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Saint-Georges de Longuepierre : présentation de la commune

Dossier IA17035048 réalisé en 1998

Fiche

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Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Saint-Georges-de-Longuepierre

Des origines à la Révolution

Jusqu'au Moyen Age, nous ne disposons que de maigres indices pour éclairer l'histoire de Saint-Georges de Longuepierre.

La toponymie « de Longuepierre » peut permettre deux interprétations. La première indiquerait qu'en des temps reculés, on aurait trouvé ici un ou plusieurs mégalithes datant du Néolithique. Il n'y en a aujourd'hui plus aucune trace. Denis Chapacou formule l'hypothèse que ces menhirs auraient pu se trouver au nord-est du bourg, au lieu-dit les Sept Chemins, sur l'ancienne route d'Aulnay à Dampierre. La seconde interprétation se réfère à la présence de grands bancs de pierre qui auraient autrefois été exploités en carrières. Aucun élément tangible ne permet aujourd'hui de trancher entre ces deux hypothèses.

Vers 2000 a été découvert lors d'un drainage du ruisseau de Batailler, près de la fontaine Saint-Martin (près du village des Roches) un bracelet en bronze au décor incisé. Il a été étudié par M. Gomez de Soto, directeur de recherche au CNRS, qui l'a daté de l'Age du Bronze Moyen.

Malgré son appartenance actuelle à la Charente-Maritime, Saint-Georges de Longuepierre se trouvait au Moyen Age dans la province du Poitou. Son territoire était recouvert par une portion de la Sylve d'Argenson, cette vaste forêt séparant Saintonge et Poitou qui fut progressivement défrichée au fil des siècles. En ces temps reculés, le chemin reliant Aulnay à Surgères via Dampierre ne passait semble-t-il pas dans le bourg, mais plus au nord à proximité du Parmeneau.

A la fin du Moyen Age et à la période moderne, Saint-Georges de Longuepierre se trouve entre deux bourgs relativement importants, Aulnay et Dampierre. Le bourg possède alors un vaste logis seigneurial, appartenant aux Gillier, dont il ne reste que quelques vestiges.

Une petite église en partie romane, qui en fut peut-être la chapelle, se trouve alors à proximité. Il existait également une chapelle au village de Batailler, entièrement disparue aujourd'hui : avait-elle un lien avec les lieux-dits de la Grande et la Petite Aumônerie, situés tout près ? Plusieurs domaines importants sont également à signaler : la Métairie de Batailler et le Petit Logis, qui fut peut-être une ferme fortifiée. Au 17e siècle, on compte entre 350 et 400 habitants pour la paroisse.

La période contemporaine

La Révolution voit la vente des biens nationaux, dont l'important logis de Saint-Georges-de-Longuepierre. Celui-ci est rapidement divisé et dépecé, si bien qu'il est déjà difficilement identifiable sur le cadastre napoléonien de 1834. L'ancien presbytère et l'emplacement de la chapelle de Batailler (qui avait sans doute déjà disparu) sont également vendus. La nouvelle commune porte un temps les noms de L'Indivisibilité et de Longuepierre.

Le 19e siècle est, comme partout en Vals de Saintonge, une période de développement pour la commune, qui compte vers 1860 près de 550 habitants. La commune et surtout le bourg changent entièrement de visage. La plupart des maisons sont reconstruites à cette période, la route d'Aulnay à Surgères qui traverse désormais le bourg est élargie et bordée de nouvelles constructions, une mairie-école est édifiée en 1861, le cimetière est déplacé en périphérie du bourg en 1865. Mais le principal chantier est celui de la reconstruction de l'église, entre 1875 et 1880. L'ancienne église est alors démolie, à l'exception d'un pan de mur inclus dans l'ancien presbytère. Les travaux mobilisent également les paroisses de Blanzay et Nuaillé-sur-Boutonne, alors affiliées à la succursale de Saint-Georges-de-Longuepierre.

D'après les écrits de Gautier, vers 1840, la commune produit des céréales, mais aussi du bois et des fourrages d'une médiocre qualité. Deux moulins à eau, à Chantemerle et à Batailler, transforment les céréales en farine. Mais la prospérité de la commune est surtout portée par la vigne et le commerce des eaux-de-vie, et la crise du phylloxéra des années 1870-1880 y met un terme brutal. La vigne ne sera pas replantée et l'agriculture doit se reconvertir, notamment vers l'élevage laitier : le quartier du bourg nommé « La Petite Vendée » témoigne probablement de l'installation de Vendéens venus pour promouvoir l'élevage à cette période. Des peupleraies sont également aménagées près de la Boutonne pour permettre le développement de l'industrie du bois.

