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Prieuré Sainte Geneviève, puis presbytère, actuellement restaurant "Auberge du Prieuré"

Dossier IA23006016 réalisé en 2009

Fiche

VocablesSainte Geneviève
AppellationsAuberge du Prieuré
Destinationspresbytère, restaurant
Parties constituantes non étudiéespigeonnier, jardin, puits, mur de clôture, tour
Dénominationsprieuré
Aire d'étude et cantonCommunauté de communes du Pays Dunois - Dun-le-Palestel
AdresseCommune : Colondannes
Lieu-dit : Bourg
Cadastre : 1846 C 277 ; 2008 AO 0037

Un mémoire en date du 11 mars 1792 signé par une cinquantaine d'habitants de Colondannes retrace en ces termes l'histoire du bâtiment : "La paroisse de Colondannes a été érigée en cure depuis l'abolition du couvent de l'ordre de sainte Geneviève qui existait au temps jadis. Les recettes et autres devoirs furent créés au profit de cette communauté... Par la suite cette communauté fut convertie en prieuré". Un morceau de maçonnerie, conservé dans la façade orientale, a permis de confirmer l'existence d'un premier bâtiment qui pourrait avoir été construit en même temps que les parties les plus anciennes de l'église (les pierres en gros appareil sont de la même taille et la maçonnerie est la même). Il pourrait s'agir du reste des bâtiments conventuels primitifs. La tour située sur la façade ouest date de la fin du Moyen Age, du 15e siècle ou du début du 16e siècle. Sur le haut de la façade ouest de cette tour devait se trouver un cadran solaire du 15e siècle. En 1694, le prieuré était un prieuré de l'ordre des génovéfains. Au 18e siècle, le prieuré dépendait toujours de l'abbaye de Bénévent et c'est l'ordre des génovéfains qui en avait la charge, jusqu'à la mort de Mortesaigne en 1759. Le 21 juillet 1759, Jean Fossiat, prêtre, a été mis en possession du prieuré de Colondannes. Le procès verbal donne une description de la cure : "Maison consistant en deux bas et deux chambres et un grenier par-dessus". En 1790, le curé Fossiat a été sommé de faire état de ses biens. La cure se composait alors : "d'une maison avec une cuisine, d'un salon, d'une salle, cave dessous et grenier au-dessus, de trois petits cabinets, de deux chambres au premier étage et d'un grenier, l'escalier de l'étage est placé dans une tour ; d'une cour sur le devant de 4 ares 25 centiares, et d'une petite cour à côté ; d'un jardin de 12 ares 50 centiares et limité par des bornes, plus un autre petit jardin séparé du premier par un chemin à charrettes pour voiturer les dîmes ; d'un clos de terrain d'environ une sétérée appelé le Prieuré, et attenant au jardin et à la cour (chènevière, pacage et verger) ; de deux granges, dont l'une sert à mettre à l'abri le produit des dîmes ; les granges comme la maison sont couvertes de tuiles ; elles se composent d'une aire, d'une ou de deux étables les jouxtant, et d'un grenier au-dessus ; de biens non attenants à la cure".

En 1792, le jardin de la cure a été mis aux dimensions accordées par la loi, soit un demi-arpent. Le 6 août 1796, le presbytère a été vendu à Joseph ROUSSEAU, marchand boucher : "une maison composée de trois bas, un petit cabinet, deux greniers et deux chambres, une cave, une écurie, un toit à cochons ....".

Le 22 août 1833, la cure a été rachetée par la commune pour 3500 Frs.

Entre 1837 et 1857, la commune a effectué plusieurs réparations sur le presbytère.

En 1839, la construction en forme d'appentis qui était adossée à la côtière du derrière du presbytère a été démolie et les pierres ont été gardées pour la réparation des murs de clôture du jardin attaché au presbytère. La même année, un mur de séparation a été construit entre le jardin du presbytère et le jardin de Jean-Baptiste Pingaud.

En 1874, des réparations importantes ont eu lieu au presbytère, un escalier intérieur a été créé pour accéder aux chambres. Antérieurement, l'accès se faisait par l'escalier de pierre situé dans la tour.

En 1954, la cour de la façade orientale du presbytère a été détruite pour construire un parking.

