Logo ={0} - Retour à l'accueil

Saint-Loup-de-Saintonge : présentation de la commune

Dossier IA17035049 réalisé en 2001

Fiche

Voir

Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Saint-Loup-de-Saintonge

Une origine depuis des temps reculés

L’origine de cette bourgade est très floue, elle a porté les noms de Saint-Luc et Saint-Loup, puis à la Révolution elle fur rebaptisée Lespinay sans culottes. Saint-Loup était le surnom d’un évêque de Troyes du 5e siècle. Il lui avait été donné après que le prélat ait osé arrêter Attila en route vers Lutéce. Il ne semble cependant pas que cette paroisse tire son nom de ce fait, car jusqu’à la Révolution, elle porta le nom de Saint-Luc. Ce Luc, l’un des quatre évangélistes, était un médecin du 1er siècle qui devint le compagnon de saint Paul.

Des traces attestant d’une occupation ancienne auraient été mises au jour lors de fouilles archéologiques réalisées sur la commune. Ces fouilles auraient révélées des objets, des fusaïoles (anneau de plomb), qui dateraient du Haut Moyen Age. Ces découvertes sont à mettre au conditionnel, car les formes de fusaïoles le plus souvent rencontré lors de fouilles ne seraient pas antérieures au 16e siècle et dateraient même du 19e siècle.

La preuve d’une occupation certaine est la position de Saint-Loup de Saintonge sur l’ancienne l’ancienne voie romaine de Fourras à Saint-Jean d’Angély. D’ailleurs, une prospection aérienne de Milani, en 1996, à révélée des traces d’un grand enclos carré, vraisemblablement de l’époque gallo romaine. Pour ne nommer que les endroits situés aux alentours, elle passait à la Jarrelée, l’arbre de la Carabine, la forêt de la Bourelle, la Maladrerie, le Treuil, le Labeur et le Pont Rouge.

Une commanderie était située au hameaux de Goux. La maison du temple de Goux dépendait de celle de La Rochelle. Il en est fait mention à la fin de la période templière, en 1308, dans un acte concernant un moulin qui lui appartenait, dit le moulin de “gouz”. Dans ce document, Goux était qualifié de “maison ou grange” ce qui semble impliquer que l’établissement n’était pas de première importance et que, peut-être, il ne possédait pas de chapelle.

Un texte de 1373 rapporte que Goux, qui valait autrefois 80 livres par an, ne procure plus aucun revenu, tout ayant été dévasté par les guerres. “L’hôtel” de Goux aurait disparu entre 1465 et 1564 sans qu’il soit possible de dater avec précision cette disparition et d’en connaître les causes. On retrouve la trace de la Commanderie de Goux sur de nombreux actes notariés, elle est mentionnée sous le nom de “l’agrière de la commanderie de Goux”.

Une aumônerie se serait située à Saint-Loup, mais aucun vestige n’a été mis en évidence. On trouve toutefois une trace écrite de la présence d’une aumônerie dans un compte rendu de 1759 de la Chambre Ecclésiastique du Diocèse de la Rochelle : “l’aumônerie de Saint-Loup sera taxée sur le pied de 200 livres”.

Au début du 17e siècle, on trouve les traces d’une seigneurie, Trézence. On sait très peu de choses sur cette terre qui fut adjugée en 1604 à Claude de Colladon, conseiller du roi. Au début du 18e siècle, le domaine passe aux mains de la famille Maichin et s’est un certain Benjamin Maichin qui fait rebâtir le logis tel qu’il se présente aujourd’hui. Après sa mort, Trézence revient à sa descendance, qui elle-même le cède, en 1765, à Jean Alexis Pallet, seigneur de Blanzay-Antraize. Il garde le domaine jusqu’à la Révolution, puis le cède, en 1789, à Jean Lallemand. La même année, le fils de ce dernier, Étienne, vend le domaine à Jean Vieuille, lequel fragmente les terres et vend le logis, en 1844, à Louis-Joseph Pineau.

