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Usine d'engrais de la Sté pour l'industrie chimique en France, actuellement SOCOFER

Dossier IA17000237 réalisé en 1996

Fiche

AppellationsSociété pour l'industrie chimique en France, puis Union française d'engrais et de produits chimiques, puis Société d'Auby, puis COFAZ, actuellement SOCOFER
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, logement patronal, bureau, conciergerie, logement, magasin industriel, entrepôt industriel
Dénominationsusine d'engrais
Aire d'étude et cantonCharente-Maritime - Rochelle (La)
AdresseCommune : La Rochelle
Lieu-dit : la Pallice
Adresse : 357 avenue
Jean-Guiton
Cadastre : 1995 AY 36 à 47, 70

L'usine d'engrais de la Société pour l'Industrie chimique en France a été créée pendant la guerre en 1915 pour la fabrication journalière de 10 tonnes d'acide picrique pour la Russie, 100 tonnes d'acide sulfurique et 40 tonnes d'oléum pour la France. Datent de cette époque le logement patronal, 8 logements jumelés pour les ingénieurs, la conciergerie, un bureau, un entrepôt pour l'acide sulfurique et un magasin.

Une partie de cette usine est rétrocédée en 1920 à l'Union française d'engrais et de produits chimiques. Des superphosphates y sont fabriqués à partir de matières premières importées par le port de la Pallice : en 1925, 90 tonnes de phosphates y sont traitées par jour. Un atelier métallique d'ensachage est construit en 1935 par la Société métallurgique d'Hautmont (Nord).

En 1958, un nouvel atelier de fabrication est édifié pour l'élaboration des engrais complexes auxquels les superphosphates servent de base. En 1962, un accord est passé avec la Société d'Auby et de nouveaux ateliers sont édifiés pour la granulation, la fabrication des superphosphates ainsi qu'une plus grande cuve pour le stockage de l'acide sulfurique. L'usine est rachetée par la Cie française de l'azote (COFAZ) en 1971, dans laquelle le groupe Norsk-Hydro devient majoritaire en 1986 ; le site est filialisé en 1989 et devient la SOCOFER. En 1982, la première chaîne de granulation cesse de fonctionner, ainsi que l'atelier d'acide nitrique et d'ammoniaque un an plus tard. De nouvelles installations sont faites dans d'anciens locaux. La production est destinée aux distributeurs agricoles du grand Centre-Ouest. Jusqu'en 1968, environ 275 personnes y travaillent ; l'effectif actuel est d'environ 50 à 57 ouvriers.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates1915, daté par source, daté par travaux historiques, daté par tradition orale
1935, daté par travaux historiques
1958, daté par travaux historiques
1965, daté par travaux historiques

Le site industriel est desservi par un embranchement ferroviaire.

Le logement patronal est en moellon de calcaire enduit, à un étage carré, couvert d'un toit à demi-croupe en ardoise. L'ancienne conciergerie et les logements d'ingénieurs sont en moellon enduit, à un étage carré, avec toit en tuile mécanique. Le magasin et l'entrepôt de 1915 sont en pan de bois et brique, transformé avec du parpaing de béton pour le second. L'atelier d'ensachage de 1935 est en pan de métal et essentage de ciment amiante. Les entrepôts et le magasin de 1965 sont à charpente en tiers-point en lamellé-collé, à essentage et couverture de ciment amiante.

Murscalcaire moellon enduit
bois pan de bois essentage de ciment amiante
brique
béton pan de béton armé
métal pan de métal
Toitardoise, tuile mécanique, ciment amiante en couverture, béton en couverture
Étages1 étage carré
Couvrementscharpente en bois apparente
charpente métallique apparente
voûte en berceau segmentaire, en béton armé
Couverturesextrados de voûte toit à longs pans demi-croupe
pignon découvert
Énergiesénergie électrique achetée
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • La fabrication des engrais d'après les témoignages de MM. Andrey et Pilon.