En 2001, la restauration du presbytère a révélé des modifications importantes de l'ensemble de la structure au cours des siècles et a permis de mettre au jour un revêtement de sol en carreaux de terre cuite. L'escalier intérieur en bois a été supprimé. A la suite de cette restauration, l'ancien prieuré, propriété de la commune, a été transformé en restaurant. Un plan du jardin, non daté, a été retrouvé. Il aurait été dressé par René Desmaisons, curé de Colondannes, dans les années 1835 à 1840.

Période(s)Principale : 12e siècle , (?)
Secondaire : limite 15e siècle 16e siècle , daté par source
Secondaire : 19e siècle , daté par source
Secondaire : 3e quart 20e siècle , daté par source
Secondaire : 1er quart 21e siècle , daté par source
Dates1839, daté par source
1874, daté par source
1954, daté par source
2001, daté par source

L´ancien presbytère et prieuré, devenu restaurant, est accolé à la façade sud de la sacristie. Composé de trois bâtiments et d´une tour féodale, il a subi de nombreux remaniements au cours des siècles. Une avancée a notamment été créée à partir de la façade orientale du bâtiment principal pour accueillir le bar du restaurant. Édifiés en granite, les trois bâtiments forment une structure en L et sont couverts par un toit en tuile mécanique. Le bâtiment principal compte trois travées et s´élève sur deux niveaux. Les fenêtres ont des encadrements en pierre de taille. L´ancienne porte d´entrée du presbytère, sur la façade orientale, est encadrée par des piédroits en pierre et est surmontée d´un linteau en plein cintre. La clé de linteau et les impostes présentent un bossage en pointe de diamant. Entre la porte d´entrée et la baie nord subsiste un morceau de maçonnerie, en saillie, qui pourrait être le reste d´un bâtiment primitif construit à la même époque que les parties les plus anciennes de l´église. La façade occidentale du bâtiment principal présente également une porte encadrée par des piédroits en pierre de taille et un linteau en plein cintre. Entre la porte de la façade occidentale et la tour féodale une niche a été créée, formée d´un appui et d´un arc en plein cintre. Le deuxième bâtiment est accolé à la façade sud du bâtiment principal. Il est couvert d´un toit à croupe. Les façades ouest et sud comportent une unique baie avec un encadrement en pierre de taille. Aujourd'hui, ce bâtiment abrite la salle à manger du restaurant (dite la salle des chevaliers). Sous ce dernier subsiste une cave voûtée. Le troisième bâtiment est situé perpendiculairement aux deux précédents. Il est couvert d'un toit en à longs pans et abritait à l´origine deux granges appartenant au presbytère. La tour féodale, de plan carré, est accolée à la façade occidentale du bâtiment principal. Couverte d´un toit en pavillon retroussé (en ardoise) surmonté de deux épis de faîtage en zinc, elle a une hauteur supérieure à celle du bâtiment principal. Elle ne comporte que deux ouvertures dans la partie inférieure de la face ouest (meurtrières) et une ouverture plus haute dans la partie supérieure de la face sud. Cette dernière est une ouverture donnant dans ce qui était le pigeonnier, situé au dernier niveau de la tour. Dans ce pigeonnier, l'échelle en bois a été enlevée lors de la restauration du presbytère en 2001. Les angles de la tour sont marqués par des chaînages d´angle en pierre de taille. La plaque d´enduit rectangulaire, qui était située sur le haut de la face ouest de la tour, a été dissimulée lors de la restauration du presbytère. Il devait s´agir des restes d´un ancien cadran solaire du 15e siècle. Le jardin est clôt sur le côté sud et une partie du côté est par un mur en pierre sèche. Au centre du jardin, se trouve un puits construit en moellon de granite.

Mursgranite moellon enduit partiel
granite pierre de taille
Toittuile mécanique, ardoise
Plansplan régulier en L
Étages1 étage carré
Couverturestoit à longs pans
toit en pavillon
croupe
Escaliersescalier intérieur : escalier en vis en maçonnerie
Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • Registre destiné à la transcription des soumissions relatives aux ventes des biens nationaux.

