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Scierie Gorinas

Dossier IA17004080 réalisé en 2000

Fiche

Destinationsmaison
Parties constituantes non étudiéeslogement, dépendance
Dénominationsscierie
Aire d'étude et cantonVals de Saintonge Communauté - Tonnay-Boutonne
AdresseCommune : Puyrolland
Lieu-dit : Tournay
Cadastre : 1985 B1 389, 391

C’est un certain Georges Gorinas qui implanta, en vers 1890, cette scierie à Tournay. Avant cette date, son activité été essentiellement tournée vers des chantiers autour de Puyrolland où il pratiquait l’abattage des peupliers, ormes, frênes, etc. Au fil des années, il s’équipa d’outils plus performant et vers 1890, il s’implanta sur son lieu définitif. Cet emplacement n’a pas été choisi par hasard puisque la gare se situait juste à côté, favorisant ainsi les expéditions de marchandises.

Par la suite, Georges Gorinas associa ses deux fils dans son entreprise et l’appellation « Georges Gorinas et Fils » fit son apparition sur le papier à lettres. Ce sont ses fils qui ont fait construire la maison dans les années 1905-1906. Avant que les hangars soient montés, vers 1908-1910, la scierie était établi à l’extérieure. Au début du 20e siècle, l’entreprise devait compté 10 à 12 employés et une douzaine de chevaux.

À la mort de son fondateur, ses deux fils assurèrent la continuité de l’entreprise sous l’appellation « Gorinas Frères ». Après la guerre de 39-45, les petits fils de Georges poursuivirent l’activité sous le nom de « G. et Y. Gorinas » (Georges et Yvon). Très vite, elle fut confrontée à la mécanisation de l’industrie : transport par véhicules motorisés en lieu et place des chevaux, développement important du bois déroulés, etc. Cette évolution demanda des investissements importants que l’entreprise ne pouvait pas assurer. La scierie se plia alors vers ses activités de base (abattage, sciage de commerce de bois) et elle n’eut plus qu’un rayonnement à l’échelle locale. Lorsque Georges et Yvon prirent leur retraite en 1973, la scierie ferma définitivement ses portes.

Période(s)Principale : 20e siècle
Dates1905, daté par source
1908, daté par source

La maison de la scierie, orientée au sud-est, se compose d’un corps central avec deux extensions accolées de part et d’autre. Le corps central dispose de quatre travées, d’un bandeau d’appui, d’une corniche moulurée et d’un toit à longs pans en tuiles mécaniques. Les extensions présentent deux travées, une corniche moulurée et aussi un toit à longs pans en tuiles mécaniques. Des dépendances en briques avec une ossature en bois sont adossées à la maison. Les hangars qui composaient l’ensemble (situés à droite) sont aujourd’hui détruit.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile mécanique
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré
Couverturestoit à longs pans
État de conservationbon état
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • « Vers 1860, arrivant de son Limousin natal, Georges Gorinas, âgé de 25 ans environ, posa sa musette à Tournay et s’y installa comme « scieur de long ».

    Au départ et pendant 10 à 20 ans, son activité fût essentiellement tournée vers des chantiers autour de Puyrolland, où avec quelques compagnons il abattait et débitait peupliers, ormes, frênes (et à un degré moindre des chênes) en poutres, chevrons et planches grossière. L’outillage était sommaire et exclusivement manuel : crocs, chiens, haches, cognées, coins, passe-partout (godelans) et scies à bras. Ces dernières servaient à tronçonner les arbres dans le sens de la longueur. l’extrémité du tronc était posée sur une « chèvre robuste » et la scie à bras était actionnée par deux hommes : un perché sur l’arbre et l’autre au sol. Cette opération était particulièrement dure et éprouvante. Les arbres en grumes ou ainsi débités étaient destinés soit aux charpentiers et menuisiers, soit à la construction marine (à cette époque les bateaux étaient en bois).