Le 20e siècle est marqué par un certain repli de la commune à cause d'un important exode rural : en 1900, Saint-Georges-de-Longuepierre compte déjà moins de 400 habitants, moins de 300 en 1950, environ 200 en 2000. La construction de maisons sur cette période est nettement moins importante qu'au siècle précédent. Principal chantier de ce siècle, une nouvelle école est édifiée à l'entrée du bourg au début des années 1960.

La commune compte aujourd'hui un peu plus de 200 habitants. Sa principale ressource est la culture céréalière. Elle bénéficie de la proximité d'Aulnay-de-Saintonge où sont réunis services et commerces. L'école, entièrement rénovée en 2010, accueille aujourd'hui les enfants de Saint-Georges, Dampierre, Blanzay et Nuaillé-sur-Boutonne.

Située non loin de la limite nord-est du département de la Charente-Maritime, la commune de Saint-Georges-de-Longuepierre appartient à l'arrondissement de Saint-Jean-d'Angély. Elle se situe à environ 5 km d´Aulnay-de-Saintonge et à moins de 20 km de Saint-Jean-d'Angély. Les communes limitrophes sont Dampierre-sur-Boutonne au nord, Blanzay-sur-Boutonne et Saint-Pierre-de-l'Isle à l'ouest, Nuaillé-sur-Boutonne au sud, Aulnay et La Villedieu à l'est.

Saint-Georges-de-Longuepierre possède une superficie de 1 033 hectares sur lesquels se répartissent le bourg et les douze villages et hameaux suivants qui lui sont rattachés : les Hautes-Roches, les Basses-Roches, Batailler, la Métairie de Batailler, Moissay, Chantemerle, Chauvin, le Petit-Logis, la Grigaude, la Basse-Grigaude, le Grand-Parmeneau, le Petit-Parmeneau. Le territoire communal possède un relief assez vallonné, allant d'une vingtaine de mètres d'altitude au niveau de la Boutonne, à l'ouest, jusqu'à plus de 80 mètres à la limite est. Le bourg occupe une position centrale, à flanc de coteau.

D'importantes portions du territoire de Saint-Georges-de-Longuepierre, à l'ouest et au nord-est, sont couvertes de bois. A l'ouest, il s'agit des peupleraies de la vallée de la Boutonne, tandis qu'au nord-est, ce sont des reliques de l'ancienne Sylve d'Argenson. Cette vaste forêt comprenait celles d'Aulnay, de Chizé, de Fontaine-Chalendray, etc.

En 1979, la création du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, Val-de-Sèvres et Vendée regroupe 108 communes des marais et massifs forestiers des départements de la Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vendée, dont Saint-Georges-de-Longuepierre. La perte du label en 1996 entraîne une mobilisation des territoires permettant la recréation du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin en 2014, sur un périmètre plus restreint ne comprenant cette fois pas la commune. Aujourd'hui, la forêt d'Aulnay est classée Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) et appartient au réseau Natura 2000.

Le territoire de Saint-Georges est délimité à l'ouest par la rivière la Boutonne et au nord par le ruisseau le Vau et la vallée du Chien-Pendu, où passe le chemin dit des Huiliers. Le ruisseau de Batailler, qui prend sa source à la fontaine Saint-Martin près des Roches, irrigue la partie sud de la commune avant de se jeter dans la Boutonne. La commune est principalement traversée, en son centre, par la D121 reliant Matha, Aulnay, Villeneuve-la-Comtesse. Des axes secondaires partant du bourg rejoignent les communes voisines.

Références documentaires

Documents figurés
  • 1834 : plan cadastral napoléonien de la commune de Saint-Georges de Longuepierre.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5172
Bibliographie
  • Chapacou, Denis. Aulnay, un voyage dans l'histoire du canton, 1995.

    p. 38
  • Chapacou, Denis. Garnier, Christian. Le canton d'Aulnay. Saint-Cyr sur Loire : Ed. Alan Sutton, 2004.

    p. 108-109
  • GAUTIER, M.-A., Statistique du département de la Charente-Inférieure. La Rochelle, 1839.

    p. 136
  • Gomez de Soto, José. Un bracelet de l'Age du Bronze Moyen à Saint-Georges de Longuepierre. Bulletin de la Société d'Histoire et d'Archéologie de la Charente-Maritime, t. 28, 2001.

    p. 49-50
  • Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime. Paris : Flohic, 2002.

    p. 134-135
  • Olivet, Yves. Pourtaud, Jean-Sebastien. Dolmen, menhirs, tumulus et pierres de légendes de Charente-Maritime. Saintes : Le Croît Vif : 2015.

    p. 117
  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély : Canton d'Aulnay, t. 2. Saint-Jean d'Angély : Brisson, 1970.

    p. 33-35
Multimedia
  • Site internet : http : //cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/ [Des villages de Cassini aux communes d'autrefois].

  • Site internet : http : //www.insee.fr.

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