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Temple, presbytère

Dossier IA17043972 réalisé en 2010

Fiche

Dénominationstemple, presbytère
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Communauté de communes de Haute-Saintonge
AdresseCommune : Saint-Dizant-du-Gua
Lieu-dit : Morisset
Adresse : 18 route du
Temple de Morisset
Cadastre : 1832 C 15 ; 2009 AI 87

A partir de la seconde moitié du 18e siècle puis au 19e siècle, une petite communauté protestante se développe à Saint-Dizant-du-Gua, sous l'impulsion des familles Bonniot puis Rodier, protestantes et propriétaires du château du Pible. Plusieurs domestiques et employés du château, également protestants, s'installent dans les hameaux alentours, notamment à Morisset et à Barateau. En 1892, David Rodier achète une maison à Morisset et y fait ouvrir une école privée. En 1898, avec l'aide de M. Rodier et de sa fille, le pasteur Paul Faivre fait construire un temple puis, entre 1903 et 1905, un presbytère. Au pasteur Faivre succède le pasteur Henri Lourde puis, dans les années 1920, le pasteur Peyre et, dans les années 1940, le pasteur H. Tarin. Le presbytère est habité jusque dans les années 1960, et le culte est célébré de manière permanente dans le temple jsuqu'en 1970. Le temple est vendu en 1996 à un particulier par l'Union nationale des associations cultuelles de l'Eglise réformée de France. Il accueille encore occasionnellement des cérémonies.

Période(s)Principale : limite 19e siècle 20e siècle
Dates1898, daté par source
1905, daté par source
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Le temple est un bâtiment de plan rectangulaire, couvert d'un toit à longs pans, en tuile mécanique. La façade, entièrement construite en pierre de taille, est placée sur le mur pignon est. Elle est encadrée par des dosserets, surmontée d'un fronton et sommée d'une croix. La porte, rectangulaire, est aussi surmontée d'un fronton que soutiennent deux consoles. Les murs gouttereaux nord et sud sont percés chacun de deux baies en arc brisé. Le presbytère est couvert d'un toit à longs pans, en tuile creuse, dont le débordement est soutenu par des consoles en bois. La façade, construite en brique, est placée sur le mur pignon est. Elle s'organise symétriquement autour d'une travée centrale d'ouvertures qui comprend la porte, une fenêtre à l'étage et un oculus au comble, avec une fenêtre de chaque côté de la porte. La façade est ornée d'un solin et d'un bandeau mouluré. Les encadrements des baies sont saillants.

Murscalcaire
pierre de taille
Toittuile mécanique
Couverturestoit à longs pans
Techniquessculpture
Représentationsacanthe
Précision représentations

Les consoles qui soutiennent le fronton au-dessus de la porte du temple, sont décorées de feuilles d'acanthe. Le fronton du temple présente un livre ouvert, la Bible, placé sur une nuée rayonnante.

Sur la Bible, page de gauche : JESUS DIT :/ JE SUIS / LA VERITE / ST JEAN CHAP 14 ; page de droite : A QUI / IRIONS NOUS / QU'A TOI / SEIGNEUR / ST JEAN CHAP 6.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Souvenirs de Mme Gripon et Mlle Habrard, habitants de Morisset, sur la communauté protestante de Morisset, recueillis par Mme Jeanne Grand (extrait du dossier d'étude des temples en Poitou-Charentes, établi en 1998 par Charlotte Pon) :

    "Au siècle dernier, le Pible, domaine situé entre St Dizant et Morisset, était habité par la famille Rodier (seule protestante de ce secteur semble-t-il). Cette famille avait comme domestique un protestant venu de la région de la Seudre. D'autres habitants de cette région sont également venus et se sont mariés dans le village voisin. L'un d'eux était forgeron à Morisset (Gravaud).

    Un membre de la famille Rodier, ayant acquis par échange une maison à Morisset, y fit construire une école protestante où enseignait Melle [...]oraze, école fermée après la loi de 1905 (séparation de l'église et de l'État).

    A ce moment là, par Melle Rodier, le pasteur Fernand Faivre de Bordeaux (évangéliste) est venu faire des cultes. On se réunissait dans une pièce mise à la disposition du pasteur dans l'un ou l'autre village. Ainsi plusieurs catholiques se sont convertis.

    Puis le pasteur Paul Faivre, a succédé à son frère et se déplaçait dans les villages pour évangéliser, avec une petite voiture et un poney. Il avait noté qu'un groupement assez dense de familles protestantes existait autour de St Dizant-du-Gua. Il prit l'initiative, aidé sur le plan régional par son frère, de construire à Morisset un temple et un presbytère. Ils recueillirent l'argent nécessaire grâce à des tournées de conférences et furent très aidés financièrement par Melle Rodier et son frère. C'est ainsi que le temple fut construit en 1898 et le presbytère entre 1903 et 1905. Mrs Habrard et Lys donnèrent du terrain, Mr Gaborit les pierres.

