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Usine d'armes (fonderie de canons)

Dossier IA17000295 inclus dans Ateliers de fabrication réalisé en 1997

Fiche

Précision dénominationfonderie de canons
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication
Dénominationsusine d'armes
Aire d'étude et cantonVallée de la Charente - Rochefort
AdresseCommune : Rochefort
Adresse : 10 rue du
Docteur-Pujos
Cadastre : 1996 AX 951

Cette fabrique de canons est édifiée en 1668 à l'écart des autres bâtiments industriels de l'arsenal. Cette fonderie, équipée de trois grands fourneaux, commença à fonctionner en 1669. On y coulait les grosses pièces d'artillerie en bronze pour la flotte de Rochefort, mais également pour l'ensemble de la marine française.

Lors de son édification, la fabrique comporte une vaste halle de fonte, des logements de fonction (faisant actuellement partie d'une clinique privée) et un hangar destiné à stocker le bois nécessaire à la fonderie.

L'activité de la fonderie décline au début du 19e siècle lorsque la fonderie de Ruelle prend de l'importance. En 1838, le bâtiment est partiellement converti en atelier de construction de machines à vapeur pour les navires. Les fonderies passent alors sous la tutelle de la direction des constructions navales. En 1894, les bâtiments sont délaissés lorsque la fonderie et l'atelier de machines à vapeur sont transportés à l'intérieur même de l'arsenal.

Les bâtiments ont été réhabilités en 2008 pour accueillir le siège de l'EID Atlantique (établissement interdépartemental pour la démoustication du littoral atlantique) et de la Ligue de la protection des oiseaux.

Période(s)Principale : 3e quart 17e siècle

Le bâtiment en pierre de taille sur fondations en moellon et en rez-de-chaussée est couvert partiellement en tuile mécanique et ardoise. Une partie de l'élévation latérale le long de la rue du Docteur-Pujos est couronnée d'un fronton orné de trophées maritime et militaire.

Murscalcaire pierre de taille
calcaire moellon
Toitardoise, tuile mécanique
Étagesen rez-de-chaussée
Couverturestoit à longs pans croupe
État de conservationétablissement industriel désaffecté
Techniquessculpture
Représentationsornement végétal armoiries
Précision représentations

L'élévation nord est dotée d'un tympan orné de trophées maritime et militaire, composés d'ancres marines, de canons, de boulets, de voiles, d'étendards, de houx, d'une couronne royale et d'un blason d'azur.

Statut de la propriétépropriété publique
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Activités de la fonderie

    La fonderie assura la production des canons de bronze, de fonte et de fer dont on armait les vaisseaux du roi et celle des boulets qu'on devait auparavant acheter dans le commerce. On y disposait de moules à canon, d'un alésoir et, en plus, d'ateliers pour le moulage de différentes pièces. La pente depuis la fonderie jusqu'à la berge permettait d'amener les plus lourdes pièces jusqu'au bord du fleuve. Au sud de l'usine furent construits des logements pour les maîtres et les ouvriers fondeurs. Ces logements, devenus inutiles à la fonderie qui avait perdu de son importance, ont été convertis en caserne et occupés par les ouvriers d'artillerie.

    L'atelier se composait à l'origine de quatre fourneaux à réverbère. Le plus considérable de ces fourneaux pouvait contenir environ soixante milliers de matière pour fonte ; le deuxième, trente-cinq milliers ; le troisième, quinze, et enfin le dernier, cinq milliers à peu près. Ces fourneaux occupaient les extrémités est et ouest de l'atelier. Plus tard, de nouveaux besoins se firent sentir : un cinquième fourneau intermédiaire fut ajouté, et enfin on compléta les moyens d'exécution du matériel d'artillerie par l'addition de deux fourneaux à creuset. Elle fournissait, en plus des pièces en bronze, des pièces en fonte de fer.

    Mais quand les canons en fer remplacèrent exclusivement les pièces en bronze, une autre usine, riveraine de la haute Charente, avait été créée et était en pleine activité. Dès lors, l'activité de la fonderie diminua. En 1838, elle dut passer de la direction d'artillerie à la direction des constructions navales. Elle fut alors employée à la fonte des objets nécessaires plutôt aux constructions qu'à l'armement des vaisseaux. Lorsque la décision fut prise de construire des bateaux à vapeur à Rochefort, on appropria le local à sa nouvelle destination. Les fourneaux anciens furent démolis et l'on ne conserva sous la halle aux fontes que ceux que l'artillerie y avait placés pour la fonte des clous à doublage qu'elle fournissait depuis assez longtemps aux constructions navales. Sur l'emplacement des anciens ateliers, d'autres ateliers se sont élevés, et l'on y voyait fonctionner, en 1845, des machines propres à aléser les cylindres, à dégrossir les pièces coulées, pour la confection des bateaux à vapeur

    D'après Viaud (J.-Th), Fleury (E.-J), Histoire de la ville et du port de Rochefort, Rochefort, 1845, Marseille, Laffitte-Reprints, 1977, p. 9-12.

