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Temple de protestants

Dossier IA64002670 inclus dans Station thermale des Eaux-Chaudes réalisé en 2018

Fiche

Genrede protestants
Dénominationstemple
Aire d'étude et cantonPyrénées-Atlantiques
AdresseCommune : Laruns
Lieu-dit : Eaux-Chaudes
Adresse : rue de l'
Ecole
Cadastre : 2018 BE 47

La présence d'un temple protestant aux Eaux-Chaudes s'inscrit dans une continuité historique puisque le culte réformé y était déjà célébré du temps de Marguerite de Navarre, Jeanne d'Albret et Catherine de Bourbon, au printemps et à l'automne.

Comme à Eaux-bonnes, la construction d'un véritable lieu de culte protestant aux Eaux-Chaudes s'avère nécessaire dès le tournant des années 1850 en raison de la fréquentation grandissante des curistes britanniques. Le Consistoire d'Orthez sollicite une première fois la concession d'un terrain communal en 1863, ce que le préfet refuse, sous-estimant le nombre de protestants fréquentant la station. Le culte est alors célébré dans des conditions précaires au sein de chambres particulières exigües, de salles d'hôtel ou du salon mondain du casino. En 1865, après avoir invoqué sa cause "respectable", l'urgence de la situation et la prospérité que pourrait apporter une chapelle protestante à la station, le Consistoire obtient la concession escomptée, ainsi qu'une subvention publique, et lance une souscription. L'impératrice Eugénie contribue à hauteur de 100 francs à ce projet estimé à 1.500 francs. Ce n'est pourtant qu'en 1868 qu'est publiée la délibération accordant à titre gratuit un terrain communal de 14 m de long sur 7 m de profondeur près du plateau et de la source Minvielle. L'édifice doit donc être implanté dans la partie haute de la localité, seul espace où l'ensemble urbain peut s'étendre.

Le projet, placé sous la responsabilité du pasteur Cadier, est élaboré en 1868 par l'ingénieur Turon, également actif aux Eaux-Bonnes, et exécuté par l'entrepreneur Abbadie fils. Il implique l'affermissement et l'assainissement du terrain, que l’Église réformée préfère effectuer par elle-même afin d'éviter "d'interminables retards". Le préfet y exerce cependant un droit de regard, par exemple en recommandant l'orientation de la façade dans le sens de la promenade - qui, à l'époque, se déployait perpendiculairement à la route départementale et ouvrait sur une petite place agrémentant le parvis du temple (voir maquette de la station thermale) -, et non vers le lavoir tout proche. La commune fournit le bois de construction et autorise la captation des eaux passant sous la construction.

L'inauguration a lieu le 22 septembre 1869. Dès lors, l'office a lieu durant la saison thermale, parfois uniquement d'août à septembre. Mais le déclin du thermalisme qui s'amorce dans les années 1890 entraîne avec lui la baisse des fidèles protestants. En 1892, sont dénombrés environ cinq ou six français et plusieurs familles anglaises. La propriété, archives comprises, est transférée à l'Association de l’Église Réformée Évangélique de Pau en 1906, alors représentée par Alphonse Meillon et Jules Malan.

Malgré une importante campagne de travaux en 1917 et la présence saisonnière du pasteur Gustave Cadier, le temple se trouve à l'état d'abandon en 1936 mais il est remis en état l'année suivante. A cette époque, 21 personnes assistent au culte célébré quatre dimanche de l'été pour une collecte de 36 francs. Le temple, ouvert tous les jours, devient un but de promenade qui draine une fréquentation de curieux non protestants, moins attirés par la religion que par l'objet peu ordinaire qu'il représente pour eux. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, en revanche, il est totalement déserté et nécessite des réparations urgentes, notamment au niveau de la toiture.

La propriété est finalement vendue le 30 mars 1949 par le biais de l'étude de maître des Termes, notaire à Pau. Le temple est alors estimé à 6.000 francs, tandis que celui d'Eaux-Bonnes, incluant un presbytère, valait 20.000 francs. Tombé en désuétude en raison de l'absence de fidèles et d'entretien, il est démoli dans les années 1970. Sa physionomie est cependant restituable à travers quelques photographies et cartes postales anciennes, mais aussi par des plans des environs dressés à l'occasion d'autres projets.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 1ère moitié 20e siècle
Dates1868, daté par source
Auteur(s)Auteur : Turon Jacques
Turon Jacques

Actif dans les Pyrénées-Atlantiques dans les années 1860-1870.


