Dossier IM64004224 | Réalisé par
Tableau et son cadre : La Vierge consolatrice des affligés (Notre-Dame de Bon-Secours), Église paroissiale Saint-Jean-Baptiste-Notre-Dame-des-Infirmes
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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pyrénées-Atlantiques
  • Commune Eaux-Bonnes
  • Adresse place de l' Église
  • Emplacement dans l'édifice vaisseau central, mur antérieur, au-dessus de l'arcade de la tribune
  • Dénominations
    tableau
  • Titres
    • La Vierge consolatrice des affligés (Notre-Dame de Bon-Secours)

Cette toile, apparemment non signée, porte une inscription dédicatoire difficilement lisible, où se devinent les initiales du donateur ("Ad. M.") et une date qui est certainement 1845. L'œuvre fut en effet offerte par Adolphe Moreau père (1800-1859), agent de change parisien qui fit de fréquents séjours à Eaux-Bonnes pour raisons de santé et fut l'un des bienfaiteurs de la station naissante - on lui doit en particulier la co-initiative de la création de la "Promenade horizontale" en 1841-1842. Moreau, collectionneur et ami d'Eugène Delacroix, offrit en outre d'autres œuvres d'art à la chapelle du village, future église paroissiale : une statue de Vierge à l'Enfant en plaques d'argent, de provenance suisse, une autre statue en bois du même sujet, acquise en Belgique, ainsi que divers objets cultuels, aujourd'hui disparus pour la plupart. Moreau résida avec sa famille à Pau et Eaux-Bonnes en 1839, 1840, 1842 et 1845 : c'est certainement lors de son dernier séjour qu'il fit don du tableau ici étudié.

La toile est en effet la copie (agrandie, mais sans variantes) d'une peinture murale tout récemment exécutée (1844) dans la chapelle de la Vierge en l'église parisienne Saint-Denys-du-Saint-Sacrement, œuvre du peintre d'origine rouennaise Joseph-Désiré Court (1797-1865), Prix de Rome en 1821 et décorateur réputé. On notera que le même édifice renferme l'une des premières peintures religieuses importantes de Delacroix, la Pietà peinte en 1843-1844. C'est peut-être à l’occasion d'une visite à l'église pour y admirer l'œuvre de son ami que Moreau connut la peinture de Court et décida d'en commander une copie destinée à la chapelle d'Eaux-Bonnes. La qualité honorable de la reproduction autorise à penser qu'elle fut réalisée sur place ou dans l'atelier de Court et peut-être sous sa supervision.

L'inventaire de 1906 consécutif à la loi de Séparation, qui signale plusieurs tableaux dans l'église (un Christ en croix "de Zurbarán", une Annonciation et un Christ au jardin des oliviers dans les sacristies), ne mentionne curieusement pas la toile ici étudiée, qui fut peut-être omise en raison de son statut de don privé.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1845, porte la date
  • Stade de création
    • copie agrandie de peinture
  • Lieu d'exécution
    Commune : Paris
  • Auteur(s)
    • Auteur de la source figurée :
      Court Joseph-Désiré
      Court Joseph-Désiré

      Peintre né à Rouen le 14 septembre 1797 et mort à Paris le 23 janvier 1865. Élève de Marc-Antoine Descamps à Rouen, puis du baron Gros à Paris, Grand Prix de peinture en 1821 et élève à l'École de Rome, il fit carrière dans la peinture d'histoire et le portrait et fut à partir de 1853 le conservateur du musée de Rouen, sa ville natale.

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      peintre
    • Personnalité :
      Moreau Adolphe
      Moreau Adolphe

      Agent de change parisien, collectionneur, ami d'Eugène Delacroix et divulgateur de son œuvre. De son mariage avec Françoise Gauldrée-Boilleau naquit un fils, Adolphe Fernand (1827-1882), conseiller d'État et collectionneur, époux en 1858 de la céramiste Camille Nélaton (1840-1897) et père du célèbre peintre et historien de l'art Étienne Moreau-Nélaton (1859-1927). Le musée d'Orsay conserve un buste posthume d'Adolphe Moreau père par le sculpteur Alfred Charles Lenoir (1908).

