Auteur
Allard Thierry
Allard Thierry

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire

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  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Région Poitou-Charentes - Celles-sur-Belle
  • Commune Celles-sur-Belle
  • Lieu-dit Verrines-sous-Celles
  • Cadastre 1821 D 41  ; 1981 AN 71
  • Dénominations
    prieuré
  • Genre
    de bénédictins
  • Vocables
    saint Maixent
  • Destinations
    église

Blottie au creux d'un vallon où coule la Belle, l'église priorale de Verrines attire le regard par la beauté sobre de son chevet et le clocher qui le surmonte. Bien qu'elle ait été presque entièrement amputée de la nef, l'authenticité des éléments romans encore en place lui a valu un classement MH dès 1840.

Le chevet est constitué d'une abside semi-circulaire prolongeant la travée droite du chœur et de deux absidioles ouvrant sur les bras du transept. Ces volumes, aux formes relativement épurées, sont néanmoins rythmés par des colonnes montant du sol et des baies en plein cintre ornées de chapiteaux sculptés. De lourdes pierres plates, les lauzes, qui recouvrent les toitures de ces absidioles renforcent ce charme austère. Le clocher carré offre lui aussi des volumes simples avec, dans sa partie supérieure et sur chaque face, une baie centrale haute et étroite flanquée d'arcades aveugles que viennent séparer des colonnes. Par sa structure, ce clocher est très proche de celui de Saint-Pierre de Melle, excepté la tourelle d'escalier située dans l'angle sud-est.

Le décor sculpté est localisé essentiellement sur les chapiteaux ou modillons du chevet. On peut observer, entre autres, un griffon (créature dotée d'un corps d'aigle, de pattes de lion et d'une tête humaine), un dragon, un sagittaire-centaure bandant un arc, un cerf ou des chapiteaux à feuilles d'eau ou grasses dont les modèles sont tirés de l'observation de la nature environnante.

L'intérieur de l'église surprend par la hauteur des voûtes et l'absence de nef, détruite au début du 19e siècle, mais dont seule subsiste la travée la plus proche du chœur. La travée sous clocher, voûtée en coupole sur trompes, est particulièrement haute et crée une belle impression d'élancement. Cette verticalité est renforcée par l'emploi des arcs brisés et du berceau brisé visibles dans les bras du transept et la travée droite du chœur.

Les chapiteaux de la croisée du transept et du chœur sont particulièrement soignés et certains figurent des thèmes chers à l'iconographie romane : l'histoire de Samson et Dalila, le combat des vices au travers de figures d'acrobates se contorsionnant ou de personnages encordés, etc. D'autres chapiteaux de l'abside du chœur développent une iconographie beaucoup plus religieuse, comme un bélier dont l'image rappelle le sacrifice d'Abraham ou l'agneau portant une croix, allégorie de la Passion du Christ.

Un acte de 1078 mentionne qu'une église et des terrains sont donnés aux moines de l'abbaye de Saint-Maixent. L'origine du monument est inconnue. Un incendie de 1569 aurait dévasté le transept, l'abside et l'absidiole nord ; un procès-verbal de la même année signale que l'église est entièrement voûtée et néanmoins mal couverte. En 1666 un état des lieux prouve que la charpente et la couverture ont été refaites. En 1728 des travaux urgents de restauration sont signalés dans un procès-verbal de visite. Un marché est passé en 1734 entre Pierre Bellat, architecte, et le maître-couvreur Elie Miot et les maîtres-charpentiers Raboteau et Antoine Gaillard. En 1768 et en 1785 ont été établis deux procès-verbaux de visites de la maison priorale et de ses dépendances. Devenue commendataire, l'église est vendue comme bien national à la Révolution. En 1797 elle est acquise par Jean Beauchamp. Elle est classée monument historique en 1840. Le plan de l'architecte niortais Segretain de 1842 montre que la nef a été détruite, sauf la travée près du transept. L'église est achetée par Charles Pontonnier de la Girardière qui, en 1846, la donne au conseil de fabrique de l'église de Verrines. En 1998, l'association diocésaine de Poitiers vend l'église à la commune de Verrines. Du logement prioral reste un passage d'entrée qui semble dater du 16e siècle et des bâtiments du 19e siècle.

Mise à part la façade en moellon crépi, toutes les autres élévations sont en pierre de taille de moyen appareil. L'église présente un chevet semi-circulaire, un transept greffé de deux absidioles, un clocher de plan carré au-dessus de la croisée du transept, flanqué au sud d'une tourelle d'escalier circulaire, et une seule travée de la nef d'origine. L'abside est voûtée en cul-de-four, la travée droite du chœur et les bras du transept sont voûtés en berceaux brisés, la croisée du transept est couverte d'une coupole à trompes. Mis à part le clocher couvert en ardoise, les autres toitures sont en pierre plate. Le décor, à l'intérieur, s'inscrit sur les chapiteaux : dix-sept chapiteaux sont à décor végétal, cinq à décor de quadrupèdes, d'oiseaux ou d'animaux fantastiques, deux sont à symboles religieux et quatre sont à décor historié. Au sud de l'église se trouve le passage d'entrée de l'ancien logis couvert d'un haut toit en ardoise.

  • Murs
    • calcaire
    • enduit
    • pierre de taille
    • moellon
  • Toits
    pierre en couverture, ardoise, tuile creuse
  • Plans
    plan en croix latine
  • Couvrements
    • cul-de-four
    • voûte en berceau brisé
    • coupole à trompes
  • Couvertures
    • toit à deux pans
    • toit en pavillon
    • croupe ronde
    • croupe
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • ornement végétal, feuille, feuille d'eau, palme
    • ornement animal, animal, oiseau, lion, animal fantastique, griffon, dragon
    • symbole religieux
    • scène de la vie chrétienne, ancien testament
    • ornement géométrique, rinceau, palmette
    • agneau mystique
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    classé MH, 1840