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Tour des Augustins

Dossier IA40001678 réalisé en 2021
AppellationsTour des Augustins
Dénominationstour, clocher
Aire d'étude et cantonGeaune
AdresseCommune : Geaune
Adresse : rue de la, Poste, rue des
Augustins
Cadastre : 2017 AB 113

Un couvent de l'ordre de saint Augustin - c'est à dire des anciens ermites de saint Augustin, ordre mendiant créé en 1256 et approuvé par le Saint-Siège en 1274 - est fondé à Geaune en 1401 par le baron Raymond-Bernard III de Castelnau (vers 1350 - après 1412), seigneur du lieu, afin d'y établir la sépulture de sa famille. La construction, non documentée, des bâtiments conventuels et de l'église est sans doute ralentie par les troubles de la Guerre de Cent Ans, comme le suggère la date tardive de la consécration de l'église, le 17 juin 1490. Les rares vestiges subsistants de l'édifice, notamment le profil des nervures du départ de la voûte et les bases à moulures prismatiques, confirment une exécution dans le dernier quart du XVe siècle.

En septembre 1569, les troupes protestantes de Montgomery, après le siège et la prise de Geaune, incendient et détruisent les bâtiments conventuels de fond en comble, mais respectent l'église, nécropole de leurs coreligionnaires les barons de Castelnau (passés à la Réforme avec Charles de Castelnau, l'un des chefs de la conjuration d'Amboise). Au retour de la paix, les augustins relèvent les bâtiments, qu'ils occupent jusqu'à la Révolution. Celle-ci décrète la confiscation du couvent comme bien national et le livre à la démolition. L'église sert de carrière aux habitants de Geaune pendant deux décennies.

Vers 1815, l'abbé Bertrand Lamarque, nouveau curé de la paroisse, obtient de la municipalité l'autorisation de déblayer les ruines et de construire une école de filles à l'emplacement du corps de bâtiment nord de l'ancien couvent. Un plan levé en 1880 par le géomètre Tauzin (AD Landes) montre l'état du complexe à cette date : l'église, à ciel ouvert, conserve encore ses murs gouttereaux et l'hémicycle de son chevet. La sacristie ou salle capitulaire qui épaule le chœur à l'ouest est utilisée comme cour intérieure, accolée au bâtiment de l'école qui se prolonge à l'ouest jusqu'à l'ancien mur d'enceinte. En 1909, au moment du classement de la tour au titre des Monuments historiques, l'agent-voyer Capmas trace un nouveau plan à l'issue de fouilles opérées dans le sol de l'église et à l'emplacement de l'ancien cloître. Celles-ci ont révélé la présence d'ossements dans une petite chapelle accolée au flanc est du chœur (sans doute la chapelle funéraire des Castelnau), ainsi que le long du mur ouest de l'enceinte (l'ancien cimetière des moines). Après 1909 et tout au long du XXe siècle, les derniers vestiges de la nef et du chœur de l'église disparaissent. Ne subsistent actuellement que la tour-clocher, les murs de la salle qui la flanque à l'ouest, ainsi que les piédroits du portail d'entrée de l'église sur la rue Saint-Jean. En 2013, un "jardin médiéval" a été recréé à l'emplacement qu'il occupait probablement au temps des religieux.

Période(s)Principale : 1er quart 15e siècle
Principale : 4e quart 15e siècle
Secondaire : limite 16e siècle 17e siècle , (détruit)
Dates1401, daté par source
1490, daté par source
Auteur(s)Personnalité : Castelnau-Tursan Raymond-Bernard III baron de
Castelnau-Tursan Raymond-Bernard III baron de (1345 - après 1412)

Seigneur de Jupoy, baron de Castelnau-Tursan, de Miramont, de Bats et de Boua ; né vers 1345 au château de Castelnau-Tursan, mort après le 17 juin 1412 au même lieu ; fils du baron Raymond-Bernard II et de Béarnaise de Foix (elle-même fille naturelle du comte Gaston II de Foix et demi-sœur de Gaston III "Fébus") ; marié vers 1380 à Mathe d'Aydie, dont il eut cinq enfants : Pierre (vers 1380 - après 1469), Étiennette, le baron Raymond de Castelnau (époux de Jeanne du Lau, dont Jean de Castelnau du Lau, évêque de Bayonne de 1466-68 à 1483), Catherine (épouse de Leberon du Lau) et Marguerite.


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Les dispositions originelles du couvent, aujourd'hui presque entièrement disparu, sont connues grâce aux rares vestiges conservés et aux fouilles effectuées en 1909, au moment du classement de la tour. L'enceinte, de plan régulier, comportait en son centre un vaste cloître carré (l'actuelle cour de l'école) autour duquel s'articulaient les différents bâtiments : au nord et à l'ouest, le logis des moines et ses dépendances, avec un espace réservé au cimetière (des ossements ont été trouvés à son emplacement) ; au sud, un jardin de plan barlong (restitué en 2013) ; à l'est, l'église conventuelle.

