Dossier IA64003097 | Réalisé par
Ehlinger Maïté
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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Quartier de Parlementia
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Commune de Bidart

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bidart (commune)
  • Commune Bidart
  • Lieu-dit Parlementia
  • Adresse chemin de Parlementia , avenue d' Espagne
  • Cadastre 1831 C2  ; 2017 AM, AN
  • Dénominations
    écart
  • Appellations
    Quartier de Parlementia

Durant l'Ancien Régime, Bidart était scindé en quatre quartiers (Ilbarritz, Pourguette, Oyare et Burruntz). Chacun était représenté administrativement par un jurat. Au milieu du 17e siècle, le quartier Oyare fut divisé en deux pour former Oyare-Issunaritz et Parlementia. Le premier concernait l’intérieur des terres tandis que le second se développait le long du littoral. Son existence était étroitement liée à l'attractivité du port qui était situé sur l'embouchure de l'Uhabia, au nord du quartier et au pied de la falaise de Parlementia. Sa proximité avec la route principale reliant Bayonne à l'Espagne rendait possible le transport des marchandises. D'après les recherches réalisées par Michel Etcheberry, le port était composé d'une digue et d'un quai tous deux maçonnés. Des fanaux situés sur la falaise de Parlementia indiquaient l'entrée. Lors de l'élaboration de la carte de Cassini, le port, ses fanaux et le quartier furent représentés sous le nom francisé de "Parlement". La chapelle Saint-Joseph, construite durant le dernier quart du 17e siècle sur la falaise, servait de lieu de rencontre entre les marins de Guéthary et son port, et ceux de Bidart ; ces échanges auraient donné le nom au quartier. L'activité portuaire apporta une certaine richesse au village et à ses habitants. D'après l'ouvrage Bidart Bidarte, le port fut à son apogée à la fin du 17e siècle. Il comptait 500 marins, plusieurs capitaines, de nombreux officiers et 40 bateaux réservés à la pêche. D'après l'étude des comptes-rendus des assemblées de 1686 à 1691 (effectué par Emile Davril, Bidart Bidarte), le quartier Parlementia comptait en 1691 au moins 11 maisons (parcelles 672, 680, 690, 708, 704, 712) dont la maison Arrantzalenia (parcelle 690) qui se traduit "la maison du pêcheur". D'après la date portée de la maison Arotcenia (parcelle 680), cette maison fut remaniée au début du 18e siècle et ce fut certainement le cas d'autres maisons du quartier.

Lors de la réalisation de l'Atlas de Trudaine, en 1757, le port ne fut pas mentionné. Il semblerait en effet qu'il ait cessé de fonctionner au milieu du 18e siècle impliquant le départ de la population et l'abandon du quartier de Parlementia. Le village qui comptait 2028 habitants en 1718 descendit à 710 habitants pour l'année 1790. Lors de l'élaboration du plan cadastral en 1831, Parlementia fut le seul quartier nommé comme tel. Limité par l'Uhabia au nord, l'océan à l'ouest, Guéthary au sud et le ruisseau "Gachounenia", il était traversé du nord au sud par la route d'Espagne qui prit le nom de route royale n°10 en 1843 (actuelle route départementale 810). 23 maisons s'articulaient de part et d'autre de cette route et du chemin de Parlementia. Les maisons tournaient le dos à l'océan pour se protéger du vent d'ouest et s'ouvraient sur la cour le plus souvent située à l'est. D'après les matrices cadastrales, suite à l'aménagement de route royale n°10, quatre maisons furent reconstruites (662, 694, 672, 752, section C, feuille 2) et trois furent construites (665 et 693, section C, feuille 2).

Vers les années 1860, le passage de la voie ferrée reliant Bayonne à Hendaye accentua la césure entre Bidart et Guéthary. Certaines parcelles (650 et 651) furent tronquées, un pont fut construit pour enjamber la voie et le tracé de la route principale fut modifié. L'ancien quartier de pêcheurs commença à accueillir une population extérieure plus aisée notamment Edouard Morville, conseiller municipal à Bayonne. Il était propriétaire de la maison Erreberrienia (parcelle 708, section C, feuille 2, 1831). En août 1871, il peignit plusieurs aquarelles dont une représentait le quartier de Parlementia depuis l'embouchure de l'Uhabia. Le quai du port était encore visible mais ensablé. Les maisons étaient toutes enduites et couvertes d'un toit à quatre pans ou à deux pans dissymétriques. Sur la plage, des hommes ramassaient le sable à l'aide de bœufs attelés d'une charrette. Ce sable servait à amender les terres agricoles trop argileuses. La municipalité autorisait ce prélèvement contre une taxe annuelle.