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ingénieur civil attribution par source
Auteur : Abbadie fils
Abbadie fils

Entrepreneur domicilié aux Eaux-Chaudes dans les années 1860 et 1870.


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entrepreneur attribution par source

Comme le souhaitait le préfet, la façade principale du temple, et donc son entrée et le porche afférent, s'inscrivaient dans le prolongement des quelques maisons récemment édifiées entre les halles et la source Minvielle. Le chemin conduisant à l'entrée se déployait depuis la route nationale en coupant l'actuelle plate-bande et aboutissait à une petite place.

Le terrain exigu accueillant l'édifice est circonscrit entre un mur de soutènement adossé à la montagne, une vaste maison et le lavoir public, auxquels s'ajoute plus tard l'écurie Mounaix. La communauté protestante accordait beaucoup de soin aux infimes espaces verts jouxtant la construction, en y implantant des arbustes et autres massifs floraux destinés à embellir les façades.

Témoignant de la modestie des ressources financières par ses proportions plus petites encore qu'au temple d'Eaux-Bonnes, le bâtiment se composait d'un plan carré agrémenté d'un porche hors-œuvre et d'un appentis abritant la sacristie. Pour cette construction, l'entrepreneur mit en œuvre des matériaux traditionnels de la région telles l'ardoise pyrénéenne pour la couverture ou encore la pierre d'Arudy recouverte d'enduit pour les élévations.

L'édifice adoptait un style néogothique dépouillé, fréquent dans l'architecture cultuelle protestante, symbolisé par son porche hors-œuvre en pierre de taille qui, en dépit de dimensions étroites, lui offrait toute sa majesté. Se référant au vaisseau principal et couronné d'une simple croix en pierre, le porche était percé d'une ouverture en plein-cintre accueillant la porte d'entrée en bois et coiffé d'une couverture à deux pans symétrique à la toiture de l'édifice. Le pignon du corps principal était percé d'une baie jumelée tandis que son élévation latérale comportait une baie unique ornée d'un vitrail.

A l'emplacement du temple détruit se trouve une cour privative, depuis laquelle s'effectue l'entrée principale de la maison voisine (maison Boulin).

Murspierre moellon enduit
pierre de taille
Toitardoise
Plansplan carré régulier
Étages1 vaisseau
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
État de conservationdétruit
Statut de la propriétépropriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Fonds du Centre d’Études du Protestantisme Béarnais. Temples des Eaux-Bonnes et des Eaux-Chaudes.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : 60 j 50/15
  • Centre d’Études du Protestantisme Béarnais. Temple et presbytère des Eaux-Bonnes, 1860-1970.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : 60 J 56/1/7
  • Centre d’Étude du Protestantisme Béarnais. Pasteurs de Pau, Eaux-Bonnes, Eaux-Chaudes. 1836-1900.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : 60 J 50/42
  • Centre d’Étude du Protestantisme Béarnais. Documents concernant les Temples des Eaux-Bonnes et des Eaux-Chaudes. 1858-1970.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : 60 J 56/1/7
  • Centre d’Étude du Protestantisme Béarnais. Rapports et correspondance des agents de la Société Centrale d’Évangélisation du Béarn et des Pyrénées. 1892-1904.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : 60 J 65/12
  • Dépôt de la commune de Laruns. Bâtiments communaux.

    Acquisition du terrain communal près du lavoir sollicitée par le sieur Mounaix, dressé par Dupuy, 16 novembre 1884. Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : E DEPOT LARUNS 3 N 4
Bibliographie
  • LANUSSE-CAZALE Hélène. Protestants et protestantisme dans le Sud aquitain (1802-1905). Espaces, réseaux et pouvoirs. Thèse de doctorat d'histoire, sous la direction de CHAREYRE Philippe et GUINLE-LORINET Sylvaine, Université de Pau et des Pays de l'Adour, 2012.

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