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Prieuré de chanoines réguliers de saint Augustin, prieuré Saint-Médard

Dossier IA79000755 réalisé en 1999

Fiche

Genrede chanoines réguliers de saint Augustin
VocablesSaint-Médard
Parties constituantes non étudiéeslogement, cour
Dénominationsprieuré
Aire d'étude et cantonCelles-sur-Belle - Celles-sur-Belle
AdresseCommune : Saint-Médard
Cadastre : 1816 B 248 ; 1980 B2 157

La plus ancienne mention de l'église est de la fin du 13e siècle. Le plus ancien élément du logis pourraient dater de la fin du Moyen Age. Il s'agit des corbeaux d'une cheminée à arêtes abattues ; cette cheminée a été très remaniée et une pierre sculptée d'une tête d'homme barbue a été remployée dans la hotte. Le logis a été rebâti en 1733, date portée. L'intérieur de l'église a été restauré entre 1751 et 1756. La tourelle du logis, à droite du portail, porte la date 1764. L'ensemble a été vendu comme bien national en 1798, à Vincent-Matthieu Ducoudray, demeurant à Saint-Médard. En 1839, Charles-Joseph-Pierre-César Lecomte du Teil a fait donation de l'église et du presbytère à la fabrique de Saint-Médard. Vers 1850, l'église a été restaurée et exhaussée, sous la direction d'Antoine Bizard, architecte à Melle. Le presbytère a été restauré à la fin du 19e siècle. Dans la seconde moitié du 20e siècle, l'église a été désaffectée, l'ensemble a été aliéné et l'église, faute d'entretien, s'est fortement dégradée.

Période(s)Principale : Milieu du Moyen Age
Principale : 18e siècle
Principale : milieu 19e siècle
Dates1733, porte la date, daté par source
1764, porte la date
Auteur(s)Auteur : Bizard Antoine architecte attribution par source

L'église, de plan en croix latine, se compose d'une nef à un vaisseau, d'un transept rectangulaire et d'un choeur à chevet plat ; elle est couverte d'une fausse voûte en arc segmentaire en plâtre (détruite en partie), et a une toiture à longs pans en tuiles. La sacristie, accolée au nord-est du choeur, a été détruite. Le logement, à façade à travées, comporte un étage. Sa toiture à longs pans et pignons couverts est également couverte de tuiles. Le logis est formé de trois corps de bâtiments accolés : deux corps rectangulaires, l'un d'eux prolongé par une petite pièce en appentis et l'autre par une tour hors-oeuvre dont le toit, en appentis, est constitué de pierres de calcaire plates. La distribution intérieure a été modifiée.

Murscalcaire
pierre de taille
moellon
Toittuile creuse, calcaire en couverture
Plansplan en croix latine
Étages1 vaisseau, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvrementsfausse voûte en berceau segmentaire
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
appentis
Escaliersescalier intérieur : escalier droit
État de conservationdésaffecté
Techniquessculpture
Représentationstête d'homme
Précision représentations

Sur la hotte de la cheminée de la pièce ouest au rez-de-chaussée du logis, tête d'homme barbue coiffée d'un bonnet en forme de résille.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • HISTORIQUE

    EGLISE

    L'église du prieuré Saint-Médard a été bâtie avant la fin du XIIIe siècle. En effet, elle est mentionnée dans le Grand-Gauthier, le pouillé le plus ancien du diocèse de Poitiers, commencé vers 1278. Le prieuré dépendait alors de l'abbaye de Celles-sur-Belle.

    Nous n'avons trouvé aucun renseignement concernant cet édifice avant le XVIIIe siècle.

    Les archives départementales de la Vienne ont conservé deux extraits des registres du Conseil d'Etat au sujet des adjudications des réparations nécessaires à faire : en 1751, à Pierre Moiny moyennant 975 livres et en 1756, à Jean-Baptiste Rault et Louis Broussard moyennant 438 livres (A.D. Vienne : C 26). Ces travaux ont été exécutés en grande partie car, en 1769, l'église est "en bon état à l'exception du lambrys de la nef qui n'est pas fini".

    Vendu comme bien national à la Révolution, l'édifice est adjugé le 14 floréal an VI (3 mai 1798) à Vincent-Matthieu Ducoudray, demeurant à Saint-Médard, pour 20.000 francs (A.D. Deux-Sèvres : Q 67).