    Audit jour, 29 Mars 1791, s´est présenté au directoire de ce district les sieurs Pierre LABOURET notable de commune et Jean-Baptiste BARRAUD marchand demeurant tous les deux au bourg et paroisse de Colondannes, lesquels ont déclaré être dans l´intention de faire l´acquisition des domaines nationaux, ont exhibé leur soumission et en ont requis la transcription suivante :

    Nous, soussignés Pierre LABOURET notable de commune et Jean-Baptiste BARRAUD marchand demeurant tous les deux au bourg et paroisse de Colondannes déclarons être dans l´intention de faire l´acquisition des domaines nationaux dont la désignation suit, savoir des biens composant le prieuré de Colondannes ressort de ce district.

    1°/ D´un bâtiment composant ledit prieuré consistant en deux granges sous le même toit. Situé dans le dos dudit prieuré, ensemble ledit enclos tenant au dit bâtiment dont partie en pacage, le surplus en chenevrière contenant en total environ huit boisselées joignant d´une part le jardin de la cure et la cour d´icelle d´autre le grand chemin de Collondanne à Naillac, l´ouche de Marc Lafont et celle des héritiers de Léonard Lafont.

    2°/ D´un pré appelé du Naud contenant environ trois arpens dont la moitié est en patural et séparé par un plant vif joignant le chemin de Collondanne au village du Ris, le pré de Jean LABLONDE, le bois taillis appelé du Prieuré et encore le bois taillis de Jean-Baptiste BARRAUD.

    3°/ La garenne ou bois taillis appelée du prieuré de Collondanne contenant environ six arpens joignant d´une part le chemin de Colondannes au village du Ris, d´autre le bois taillis de Pierre LABOURET et encore le bois du sieur de NEMONT.

    4°/ Un petit pré appelé de l´étang contenant environ une boisselée joignant le chemin de Dun à Colondannes et le communal du village de Pertu ; finalement un étang rompu scitué au village du Naud qui n´est d´aucun rapport joignant le communal dudit village et le pré d´André JEAMMET.

    Tous lesquels dits objets sont scitués au bourg de Collondanne et dépendent du ci-devant prieuré du même lieu.

    Pour parvenir à l´acquisition de ces biens, nous déclarons nous soumettre d´en payer le prix de la manière déterminée par la disposition des décrets et instructions de l´Assemblée Nationale des 14 et 31 May, 25, 26 et 29 Juin derniers consentons à cet effet d´en passer par l´estimation qui a du être faite par l´expert de ce district. En conséquence nous promettons et nous obligeons conjointement comme dessus de payer à la caisse de l´extraordinaire ou en la celle du district lors de l´adjudication l´acompte déterminé par les décrets suivant la nature des biens et ensuite le surplus du prix de l´acquisition dans le terme de douze années, le tout suivant la disposition des dits décrets ou de ceux postérieurement rendus promettant au surplus nous y conformer absolument pour notre jouissance jusqu´à l´entier acquittement du prix de notre acquisition.

    Fait à la Souterraine le 1er avril 1791.

    Signé Labouret et Barraud.

    Extrait de : Archives départementales de la Creuse, Série Q, Domaine, enregistrement, hypothèques, 1800-1940, Q 87.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Creuse, Série G ; 75 G : 1. Etat des biens et revenus de la cure de Colondannes, 1759.

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : 75 G 1
  • AD Creuse. Série Q : 87. Vente des biens du prieuré. 1791.

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : Q 87
  • AD Creuse. Série O : 279. Bâtiments communaux, église, presbytère. [s.d.].

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : O 279
Bibliographie
  • PORCHER, Jeanne. Colondannes. Un village creusois au fil du temps. Mémoire de la terre - Mémoire des hommes. Limoges : impr. GDS, 2002. 376 p.

    p. 80-98 Conseil départemental de la Creuse, Guéret : Non coté
Périodiques
  • CARRIAT, Amédée. Une bibliothèque de 240 volumes, héritage du prieur-curé de Colondannes en 1759. Mémoires de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse, 1999, t. XLVII .

    PV009q Conseil départemental de la Creuse, Guéret : non coté
  • SOUCHE, Victor. Inventaire de l'héritage du prieur-curé de Colondannes, Martial de Mortesaigne en 1759. Mémoires de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse, 1999, t. XLVII.

    PV009q Conseil départemental de la Creuse, Guéret : non coté
(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel ; (c) Département de la Creuse - Pacquot Eglantine
Pacquot Eglantine

Chargée de recherche, Conseil départemental de la Creuse, 2010


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