L'inauguration de la gare de Guéthary en 1884, située à la limite du quartier de Parlementia, en plein cœur de la station balnéaire en développement n'eut pas de retombée immédiate en matière de constructions. Cinq maisons furent agrandies entre 1884 et 1900 (650, 669, 677, 704 et 760 section C, feuille 2) et une seule fut construite (684). La plage de Parlementia située au pied de la tour Kosekenia était toutefois investie par les "étrangers", comme l'attestait la baraque en bois destinée aux baigneurs. Durant le 1er quart du 20e siècle, la situation s'inversa et d'importants commanditaires investirent les lieux : 10 nouvelles maisons furent construites dont de grandes demeures : la villa Théodora, la villa Emak Bakia, la villa Sorro-Gaïna, la villa Aldapa la villa Mendeala et la villa Atchiky.

Le tramway côtier reliant Bayonne à Hendaye fut inauguré en juillet 1924. Un arrêt fut installé au niveau du pont de la SNCF - disparu aujourd'hui. En 1925, la municipalité entreprit les démarches pour obtenir le classement de Bidart en station climatique. A cette date, le quartier Parlementia comptait 34 locations meublées destinées aux touristes. Cette même année, elle s'engagea dans la réalisation d'un plan d'aménagement, d'embellissement et d'extension conformément à la loi "Cornudet" du 14 mars 1919 et du 19 juillet 1924. Le plan fut réalisé par René et Raymon Danger, géomètres et urbanistes, à Paris. A Parlementia, le plan prévoyait la création d'un port de pêche et de plaisance protégé par une jetée, à l'emplacement du précédent, c'est-à-dire à l'embouchure de l'Uhabia. Une corniche était prévue depuis la rive sud de l'Uhabia et devait longer la falaise Parlementia jusqu'à Guéthary. Il projetait également l'aménagement de véritables voies de circulation en reprenant des chemins existants sur le plan cadastral de 1831, dont l'actuel chemin Barognenia. Le plan ne fut pas réalisé. Quelques années plus tard, en 1931, le quartier Parlementia fut classé station climatique au même titre que ceux de La Place et d'Ilbarritz, classés 4 ans plus tôt. A cette période, le quartier comptait trois hôtels restaurants : Sorro-Gaïna, Louisiana et Bischta-Eder.

Après la Seconde Guerre mondiale, le quartier conserva sa vocation de villégiature, mais se démocratisa. De nouvelles infrastructures touristiques s'installèrent (l'hôtel La Frégate et le restaurant Le Chistera). L'évolution du tourisme vers un tourisme de masse modifia les besoins. Les grandes "villas" du début des années 1920 devinrent trop grandes. La villa Emak Bakia fut transformée en colonies de vacances. Les jardins furent remembrés pour créer de nouvelles parcelles constructibles, les terrains encore vierges furent progressivement lotis. Au début des années 1980, la villa Mendi Gaïna fut détruite au profit d'un immeuble à logements.

  • Période(s)
    • Principale : Temps modernes
    • Principale : 19e siècle
    • Principale : 1er quart 20e siècle

Documents d'archives

  • Délibérations du conseil municipal, 1791-1945.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : E dépôt Bidart, 1D

Bibliographie

  • Ouvrage collectif. Bidart : Bidarte. Saint-Jean-de-Luz : éditions Ekaina, 2004.

    Origine médiévale des quartiers de Bidarte, les Jauregi.

Documents figurés

  • Carte générale de la France. Bayonne. N°139. Flle 101, établie sous la direction de César-François Cassini de Thury.

  • Atlas cadastral napoléonien, 1831.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : E dépôt Bidart, 1G1
    section A
Date d'enquête 2018 ; Dernière mise à jour en 2019
(c) Commune de Bidart
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
Ehlinger Maïté
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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