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Prieuré Saint-Sauveur de Saint-Sauveur-de-Givre-en-Mai

Dossier IA00043752 réalisé en 1986

Fiche

La commune de Saint-Sauveur-de-Givre-en-Mai tire son nom pittoresque d'une légende qui opposa en 732 les sarrazins aux soldats de Charles Martel. Aujourd'hui rattachée à Bressuire, elle possède une église réputée pour la beauté de son choeur roman et sa magnifique charpente du 15e siècle. Ces éléments lui ont valu un classement au titre des monuments historiques en 1978.

Située au sud-est de Bressuire, l'église Saint-Sauveur est un ancien priéuré-cure qui dépendait de l'abbaye Notre-Dame de Luçon, en Vendée. Il n'existe pas de textes qui peuvent nous renseigner sur son histoire, mais son architecture indique qu'elle a été construite au 11e ou 12e siècle. De cette époque datent en effet toute la partie orientale de l'édifice, le portail latéral sud, la façade occidentale et le clocher. Seule la nef a été refaite au 15e siècle, dotée d'une charpente en bois et pourvue d'un décor peint encore visible sur son mur nord. Au 19e siècle, l'église a subi quelques restaurations qui ont porté sur la couverture, le dallage et le percement de plusieurs baies, avant de bénéficier d'une restauration générale de 1991 à 1993.

Construite en granite local, l'église Saint-Sauveur se présente sous la forme d'un édifice de plan allongé, dépourvu de transept débordant. La façade occidentale est plate, simplement scandée de deux contreforts d'angle et de trois autres rectangulaires placés dans la partie centrale. Entre ces derniers ont été percées une petite baie cintrée romane et, plus tardivement, une porte qui ouvre sur la nef. Un portail situé sur le côté sud de l'édifice, protégé par un auvent, permet d'accéder à l'intérieur. Ce portail est doté de rouleaux en arcs brisés sous lesquels prennent place des chapiteaux sculptés dans une pierre calcaire plus tendre que le granite. Ceux-ci sont ornés de feuilles d'acanthe de refend de belle qualité. La partie orientale de l'église parait antérieure au 12e siècle. Elle est constituée d'un chevet arrondi percé de baies en plein cintre surmontées d'un petit cordon. De petits contreforts prennent place entre ces baies, dans la partie inférieure. Un clocher carré surmonte au sud-est la première travée du choeur, auquel on accède par un escalier en vis placé en demi hors-oeuvre. Ce clocher est ajouré dans sa partie haute de quatre baies aux encadrements mouluréS. Le côté nord de l'église est quant à lui plus simple : la nef est constituée d'un mur flanqué de contreforts qui devaient autrefois contrebuter les poussées de la voûte, aujourd'hui remplacée par la charpente en bois. Une porte en plein cintre ouvre sur l'ancien cloître, aujourd'hui disparu, qui s'étendait sur le côté nord de l'église.

L'intérieur est constitué d'une nef à vaisseau unique, moins large que le choeur. Ce dernier est composé d'un sanctuaire à déambulatoire curieusement dépourvu de chapelles rayonnantes. Les arcades qui séparent le sanctuaire du déambulatoire sont très élancées, en arc brisé surhaussé, portées par des piliers à quatre colonnes assemblées entre elles, de type poitevin. Elles sont dotées de chapiteaux sobrement sculptés de feuilles d'eau recourbées à leurs extrémités tandis que les bases des colonnes sont ornées de billettes, de palmettes ou des motifs en zigzag. Le déambulatoire est pourvu d'une voûte en berceau annulaire sur doubleaux tandis que l'abside est voûtée en berceau brisé. De larges baies en plein cintre romanes sont percées dans le mur de chevet, procurant au choeur une abondante lumière.

