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Saint-Martin-de-Ré : présentation de la commune

Dossier IA17050482 réalisé en 2013

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'étudesÎle de Ré
AdresseCommune : Saint-Martin-de-Ré

Dès 1212, Saint-Martin est qualifié de "bourg". L'agglomération, qui dispose déjà d'une église paroissiale, est habitée par des artisans, des commerçants et des négociants qui exportent du vin et du sel, et importent du blé et du bois, surtout du sapin du Nord. L’agglomération se développe grâce et autour de son port à proximité duquel plusieurs archives situent une "forteresse" dont ne subsiste aucune trace. C'est à l'emplacement supposé de celle-ci que s'élèvent les demeures les plus anciennes de la ville : l'hôtel de Clerjotte, l'hôtel des Gabaret, l'hôtel de la rue Jean Jaurès (n°5) et le logis de la Poithevinière (disparu). Les abords immédiats du port étaient jadis bâtis de façon plus dense. Les divers aménagements du bassin d'échouage, du bassin à flot et des quais ont provoqué ultérieurement la destruction de plusieurs îlots d'habitation.

Très tôt, semble-t-il, la ville s'est développée au sud-ouest du port où se trouve l'église. Cette extension de l'agglomération s'est faite essentiellement le long de trois artères de direction nord-sud : les rues du Général-Lapasset et du Baron-de-Chantal (jadis rue Neuve); au centre les rues du Docteur-Kemmerer et de Sully (ancienne Grand-Rue); à l'ouest les rues Gaspard-France (précédemment de la Barrière-du-Mûrier) et Suzanne-Cotonneau (antérieurement des Bons-Enfants). Plus à l'est, se trouvait l'enfilade des deux rues des Charitains (autrefois du Puits-de-la-Croix) et des Gabaret (ancienne rue du Petit-Village).

Les îlots les plus anciens situés au nord-ouest de la ville présentent une surface bâtie très élevée qui contraste fortement avec celle des autres quartiers. La rue du Baron-de-Chantal est bordée sur le côté est par une succession d'hôtels construits au début du 17e siècle sur des parcelles profondes et alignées à leur extrémité orientale ; ces hôtels présentent tous une élévation alignée sur la rue et un jardin à l'arrière. D'autres hôtels spacieux, pourvus également chacun d'un vaste jardin s'édifièrent à la même époque en périphérie de la ville, au sud-ouest essentiellement.

Ainsi, dans le troisième quart du 17e siècle, Saint-Martin offrait l'aspect d'une agglomération assez étendue et très peuplée, aux ruelles étroites et sinueuses, entourée de vergers et de potagers, et pourvue d'un port actif. La ville était alors accessible par deux routes : la route de La Flotte au sud-est qui débouchait dans la ville par l'actuelle rue de l'Hôpital, et la route de La Couarde au sud-ouest qui empruntait l’actuelle avenue Aristide-Briand. Lors de sa visite de l'île, l'ingénieur Vauban dit de Saint-Martin que c'est "l'endroit de l'isle le plus habité, le mieux basty, qui a le plus forme de ville". La construction des fortifications autour de l'agglomération n'a pas bouleversé fondamentalement le tissu urbain puisque le tracé des remparts passait très au large de la ville ; seules quelques maisons au sud-ouest furent détruites. La place d'armes est située au milieu du tracé reliant les deux portes de l'enceinte ; les artères principales ne sont pas modifiées dans leur tracé mais le cheminement depuis la porte de La Flotte vers le centre de la ville et l'église était trop sinueux et conduit à la création en 1692 d'une nouvelle voie : la rue Neuve, puis rue du Grand-Pavé et actuellement cours Toiras et cours Dechézeaux, qui relie directement la porte de La Flotte avec la place de l'église grâce au percement de l'actuel cours Bailly-des-Ecotais (ancienne rue des Ecotais). L'ouverture de ces voies strétgiques au milieu des jardins n'entraina pas d'extension de l'urbanisation de ce côté de la ville, aujourd'hui encore, les voies sont peu urbanisées.

Aux 17e et 18e siècles, la ville est divisée en neuf quartiers ou "dizaines" : le Chai-Morin, les Forges, le Four (présence de deux fours banaux dépendant de l'abbaye des Châtelliers à laquelle ils avaient été donnés par Savary de Mauléon ; ils ont fonctionné jusqu'à la Révolution), la Grand-Rue, la rue Neuve, Saint-Clair, la Taupinerie, la Vinaterie et le Petit-Village. En 1774, la ville compte 2 742 habitants.