    Un état des églises et chapelles, dressé en 1804, mentionne "Saint-Médard, autrefois paroissialle (aujourd'hui réunie à Montigné), l'église est vendue et approchant détruite" (A.E. Poitiers : cartonnier 25, dossier 3).

    En 1835, à la demande de l'évêque de Poitiers, M. Lecomte de Teil offre d'abandonner à la fabrique de Saint-Médard, "l'ancienne église, l'ancien presbytère, la cour, le jardin et le cimetière". Cet offre est rejetée par le conseil municipal parce qu'il y a trop de réparations à faire : l'église sert de "cave" (grange) ; il faudrait la faire rehausser ; les bâtiments tombent en ruine (A.E. Poitiers : doyenné de Celles-sur-Belle).

    Le 27 avril 1839, M. Charles-Joseph-Pierre-César Lecomte de Teil fait une donation à la fabrique de l'église et du presbytère. Entre cette date et 1849, le conseil municipal a fait réparer l'édifice sous la direction de l'architecte Bizard, et fait faire un autel.

    En 1849, le conseil municipal adresse une demande de secours au préfet afin de pouvoir acquérir une cloche et faire bâtir un clocher.

    En 1854, le conseil municipal de Saint-Médard vote une somme de 492,66 fr pour participer au payement des réparations à faire à l'église, mais le conseil municipal de Montigné refuse de participer. A cette époque "l'autel n'est pas peint ; les murs ne sont ni crépis ni blanchis à l'intérieur ; la couverture est dans un déplorable état de dégradation".

    A la fin du XIXe siècle, quelques travaux de gros entretien (réparation du pavage, confection d'un plancher pour la sacristie, réparation à la toiture) ont été faits.

    En 1906, l'église était en possession de tout ce qui était nécessaire au culte (annexe).

    En septembre 1943, l'érection d'un nouveau chemin de croix a été autorisée par une ordonnance épiscopale (A.E. Poitiers).

    Dans la seconde moitié du XXe siècle, l'église s'est dégradée faute d'entretien.

    LOGIS

    Nous ne connaissons pas l'époque de construction du logis. Il a été restauré par Louis Huguet, prieur, en 1733, comme l'indique l'inscription sur l'élévation sud-est. La tourelle à droite du portail porte la date 1764.

    L'inventaire après décès du prieur Louis Goizet en 1781 en donne une description sommaire. A cette époque, le logement était composé d'une chambre basse avec cheminée, d'une cuisine avec cheminée et d'un caveau (une pièce noire) au rez-de-chaussée, de trois chambres hautes à l'étage, et de greniers. Parmi les dépendances il y avait deux écuries, une grange, un bûcher et une cave.

    Vendu comme bien national le 5 messidor an VI (23 juin 1798) à l'acquéreur de l'église, Vincent-Matthieu Ducoudray, pour 1260 francs, l'édifice est décrit ayant "trois chambres basses, deux chambres hautes, deux petits cabinets et grenier par dessus, coursoire, écurie et mauvais grenier par dessus, grange, jardin" (A.D. Deux-Sèvres : Q67).

    Lors de l'établissement de l'ancien plan cadastral en 1816, le logis était imposé pour 9 ouvertures, le nombre le plus élevé de la commune.

    La donation à la fabrique de 1839 concernait aussi le logis qui est redevenu presbytère. Il a été restauré vers 1890 (A.N. : F19 4741).

    En 1906, ce presbytère est décrit étant "une maison d'habitation composée au rez-de-chaussée d'une grande chambre et d'une cuisine séparées par l'escalier qui conduit au 1er étage. Une chambre règne au-dessus de la cuisine et, à côté, sont deux autres chambres et un cabinet ainsi qu'un petit pavillon. Un grenier s'étend au-dessus du 1er étage" (A.D. Deux-Sèvres : 13 V 3).

    CONCLUSION

    Situé dans un petit village de huit habitations en bordure sud-ouest de la route nationale 740 de Niort à Ruffec, le prieuré est environné par des fermes au nord-ouest, à l'ouest et au sud-ouest. Au nord, de l'autre côté de la route se trouve le cimetière. Ailleurs s'étendent des champs et des prairies sur des terrains très plats.

    Le prieuré se compose de plusieurs bâtiments dans une cour clôturée de murs. En bordure de la rue se trouve le logis, à plusieurs corps de bâtiments, relié à des communs par un portail à porte cochère et porte piétonne, toutes deux couvertes en plein cintre en façade et en arc segmentaire avec linteau au revers.

