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Usine de bougies Guédon

Dossier IA86000157 réalisé en 1994

Fiche

Appellationsdite ciergerie Guédon
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, chaufferie, logement patronal, magasin de commerce
Dénominationsusine de bougies
Aire d'étude et cantonVienne - Poitiers 3e Canton
AdresseCommune : Poitiers
Adresse : 113 Grand Rue
Cadastre : 1970 CD 65

Cette entreprise est fondée en 1735 dans des bâtiments préexistants ; le logement patronal semble dater au moins du 15e siècle. Joseph Favreau, grand-père du dernier exploitant, achète l'entreprise en 1919 et met au point le manège pour le façonnage des bougies par trempage, encore utilisé en 2015.

L'atelier de fabrication, détruit par un incendie en 1934, est reconstruit peu après. La chaudière, qui fournit la vapeur pour la fonte de la cire, est achetée neuve vers 1940, mais installée en 1946. François Guédon, gendre du précédent propriétaire, reprend l'affaire en 1948, puis la cède à son fils, également prénommé François, en 1979. En 1994, 5 à 6 personnes travaillent dans l'entreprise.

Dans les années 1960, la production se partage entre les cierges, les bougies, l'encaustique et la cire en poudre "Valse d'or" pour les salles de danse. Dans les années 1990, elle est de 30 à 40 tonnes par an, constituée essentiellement de cierges (90 %) vendus dans la région Poitou-Charentes et en Indre-et-Loire. Ces cierges sont fabriqués par trempage, sur le manège entièrement manuel, qui fonctionne à l'aide de manivelles, poulies et contrepoids.

L'entreprise, l'une des dernières ciergeries artisanales de France, ferme ses portes le 31 janvier 2016, après 280 ans d'activité.

Période(s)Principale : 18e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Dates1934, daté par travaux historiques, daté par source

Atelier de fabrication en pan de métal et béton, en rez-de-chaussée surmonté partiellement d'un comble à surcroît, couvert d'un toit à longs pans en tuile mécanique ; magasin de commerce en moellon enduit, à 1 étage carré et comble à surcroît, couvert d'un toit à longs pans en tuile mécanique ; logement patronal en pierre de taille, à 1 étage carré, étage de comble et élévation à travées, couvert d'un toit à longs pans brisés à croupes en tuile creuse et ardoise pour le brisis.

Mursbéton pan de métal
calcaire pierre de taille
calcaire moellon enduit
Toitardoise, tuile creuse, tuile mécanique
Étages1 étage carré, comble à surcroît, étage de comble
Couvrementscharpente métallique apparente
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
toit à longs pans brisés croupe
Énergiesénergie électrique achetée
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • La fabrication

    Pour la fabrication de ses bougies, François Guédon utilise différents mélanges de cires animales, végétales, minérales ou synthétiques.

    Dans les cires animales arrive en premier lieu la cire d'abeille qui fond entre 60 et 70°c, et dont la combustion dure plus longtemps. Mais est également utilisé l'acide stéarique ou stéarine, c'est-à-dire le suif ou graisse d'animal, qui sert également dans la fabrication de produits de beauté et des savons. Le blanc de baleine, graisse produite par le cachalot, très dur et brillant n'est pas utilisé dans l'atelier Guédon (il fond à 80°c).

    Parmi les cires végétales, le carnauba, produit par un arbre du Brésil, d'un grand intérêt pour sa dureté et sa brillance, est très utilisé, mais son prix augmente fortement actuellement en raison de la déforestation de son pays d'origine.

    La paraffine est la principale cire minérale ou synthétique (on la trouve à l'état minéral en Pologne, ou bien on la fabrique à partir du pétrole) ; elle fond entre 50 et 60°c. La paraffine additivée ou dopée est plus dure (elle est traitée avec un durcisseur, le polyéthylène qui fond entre 120 et 130°c) et elle fond entre 60 et 70°c. La cire 25 B est une cire molle qui fond entre 60 et 70° c.

    Les mélanges sont faits en fonction du produit que l'on désire obtenir, plus ou moins souple ou cassant, brillant ou non... Toutes ces cires peuvent être teintées par des colorants.

    Quant aux mèches, elles sont de grosseur différente selon la grosseur des bougies, et en coton spécialement traité à cet effet, soit simplement mouliné (les brins sont enroulés), soit tressé plat, soit encore tressé carré et armé (par un fil de plomb ou de cuivre) pour des bougies d'environ 10 cm de diamètre.Actuellement, ces mèches proviennent d'une filature de Normandie. Elles sont coupées à la longueur désirée dans un taille mèche fabriqué par le père de François Guédon.

    Les procédés :

    Le procédé le plus ancien est celui du jetage de la cire à l'aide d'une cuillère au-dessus d'une cuve en zinc contenant la cire fondue ; la cuve à double fond est chauffée actuellement par de la vapeur arrivant par un tuyau, mais elle pouvait l'être autrefois par un feu de bois entretenu au-dessous. Ce procédé est décrit dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.

    A la limite des XIXe et XXe siècles a été mis au point le procédé par trempage. C'est le grand-père de François Guédon, Joseph Favreau, qui construit le manège encore utilisé de nos jours dans l'atelier (il s'en dit l'inventeur et propose son modèle à ses collègues). C'est une machine entièrement manuelle autour de laquelle sont fixés 8 plateaux, qui sont descendus et montés à l'aide d'une manivelle par un système de corde et de contre-poids. À chaque trempage des mèches d'un plateau dans une cuve remplie de cire fondue, dont le niveau doit être maintenu, elles se couvrent d'une fine pellicule de cire qui va refroidir et se fixer le temps que les 7 autres plateaux soient plongés à leur tour dans la cuve. Selon la grosseur des bougies, elles sont trempées de 15 à 20 fois dans le bain. Dans les grandes usines, ce type de manège est devenu électronique.

    Dans les deux procédés, les lois de la pesanteur font que les bougies prennent naturellement une forme légèrement conique ; pour des bougies cylindriques, on retourne la mèche dans l'autre sens, puis on ies passe au calibreur (pièce de métal évidée ou actuellement machine électrique).

    Le troisième procédé est celui du moulage ; à cause de la grande capacité de la cire à se rétracter en refroidissant, ce procédé est peu utilisé et seulement pour des bougies restant dans leur moule. Avant le refroidissement complet, il est nécessaire de redresser et recentrer la mèche avant de rajouter de la cire pour combler le creux qui s'est formé.

    La finition :

    L'extrémité inférieure des bougies est coupée à l'aide d'une petite scie circulaire électrique. Les cierges d'église sont ensuite plongés dans l'eau chaude pour devenir malléables et leur bout est percé et écarté à l'aide d'une broche en bois de taille variable ; cette opération se fait maintenant à la machine pour les gros cierges (la matière est alors prélevée contrairement aux petits cierges).

    Certains cierges sont sculptés à l'aide de pinces en buis à motifs divers.

Liens web

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Pouvreau Pascale