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Tuileries

Dossier IA79000898 réalisé en 2000

Fiche

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Aires d'étudesCelles-sur-Belle
Dénominationstuilerie

Les bâtiments de deux tuileries, celle du bourg de Vitré et celle de Mortefond à Verrines, figurent sur l'ancien plan cadastral. Les datations sont variables et s'étendent de la première moitié du 18e siècle à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle. Dans le canton de Celles-sur-Belle, des fours à tuiles et des tuiliers sont attestés à Prailles, au village d'Argentières, à partir du milieu du 15e siècle. Au 18e siècle, trois tuileries sont documentées par des sources : celles d'Argentières, à Prailles, de Mortefond, à Verrines-sous-Celles et une autre à Vitré. Au milieu du 19e siècle, les fabriques de tuiles sont les plus importantes du canton ; à Argentières, on y employait des femmes. À la fin du 19e siècle, au moins quatre tuileries produisaient des tuiles et des briques. À Vitré l'emplacement de la tuilerie a changé à plusieurs reprises ; les produits fabriqués étaient stockés sous un hangar à proximité de l'habitation du propriétaire de la tuilerie. Vers 1925, seule la tuilerie de Mortefond était encore en fonction.

Période(s)Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle

Six tuileries ont été recensées dans le canton de Celles-sur-Belle, deux à Prailles au lieu-dit Argentière, deux à Vitré, une à Aigonnay et une à Celles-sur-Belle. Toutes possèdent un logement et trois (les tuileries de Vitré et d'Aigonnay) présentent, en plus du logement principal, un logement secondaire. Tous les logements sont construits en moellon calcaire. Parmi les logements principaux, trois ont leur façade sur le mur gouttereau et un a sa façade sur le mur pignon ; deux ont une élévation à trois travées avec porte centrale, un à quatre travées et un à deux travées ; deux présentent une élévation à rez-de-chaussée et comble à surcroît ; deux sont à un étage et deux ont un étage et un comble à surcroît ; ils sont couverts de tuiles creuses, sauf celui de la tuilerie de Prailles à Argentière (parcelle cadastrale 1975 AZ 2 à 4), qui est couvert d'ardoises et quatre ont une toiture à longs pans et deux logements ont une toiture à longs pans et croupes.

Pour ce qui est des logements secondaires, nous ne possédons des informations que sur deux d'entre eux, ceux-ci présentent leur façade sur le mur gouttereau et ont une élévation à rez-de-chaussée et comble à surcroît, l'un est à trois travées avec porte centrale et l'autre à deux travées. Les parties constituantes encore existantes sont variées, celles qui reviennent le plus fréquemment sont les cours (pour quatre tuileries), les hangars agricoles (pour quatre tuileries) et les puits (pour quatre tuileries). En ce qui concernent les autres parties constituantes, on trouve : deux granges, deux étables, trois écuries, trois séchoirs, trois porcheries, trois poulaillers, deux fours, une buanderie, un lavoir, un jardin, un bassin et deux cimetières privés protestants.

Typologiesferme à bâtiment disjoints ; logement à façade en gouttereau ; logement à façade en pignon ; deux travées ; trois travées ; quatre travées ; porte centrale
Toitstuile creuse, ardoise
Murscalcaire
enduit
moellon
Décompte des œuvres repérées 5
étudiée 1

Annexes

  • Les tuileries

    Des fours à tuiles et des tuiliers sont attestés à Prailles, au village d'Argentières, au 15e siècle. Dans une lettre de rémission, accordée au tuilier Jean Gourmont, coupable de meurtre à la suite d'une discussion survenue à propos du droit de cuisson des tuiles au four dit du Pré Chevalier, on apprend qu'au village d'Argentières " il y a plusieurs fours pour cuire la tieule et chaulx que font les habitans ondit villaige et où chascun d'eulx puet licitement ... mettre sa tieule et chaulx ... en paiant toutes voyes pour lesdictes fournées les devoirs accoustumez aux seigneurs desquelz lesdiz fours sont tenuz et mouvans... ". L'industrie de la tuile y était si florissante que cette localité était qualifiée de ville (domaine) dans les aveux du 15e siècle : " aveu de la ville d'Argentières et de ses appartenances dans la paroisse de Prailhes, tenue du chastel de Saint-Maixent à hommage lige... ".