    Jusqu'en 1958, l'Union française pour l'industrie chimique en France fabrique des superphosphates. L'acide sulfurique est fabriquée à l'aide de pyrite de fer : la pyrite non cuite importée est stockée sur place, elle est ensuite calcinée dans des fours. L'acide sulfureux, qui s'en dégage, est transformé en acide sulfurique recueilli dans d'immenses chambres de plomb. Des tours sont adjointes aux chambres de plomb, ainsi que des appareils dénommés "Gay-Lussac" et "Tour de Glower" ; cet ensemble est destiné à recueillir et à neutraliser les vapeurs susceptibles de s'échapper à l'extérieur (A. M. La Rochelle, 14 W 16, description au sujet de l'Union française en 1930). On obtient un acide concentré à 98 %, que l'on fait descendre à 78 %, et qui attaque les phosphates pour l'obtention de superphosphates. Le phosphate est importé par le port de La Pallice, acheminé par camions jusqu'à l'usine, puis stocké avant d'être broyé, et mis en attente dans des silos. L'acide sulfurique est stocké dans un château d'eau, puis amenée par canalisations au-dessus d'une cave à superphosphates. On procède ensuite au décavage, puis au stockage à l'aide d'un monorail.

    Les superphosphates sont commercialisés pour leur apport de phosphore au sol ; en dehors du phosphate naturel, il s'agit du premier engrais utilisé. On procède durant toute l'année à la fabrication et au stockage, mais la vente se fait durant la période d'épandage (d'où la nécessité de grands bâtiments de stockage).

    Une première modernisation dans les années 1955-58 amène la fabrication d'engrais complexes auxquels le superphosphate sert de base (azote, P2O5, potasse) et la construction d'une unité de granulation : par un procédé chimique, on mélange des poudres pour obtenir le mélange désiré, puis on obtient la granulation par tube tournant, et la formation de billes humides, asséchées dans un flux d'air chaud, puis refroidies par une soufflerie d'air froid. Les divers produits obtenus sont stockés dans différentes cases dans de grands bâtiments. L'ensachage est ensuite semi-automatique. Les produits sont expédiés par chemin de fer et camions. Cette fabrication s'est faite jusqu'en 1962.

    En 1962, après l'accord de participation de la Société d'Auby, l'usine de La Rochelle devient une plate-forme importante avec deux chaînes de fabrication d'engrais complexes (la nouvelle étant plus performante en débit et en qualité). De nouveaux ateliers de granulation, de fabrication de superphosphates ainsi qu'une cuve d'acide sulfurique d'une capacité de 100 t par jour sont édifiés. Jusqu'en 1968, 275 personnes y travaillent. Un bâtiment de stockage et d'expédition en lamellé-collé est construit et une unité de fabrication d'amonitrates créée : le gaz naturel est fragmenté par cracking pour obtenir 50 t par jour d'ammoniaque et d'acide nitrique, matières premières pour les engrais. L'ammoniaque, traitée par l'acide sulfurique, fournit les cristaux de sulfate qu'on sèche. La granulation est obtenue par pulvérisation à haute température dans une tour de 40 m (disparu actuellement). Le produit est ensuite refroidi, enrobé et stocké dans un bâtiment spécial encore existant. A partir de 1968, le premier atelier d'acide sulfurique a cessé de fonctionner en raison de sa faible rentabilité, puis à partir de 1974, l'ammoniaque n'est plus fabriquée. En 1982, la première chaîne de granulation cesse de fonctionner et en 1983 l'atelier d'acide nitrique ferme.

    Actuellement, les engrais sont obtenus par un procédé physique : des poudres sont mélangées, comprimées, pour former un produit dur, lui-même concassé, qui s'obtient à sec. Cette fabrication est plus rapide et plus aisée, en outre la formule du produit peut être adaptée aux besoins du client. Les engrais sont fabriqués à base de phosphate, potasse et sulfate d'ammonium arrivant par bateaux (produits miniers ou de l'industrie chimique). 128 000 t de produits ont été fabriquées en 1995.