Saint-Loup de Saintonge aux 19e et 20e siècle.

Au 19e siècle, l’agriculture était la principale source de revenu pour la commune. On y cultivait, entre autre, du maïs, du blé, de l’orge, mais aussi de la vigne. La commune était aussi dotée de trois moulins à eau et de six moulins à vent.

Le moulin à eau de Goux (celui situé au nord du hameau) était équipé de deux roues qui entraînaient l’une une meule à froment dite “le moulin blanc”, l’autre une meule à seigle dite “le moulin noir”. Les roues étaient vraisemblablement disposées en parallèle et chacune avait sa propre “pelle” ou “vanne”. Ces roues ne tournaient jamais ensemble, la puissance de l’eau était réservée à une seule roue. Des empreintes laissées par le frottement des roues sur le mur du bâtiment laissent à penser qu’elles avaient un grand diamètre.

Un extrait d’un commentaire sur l’agriculture de la commune en 1839, mentionne : “Le tiers du sol est formé par une assez bonne groie, le reste n’offre plus que des terres aquatiques et argileuses. Il y a sur cette commune un vaste marais qui est coupé par un canal de dessèchement nommé “La Trézence”. Ce canal se dirige du nord au sud, en ligne directe pendant trois kilomètres, se détourne vers l’ouest, parcourt encore un espace de deux kilomètres et se rend à La Boutonne. La culture des terres occupe exclusivement les habitants qui récoltent du blé, de l’orge et de l’avoine. La vigne est d’un très grand rapport, les vins qu’elle produit sont en grande partie convertis en eau-de-vie.”

La fin du 19e siècle est pour Saint-Loup de Saintonge une période d’aménagement de son territoire. Vers les années 1865, l’école se trouvait au hameaux de Goux. Pour asseoir le bourg en tant que chef-lieu, la commune décide alors de faire édifier une école avec mairie. Pour ce projet, la municipalité acquière un terrain situé à la sortie nord-ouest, et fait édifiée, en 1867, l’ensemble actuel. Jusque vers 1930, la mairie était établie dans une des pièces attenantes au logement de l’instituteur : elle a par la suite été transférée au coeur du bourg.

La translation du cimetière hors du bourg a été réalisée en 1875 et l’aménagement des murs et du portail a été confié à un entrepreneur de la commune, un certain Bongrand François, artisan à Chagneron. Devenu insuffisant dès le début du 20e siècle, la commune a réalisé un agrandissement en 1911.

Le projet de construction de la ligne de chemin de fer de Marans à Angoulême, passant par Saint-Loup de Saintonge a permis à cette localité d’avoir un essor économique jusqu’au milieu du 20e siècle. La construction de cette ligne a débutée à partir de 1890 et elle a été mise en service en 1898. la gare, située à l’ouest du hameau de Goux, accueillait, en plus des trains de voyageurs, des trains de marchandises. Ils transportaient, entre autre, de l’engrais et des graines. Le sable extrait des sablières de Goux était exporté et pendant la guerre, le charbon qui manquait, était remplacé par de la tourbe séchée extraite du marais. L’exploitation de la ligne de chemin de fer a été arrêtée en 1952, et la gare a été vendue et réhabilitée en habitation.

La commune de Saint-Loup de Saintonge appartient au canton de Tonnay Boutonne et à l’arrondissement de Saint-Jean d’Angély. Les communes limitrophes sont Puyrolland et Nachamps au nord, Landes à l’est, Chantemerle sur la soie au sud et Tonnay Boutonne à l’ouest.

En plus du bourg, la commune compte 19 hameaux et lieux-dits : Chauvin, Chêneron, Goux, les Benêts, la Biroterie, les Chapelières, les Courances, la Fontaine de Goux, les Grands Champs, les Jarries, la Pataudrie, les Petites Rivières, les Rays, les Renardières, les Ribaudières, les Tiffrays, la Tonnelle, les Touches et Trézence.

La commune de Saint-Loup de Saintonge s’étend sur une superficie de 1 595 hectares et ses habitants sont appelés “les Saint-Lupéins”.