Celle-ci, orientée sud-est/nord-ouest, se composait d'un vaisseau unique de 52 mètres de long sur 13 de large, auquel on accédait de l'extérieur du couvent (rue Saint-Jean) par un portail à piédroits fasciculés et bases prismatiques, qui subsiste en partie aujourd'hui, privé de sa voussure. La nef, voûtée de croisées d'ogives, était prolongée par un chœur de plan cintré en arc segmentaire, précédé par un arc-triomphal en tiers-point. Plusieurs annexes étaient greffées sur le vaisseau : une première chapelle voûtée, de plan oblong, ouvrait au sud-est de la nef ; du même côté oriental, mais attenante à l'arc-triomphal, une seconde chapelle, dans laquelle ont été découverts des ossements, était probablement la chapelle funéraire des barons de Castelnau. En face de cette chapelle, une porte basse en arc brisé, toujours existante, donne accès à la tourelle d'escalier menant au clocher-tour. Enfin, une autre porte, au linteau en arc segmentaire mouluré, percée dans le mur occidental du chœur, ouvre sur une salle de plan barlong, conservée mais aujourd'hui à ciel ouvert, qui était sans doute la sacristie ou la salle capitulaire.

Progressivement dépecé au cours des deux derniers siècles, transformé en établissement scolaire dès le début du XIXe siècle, ce complexe important est actuellement réduit aux quelques vestiges déjà évoqués. De l'église subsistent : le registre inférieur (piédroits) du portail sud et les pans de mur qui l'encadrent ; quelques fragments du mur gouttereau oriental, remaniés et intégrés dans le mur de clôture de l'école ; un fragment du mur ouest du chœur (avec la porte menant à la sacristie/salle capitulaire) ; la tour-clocher en entier, étayée à l'est par un pan à demi détruit de l'arc-triomphal du chœur ; les murs, très remaniés, de l'ancienne sacristie/salle capitulaire (actuellement utilisée comme cour d'entrée de l'école), avec ses départs de voûtes d'ogives à culots sculptés (étudiés).

La tour-clocher, de plan carré, est bâtie en moyen appareil calcaire régulier (avec d'importants remontages et reprises en partie basse) et raidie aux quatre angles par d'épais contreforts appareillés. Le niveau supérieur ou chambre des cloches, au-dessus d'un larmier rainuré, est percé sur ses quatre faces d'étroites baies en lancette, à tête trilobée, surmontées (à l'exception de la baie orientale) d'un bandeau d'imposte à retours portés par des culots figurés (baie sud) ou moulurés (baies ouest et nord). Au-dessus d'un second larmier à gargouilles angulaires, le couvrement en terrasse est cantonné de tourelles cylindriques et couronné d'une flèche octogonale aux angles hérissés de crochets en chou frisé.

Murscalcaire moyen appareil
calcaire moellon enduit
Toitpierre en couverture
Plansplan allongé
Étages1 vaisseau
Couvrementsvoûte d'ogives
Couverturesterrasse flèche polygonale
Escaliersescalier hors-oeuvre
État de conservationvestiges
Techniquessculpture
Statut de la propriétépropriété de la commune (?)
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsclassé MH, 1909/07/09

Références documentaires

Documents d'archives
  • Circulaires ministérielles, tableaux, états, listes des congrégations autorisées et non autorisées, enquêtes, renseignements, instructions, correspondance (an IX - 1904) : Augustins de Geaune.

    Archives départementales des Landes, Mont-de-Marsan : 2 V 6
  • Église, presbytère, cimetière (1811-1936).

    Archives départementales des Landes, Mont-de-Marsan : 2 O 805
Bibliographie
  • GARDELLES Jacques. Aquitaine gothique. Paris : Picard, 1992.

    P. 186-187.
  • LÉGÉ Joseph (abbé). Les Castelnau-Tursan. Aire-sur-Adour : L. Dehez, tomes I et II, 1887.

    Tome 1, p. XII.
  • LERAT Serge (dir.). Landes & Chalosses. Pau : Cairn, 1984.

    Tome II, p. 365, 371-372.
  • SOUSSIEUX Philippe. Dictionnaire historique des Landes. Études landaises, 2012.

    P. 322-323.
Périodiques
  • PEYROUS Bernard. "Les Religieux dans les diocèses d'Aire et de Dax d'après l'enquête de la commission des Réguliers (1766-68)". Bulletin de la Société de Borda, 1980, tome 4.

    P. 655-677.
  • CHEVALLIER Pierre. "Les sources de l'histoire des Augustins français (Grands Augustins et Augustins réformés) de 1766 à 1789". Augustiniana. Vol. 11, No. 1/2, avril 1961.

    P. 154-180.

Liens web

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