Dossier IA64003117 | Réalisé par
Ehlinger Maïté
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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Station balnéaire de Bidart
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Commune de Bidart

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bidart (commune)
  • Commune Bidart

Le tourisme se développa à Bidart à partir de la seconde moitié du 19e siècle pour plusieurs raisons : l’influence de Biarritz, la promiscuité avec Guéthary, la beauté du site vantée dans divers guides touristiques, la douceur du climat tout au long de l’année et le développement des moyens de communication. La route royale n° 10 reliant Paris à l’Espagne passant par Bordeaux, Bayonne et Bidart venait d’être viabilisée. L’installation de la ligne de chemin de fer reliant Bayonne à Irun, faisant halte à Bidart, favorisa à partir de 1864 l'accès à la station malgré l'éloignement de la station ferroviaire.

Ainsi, le village agricole se développa entre la route principale et l’océan. Trois quartiers furent identifiés : Ilbarritz au nord, La Place et Parlementia au sud. Sous l’initiative de particuliers, un établissement des bains en bois fut construit sur la plage de Parlementia et sur la plage de la Place (actuellement plage du centre) vers 1870. En 1911, la Société Immobilière de la Côte Basque projeta la création d’un complexe hôtelier autour du château d’Ilbarritz. Les travaux furent stoppés par la Première Guerre mondiale. Dès 1917, le préfet des Basses-Pyrénées proposa de classer le village en station climatique, ce que la municipalité refusa par crainte d’endettement. Le séjour touristique à Bidart s’épanouit dans l’entre-deux-guerres. Artistes et industriels parisiens et bordelais firent construire des maisons de villégiature sur le littoral. Dès 1924, le passage du tramway côtier reliant Bayonne à Hendaye offrit un atout important aux lotissements en cours d’aménagement (L’Ermitage, Guibeleko). Cette même année, la municipalité fonda le Syndicat d’Initiative. Un premier projet de classement fut refusé par le Conseil supérieur d’hygiène publique de France en 1925. Persévérante, la municipalité travailla sur la viabilité du quartier d’Ilbarritz en collaboration avec la Société civile immobilière du Pavillon Royal, qui projetait la construction du lotissement du Parc de la Reine, et avec la Société Paris-Province, propriétaire du lotissement du Domaine d’Ilbarritz, qui construisit sur la plage d’Ilbarritz un quai de protection.

Ambitieuse, la municipalité s’engagea également dans l’élaboration d’un plan d’extension et d'embellissement de la commune appelé aussi plan régulateur. Dessiné par les urbanistes parisiens, René et Raymon Danger, le plan prévoyait la création de deux groupes scolaires, d’une nouvelle gare et d’un port de plaisance. Il prenait également en compte les lotissements. Il ne fut jamais réalisé.

Des hôtels et des restaurants modestes ouvrirent à Bidart. A Ilbarritz, le dancing du Pavillon Royal puis son casino attirèrent les estivants aisés au même titre que la Réserve à Saint-Jean-de-Luz ou l’hôtel du Palais à Biarritz. Le classement en "station climatique" du quartier d’Ilbarritz et du quartier de La Place, par décret, le 9 août 1927, affirma la vocation touristique de Bidart. En juillet 1928, La Roseraie d'Ilbarritz, l’hôtel, restaurant et casino, ouvrit ses portes dans le cadre du lotissement du Domaine d’Ilbarritz. L’établissement de luxe proposait une piscine, équipement nautique encore inconnu à Bidart. Il prit le relais des mondanités organisées auparavant au Pavillon Royal. Au sud, le quartier de Parlementia - à l’opposé d’Ilbarritz - fut classé station climatique par décret, le 15 avril 1933. Il se composait essentiellement de maisons de villégiature. En raison de sa proximité avec Guéthary et de son éloignement du bourg de Bidart, les estivants profitaient des équipements de loisirs de Guéthary.

Fréquentée par les familles plus modestes, la plage de La Place connut un important aménagement urbain et touristique afin d'en faciliter l’accès et la protection. Il fut lancé en 1935 sous la direction de l’architecte Henri Rateau. Un quai de protection fut construit au pied des falaises, devant le nouvel établissement des bains afin de consolider la falaise, dont les éboulements inquiétaient déjà à cette époque. Une digue fut également érigée pour protéger les baigneurs des vagues. Elle comportait deux piliers pour accrocher la corde des baigneurs et leur permettre de nager en sécurité. L’accès à la plage fut facilité par la création d’une voie descendant la falaise depuis la rue de la Plage.

Après la Seconde Guerre mondiale, les nouveaux modes de consommation transformèrent également la pratique du tourisme. Le grand hôtel La Roseraie ne rouvrit pas ses portes, tandis que de nouveaux hôtels et restaurants moins haut de gamme s’installèrent au bord de la route nationale 10. Le voyage en voiture ou en autocar l’emporta sur le train, alors que l’on démantelait le chemin de fer du tramway côtier. Un tout nouveau genre de touristes, les campeurs, purent installer leurs tentes dès 1950 (camping de la Plage, camping Jean Paris). Les lotissements dont les lots avaient été achetés mais non construits trouvèrent de nouveaux propriétaires et des maisons secondaires de taille modeste s’élevèrent petit à petit (lotissement Bellevue, lotissement Chutiqueta). Le lotissement d’Ilbarritz, à cheval sur les communes de Bidart et de Biarritz, fut longtemps abandonné. En 1968, les deux communes s’associèrent pour créer le Syndicat Intercommunal pour l’Aménagement de la Zone Ilbarritz-Mouriscot (SIAZIM). Après l’abandon d’un ambitieux projet d’urbanisation du lieu, une partie du terrain fut transformée en golf, préservant ainsi les abords de la plage d’Ilbarritz.

Aujourd’hui, on compte à Bidart onze hôtels, une auberge, six campings, deux résidences de vacances, neuf chambres d’hôtes. L’office de tourisme enregistre une cinquantaine d’appartements meublés voués à la location saisonnière.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 19e siècle
    • Principale : 2e quart 20e siècle
    • Principale : 3e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1870, daté par source
    • 1924, daté par source
    • 1928, daté par source
    • 1950, daté par source

La station balnéaire se développe essentiellement entre le front de mer et la route départementale n° 810. Les cinq kilomètres de trait de côte sont partagés entre six plages : Ilbarritz, Pavillon Royal, Erretegia, Centre, Uhabia et Parlementia.

Documents d'archives

  • Station climatique, documents divers, 1925-1955.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : E dépôt Bidart 3R2

Bibliographie

  • LABORDE Pierre. Histoire du tourisme en pays basque. Biarritz : Editions Atlantica, 2001.

Périodiques

  • La gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz : journal républicain indépendant littéraire, mondain et d'intérêt local (1893-1934).

    2 juillet 1925, p. 1 ; 20 septembre 1932, p. 1 et 4.

Documents figurés

  • Atlas cadastral napoléonien, 1831.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : E dépôt Bidart, 1G1
  • Photos et cartes postales anciennes acquises par scan.

    Archives municipales, Bidart
  • Photographies conservées par la petite-fille d'Henri Rateau, Pascale Grindes.

Date d'enquête 2018 ; Dernière mise à jour en 2019
(c) Commune de Bidart
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
Ehlinger Maïté
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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