    Paul Faivre résidant jusque là à La Mothe (St Ciers-du-Taillon), vient habiter à Morisset jusqu'en 1912.

    La synode du 23 avril 1913 décide que les trois associations culturelles (Soubran, La Bergerie, Morisset) qui formaient deux églises, n'en formeraient désormais qu'une, desservies par le pasteur Lourde.

    Puis le pasteur Tarin résida jusqu'en 1960 dans ces lieux. Il n'y eut plus de pasteur résidant après lui, mais les cultes furent assurés jusqu'en 1970 par le pasteur Bergeret.

    Jusqu'en 1996, l'ensemble des bâtiments appartenaient à l'ERF (UNACERF, Union Nationale des Associations Culturelles de l'Église Réformée de France)".

  • Souvenirs de la famille Petit/Bugeaud, transmis par M. et Mme Chalard, Saintes :

    La communauté protestante de Saint-Dizant-du-Gua s'est constituée à la fin du 19e siècle autour du domaine du Pible. Son propriétaire, M. Rodier employait des domestiques et des ouvriers agricoles, protestants comme lui, originaires des rives de la Seudre et d'Oléron, et qui se sont fixés en particulier dans les hameaux de Morisset et de Barateau. Par ailleurs, des conversions ont eu lieu parmi la population de Saint-Dizant-du-Gua. Edmond Petit, par exemple, cultivateur Chez-Rideau, adhéra à la communauté protestante à la suite de son mariage, en 1894, avec Marie-Lydie Bugeaud et d'une brouille avec le prêtre lors de la cérémonie. Il éleva alors ses filles dans la religion protestante. Parmi elles, Léona, née en 1897, fréquenta l'école protestante de Morisset jusqu'à sa fermeture en 1906. Elle parcourait chaque jour à pied la distance séparant Chez-Rideau de Morisset, en passant par la Pible.

  • Les temples en Haute-Saintonge, par Francette Joanne (extrait du dossier d'étude des temples en Poitou-Charentes, établi en 1998 par Charlotte Pon) :

    "La Haute-Saintonge compte neuf temples : Boresse, Echebrune, Jonzac, Mérignac, Montendre, Pons, Saint Dizant du Gua (Morisset), Saint Fort sur Gironde et Saint Maigrin dont sept sont encore des lieux de culte.

    Si l'on excepte le temple de Pons qui est la chapelle de l'ancien couvent des Dames de la Foi, tous les temples de Haute-Saintonge ont été construits après le Concordat. Montendre, Jonzac et Saint-Fort sous la Monarchie de Juillet et un peu avant ; Echebrune (le Puy-Haut), Saint Maigrin, Mérignac, Morisset et Boresse sous la Troisième République, le dernier, Boresse ayant été construit en 1901.

    Ces édifices sont de plan rectangulaire avec la façade sur le plus petit côté, les murs latéraux étant percés de deux, quatre ou six hautes fenêtres généralement de forme néo-ogivale. A l'intérieur, la chaire est sur le mur opposé à la façade et les bancs sont disposés de part et d'autre d'une allée centrale. Au pied de la chaire, sur une table en bois parfois recouverte de marbre une Bible ouverte rappelle la place privilégiée de l'Écriture Sainte dans la théologie réformée. Sur les murs, des tableaux reproduisent des versets bibliques, les Dix Commandements le plus souvent.

    Les façades, en pierre de taille, sont en fronton parfois surmonté d'une croix. Sur ce fronton, le seul décor est constitué d'une Bible ouverte sur un fond de nuages ou de rayons lumineux sur laquelle on peut lire un texte biblique gravé. La porte d'entrée, à deux battants, est surmontée également d'un fronton reposant sur des consoles décorées.

    Cinq temples ont été construits en moins de dix ans, entre 1890 et 1901, dans le sud de la Haute-Saintonge touché par un vaste mouvement d'évangélisation (Puy-Haut, St Maigrin, Mérignac, Morisset et Boresse).

    Pour simples qu'ils soient ces édifices coûtaient chers aux communautés aidées cependant par des subventions de l'État et parfois de la commune. Au moment de la loi de séparation de l'Église et de l'État quelques communautés ont gardé leur temple qui sont ainsi des édifices privés puisqu'appartenant à des associations culturelles. Les temples de Saint Maigrin et de Morisset ont été achetés par des particuliers et celui de Puy-Haut par la municipalité d'Echebrune pour y faire un foyer rural".

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime. 3P 3326 à 3339. 1834-1970 : état de section et matrices cadastrales. A. D. Charente-Maritime. 3P 4916. 1832 : plan cadastral de Saint-Dizant-du-Gua.

  • Service régional de l'Inventaire, correspondance, photographie et notes prises en 1998 par Charlotte Pon dans le cadre de l'étude sur les temples protestants en Poitou-Charentes..

Documents figurés
  • Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle. 78 Fi : cartes postales du fonds Claude Aubineau.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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