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Rivière du Taillon, étier de Chassillac, vannes

Dossier IA17043913 réalisé en 2010

Fiche

Dénominationsbarrage, écluse
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Communauté de communes de Haute-Saintonge
AdresseCommune : Saint-Dizant-du-Gua

La rivière du Taillon est aménagée et exploitée depuis au moins l'Ancien Régime, et surtout depuis le 19e siècle. Trois moulins à eau tiraient profit de son débit à l'Ecuelle, Chez-Colas-Renaud et au Sap (le second a disparu, les deux autres ont conservé des vestiges plus ou moins importants de leur ancienne activité). Ces trois sites ont été réaménagés au milieu du 19e siècle, époque à laquelle des vannes et des barrages ont par ailleurs été installés sur le cours de la rivière pour en contrôler le débit, en particulier à Morisset et au sud du bourg où ils sont encore en place.

L'étier de Chassillac, également équipés de vannes entre la Daugatrie et Chassillac, aboutit à un chenal au bord duquel se trouvait un port. Mentionné sur le plan cadastral de 1832, le port de Chassillac se situait à l'aboutissement de la route venant de la Daugatrie, là où s'élève maintenant la digue. La desserte de ce port et ses liens avec l'intérieur des terres apparaissent comme une préoccupation régulière de la municipalité de Saint-Dizant-du-Gua au cours du 19e siècle, avec l'entretien des cours d'eau. En 1807, le chemin qui relie la Daugatrie au port de Chassillac à travers les marais est dit en mauvais état et continuellement inondé, et doit être reconstruit. En 1810, trois gardiens sont désignés pour veiller au bon état et à l'entretien de l'étier de Chassillac, les riverains manquant à leurs obligations.

L'étier et le port de Chassillac souffrent par ailleurs de leur envasement, ce dont se plaignent leurs usagers, à commencer par le propriétaire du moulin à eau qui se trouve au lieu-dit Chassillac. Au milieu du 19e siècle, le réaménagement du port Maubert, avec création d'une écluse de chasse, a pour effet d'aspirer vers cet endroit la majorité du courant du Taillon et d'en priver l'étier de Chassillac, accélérant son envasement. En 1863, une écluse de répartition est créée au point où se séparent l'étier de Chassillac et celui de Port-Maubert. L'envasement du port de Chassillac est pourtant inéluctable. En 1869, les habitants de Saint-Dizant et des communes voisines répondent à une souscription pour financer le dévasement du chenal qui est alors long de soixante mètres et large de cinq. Malgré tout, le port, encore mentionné à la fin du 19e siècle, finit par disparaître. Dans les années 1950, au moment de l'aménagement des marais, une porte éclusière est construite sur l'étier de Chassillac, à quelques encablures en amont de l'ancien port.

Période(s)Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Longue de quinze kilomètres, la rivière du Taillon prend sa source à Consac et traverse les communes de Saint-Ciers-du-Taillon, Sainte-Ramée et Saint-Dizant-du-Gua où elle se divise en deux bras : l'étier de Maubert débouche sur l'estuaire de la Gironde à Port-Maubert, commune de Saint-Fort-sur-Gironde ; l'étier de Chassillac fait la séparation entre les communes de Saint-Dizant et de Saint-Fort. En traversant la commune de Saint-Dizant, le Taillon alimente des marais exploités en prairies et en bois (peupliers, vergnes...). La rivière capte les eaux venues d'une source située au nord, près de l'Homme-Chûte, et celles de l'étier de Beaulon, alimenté par les "fontaines bleues" situées dans le parc du château de Beaulon. Franchie par un pont au Sap (tout comme dans le bourg et à Morisset), la rivière se partage entre les deux étiers à l'ouest du Sap, au niveau de la fontaine de Monprofit.

L'étier de Chassillac file vers le sud-ouest à travers les marais, passe près de la Daugatrie et de Chassillac, et aboutit à une porte éclusière, au sud de Port-Maubert. Cette porte, construite en métal, permet l'évacuation de l'eau de l'étier vers l'estuaire à marée basse, et se referme à marée haute pour empêcher l'eau de mer d'envahir l'étier. En arrière des portes, une vanne verticale, actionnée par des crémaillères, accroît l'étanchéité du système et permet d'affiner la gestion du niveau d'eau dans l'étier. En amont comme en aval, les bords de l'étier sont renforcés par des panneaux métalliques. Une fois cette porte franchie, l'étier serpente à travers les conches et rejoint le chenal de Port-Maubert pour finir sa course dans l'estuaire.

Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime. 2 O 1793. 1807, 14 juin : délibération du conseil municipal au sujet de la réparation urgente du chemin qui va du bourg au port de Chassillac en passant par la Daugatrie, à travers la Prairie, ce chemin étant presque toute l´année couvert par les eaux, notamment au lieu appelé la Casse à Vigé où un pont devra être construit ; 1808, 15 mai : nouvelle délibération du conseil municipal de Saint-Dizant-du-Gua au sujet de la reconstruction du chemin pour relier le port de Chassillac, et de la construction d´un pont à la Casse à Viger ; mai 1810 : délibération du conseil municipal désignant trois gardiens des cours d´eau chargés d´en assurer la surveillance et l´entretien, contre les inondations.

  • A. D. Charente-Maritime. 3P 3326 à 3339. 1834-1970 : état de section et matrices cadastrales. A. D. Charente-Maritime. 3P 4916. 1832 : plan cadastral de Saint-Dizant-du-Gua.

  • A. D. Charente-Maritime. S 11563. 1853-1865 : règlement de l´usine de Chassillac, avec plans de division des eaux entre le port Maubert et le port de Chassillac.

  • A. M. Saint-Dizant-du-Gua. Registres des délibérations du conseil municipal.

Documents figurés
  • 1832 : plan cadastral de Saint-Dizant-du-Gua.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 4916
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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