    À partir du 17e siècle les sources, en particulier les registres de paroisse et les minutes notariales, nous font connaître de nombreux tuiliers et leur familles. Quelques-uns étaient très pauvres et " hors d'état de paye " la taille. D'autres la payaient, et dans l'assemblée des habitants de Prailles du 26 septembre 1723 Abraham Poupot est nommé procureur syndic.

    Dans la première moitié du 18e siècle, trois tuileries sont documentées par les sources : à Argentières (Prailles), à Mortefond (Verrines) et une autre tuilerie à Vitré.

    Cette dernière, située proche la rivière de Vitré (1817 A2 560, 561, 561), appartenait dès avant 1739 à Claude Boileau, sieur de la Maisonneuve, marchand, qui l'afferme à différents tuiliers, souvent originaires du Limousin. En 1748, les tuiliers Jean Renaud et Antoine Marcou s'associent " pour faire valoir ladite tuilerie ".

    Un inventaire après décès du tuilier Élie Laversanne (qui venait de Melle), en 1804, nous donne un aperçu de la (vieille) tuilerie de Vitré, où l'on fabriquait des tuiles, des briques et de la chaux. Le tuilier, un homme qui savait à peine signer, était locataire et habitait dans une petite maison composée d'une pièce " à la latte " où il y avait une cheminée. Les dépendances comprenaient une grange, à côté de laquelle il y avait un ballet ou hangar, une chambre de domestique avec deux couchettes et le four à tuiles.

    En 1848, on employait des femmes dans les tuileries et les tuiliers d'Argentières sont parmi les ouvriers qui souffriraient le plus de l'indigence. On estime que cette industrie pourrait être développée.

    L'enquête économique et sociale de 1848 indique que les fabriques de tuiles, notamment celle d'Argentières sont les plus importantes du canton.

    Le recensement de 1836 comptait 31 tuiliers à Prailles ; en 1872, ils n'étaient plus que 9 dont une " tuilière ", en 1876 : 8 et en 1881 : 6. Ces chiffres montrent bien que l'industrie artisanale périclitait.

    À Vitré, l'emplacement de la tuilerie a varié dans le temps. L'ancien plan cadastral et l'état des sections indiquent une vieille tuilerie à l'ouest du village (parcelles A2 560, 561 et 569), la tuilerie avec un four à tuiles au sud du village (parcelles A2 548, 549) et enfin, le lieu-dit la Tuilerie sur le plan cadastral de 1949 A2 156, qui ne correspond pas à la tuilerie de 1817. Toutes ces parcelles appartenaient au 19e siècle à la famille Montazeau, une famille de tuiliers qu'on trouve à la fin du 18e siècle à Melle (peut-être originaire du Limousin, le premier s'appelait Léonard), puis au début du 19e siècle à Lezay, à la tuilerie de la Clielle. Louis, fils de Léonard, s'est installé à Vitré où, avant 1817, il est devenu propriétaire d'une grande maison dans le village (1817 A2 708), de la vieille tuilerie et la tuilerie. Les tuiles étaient stockées sous un grand hangar à tuiles à proximité de son logement, puis commercialisées.

    Un peu avant le milieu du 19e siècle, en 1845, Louis Béguier, marchand, fait construire un four à tuiles aux Lizons d'Aigonnay, sur la parcelle D 794. La maison, bâtie sur la même parcelle en 1847, sera agrandie à différentes reprises. En effet, le nombre d'ouvertures imposables est passé de 12 à 17 en 1875 et à 20 en 1882.

    L'installation du four sera complétée par un magasin et un hangar en 1855, et un deuxième hangar en 1872.

    Différents propriétaires se succèdent sur ce site : Louis Béguier-Gazeau (1882), probablement un fils du fondateur de la tuilerie, puis Pierre Benest-Béguier (1884-1910), un gendre (?), Pierre Panoux-Pougnand (1894), et enfin Daniel Pougnand-Poussard (1910).

    En 1910, le registre des propriétés bâties mentionne sur le site outre le logement : le four à tuiles, un hangar près du four, un malaxeur, un hangar, une écurie, un autre hangar, un magasin non clos et une machine à pétrole qui venait d'être installée en 1909. Cette tuilerie a été fermée vers 1920, car tous ces équipements sont mentionnés " démolis " en 1922.

