Logo ={0} - Retour à l'accueil

Tour du Breuil

Dossier IA24004398 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Genreseigneurial
Appellationstour du Breuil
Dénominationstour
Aire d'étude et cantonVallée de la Vézère - canton du département 24
AdresseCommune : Thonac
Lieu-dit : le Breuil
Cadastre : 1813 A1 213 ; 1988 A1 564

Bâtie sur la colline dominant à l'ouest le ruisseau Thonac, la tour, le vestige le plus ancien du domaine, avec son archère cruciforme, sa porte en plein-cintre à longs claveaux et sa maçonnerie en moyen appareil régulier, pourrait remonter au milieu ou à la seconde moitié du XIIIe siècle. Par ces caractéristiques, elle est à rapprocher des tours de la Vermondie, située dans la même commune, ainsi que de celles de Deffeix et de Jailleix, à Auriac-du-Périgord. Selon B. Fournioux, ces tours faisaient partie d'un système plus complexe de protection territoriale de la châtellenie de Montignac et de défense des populations rurales mis en place entre 1242 et 1271. Les mentions les plus anciennes du Breuil remontent au XIVe siècle : elle est peut-être citée en 1304 ; elle l'est plus explicitement (la "tor dal Bruelh") dans un texte de 1383 par lequel le comte de Périgord exempte de leurs obligations les tenanciers dont les maisons ont été incendiées par les Anglais. La tour médiévale a perdu au siècle dernier ses deux niveaux supérieurs : des photographies des années 1930 et 1940 la montrent beaucoup plus haute et couverte par un petit toit en pavillon ; deux portes ouvraient autrefois dans des bretèches en bois (les boulins visibles sur les clichés accueillaient la structure en bois disparue) en surplomb sur l'extérieur qui protégeaient les faces sud et ouest, l'accès à la tour se faisant à l'est, par une porte percée à hauteur du premier étage. Par conséquent, il n'est guère douteux que la tour était incluse dans un système de défense rapprochée (enceinte en bois et fossé ?) dont elle constituait la pointe, les archères et bretèches étant dirigées vers l'extérieur, au sud et à l'ouest.

Devenue inutile au siècle suivant, la tour dut faire partie d'un fief ou d'un arrière-fief inféodé par le seigneur-châtelain de Montignac. Au XVIIIe siècle, le Breuil n'est déjà plus un domaine noble, mais un simple village, selon la planche n° 23 de la carte de Belleyme levée en 1768. En 1813, la tour et la petite maison située au nord appartiennent à un médecin de Saint-Léon-sur-Vézère nommé Léonard Ruaud, qui possède d'importants terrains dans le voisinage.

En 1972, Guy Ponceau peut encore décrire les niveaux supérieurs aujourd'hui disparus : les embrasures intérieures des portes qui ouvraient autrefois sur les bretèches présentaient un arrière-linteau porté par deux corbeaux coniques formés d'un tore et d'un bandeau.

Période(s)Principale : 2e quart 13e siècle, 3e quart 13e siècle

De plan carré (4,75 x 4,70 m) avec des murs d'1,20 m d'épaisseur, la tour est bâtie en moyen appareil régulier et comprend un rez-de-chaussée et un étage. La rez-de-chaussée est accessible au nord par une porte percée après coup à linteau en bois. Une seconde porte, en plein-cintre à longs claveaux, est percée au premier étage, à l'est, donnant aujourd'hui sur le vide, à 5 m du sol extérieur actuel. Deux archères cruciformes se voient également à l'ouest et au sud. La cohésion et la stabilité de la tour s'avèrent gravement menacée par trois larges fissures, au nord, à l'ouest et à l'est (le claveau médian de la porte est désolidarisé des claveaux voisins).

Murscalcaire pierre de taille
État de conservationmenacé, désaffecté, vestiges

Le site ne bénéficie d'aucune protection. La cohésion et la stabilité de la tour s'avèrent gravement menacée par trois larges fissures dans la maçonnerie, au nord, à l'ouest et à l'est (le claveau médian de la porte est désolidarisé des claveaux voisins).

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • Exemption par le comte de Périgord de leurs obligations les tenanciers dont les maisons ont été incendiées par les Anglais, 1383.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : E 776
Documents figurés
  • Plan cadastral ancien de la commune de Thonac, 1813.

    section A, 1ère feuille Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : 3 P3 6119 à 3 P 3 6125
Bibliographie
  • SECRET Jean. Le Périgord, châteaux, manoirs et gentilhommières. S.l. : Tallandier, 1966.

    p. 235-236
  • SALCH Charles-Laurent [avec la collab. de BURNOUF J. et FINO J.-F.). Atlas des châteaux forts en France. Strasbourg : Éditions Publitotal, 1977.

    p. 243
  • PENAUD Guy. Dictionnaire des châteaux du Périgord. Bordeaux : Sud Ouest, 1996.

    p. 53-54
Périodiques
  • Bulletin de la société historique et archéologique du Périgord.

    1961, p. 153 Bibliothèque nationale de France, Paris
  • PONCEAU M. et G. "Tours 'signal' du château de Montignac", Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, tome XCIX, année 1972 (3e livraison), p. 221-225.

    p. 223-225
  • FOURNIOUX Bernard. "Un dispositif de protection territoriale et de défense des populations rurales en Périgord au XIIIe siècle". Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, tome CXVI, 2e livraison, année 1989, p. 119-134.

  • FOURNIOUX Bernard. « Le paysage agraire de la châtellenie de Montignac et son environnement humain à la fin du Moyen Age ». Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. CXXVII, 2000. p. 139-162.

    p. 160
  • FOURNIOUX Bernard. "Un dispositif de protection territoriale et de défense des populations rurales en Périgord au XIIIe siècle". Archéologie médiévale, tome 20, 1990. p. 335-349.

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Dordogne - Pagazani Xavier