  • Extrait de : Auriol, " Des principaux établissements et des intérêts maritimes de Rochefort ", Société d'agriculture, des belles-lettres, sciences et arts de Rochefort ; Travaux, année 1855-56, Rochefort, imp. Thèze, 1856, p. 154-156.

    "Fonderie et ajustage

    L'atelier de la fonderie, créé en 1668 pour la confection des canons et des mortiers en bronze, sous la direction de l'artillerie, a passé le 7 septembre 1839 sous celle du génie maritime, et il a été approprié à la fabrication des machines à vapeur et des objets nécessaires aux armements des bâtiments.

    Cinquante mouleurs ou fondeurs et treize menuisiers modélistes peuvent produire 800 à 1000 chevaux par an. Quarante hommes sont occupés à la fonte et au tournage des clous à doublage pour tous les ports.

    L'ajustage et la halle de montage comptent cent dix-sept ouvriers qui feraient également 800 à 1000 chevaux par an, si tous y étaient employés. M. Joffre, directeur des constructions navales, et M. l'ingénieur Sabattier s'occupent d'ajouter à cet atelier de nouvelles et plus puissantes machines d'outillages. La fonderie doit recevoir aussi quelques améliorations.

    Forges

    Le personnel des forges, en 1855, a été de quatre cent vingt-trois hommes. Nous disposons de cent trente feux, quatre ventilateurs, quatre fours à réverbère, six martinets à vapeur du système Cavé, cinq foyers de chaudières formant soixante-dix chevaux, et un marteau-pilon du poids de 2 500 kilogrammes, qui doit être remplacé par un marteau plus puissant. (...)"

  • Extraits d'archives du Service de la Défense, Rochefort, 1 K4 35

    4 avril 1793 : Devis des ouvrages à faire pour disposer les bâtiments de la fonderie à recevoir une seconde machine à forer.

    "Elle sera établie dans l'écurie actuelle qui sera élargie, éclairée et élevée à cet effet. L'écurie pour les chevaux, nécessaires au mouvement de deux foreries, sera placée à la suite de la nouvelle forerie" ; (bâtiment en moellon enduit)

    11 mai 1793 : Devis et conditions auxquels sera tenu de se conformer celui qui entreprendra les ouvrages de fers forgés, limés, taraudés, qui seront jugés nécessaires à l'exécution de la deuxième machine à forer projetée à la fonderie de ce port.

    "...la fabrication de tous les fers nécessaires à la machine et à la table à forer, à la machine à tourner et à la grue destinée à placer les canons sur la machine et à les retirer" ;

  • Extrait de l'ordonnance royale, rendue le 21 juin 1831, relative à l'établissement de deux fourneaux à la fonderie. Archives départementales de Charente-Maritime, 7 M 9/52.

    "autorise l'administration de la marine à établir dans la cour intérieure de la fonderie du port de Rochefort deux fourneaux pour la préparation du coke ou carbonisation de la houille.

    Ils sont établis contre le mur de la grande halle du côté de la caserne des ouvriers d'artillerie. La masse de ces deux fourneaux a 8,50 m de longueur, 2,60 m de largeur. La sole est à 90 cm au-dessus du terrain. La voûte est élevée au-dessus de la sole de 50 cm, le petit diamètre de chaque fourneau est de 2,80 m, le petit diamètre de 1,55 m.

    La cheminée sera élevée de 2 m au-dessus de la corniche de la grande halle. La hauteur totale sera de 8,50 m au-dessus du pavé de la cour.

    L'opération consiste à remplir les fourneaux de charbon de terre et à le brûler jusqu'à ce qu'il soit réduit à l'état de coke."

    (le coke étant utilisé pour la chauffe des quatre fours à réverbère)"

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1831-1909 : fonderies de métaux.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 7 M 9/52
  • 1793 : établissement à la fonderie d'une deuxième machine à forer.

    Service historique de la Défense, Rochefort : 1 K4 35
Documents figurés
  • AD, 17. 7 M 9/52. " Plan général de l'atelier juin 1830 ". A. D. Charente-Maritime, 7 M 9/52.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 7 M 9/52
Bibliographie
  • Dupont ; Fardet, M. L'arsenal de Colbert. Rochefort, Centre international de la mer, 1986.

    p. 12
  • Gay, J. " Deux départements industriels de l'Arsenal de Rochefort ; la corderie et la fonderie ", dans : Rochefort et la mer. Jonzac, Université francophone d'été, 1992.

    p. 107-113
  • Collectif. Rochefort ; trois siècles en images. Comité d'histoire locale, t. 1, 1981.

  • Viaud, J. Th. ; Fleury, E. J. Histoire de la ville et du port de Rochefort. Rochefort, 1845, ré-ed. Marseille : Laffite-Reprints, 1977.

    p. 9-12
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Dubois Florence
Dubois Florence

Ville d'art et d'histoire de Rochefort


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