    Un autre four à tuiles a été bâti en 1862 pour François Favraud à Aigonnay, au lieu-dit le Carrefour, et une maison ainsi qu'un " magasin non clos " ont complété cette installation.

    À la fin du 19e siècle, au moins quatre tuileries produisaient des tuiles, par exemple, la tuile creuse " grand modèle " de Vitré, et des briques. Vers 1925, seul la tuilerie de Mortefond était encore en fonction.

  • Tuilerie à Argentière, commune de Prailles.

    Exponction, Louis Laroche et sa femme à Antoine-Louis-Bienvenu Dauzy de Pied Foulard, de rente du millier de tuiles, du 12 mai 1791.

    "Les parties ont dit que ledit sieur Dauzy donna à titre de rente auxdits Laroche et Chauvet conjoints... une pièce de pré sittuée dans la prairie d'Argentière... contenant une boicellée ou environ, touchant d'un costé et d'un bout au chemin de Selle à Saint-Maixant, à gauche, de l'autre costé au pré... et de l'autre bout au chemin qui va du moulin de Douhault à Argentière, à gauche ; chargé ledit pré de la rente cy devant noble d'un chapon et six deniers de cens envers la cy devant seigneurie de la prévosté, et en outre de la rente seconde foncière annuelle et perpétuelle d'un millier fourny de grandes thuilles ayant dix-huit pouces de long, six pouces de large à un bout et cinq à l'autre, épaisses de quatre lignes au moins sans estre cassées ny trouées...".

  • Etat des lieux de la tuilerie de Vitré, du 24 avril 1765 :

    "Premièrement la porte de la loge au septentrion est soutenue ..., l'autre porte regardant au midy très mauvais... ; la couverture de la loge sera faitte remanier une fois par ledit Laborie (tuilier).

    Le ballet attenant la loge en partye couvert sera incessament finy de retablir de couverture par ledit sieur Boyleau ...

    Le four est en son estat de dix sept pied (environ 5,50 mètres) d'autheur nouvellement fait ayant six pieds (environ 1,95 mètre) de largeur dans son milieu ; la marche est garnye de vielle planche ; la planche du moule est une bassée de pierre ; pour garniture s'est trouvé un tas de terre tirée antiennement, de soixante pied de tour, et restera dans sa nature apointé pour fournir la largeur, la met à petrir la terre est en bon état.

    En outre s'est trouvé de terre environ à faire six milliers de thuille, s'est trouvé de pierre tirée à faire une fournée ; pour la thuille faitte estant dans la loge, ledit Laborie demeure tenu d'ans donner trois cent cinquante thuilles bonnes et valables à la requisition dudit sieur Boyleau y en ayant de faitte dans laditte thuillerye...".

  • Inventaire des meubles et effets dépendant de la succession de feu Elie Laversanne, à la requête de Madeleine-Emilie Guillaume Desvantes, veuve d'Elie Laversanne, en son vivant tuilier, demeurant à la [vieille] tuilerie de Vitré (1816 A 560, 561), du 6 vendemiaire an XIII (28 septembre 1804) :

    "... que la comparante étoit de communautté avec ledit feu Laversanne son mary, qu'il a eu le malheur de mal faire ses affaires qui sont grandement derrangées...

    Que le jour de hier la citoyenne Marie Boileau, veuve Paul Areins / Arenne, demeurant au chef-lieu de cette commune de Vitré lui a envoyé signifier un bail à ferme qui parois avoir été consenti audit feu Elie Laversanne de cette tuillerie de Vitré... de lui payer la somme de deux cent francs pour prix de ferme de laditte tuillerie de Vitré, deux milles de tuille et un tonneau de chaux...

    Avons à la requisition des comparants procédés audit inventaire ainsy qu'il suit.

    S'est trouvé en ladite chambre (basse) une cramalière, deux petits chenays, un petit garde sendre, une paile et une pincette (pour le foyer)... ; plus une trappe de four en tôle... ; plus deux mauvais sceau à puiser eau... ; plus une arche à pétrir... ; plus une petite table pliante en bois bland... ; plus un petit cabinet en forme de garde manger de bois bland ayant cinq careaux de vittre dont un est cassé... (3,50 fr.) ; plus une armoire à un seul batant... (36 fr.) ; plus un grand coffre fermant à clef... (22 fr.) ; plus un lit composé de son bois, d'une coite de coiti à petite raye moitié remplis de plume, deux draps, une couverte de laine usée, sans rideaux, ciel ny vergette... (56 fr.) ; plus une autre bois de lit, paillasse et traversier, un drapt et une vieille couverte de laine blanche, sans rideaux, ciel, ny vergette... (46 fr.) ; plus quatre chaises à clisser de jonc et une autre cassé... (3,50 fr.) ; qui est tout ce qui s'est trouvé en laditte chembre basse qui est à la latte (une petite maison sans grenier ou comble à surcroît).

