sont pas fondés sur l'engouement pour une nouvelle marque ou sur d'équivoques références historiques.

  • " Les qualités du cognac et l'art de le déguster ". In : L'Illustration Economique et financière, la Charente. 1922. p. 75-77.

    Je n'ai pas voulu quitter Cognac sans visiter la maison Jas. Hennessy & Cie, la première tant par l'importance de son stock que par celle de ses expéditions.

    Quelques photographies insérées ici donneront aux lecteurs une impression de ce que j'ai vu ; mais MM. Hennessy, tout en me faisant visiter leur installation, se sont particulièrement étendus devant moi sur les qualités que doit avoir le véritable cognac et sur la manière de le déguster.

    Voici, aussi fidèlement rapporté que possible, ce qu'ils m'ont dit :

    " Les trois principales qualités de l'eau-de-vie de Cognac doivent être la finesse, le corps et l'âge.

    La finesse consiste dans la netteté du bouquet et du goût, qui distingue le bon cognac des cognacs médiocres ; ceux-ci, soit du fait du vin qui a servi à les produire, soit du fait d'une mauvaise distillation, ont des bouquets et des goûts défectueux ; l'eau-de-vie qui, dans ces conditions, manque de finesse, est dite commune.

    Le corps est la qualité qui différencie la bonne eau-de-vie de Cognac des autres alcools. Si on prend sur la langue quelques gouttes d'un alcool qui n'est pas du cognac, on ressent une sensation de brûlure au point qui est en contact avec cet alcool. Le véritable cognac, au contraire, s'évapore lentement en s'épanouissant dans tout le palais. Pour les autres alcools, la sensation éprouvée est brutale, presque désagréable et de peu de durée, tandis que le goût du cognac se prolonge sans causer une impression brûlante. L'eau-de-vie qui manque de corps est sèche et courte, c'est la caractéristique de l'alcool d'industrie.

    L'âge produit une modification dans le véritable cognac, conservé dans des fûts de chêne, tant par l'oxydation de certains de ses éléments que par l'évaporalion de certains autres. Le bouquet et le goût acquièrent une force et un moelleux qui compensent la perte de la vigueur de l'eau-de-vie jeune. Les mauvaises eaux-de-vie ne s'améliorent pas en vieillissant ; leurs défauts semblent s'exagérer et elles perdent leur jeune vigueur sans acquérir l'amabilité de la vieillesse ".

    Comment goûter et comparer les eaux-de-vie de Cognac

    Traversant un des nombreux chais dans lesquels sont conservés les eaux-de-vie vieilles et qu'on appelle à Cognac le " paradis ", le maître de chai me tendit un verre rempli d'une liqueur que je m'apprêtais à avaler d'un trait pour faire honneur à mes hôtes, qui m'arrêtèrent d'un geste :

    " Naturellement, vous ne savez pas goûter le cognac ! Si vous voulez l'apprécier comme il doit l'être, versez une petite quantité du cognac que vous voulez goûter dans un verre à déguster, verre spécial, un peu plus étroit dans le haut qu'à Ia base ; avant de goûter, chauffez le verre dans votre main, en le faisant tourner légèrement de façon que l'eau-de-vie humecte les parois du verre.

    Humez-en le parfum, qui doit rappeler l'odeur de la fleur de la vigne au printemps, puis prenez quelques gouttes du liquide sur le bout de la langue. Vous reconnaîtrez alors si le cognac est plein, c'est-à-dire, s'il a du corps.

    Laissez deux ou trois minutes s'écouler avant de déguster un autre cognac, de façon à permettre au goût du premier de disparaître. Si vous goûtez deux échantillons trop vite l'un après l'autre, vous placez le second dans une situation désavantageuse, parce que votre palais est trop chaud, et le second échantillon risque de vous paraître sec.

    Donnez à vos deux cognacs une chance égale ; goûtez-les à deux reprises, à un intervalle suffisant, et goûtez en second lieu l'échantillon auquel vous avez donné la préférence la première fois. Si vous le trouvez encore supérieur, vous serez à peu près certain de ne pas vous tromper.

    Quand vous goûtez, ne vous pressez pas et cherchez à distinguer tous les divers arômes.

    Naturellement, quand vous voulez comparer des cognacs, il faut que vous ignoriez quel échantillon est dans chaque verre. Changez de main les verres dans lesquels sont vos échantillons, car certaines personnes se laissent inconsciemment aller à préférer la main droite ou la main gauche.

    Après vous être formé une opinion par la dégustation, videz les verres, et, une heure après, venez sentir si le parfum subsistant corrobore votre première opinion.

    En général, le dégustateur ignorant avale deux ou trois gorgées d'eau-de-vie à la fois et s'étonne ensuite que même un cognac excellent lui brûle la gorge ; il en conclut que toutes les eaux-de-vie produisent à peu près la même impression sur le goût. L'eau-de-vie de cognac doit être goûtée comme du reste elle doit être consommée, pour ainsi dire goutte à goutte ".

    J'ai demandé à MM. Jas. Hennessy et Cie l'autorisation de faire profiter les lecteurs de l'Illustration économique et financière de l'utile leçon qu'ils avaient bien voulu me donner : ils me l'ont accordée volontiers, car ils considèrent que pour eux la meilleure des réclames est d'apprendre au consommateur actuel à savoir bien déguster.

  • " Le Cognac et ses perspectives d'avenir ". Hennessy, Maurice, Président de la Chambre de Commerce de Cognac. Extrait de : Cognac et sa région. Bordeaux, 1947.

    Le métier des commerçants en cognac - nous voulons parler de ceux qui ont, au cours des années, par leur politique commerciale, édifié dans le monde la réputation et la valeur de ce produit - consiste essentiellement à réaliser des assemblages de cognacs d'âges et de crus différents dont le mélange tend à donner des produits ayant, autant que possible, toujours les mêmes caractéristiques de goût, de parfum, etc.

    Pour pouvoir effectuer ces assemblages, il faut avoir sous la main les divers éléments devant entrer dans leur composition, et la seule manière dont on puisse être assuré qu'on les aura sous la main quand on en aura besoin est de les acheter quand ils se trouvent à vendre.

    Or, en général, ce que l'on peut acheter le plus facilement, parce qu'elles sont offertes en quantités plus abondantes, ce sont les eaux-de-vie nouvelles, celles qui sortent de l'alambic.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives privées Hennessy.

Bibliographie
  • Cognac illustré. Bordeaux : H. Massonneau, 1898.

    p. 60-61
  • Cossiva, Henry. " Les qualités du Cognac et l'art de le déguster ". L'Illustration économique et financière, n° spécial, Charente, 1922.

    p. 75-77
  • " Jas Hennessy et Cie ". Bulletin Officiel Municipal. Cognac, 1968.

    p. 85
  • " Jas Hennessy et Cie ". Bulletin Officiel Municipal. Cognac, 1971.

    p. 64
  • Hennessy, Maurice. " Le Cognac et ses perspectives d'avenir ". In : Cognac et sa région. Bordeaux, 1947.

    p. 9-11
  • Sepulchre, Bruno. Le livre du Cognac. Trois siècles d'histoire. Paris, 1983.

  • Turgan. " Hennessy ". In : Les grandes usines de France. t. VI. Paris, 1874.

    p. 69-84
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; (c) Direction régionale des affaires culturelles, Poitiers - Van Riesen Wulf - Huet Julie - Ragot Gilles