Très tôt, la partie méridionale de l'agglomération avait constitué une sorte de quartier à dominante religieuse : outre les églises Saint-Martin et Saint-Louis et la chapelle Saint-Clair, on trouvait deux vastes cimetières de catholiques et de protestants, au sud de celui-ci l'hôpital Saint-Honoré et le couvent des capucins. Vers 1685, le gouverneur s'installe dans un vaste hôtel particulier à l'ouest du couvent des capucins. La physionomie du quartier est transformée par la construction de ces édifices et par la transformation du cimetière catholique en place d'armes. Celle-ci est aménagée vers 1685 à égales distances du port et des deux portes de la ville. Vauban commanda d'y établir "une halle dans le milieu pour tenir le marché et et pour monter la garde à couvert quand il pleut". Il suggéra également de réduire la place "en quarré long, employant les surplus de l'espaceen battiments". Si le premier projet échoua, le second fut exécuté près d'un siècle plus tard : par la volonté de Monsieur le Bailly d'Aulan, la place d'armes devint place Royale en 1768, date à laquelle une statue du roi y fut érigée, et moins de dix ans plus tard, l'aménagement de l'hôpital Saint-Honoré et de l'hôtel des Cadets-Gentilshommes de la marine complètent cet ensemble qui devient un espace ordonnancé. Le temple protestant est construit à l'angle sud-est de la place en 1836.

Dans les autres quartiers de la ville, aucune modification importante n'est à signaler. Plusieurs maisons furent reconstruites, notamment après le bombardement de 1696, l'hôpital Saint-louis s'installe dans un grand hôtel particulier près de la Porte de La Couarde en 1709 puis l'hôpital de la Marine est édifié à l'autre extrémité de la ville en 1782-1786. Le quartier du port est celui qui connait les plus importants changements lors de sa modernisation courant 19e siècle.

En 1790, Saint-Martin-de-Ré fut érigé en commune. Sous la Convention, celle-ci prit le nom de la Montagne Républicaine. Au cours du 19e siècle, le commerce traditionnel déclina suite au déplacement du commerce du sel et à l'arrivée de la navigation à vapeur. certains métiers dépendant de l'activité maritime disparurent presque totalement (charpentiers de navires, cordiers, etc.). Les tonneliers aussi disparurent suite à l'achat de futailles dans le Midi. En 1926, on ne dénombrait plus que 1 862 habitants.

Le tracé des voies semble avoir très peu changé depuis le Moyen Age. Les abords de la citadelle, au sud, sont restés très peu urbanisé. La citadelle est devenue une Maison Centrale, un second centre pénitencier a été aménagé sur l'esplanade précédant au nord la caserne Toiras, ce qui a empêché la création toute construction dans la partie orientale de l'agglomération. Le glacis des fortifications a également été bien préservé.

Saint-Martin-de-Ré est, après Rivedoux-Plage, la moins vaste commune de l'île avec une superficie de 4,67 km2. Située sur la côte nord de l'île, la commune de Saint-Martin-de-Ré est limitée à l'ouest par la commune de La Couarde-sur-mer, au sud par celle du Bois-Plage-en-Ré et à l'est par celle de La Flotte. Son rivage consiste en une vaste grève sablonneuse de près de 700 m de large, à laquelle font suite deux importants bancs rocheux à l'est entre lesquels passe le chenal menant au port et en arrière desquels s'étendent des plages de modeste étendue. De grands parcs à huîtres ont été installés près de la plage de la Cible à l'est et à l'Orneau et à la Grande Moulinatte à l'ouest.

Chef-lieu de l'île depuis l'Ancien Régime, la commune demeure marquée par son rôle historique. Largement tournée vers le tourisme, al commune est cependant équitablement partagée entre résidences secondaires (52,8 %) et résidences principales (40,4 %).

En 2011, la population s'élève à 2 471 habitants.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes de l'Île de Ré (c) Communauté de communes de l'Île de Ré - Aoustin Agathe
Aoustin Agathe

Chargée de mission Inventaire. Communauté de communes de l'Ile de Ré (2013- 2020)


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