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      donateur

Tableau peint à l'huile sur une toile à tissage serré et régulier, constituée de plusieurs lés, tendue sur un châssis à deux montants et traverse médiane. La toile est de format horizontal, son bord supérieur cintré en arc segmentaire. Le cadre en bois sculpté, de même format, est complété sur les côtés par deux panneaux triangulaires incurvés (ou oreilles), en bois doré et peint en bleu, qui parachèvent la forme en demi-lune de la bordure.

  • Catégories
    peinture, menuiserie, sculpture
  • Structures
    • rectangulaire horizontal, cintré
  • Matériaux
    • toile, support, en plusieurs lés peinture à l'huile
    • bois, taillé, mouluré, décor en bas relief, décor dans la masse, décor rapporté, doré à la feuille d'or à l'huile, peint
  • Mesures
    • h : 225 (hauteur approximative avec le cadre)
    • la : 460 (largeur avec le cadre)
  • Iconographies
    • scène, Vierge de Miséricorde, groupe, homme, femme, enfant, vieillesse, aveugle, protection, secours
    • ornementation, ove, dard, rinceau, rosace, bouquet, lys
  • Précision représentations

    L’œuvre illustre le thème de la Vierge consolatrice des affligés (la Consolatrix afflictorum des Litanies), thème caractéristique de la piété mariale du milieu du XIXe siècle (voir le tableau de même sujet peint en 1856 par Sébastien Melchior Cornu pour l’église Saint-Roch à Paris ou celui de Thomas Couture pour Saint-Eustache en 1851-1856). On peut également la rapprocher du célèbre Christ consolateur et rémunérateur d’Ary Scheffer (1837, Amsterdam), popularisé par une gravure de Louis Henriquel-Dupont (1842).

    Au centre du registre supérieur, Marie est agenouillée sur des nuées, le regard tourné vers une gloire dorée dans le ciel, dans l’attitude implorante d’intercesseur auprès de la divinité. Elle tend les bras vers deux groupes de personnages figurant l'humanité souffrante, disposés au premier plan du registre inférieur, sur un dallage en damier gris et blanc, entre deux piédestaux de colonnes et derrière une clôture à balustres vue à contre-jour. On distingue dans le groupe de gauche un couple en habits médiévaux, une mère et son enfant les bras levés, un pèlerin à cheveux blancs, agenouillé de dos, appuyé contre la balustrade, le mantelet à coquilles sur ses épaules, son bourdon, son sac et sa gourde posés près de lui ; dans le groupe de droite, une jeune mère agenouillée présentant à la Vierge son nourrisson nu, un jeune homme (son époux ?) le bras dénudé et entouré d’une bandelette à demi déroulée, une fillette en bleu coiffée d’un capulet, un aveugle aux yeux bandés et un vieil infirme appuyé sur son bâton.

    Le cadre est sculpté d'une frise d'oves et dards ; ses deux panneaux latéraux ou oreilles sont ornés de bouillons d'acanthe d'où sortent de larges rinceaux dont les enroulements s’achèvent en rosace et en bouquet de lys (symbole marial).

  • Inscriptions & marques
    • inscription concernant le donateur, peint, sur partie rapportée
    • date, peint, sur partie rapportée
  • Précision inscriptions

    Inscription concernant le donateur et date (peintes au bas du cadre, au centre) : OFFERT Par Mr Ad. M. 18[45].

  • État de conservation
    • mauvais état
  • Précision état de conservation

    Toile déchirée et détachée du châssis sur le bord inférieur ; accroc en bas à droite, écaillements et pertes de matières dans l’angle inférieur gauche, chanci et encrassement général.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    À signaler
Date d'enquête 2019 ; Dernière mise à jour en 2020
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Université de Pau et des Pays de l'Adour
Édifice
Église paroissiale Saint-Jean-Baptiste-Notre-Dame-des-Infirmes

Église paroissiale Saint-Jean-Baptiste-Notre-Dame-des-Infirmes

Commune : Eaux-Bonnes
Adresse : place de l' Église