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Usine de construction aéronautique Lioré et Olivier, puis SOGERMA, actuellement STELIA Aerospace

Dossier IA17050843 réalisé en 1997

Fiche

Á rapprocher de

AppellationsLioré et Olivier, SOGERMA, STELIA Aerospace
Dénominationsusine de construction aéronautique
Aire d'étude et cantonPoitou-Charentes
AdresseCommune : Rochefort
Adresse : rue de l' Arsenal

La société de construction aéronautique Lioré et Olivier s'installe en 1934 dans la partie de l'arsenal de la Marine à Rochefort comprenant la direction du port, celle des constructions navales, les ateliers des bâtiments en fer, des machines, des grosses forges et de la serrurerie. Les premiers avions fabriqués sont des hydravions bombardiers LeO H-257 bis, bimoteurs, pour la Marine nationale.

A la suite de la loi de nationalisation de l'industrie aéronautique en 1936, la société est intégrée à la SNCASO (Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Ouest) dont l'administrateur-délégué est Marcel Bloch (futur Marcel Dassault) et qui regroupe les usines Bloch de Courbevoie et de Châteauroux, l'usine UCA de Bègles et la Société Potez-Bloch à Bordeaux. Le site de Rochefort, qui compte alors 200 ouvriers, se consacre à la réparation des avions Bloch, puis à la fabrication de certains de leurs éléments, notamment les empennages.

Le bâtiment du bureau d'études, édifié après 1937, peut être attribué à l'architecte attitré des usines de Marcel Bloch, Georges Hennequin, son ami d'enfance, camarade de lycée. Par ailleurs, un atelier est partiellement reconstruit en 1940 entre les deux anciens bâtiments de forge et de serrurerie de l'arsenal, puis un atelier de peinture est élevé dans les années 1950. En 1957, la fusion de la SNCASO avec la SNCASE (Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Est) donne naissance à la société Sud-Aviation. Des hélicoptères Djinn de série y sont alors produits.

En 1970, la SOCEA (Société charentaise d'équipements aéronautiques) succède à Sud-Aviation. Elle développe la conception, la réalisation et la commercialisation de matériels de bord, tout en continuant à fournir les ensembles de structures aéronautiques de certains avions. Le site s'agrandit alors considérablement vers l'est, avec le remblaiement d'anciens bassins et le rachat de bâtiments appartenant à plusieurs sociétés. C'est à cette époque qu'est construite la cantine, puis un grand atelier pour l'assemblage d'éléments d'aménagement intérieurs d'avions en 1973.

En 1981 et 1982 sont édifiés un atelier pour l'assemblage des pièces mécaniques et des ateliers de maintenance et d'expédition.

La SOCEA fusionne avec la SOGERMA en 1988. A la fin des années 2000, un choix stratégique vers le multiproduit et le haut de gamme est fait : aérostructure, sièges pilote et fauteuils cabines. Les locaux de l'usine Zodiac fermée à proximité sont rachetés et de nouveaux bâtiments sont édifiés. C'est ainsi qu'un bâtiment de 6000 m2, dédié à la conception et à la réalisation de fauteuils de cabines, est édifié au sud-est du site en 2013. Filiale d'EADS et sous-traitante d'Airbus, la SOGERMA fusionne avec Aerolia, en 2015 sous le nom de STELIA Aerospace.

Le bureau d'études, situé près de la forme de radoub Napoléon III, acheté par le Conservatoire du littoral pour y loger les services de sa Délégation centre Atlantique, ne fait désormais plus partie du site de STELIA.

800 à 900 personnes travaillent sur ce site dans les année 1970, puis environ 700 personnes dans les années 1990 ; en 2015, l'effectif se monte à un millier de salariés.

