Logo ={0} - Retour à l'accueil

Raffinerie et dépôt pétrolier Fenaille et Despeaux

Dossier IA33010645 inclus dans Hameau du Furt réalisé en 2020
Dénominationsraffinerie de pétrole, réservoir industriel
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde (rive droite) - Bourg
AdresseCommune : Gauriac
Lieu-dit : Furt
Adresse : 126 corniche de la
Gironde
Cadastre : 1820 B2 341, 343, 344, 349 bis ; 2020 AB 168

Établie à Bègles, la société des fabricants Alphonse Fenaille et M. Chatillon produisait depuis 1852 des huiles et graisses végétales à base de résine pour les voitures à cheval. A partir de 1857, ils s’associèrent à Charles Despeaux, inventeur de la première chaudière. Ils furent autorisés, par arrêté préfectoral, à pratiquer dans cette même ville la distillation du pétrole brut, importé en fût depuis la Russie et la Roumanie.

En 1869, à la suite d’un grave incendie dans le port de Bordeaux qui détruisit un grand nombre de bateaux transportant du pétrole, il fut décidé que le stockage du pétrole serait désormais transféré en aval de Bordeaux. La société, devenue Société Fenaille et Despeaux en 1874, implantée en Gironde et à Aubervilliers, produisait alors plus d’un tiers de la consommation française. En 1878, la Saxoléine, une huile de pétrole destinée à l’éclairage, fut mise en vente et, en 1883, alors que Maurice Fenaille succédait à son père dans l’entreprise, deux autres lubrifiants ainsi que le Benzo-moteur (essence pour voitures et avions) furent commercialisés.

En 1889, la société projeta d’établir un dépôt d’essence et de Mazout de première classe sur les bords de l’estuaire à Gauriac ; l’autorisation fut accordée par le préfet le 1er avril 1890. Ce dépôt fut construit sur les parcelles 342, 343 et 349 bis de la section B du plan cadastral sur lesquelles se trouvaient quelques bâtiments, appartenant, en 1820, à la veuve Furt : "L’établissement sera clos par un mur et le sol creusé en forme de cuvette afin de permettre l’isolement d’une capacité double des essences. […] Le transvasement du pétrole se fera directement des vracs des navires dans le bassin métallique au moyen d’une pompe à refoulement et de tuyaux étanches débouchant dans le bassin".

D’après des plans, 5 cuves, des quais et des appontements furent construits, visibles sur des cartes postales de la première moitié du 20e siècle.

En 1921, la société Fenaille et Despeaux, nommée désormais La Pétroléenne, investit le port de La Roque de Thau pour y installer un autre dépôt : "Les pétroles et essence sont amenés de l’usine de Furt aux réservoirs au moyen d’une canalisation souterraine déjà établie pour le remplissage des wagons-citernes en gare de Villeneuve". L’activité de ces dépôts a perduré jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Le 27 octobre 1976, un ferrailleur acquiert le site en vue de son démantèlement. Seuls quelques vestiges sont conservés, notamment l'emprise au sol des anciens réservoirs et les chemises en béton de deux cuves. L’imposante maison d’habitation du directeur est également conservée au bord de la route, tandis que des ateliers et magasins sont établis au bord de l'estuaire.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle

Les cuves étaient établies à flanc de falaise. La zone est aujourd'hui recouverte de végétation.

Deux cuves sont encore accessibles : seules les chemises en béton sont conservées.

Mursbéton
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Documentation complémentaire

    Archives communales, registre des délibérations 1882-1912. Lecture réponse administrative à la réclamation du Conseil Municipal sur le défaut de paratonnerre sur la cuve du dépôt de pétrole de MM Fenaille et Despeaux : "en raison de la situation particulière de ce réservoir un paratonnerre est inutile" ; selon le Conseil Municipal, le réservoir n'est pas dans une situation particulière car entouré de 3 maisons et du poste de douane ; risque en cas d'explosion, 20 novembre 1892.

    Archives communales, registre délibérations, 30 octobre 1894 : Considérant que MM Fenaille et Despeaux raffineurs de pétrole à Furt se sont permis sans en avoir même demandé l’autorisation, de pratiquer des tranchées profondes sur divers points des accotements et de la chaussée du chemin vicinal ordinaire n°2 et d'y enfouir des madriers, chaînes et autres engins d'amarrage ; mis en demeure de rétablir les accotements et chaussée ainsi que le mur de soutènement dans leur état primitif et d'enlever tous leurs aménagements.

    L’Espérance, 25 décembre 1898, p. 4.

    Au mois de septembre 1897 survenait dans l'usine Fenaille et Despeaux, à Furt, commune de Gauriac, un terrible accident. Un échafaudage, dressé par un sieur Désarnaud, sous-traitant de la maison Terron et Ropart, pour arriver au rivetage des cuves établies dans l'usine, s'était effondré entraînant dans sa chute les ouvriers qui se trouvaient dessus. Les blessures reçues par ces derniers étaient très graves. Désarnaud est poursuivi comme seul responsable de cet accident parce qu'il n'aurait pas établi dans de bonnes conditions l’échaudage. Il ne comparaît pas. Après audition de nombreux témoins, le tribunal condamne le prévenu à 200 fr. d'amende avec application de la loi Bérenger.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Plan des terrains acquis aux familles Guiraud & Favereau-Huche, 1918.

    Archives départementales de la Gironde, Bordeaux : 5 M 399
  • Projet d'établissement d'un dépôt de pétrole à Furt commune de Gauriac, 1890.

    Archives départementales de la Gironde, Bordeaux : 5 M 543
Bibliographie
  • BALDES Henri Robert, BELAIR Bernard, GACHET Pierre, POUGET Sylvie, SEGUIN Daniel. Gauriac, un village chargé d'histoire. Association du patrimoine gauriacais, 2019.

    p. 353 à 360

Liens web

(c) Conseil départemental de la Gironde ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Roux Tom-Loup