    Au fil des ans, Georges Gorinas étoffa ses activités en investissant progressivement dans des équipements plus industriels tels que : scie circulaire, scie à ruban, locomotive (chaudière à vapeur). Pour le transport de grumes et de produits finis, les chevaux firent leur apparition avec charrettes, fardiers et triqueballes (diables). Il préféra l’énergie à vapeur à l’énergie hydraulique, car cette option lui permettait de brûler tous les déchets de bois aussi bien en poste fixe que sur les chantiers où pratiquement toute la scierie pouvait être implantée.

    Vers 1890, la scierie s’implanta sur son lieu définitif à Tournay en un lieu judicieux à savoir tout à côté de la gare CDF (Chemins de Fer Départementaux) de Puyrolland. Cette gare fût, par la suite, largement utilisée pour les expéditions et les réceptions de marchandises.

    Georges Gorinas associa officiellement ses deux fils, Sylvain et Ernest, dans son entreprise et l’appellation « Georges GORINAS et ses fils » fit son apparition sur le papier à lettres.

    La maison actuelle fût construite en 1905/1906 pour ses deux fils Sylvain et Ernest. Au départ, la scierie fixe était à l’extérieure, les hangars n’ayant été montés que vers 1908/1910. En automne et en hiver, pour pouvoir travailler lorsque la nuit était tombée, un éclairage au gaz avait été prévu, la « fée électricité » n’étant pas encore apparue (heureusement que les normes de sécurité étaient inexistantes à cette époque). Il est à noter que les travaux, aussi bien pour la maison que pour les hangars, ont été organisés et supervisés par Georges en personne.

    Avant la guerre 14/18 la scierie Georges Gorinas avait un rayonnement régional et était connue 150/200 kms à la ronde. Outre le sciage de bois de pays, l’entreprise pratiquait le négoce des grumes et résineux déjà débités (pins du sud-ouest, sapins du nord) et vendait du bois de chauffage (bûches et fagots). Les activités se diversifièrent vers le battage des grains pour exploiter au mieux les machines à vapeur.

    Des relations étroites se tissèrent et des échanges importants se développèrent avec des entreprises régionales : Bubois à Aigrefeuille, Leps, Perrin et Cie à Rochefort sur Mer, Genevière à Angoulême, Pauty et Dours à Bordeaux, A. Mouligné en Lot et Garonne…

    A cette époque, on peut penser que l’entreprise possédait 2 ou 3 machines à vapeur, 1 scierie fixe, 1 scierie mobile, 2 ou 3 batteuses, 10 à 12 chevaux et que 10 à 12 personnes y étaient employées. L’atelier de Maréchalerie de G. Buffeteau à Parançay assurait l’entretien des charrettes, chaînes, autres matériels et ferrait régulièrement les chevaux.

    Les chutes de bois étaient notablement insuffisantes pour l’alimentation des chaudières et l’entreprise devait approvisionner plus de 20 tonnes de briquettes par an.

    À la mort de Georges Gorinas, en 1917, ses deux fils, Sylvain et Ernest, assurèrent la continuité sous l’appellation « Gorinas Frères ». Autour de 1930, ils abandonnèrent petit à petit l’activité et les chantiers mobiles.

    À la fin de la guerre 39/45, les fils de Sylvain et Ernest poursuivirent l’activité qui se nomma « G. et Y. Gorinas » (Georges et Yvon, fils de Sylvain et Ernest). Elle fût vite confrontée à la mécanisation générale de l’industrie : transport par véhicules motorisés en lieu et place des chevaux, développement important des bois déroulés, etc. Cette évolution demandait des investissements de plus en plus importants que l’entreprise ne pouvait pas assumer.

    La scierie se replia sur ses activités de base : abattage, sciage et commerce de bois en grumes. Le transport fût sous traité. Elle n’eut plus qu’un rayonnement local avec le monde artisanal.

    Lorsque Georges et Yvon prirent leur retraite en 1973, la scierie ferma définitivement ses portes en septembre de la même année ».

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Richardeau Marie-Pierre - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


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