Période(s)Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 2e moitié 20e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Dates1938, daté par source
1940, daté par source
1981, daté par source
1982, daté par source
2013, daté par source
Auteur(s)Auteur : Hennequin Georges
Hennequin Georges (1893 - 1969)

Ancien élève de l'école nationale des Beaux-Arts, il devient membre de la Société des architectes diplômés par le Gouvernement (SADG) en 1922. De 1922 à 1935, il travaille avec son père, prénommé Georges lui aussi. Il ouvre sa propre agence en 1936 à Paris. Il est l'auteur, avec son père, de l'Institut d'optique boulevard Pasteur à Paris en 1927. A partir de 1934, il se spécialise dans la construction industrielle pour le secteur aéronautique. Il conçoit pour son ami de lycée Marcel Bloch (futur Dassault) l'usine de Courbevoie de 1934 à 1936, les ateliers de montage d'avions de la SNCASO sur l'aéroport de Mérignac en 1938, l'usine de Déols près de Châteauroux de 1936 à 1939, l'usine de Saint-Cloud en 1938 et de 1960 à 1963 un hôtel particulier pour Marcel Dassault à Paris. Il édifie également l'économat de l'armée à Pantin de 1948 à 1949 et le centre d'essais de moteurs et d'hélices de Saclay entre 1946 et 1950 pour le Ministère de l'Air.


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architecte attribution par travaux historiques

L'établissement est situé en bordure de la rive droite de la Charente, sur le site de l'ancien arsenal, au sud des formes de radoub.

Le bureau d'études, entièrement en béton, est de plan rectangulaire : ses deux petites extrémités sont animées par une partie centrale en arc de cercle, celle de l'ouest formant saillie au-dessus de l'entrée principale. Ces deux avancées, largement éclairées par des fenêtres formant bandeaux, se rejoignent pour constituer un deuxième étage carré, donnant de part et d'autre sur le toit terrasse des parties latérales abrité par des pare-soleil. Le traitement de ce bâtiment le rapproche des autres réalisations de Georges Hennequin conçues pour Marcel Bloch à Courbevoie ou à Châteauroux, par sa composition et ses lignes, et notamment par l'insertion de parties courbes dans un volume cubique.

L'atelier, partiellement reconstruit en 1940 entre les deux anciens bâtiments de forge et de serrurerie, est en béton armé, à charpente métallique et couvert en ciment amiante. La cantine est en béton armé, à un étage carré, et couverte partiellement d'une terrasse, d'un toit à longs pans en zinc et d'un toit en pavillon en tuile creuse. L'atelier d'assemblage d'éléments d'aménagement intérieurs d'avions, de 1973, est à charpente métallique et essentage de ciment amiante et couvert de sheds en matériau synthétique. Les bâtiments des années 1980 sont à charpente et essentage métallique, avec toit en matériau synthétique.

Mursbéton béton armé
métal pan de métal essentage de ciment amiante
Toitciment amiante en couverture, matériau synthétique en couverture, tuile creuse
Étages2 étages carrés
Couverturesterrasse shed
toit en pavillon
toit à longs pans

L'ancien bureau d'études, aujourd'hui occupé par le Conservatoire du littoral, conçu par Georges Hennequin, bien que remanié, présente un intérêt historique et architectural suffisant pour justifier sa conservation.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Bibliographie
  • Les Ailes : journal hebdomadaire de la locomotion aérienne, n° 746, 3 octobre 1935.

    p. 15
  • Journal officiel de la République française ; débats parlementaires, mardi 8 novembre 1938.

    p. 1625-1626
  • LABRIC Roger. "Où en est la nationalisation : comment se fait la répartition des usines ?". L'Aéro, organe hebdomadaire de la locomotion aérienne. Nouvelle série, n° 266, vendredi 9 octobre 1936.

    p. 10
  • "Nouvelles de l'aviation". L'intransigeant, 29 décembre 1936.

    p. 4
  • "SNCASO"; les avions de transport Marcel Bloch". L'Aéronautique, juin 1939, n° 241.

    p. 3
  • PINARD Jacques. Les bâtiments industriels de l'ancien arsenal de Rochefort. La Rochelle, 1979.

  • MAISON-SOULARD Laetitia, FRIGANT Vincent. L'industrie aérospatiale en Nouvelle-Aquitaine : Un siècle d'histoire et de patrimoine. Bordeaux : Le Festin, 2020 (Cahiers du Patrimoine ; 120).

    p. 61-62

Liens web

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