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Repaire noble du Buisson et tribunal de justice criminelle de la juridiction de Thonac

Dossier IA24004356 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Genreseigneurial
AppellationsRepaire noble du Buisson
Destinationsferme, maison
Parties constituantes non étudiéescolombier, four à pain, chapelle seigneuriale
Dénominationsmanoir, tribunal
Aire d'étude et cantonVallée de la Vézère - Montignac
AdresseCommune : Thonac
Lieu-dit : le Buisson
Cadastre : 1813 D1 275 ; 2011 0D 313

Tout comme le domaine de Logénie, nous n'avons aucune preuve positive que Le Buisson est un ancien repaire noble, aucun texte ni document graphique ne mentionnant ou ne figurant le site comme tel. Mais là encore, le site porte des signes nobiliaires évidents : isolé sur le flanc ouest du coteau dominant la vallée du ruisseau Thonac, le grand corps de logis, autrefois flanqué sur la cour d'un pavillon d'escalier rectangulaire hors-œuvre, se dresse au fond d'une cour rectangulaire dont l'entrée est défendue par un portail en plein-cintre doté de petites meurtrières pour armes à feu légères ; toutes les baies, portes et fenêtres, ont un cadre à chanfrein droit ; en outre, les fenêtres, dotées d'un appui mouluré (à moulures classiques, bandeau, doucine et réglet), sont percées d'une ouverture de tir circulaire pour armes à feu légères dans l'allège, sous l'appui ; enfin, la demeure est dotée d'une grande cheminée en pierre de taille, d'un placard mural à niches et d'une loge de latrines en encorbellement en façade postérieure, soit tout le confort moderne d'une demeure noble.

De nombreuses pierres rubéfiées et quelques assises d'une maçonnerie en petit et moyen appareil de pierre de taille en partie inférieure des murs gouttereau est et pignon sud suggèrent que le bâtiment principal actuel en remplace un précédent.

Par les caractéristiques précitées, la grande demeure actuelle semble avoir été bâtie au tout début du XVIIe siècle, en 1613 si l'on en croit la date gravée sous l'appui de la fenêtre sur cour, au rez-de-chaussée. Un peu plus tard, en 1635 ou 1636, une chapelle (seigneuriale) voûtée est ajoutée au nord-est de la demeure, la porte en plein-cintre qui l'ouvre sur la cour portant cette date inscrite sur la clé ; une niche rectangulaire à chanfrein droit sommée d'une corniche surmonte la porte. Si l'on en croit le décor sculpté sur le manteau de la cheminée de la grande salle, une main tenant la balance de la justice sous un trèfle à quatre feuilles, la demeure tenait déjà le rôle de siège de la justice criminelle de la juridiction de Thonac pour la famille Losse dès le début du XVIIe siècle - et son propriétaire la fonction de juge de cette juridiction. En effet, le 19 septembre 1760, dans une affaire de vol de "mérain" (du bois de construction) sur la Vézère, les coupables sont menés devant le juge des juridictions de Losse au Buisson. Or, Henri III, roi de Navarre, étant au camp de Nieul-sur-Mer près de la Rochelle, a vendu à Jean de Losse, "seigneur dudit lieu, la justice haute, moyenne et basse du bourg et paroisse de Thounac, en la justice de Montignac, diocèse et sénéchaussée de Périgord" le 23 avril 1573. Il faut donc croire que ce seigneur a créé ce petit fief sur ses terres, à proximité du bourg de Thonac, pour y installer le siège de sa justice, les troubles des guerres civiles ayant sans doute retardé la construction de la maison noble.

La maison noble bâtie en 1613, de plan rectangulaire, était flanquée sur la cour d'un haut pavillon d'escalier de plan rectangulaire disposé perpendiculairement à la façade et renfermant un escalier rampe-sur-rampe, aujourd'hui disparu : le pavillon étant encore visible sur le plan cadastral de 1813, sa destruction a dû intervenir après cette date. La destruction de l'escalier a cependant laissé en place dans la façade les portes d'accès au rez-de-chaussée et au premier étage, ainsi que les sommiers des arcs qui portaient les paliers supérieurs et rejoignaient le mur-noyau de l'escalier.

