Logo ={0} - Retour à l'accueil

Tuileries, briqueteries et fours du Confolentais

Dossier IA16008675 réalisé en 2007

Fiche

Aires d'étudesCommunauté de communes du Confolentais
Dénominationstuilerie, briqueterie, four

Outre l´agriculture et ses débouchés, l´activité économique du territoire repose au XIXe siècle sur une production locale de briques et de tuiles, exploitant les argiles présentes en larges épandages au-dessus des calcaires et au nord-est du Confolentais.

Vers 1830, une quinzaine de tuileries sont mentionnées dans les anciennes matrices cadastrales des treize communes de l´ouest.

Sur la partie granitique, on comptait alors douze tuileries et/ou briqueteries, à Abzac (trois), Brillac (un), Saint-Maurice-des-Lions (deux) et Saint-Germain-de-Confolens (six), commune sur laquelle il ne reste aucune trace de cette activité.

La production semble avoir atteint son apogée avant la Première Guerre mondiale. La plupart de ces tuileries brûlaient également dans leur four de la pierre calcaire afin de la transformer en chaux. En 2006, deux tuileries restent en activité : l´une, ouverte en 1979, à Chardat, commune d´Abzac, l´autre au Chambon à Saint-Maurice-des-Lions.

Dans la commune d'Abzac les tuileries-briqueteries étaient concentrées dans le hameau de Chardat, situé sur une couche d'argile.

La tuilerie-briqueterie Delage, qui figure sur le cadastre de 1825, a été considérablement agrandie en 1848, date portée sur un four. Il en reste notamment un vaste séchoir à l´air libre, dont la toiture est caractéristique de ce type d´établissement artisanal : les longs pans permettaient de protéger la production des intempéries.

La tuilerie-briqueterie Bonnaud, elle aussi à Chardat, fut en activité du début du XXe siècle jusqu´à 1987. Son équipement a de ce fait été modernisé : les machines étaient entraînées par un moteur électrique ; l´un des fours était encore chauffé au bois alors que les deux autres fours fonctionnaient au gaz.

La tuilerie-briqueterie Malmanche à Chardat fut construite vers 1840. Elle possédait un four Hoffmann remplacé vers 1970 par un four tunnel. Depuis la construction en 1979 d'un nouvel atelier de fabrication de tuiles à proximité, on ne fabrique plus dans cet atelier que des briques. Le nouvel atelier comporte un four-tunnel alimenté au gaz, un séchoir en continu et une presse Unicerar.

Saint-Maurice-des-Lions comptait au XVIIIe et au XIXe siècles plusieurs tuileries et briqueteries artisanales. Elles ne connurent pas de production industrielle et fermèrent au début du XXe siècle : le Bois-du-Chambon vers 1900, la Touderie en 1912, les Longées en 1937. De cette dernière nous est parvenu un vaste séchoir. Après quelques années d´abandon d´une ancienne tuilerie artisanale, une usine est édifiée au Chambon en 1950, elle-même remplacée en 1966 par une nouvelle unité de production spécialisée dans les briques creuses et les tuiles destinées à la restauration des bâtiments historiques.

L´argile est aussi exploitée pour la fabrication des ponnes, cuves en terre cuite pour la lessive - ou « bugée » -, exportées au-delà du Confolentais. Cette activité était particulièrement importante à Benest, où l´on dénombrait en 1881 six potiers et ponniers employant vingt-huit ouvriers et quatre tuiliers employant vingt-six ouvriers. Un seul de ces fours à ponnes de Benest est aujourd´hui conservé. Il a été en activité de sa construction, en 1869, à 1930. En 1912, la production s´est élevée à 600 pièces réparties entre cinq modèles, de 50 à 300 litres. Ces ponnes ont une couleur ardoisée typique qui résulte des propriétés de la terre utilisée, extraite à 1,5 km du bourg, et de la cuisson réductrice.

À Benest comme dans de nombreuses communes de Charente, des ponnes sont conservées, rarement en place dans les buanderies mais plus fréquemment en éléments décoratifs dans les cours et les jardins.

À côté de la fabrication de ponnes existait une production d´autres récipients de grandes dimensions, comme des saloirs, et de poteries culinaires, notamment de pots à cuire. Ces pots pouvaient être cuits en même temps que les ponnes ou dans des fours de taille un peu plus réduite. À Benest subsiste dans un hangar l´un de ces fours. Sur la même propriété se trouvait un four à ponnes qui a disparu.

Période(s)Principale : Epoque contemporaine

La production des tuileries se limitait à des tuiles creuses, que l´on retrouve en couverture sur la quasi-totalité des édifices du territoire. La pose de génoises, constituées de tuiles creuses renversées posées au sommet et en débord des murs des maisons se développe à la fin du XIXe siècle et jusqu'en 1914. L´ardoise et la tuile plate, importées, ne se retrouvent qu´exceptionnellement pour les toitures d´églises, de manoirs ou de quelques grandes maisons de bourg ou de ville à partir de la seconde moitié du XIXe siècle.

Près des tuileries-briqueteries de Chardat à Abzac, la brique est utilisée abondamment pour les encadrements, les angles des murs ou des décors. Des briques posées de champ ou selon des assemblages géométriques, seules ou en association avec d´autres matériaux - comme des renforts de linteau en métal ou de la pierre de taille - donnent un cachet particulier à certaines maisons du hameau.

Lorsqu´on s´éloigne des lieux de production, la brique n´est plus utilisée que pour les encadrements de portes et fenêtres. Aux alentours de 1900, il devient ainsi fréquent dans tout le Confolentais, et plus encore dans la zone granitique, d´utiliser en alternance la pierre calcaire et la brique, en jouant sur les couleurs.

L´usage de la brique et de la pierre alternées a été favorisé par l´amélioration des voies de communication, et notamment du chemin de fer. Ainsi, à Lessac, plusieurs ensembles de l´extrême fin du XIXe siècle utilisent ces matériaux : une ferme à la Berlaude, l´ancien hôtel en face de la gare, une grange datée de 1897 Chez-le-Bit et la remarquable ferme des Biesses datée de 1899.

Au lieu-dit En-Bois-Noir à Épenède, un logement construit vers 1930 est doté d´ouvertures à encadrement alternativement en briques rouges et noires. Cet exemple illustre la diffusion progressive de la brique hors des zones de production de ce matériau.

La brique et la tuile ont rarement été employées pour le gros œuvre. Le lavoir de la Réchaudie à Saint-Coutant, situé non loin d´une ancienne tuilerie-briqueterie, construit en brique et en béton au début du XXe siècle, est ainsi un cas exceptionnel, tout comme la maison à façade en pignon du bourg de Chassiecq construite entièrement en tuiles de Roumazières.

On trouve enfin dans le Confolentais quelques exemples d'emploi de briques vernissées, notamment sur une villa route de Saint-Germain à Confolens et sur la poste de Brillac.

Décompte des œuvres repéré 1
étudiés 7

Références documentaires

Bibliographie
  • Dujardin Véronique, Moinot Emilie, Ourry Yann. Le Confolentais : entre Poitou, Charente et Limousin. Images du patrimoine n° 243, Geste éditions, 2007.

    p. 8-9, 160-165
  • Pingannaud Fernand, Les ponnes de Benest, Études charentaises, numéro 12, avril-juin 1969.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes de Charente Limousine (c) Communauté de communes de Charente Limousine - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
- Moinot Emilie