    Le site :

    Sur le plan de 1916, apparaissent des logements " des russes " (ouvriers engagés pour l'unité de fabrication de l'acide picrique à destination de la Russie ?), et l'actuel bureau est nommé " hôtel ", alors que 4 groupes de deux logements s'élèvent le long de la route nationale, une conciergerie-infirmerie-poste de sécurité, et un bureau. De nos jours ne subsistent plus que deux logements jumelés.

  • Description d'après Stevez, M. " L'industrie chimique et parachimique en Charente-Maritime ". Provinces informations ; revue mensuelle de la France vivante, août-septembre-octobre 1959, p. 67.

    L'Union française d'engrais et de produits chimiques, filiale de la Compagnie des phosphates de Constantine, possède entre les agglomérations de La Rochelle et de La Pallice, l'une des six usines qu'elle exploite en France pour la fabrication des engrais.

    Cette usine est bien placée pour recevoir ses matières premières principales : la pyrite et le phosphate, qui lui parviennent par voie maritime.

    L'U.F.E.P.C. réalise depuis plusieurs années un effort considérable pour la moderniser et la doter de fabrications nouvelles.

    Les fabrications de base sont celles de l'acide sulfurique et du superphosphate. Celle des engrais composés, secondaire à l'origine, a pris un grand développement.

    L'atelier de fabrication d'acide sulfurique construit en 1918 a été détruit pendant la guerre de 1939. Il a été remplacé en 1951 par un atelier très moderne, en grande partie en plein air suivant la technique américaine, conçu pour le procédé de contact.

    Des installations nouvelles très importantes viennent d'être créées pour répondre à l'évolution de la demande de la clientèle agricole, dont la faveur va de plus en plus à la présentation des engrais, sous forme granulée et à l'augmentation de leur concentration en éléments fertilisants. Ces installations permettent de granuler le superphosphate et de produire, également sous forme granulée, des engrais composés de mélange et complexes à haute teneur.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. M. La Rochelle, 14 W 16. 1921-1925 : établissements classés : usine de la Société alsacienne.

    Archives municipales, La Rochelle : 14 W 16
  • A. M. La Rochelle, 16 W 12. 1915-1939 : établissements classés.

    Archives municipales, La Rochelle : 16 W 12
  • A. M. La Rochelle, 16 W 34. 1898-1940 : établissements classés.

    Archives municipales, La Rochelle : 16 W 34
Documents figurés
  • " Plan général de l'usine de Vaugoin, le 04 janvier 1916 ". Ech. 1/1000. 110 x 75 cm. Papier, lavis, encre noire. [Conservé aux A. M. La Rochelle, 16 W 12].

    Archives municipales, La Rochelle : 16 W 12
  • " Plan général de l'usine de Vaugoin, le 04 mai 1925 ". Ech. 1/2500. 35 x 27 cm. Papier, tirage d'architecte. [Conservé aux A. M. La Rochelle, 16 W 37].

    Archives municipales, La Rochelle : 16 W 37
  • " Coupe de la voûte de l'atelier de fabrication des engrais complexes, le 29 octobre 1958 ". Henri Allard, ingénieur ECP, agence de Paris. Ech : 1/500. 69 x 145 cm. Tirage sur papier. Archives privées.

  • " Vue générale ". Dessin, carte postale Caro postérieure à 1920. A. M. La Rochelle, 5 Fi 4272.

    Archives municipales, La Rochelle : 5 Fi 4272
  • " Photographies prises dans les années 1960 ". Ph. J. Morillon, La Rochelle. Archives privées.

Bibliographie
  • Denis, Sylvie ; Beziaud, Nicole. La Rochelle-Pallice, " L'escale atlantique " : Mémoire du quartier de la Pallice. La Rochelle : Archives Municipales, 1989.

    p. 69-70
  • Pinard, Jacques. Les industries du Poitou et des Charentes : Étude de l'industrialisation d'un milieu rural et de ses villes. Poitiers : S. F. I. L., 1972.

    p. 315, 459
  • Pousson, A. ; Vert, L. La Rochelle, ses industries, ses ports. La Rochelle : Imprimerie de l'ouest. 1928.

    p. 109
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