Les trois pôles d'attraction les plus proches en terme de services sont ceux de Tonnay Boutonne, situé à 9,5 kilomètres, celui de Saint-Jean d'Angély, à 13 kilomètres et Surgères à 19 kilomètres. Tonnay Boutonne, le plus proche, possède l'ensemble des services de proximité, que ce soit en terme administratif ou commercial. Il s'agit donc d'un pôle de proximité important pour Saint-Loup de Saintonge. Saint-Jean d'Angély, située plus à l'est, est reliée à Saint-Loup de Saintonge par la route départementale 939. Son offre commerciale et de services est beaucoup plus importante, avec notamment des établissements d'enseignement secondaire et un centre hospitalier. Il s'agit également du bassin d'emploi le plus important à proximité. Au-delà, le réseau viaire particulièrement favorable du département facilite les déplacements vers d'autres agglomérations, principales ou secondaires, telles que Niort, Surgères, Rochefort, la Rochelle ou encore Saintes.

Les points culminants se situent au niveau des villages de la Tonnelle, avec 34 mètres d’altitude, et les Grands Champs et la Pataudrie, avec 38 mètres. Le point le plus haut se situe au niveau de la butte du Figuier, au nord-ouest de la commune, qui culmine à 48 mètres d’altitude et offre une vue panoramique du paysage et notamment sur l’église de Puyrolland. Les points les plus bas sont situés logiquement près du marais : il s’agit du village de Trézence et des Renardières, pour seulement 9 et 7 mètres d’altitude.

Plusieurs cours d’eau traversent la commune de Saint-Loup de Saintonge. Les deux premiers, le Bibot et la Soie (au nord et au sud du territoire), mêlent leurs eaux à la Trézence qui elle-même se jette dans la Boutonne avant de rejoindre la Charente. Le Bibot prend sa source à Lussaud et son origine viendrait d’une combe qui va de Lussaud à Courant et cette combe s’appelle La Bibotte, d’où son nom le Bibot. Il fut autrefois canalisé et disposait de chutes pour permettre à son courant de faire tourner plusieurs moulins. Deux autres petits ruisseaux, la Doue et le Gourdet, alimentent, quant à eux, une mare et un lavoir communal.

Le marais de Saint-Loup de Saintonge

La réalisation du canal de Sainte-Julienne qui traverse et draine le marais daterait du 12e siècle. C'est à partir de cette période que de nombreux projets d'asséchements sont envisagés, mais malgré tout le marais reste toujours inondé pendant la période hivernale.

Du Moyen Age à la Révolution, les terres du marais appartiennent en majorité au seigneur de Landes et Chantemerle sur la Soie, quelques particuliers ont toutefois le privilège de posséder une partie de ces terres.Avant la Révolution, 200 journaux (1 journal = 32 ares environ) de prés marais produisaient chanvre, blés et foin. Après la Révolution, les terres n’appartiennent plus au seigneur, elles passent alors entre les mains de particuliers et des communes. Saint-Loup de Saintonge, Landes, Tonnay Boutonne, Annezay et Chantemerle sur la Soie se partagent ce marais.

Du début du 19e siècle à aujourd'hui, la culture du marais a évolué en fonction des besoins de l'homme. La rouche, ou roseau servait de fourrage ou de litière. On utilisait également ce matériau imperméable pour protéger des intempéries les gerbiers (meules de foin). La tourbe était exploitée au tout début du 19e siècle, avec une usine à Goux, l'un des hameaux de la commune, qui fabriquait des briquettes de tourbes, expédiées en wagonnets et destinées au chauffage.

Les prairies naturelles humides, après le fauchage de la rouche, étaient utilisées pour faire paître les animaux de mai à octobre, après que l'eau se soit retirée. Par la suite, ces prairies naturelles très humides ont été remplacées par la culture du maïs, plante très demandeuse en eau, qui trouve à ses pieds cette richesse nécessaire à son développement. Avec la disparition de l'élevage, la culture des peupliers a remplacé certaines prairies.