    De laquelle sommes allé dans la grange... ; plus une vieille pone de terre à lesive... ; plus un charnier de terre cassé... ; plus un lit... lequel lit laditte veuve Laversanne a declaré appartenir à la nommée Tirant qui étoit (?) et qui est decedée il n'y a pas longtemps... ; plus un tas de mauvaise tuile à demie cuitte et qui n'est propre à rien...

    De laquelle somme allé sous le balet (hangar) à coté... ; plus un tas de tuille non cuite... ; plus deux brouettes dont une est très mauvaise et qui n'est propre qu'au feu...

    Duquel somme allé dans la chambre au domestique où il s'y est trouvé deux couchettes et deux baillières et une mauvaise couverte de laine blanche...

    De la somme allé sur le four à tuile, c'est-à-dire auprès d'icelui où il s'i est trouvé quatre milié de tuile estimés la somme de quatre vingt seize francs...

    Plus seize cent de tuile qui sont dus en nature au propriétaire...

    Plus trois mile cinq cent de brique, estimée la somme de quatre vingt quatre francs...

    Plus un tas de très mauvaise tuile mal cuite mise au rebut..., laditte veuve Laversanne a observé que cette mauvaise tuile appartenait à la veuve Valade.

    Plus une piarde et un moule à tuile..., qui est tout ce qui s'est trouvé au environ dudit four...

    Cependant laditte veuve et ledit tuteur observent qu'il y a au environ de laditte tuillerie trois tas de terre commencée à préparer pour faire de la tuile...

    Il s'est trouvé en l'aire de laditte tuillerie un mauvais fut de barique que laditte veuve a declaré appartenir au citoyen Proust de la Poinière qui l'avoit envoyé pour avoir de la chaux...

    Laditte veuve Laversanne nous a dit... qu'elle n'a pas connaissance que feu son mary ait tenu aucun livre ny registre ne sachant qu'à peine signer.

    Elle nous a aussi déclaré qu'elle a connoissance que laditte communauté doit à laditte veuve Arrenne, propriétaire de laditte tuillerie, la somme de quatre cent francs pour prix de ferme y compris le therme qui échoira le huit de ce mois... Plus au nommé François, demeurant commune de Montenlembert (Montalembert), qui étoit domestique dudit feu Laversanne au moment de son décès, la somme de cent six francs cinquante centimes pour salaire (de) domestique...".

  • Tableau des tuileries mentionnées :

    Aigonnay :

    Lieu-dit le Carrefour : dates : 1862, 1870, 1881-1891.

    Lieu-dit les Lizons : dates : 1845-1922, 1872-1891.

    Beaussais : nom de la parcelle "la tuilerie".

    Prailles :

    Lieu-dit Argentière, Pré Chevalier : dates : 14 ? ?

    Lieu-dit Argentière, les Chaumes : dates : 1631. Plan cadastral : 1819 ? ? 583.

    Lieu-dit Argentière : dates : 1853. Plan cadastral : 1819 A 506.

    Lieu-dit Argentière : dates : 1853. Plan cadastral : 1819 A 629.

    Lieu-dit Argentière : dates : 1859. Plan cadastral : 1819 A 596.

    Lieu-dit Argentière : dates : 1859. Plan cadastral : 1819 A 567.

    Lieu-dit Chêne-seul : date : vers 1872. Plan cadastral : 1819 G ? ?

    Verrines :

    Lieu-dit la Tuilerie : plan cadastral : 1819 B 981.

    Lieu-dit Mortefont : dates : 1731, 1763, 1765, 1786.

    Vitré :

    Lieu-dit la Tuilerie : dates : 1739, 1748, 1873-1881. Plan cadastral : 1817 A2 560, 561, 569. 1817 A2 548, 549. 1949 A2 156. Nom de la parcelle : la Vieille-Tuilerie, puis la Tuilerie.

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