Au 15e siècle, une superbe charpente en bois est venue couvrir la nef. Elle se compose de dix fermes d'une portée supérieure de neuf mètres et espacées entre elles d'environ deux mètres. Chacune de ces fermes est constituée de deux arbalétriers qui s'appuient sur un poinçon central et sur deux jambes de force cintrées, le tout réuni à un entrait mouluré qui repose sur les poutres surmontant les murs, les sablières. Cette charpente porte les armoiries de ceux qui l'ont fait réaliser, entre autres celles de Mathurine d'Argenson, épouse de Jean de Beaumont, seigneur de Bressuire au début du 15e siècle. De la fin de ce siècle datent les vestiges de peintures murales que l'on peut voir sur le mur nord de la nef. Elles figurent saint Christophe dont l'image était destinée à être vue en entrant par ceux qui franchissaient la porte sud.

Vocablessaint Sauveur
Dénominationsprieuré
Aire d'étude et cantonRégion Poitou-Charentes - Bressuire
AdresseCommune : Bressuire
Cadastre : AD 1 2
Période(s)Principale : 4e quart 12e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 19e siècle
Mursgranite
enduit partiel
moellon
pierre de taille
Toittuile creuse
Plansplan allongé
Étages1 vaisseau
Couvrementsvoûte en berceau
voûte d'arêtes
cul-de-four
Couverturestoit à longs pans
toit en pavillon
Techniquespeinture
sculpture
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1978/08/04

Références documentaires

Documents d'archives
  • Casier archéologique [documents établis par le service des Monuments historiques au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur des édifices protégés ou destinés à l'être].

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
Documents figurés
  • Médiathèque de Niort. Corpus des dessins d'Arthur Bouneault.

    Médiathèque centrale Pierre-Moinot, Niort : Collection Arthur Bouneault
Bibliographie
  • Crozet, René. Dictionnaire des églises de France. Paris : Robert Laffont, 1967, tome IIIc, Poitou-Saintonge-Angoumois.

    p. 187-188
  • Crozet, René. L´art roman en Poitou. Paris : Laurens, 1948.

    p. 113 Médiathèque, Thouars : 944.6
  • Eygun, François. Art des pays d'Ouest. Paris : Arthaud, 1965.

    p. 90
  • Garand, Raymond. Bressuire-Thouars, 11-13 mai 1957. Guide du 13e Congrès des sociétés savantes du Centre-Ouest. Niort : Nicolas, 1957.

    p. 11-12
  • Landry-Delcroix Claudine, Amelot Jean-François (photographe). La peinture murale gothique en Poitou, XIIIe-XVe siècle. Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2012.

    p. 236
  • Garand, Raymond. Historique de l'année sociétaire 1950-1951. Bull. soc. Amis du Vieux Bressuire, n° 2, 1950-1951.

    p. 8
  • Pérouas, Louis. Tables des visites du diocèse de La Rochelle aux XVIIe et XVIIIe siècles, manuscrit.

    p. 59
  • Poignat, Maurice. Histoire des communes des Deux-Sèvres. Le pays du bocage [vol. 1]. Bressuire. Cerizay. Mauléon. Moncoutant. Niort : Ed. du Terroir, 1981.

    p. 70-71
  • Tortouin, François. Les bâtiments de France. Bulletin de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, 2e série, t. 12, 1979.

    p. 98
  • Epitaphe d'Agathe de La Haye-Montbault et deux blasons gravés et accolés sur une plaque de marbre noir, XVIIe siècle [sic], [1783]. Mémoires de la société historique et scientifique des Deux-Sèvres, t. 10, 1914.

  • Epitaphe de René-Gilbert de La Haye-Montbault et deux blasons gravés et accolés sur une plaque de marbre noir, 1783. Mémoires de la société historique et scientifique des Deux-Sèvres, t. 10, 1914.

  • Plate-tombe avec épitaphe de Gilbert Petit de La Guierche et deux blasons sculptés et accolés, 1714. Mémoires de la société historique et scientifique des Deux-Sèvres, t. 10, 1914.

  • Blason sculpté des Argenton (?) sur l'entrait d'une ferme de la charpente. Mémoires de la société historique et scientifique des Deux-Sèvres, t. 10, 1914.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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- Sarrazin Christine - Allard Thierry
Allard Thierry

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