En 1682, Raymond Bergeret se dit "sieur du Buisson" (AD Dordogne. B 1438, mention) ; en 1695, en plus de ces titres, Bergeret est le syndic de l'église paroissiale de Thonac et des pauvres de la paroisse (ibidem, B 1453, mention) ; en 1708, il est également le receveur de la châtellenie de Montignac pour le marquis d'Hautefort.

En 1768, Le Buisson est représenté sur la carte de Belleyme comme un petit domaine roturier situé à la pointe occidentale d'une grande zone viticole dont le château de Losse est l'autre pointe, à l'extrémité orientale. Après la période révolutionnaire, le premier plan cadastral, levé en 1813, et ses matrices révèlent que le domaine du Buisson fait partie des biens du propriétaire du château de Losse, Grangier Laboissière. Les grandes parcelles viticoles sont à ce moment-là des terres labourables ou des friches, mais elles ont conservé leurs anciennes appellations, la "muscatière" ou la "grande vigne".

Devenu une simple ferme avec ses dépendances agricoles, le domaine change de propriétaires à plusieurs reprises par la suite. Il a récemment fait l'objet de travaux de restauration.

Période(s)Principale : 1er quart 17e siècle
Secondaire : 2e quart 17e siècle
Dates1613, porte la date
1635, porte la date

Isolé sur le flanc ouest d’une colline dominant la vallée du Thonac, le domaine est constitué d'un ensemble de bâtiments construits en moellon pour les murs et en pierre de taille pour les parties vives ; ceux-ci sont couverts par des toits en lauze. De plan rectangulaire orienté sud-ouest/nord-est, le bâtiment principal comprend un rez-de-chaussée et un premier étage carré. Portes et fenêtres ont un cadre à chanfrein droit. Toutes les fenêtres du premier étage sont dotées d'un appui mouluré (à moulures classiques, bandeau, doucine et réglet) et sont percées d'une ouverture de tir circulaire pour armes à feu légères dans l'allège, sous l'appui. Au premier étage, la demeure comprend également une grande cheminée en pierre de taille, un placard mural à niches et une loge de latrines en encorbellement en façade postérieure. Le manteau de la cheminée porte un décor sculpté, une main tenant la balance de la justice sous un trèfle à quatre feuilles. Un bâtiment de plan carré, l'ancienne chapelle, est adossé contre le mur-pignon nord. L'entrée se fait à l'est par un portail en plein-cintre flanqué de chaque côté par une petite meurtrière pour armes à feu légères.

Murscalcaire moellon
calcaire pierre de taille
Toitpierre en couverture
Étages1 étage carré
Couverturestoit à longs pans croupe

Techniquessculpture
Représentationstrèfle, balance, main

Nous n'avons pas eu accès à l'intérieur.

Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Pyrénées-Atlantiques. B 1861. Vente par Henri III, roi de Navarre, à Jean de Losse, seigneur du lieu, de la justice haute, moyenne et basse du bourg et paroisse de Thonac, en la justice de Montignac, diocèse et sénéchaussée de Périgord, 23 avril 1573 (orig. en parchemin).

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : B 1861
  • Fonds d'Hautefort, 1258-An X.

    Pièce 19 : Revenus de la châtellenie de Montignac : comptes de Raymond Bergeret, sieur du Buisson, 1708. Archives départementales de la Dordogne : 2 E 1828 (1-113)
Documents figurés
  • Carte de la Guyenne par Belleyme. Reproduction en fac-similé de l'édition du XVIIIe siècle conservée à l'Institut géographique national, par Pierre de Belleyme, IGN.

    Planche n° 23, levée en 1768, gravée et publiée entre 1785 et 1789 Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : 1 Fi 2 Dordogne 0013
  • Plan cadastral ancien de la commune de Thonac, 1813.

    Section D, 1ère feuille Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : 3 P3 6119 à 3 P 3 6125
Périodiques
  • SECONDAT Marcel. "Évolution économique d'une communauté rurale : Plazac depuis le XVIIIe siècle (suite)". Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, tome CIII, année 1976, p. 34-62.

    p. 52
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Pagazani Xavier