En 1970, un grand projet hydraulique est imaginé avec la création d'un barrage d'une capacité de stockage de 10 millions de m³, mais ce projet n'a pas abouti.

En 2004, l'Institut National de Recherches Archéologique Préventive (INRAP) a effectué une enquête archéologique sur la commune qui a mis en évidence des traces de vie humaine, dans le marais et aux hameaux Grand Vivroux et Antraize, depuis le Néolithique (environ - 4000 avant J.C).Ces fouilles ont également montré des traces archéologiques du Bronze Ancien (entre 3500 et 1500 avant J.C.) et de l'age de Fer au Petit Vivroux, avec la découverte, entre autre, d'enclos. L'Age du Fer et le Moyen Age sont aussi présents dans certains d’autres hameaux comme à la Grande Prise où des trous de poteaux, des foyers et des céramiques ont été mis au jour.

Le marais de Saint-Loup de Saintonge a une superficie d'environ 420 hectares et se situe à seulement 4 mètres d'altitude. C'est une vaste cuvette, au fond extrêmement plat, où coule la Trézence.

Inondé plus d'un tiers de l'année, ce marais donne l'aspect d'un vaste lac parsemé de peupliers, de saules et de frênes où migrent de nombreuses espèces d'oiseaux d'eau et où chasseurs à la tonne et pêcheurs se côtoient une bonne partie de l'année.

L'été, le marais asséché est un lieu pour la pâture des vaches laitières et les amoureux de nature peuvent le parcourir à pied à la rencontre de la flore et de la faune sauvage.

Douze espèces d'orchidées protégées (Ophrys) ont été répertoriées sur la commune de Saint-Loup de Saintonge. Outre les d'orchidées qui composent le site, celui-ci comprend également une grande variété de végétaux, comme par exemple la Fritillaire Pintade. Surnommée « tulipe sauvage », c'est une espèce protégée. Caractéristique des prairies et forêts inondables de notre région, sa présence indique une bonne qualité écologique des prairies humides. Ces prairies hébergent une biodiversité souvent très importante et fournissent des espaces de reproduction pour de nombreuses espèces végétales et animales.

Les canaux du marais regorgent de poissons tels que brochets, gardons, perches franches et perches truitées (black-bass), anguilles et écrevisses de Louisiane. Des amphibiens (grenouilles, crapauds, rainettes vertes) et des reptiles (couleuvres à collier, couleuvres verte et jaune, lézards, vipères aspic, etc) ont aussi été répertoriés en grand nombre.

De nombreux prédateurs tels que des renards, des fouines, des belettes, des putois, des blaireaux, des genettes et des loutres côtoient les lièvres et les chevreuils très nombreux dans le marais. Les ragondins et rats musqués, qui ont envahi le territoire, provoquent des dégâts importants dans les cultures et sur les berges des rivières. Les mulots, campagnols des champs, lérots et rats des moissons sont également très présents.

Pas moins de 187 espèces d'oiseaux nicheurs ont été observées sur la commune dont des busards cendrés, des pigeons ramier, des faucons crécerelle, des pinsons des arbres, des mésanges charbonnière, des rouges-gorges familier, des pics verts, des outardes canepetière qui disparaissent peu à peu, des geais des chênes, etc. Depuis peu, on recense des cigognes blanches qui nichent dans le marais.

Références documentaires

Documents figurés
  • A.D. 17. 3 P 5177/01 à 14. PLan cadastral napoléonien de la commune de Saint-Loup de Saintonge, 1829.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5177
Bibliographie
  • Cassagne, Jean-Marie. Seguin Stéphane. Origine des noms de villes et villages de Charente-Maritime. Editions Bordessoules, Saint-Jean d'Angély, 1998. p. 188.

  • Flohic Ed. Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime : t. 2. Paris : Ed. Flohic, 2002, p. 1109, 1110.

  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély. Canton de Tonnay Boutonne. Saint-Jean d'Angély, 1970. p. 14 à 16.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.