    Séparée du logis, au sud-ouest, se trouve l'église accessible par l'élévation latérale gauche. A l'exception de la baie du chevet, qui pourrait dater du XIIIe siècle, et des colonnettes remployées à la porte de l'élévation latérale gauche, l'édifice ne présente plus d'éléments anciens.

    Les encadrements des niches pratiquées dans les bras du transept, témoignent des travaux de restauration exécutés du temps du prieur Louis Goizet vers le milieu du XVIIIe siècle.

    Les quatre baies des élévations latérales ont été reprises vers le milieu du XIXe siècle lorsque l'édifice a été exhaussé et un clocher-mur a été élevé.

    Comme l'église, le logis n'a guère conservé de traces d'une construction ancienne. Seuls les gros corbeaux à arêtes abattues de la cheminée, très remaniée, de la pièce ouest du rez-de-chaussée (la cuisine) pourraient remonter à une époque assez ancienne, peut-être à la fin du Moyen Age. Quant à la pierre portant une tête d'homme barbu sculptée, il pourrait s'agir d'un remploi provenant d'un édifice civil inconnu. La fenêtre à encadrement mouluré, mais à appui refait - l'ancien appui, mouluré, se trouvant plus bas - de l'étage au sud-est, appartient également à une période antérieure au XVIIIe siècle.

    Le logis a conservé plusieurs éléments caractéristiques de la campagne de restauration de 1733 : la cheminée de la pièce sud-est du rez-de-chaussée et la cheminée de la pièce au-dessus à l'étage. Le portail avec sa porte piétonne pourrait dater de 1764, date portée par la tourelle à droite, probablement restaurée au même moment.

  • 1- PIECES JUSTIFICATIVES

    Devis des réparations à faire à l'église de Saint-Médard, s.d. (vers 1853) :

    I. Devis du maçon, signé (Daniel) Pommier, chef ouvrier

    1. 126 mètres de maçonnerie à 1,25 fr. le mètre = 157,00 fr

    2. Porte d'entrée = 30,00 fr

    3. Quatre croisées = 60,00 fr

    4. 18 mètres de pavé en marche à 3 fr. le mètre = 54,00 fr

    5. Pavage de l'église, 82 m à 2,50 = 205,00 fr

    6. 112 mètres de moellon à 0,63 le mètre = 70,56 fr

    7. Pour le transport des moellons à 2 kilomètres de distance à 1 fr. le mètre = 112,00 fr

    8. Deux milliers de tuiles à 30 fr. = 60,00 fr

    9. Un trait en chêne de 5,33 de longueur, épaisseur 0,25 = 25,00 fr

    10. Main d'oeuvre du trait = 10,00 fr

    11. Lattes 80mètres à 0,60 = 48,00 fr

    12. Pour construction de charpente = 12,00 fr

    Total : 836,56 fr

    II. Devis du plâtrier, signé Provost, platrier.

    1. 113 mètres de voûte en brique à 5 fr. le mètre = 572,00 fr

    2.113 (sic) crépissage en mortier bâtard 223 m, à 60 le mètre = 133,20 fr

    Total : 695,80 fr

    Inventaire des biens de la fabrique, 1906

    Dans l'église de Saint-Médard :

    1. 14 bancs de famille...

    2. 1 confessionnal en bois blanc...

    3. 5 bancs à dossier en bois blanc...

    4. 7 petits bancs en bois blanc...

    5. 1 chemin de croix avec 14 stations, non scellé au mur...

    6. 1 lampe en cuivre doré...

    7. 6 chandeliers bronze et 1 croix, au grand autel...

    8. grand autel en bois de chêne, non scellé au mur...

    9. (non mentionné).

    10. M. le desservant nous ayant manifesté, dès le début de la présente opération, le refus formel qu'il opposerait à toute demande d'ouverture du tabernacle, nous consignons ici sa déclaration qu'il renferme uniquement un ciboire en cuivre argenté...

    11. 1 missel

    12. 1 encensoir en cuivre...

    13. 1 ostensoir en cuivre...

    14. 1 bénitier en cuivre...

    15. 1 croix de procession (manche en bois)...

    16. 4 chandeliers en bois à l'autel de saint Joseph...

    17. 2 vases au même autel...

    18. 1 statue de saint Joseph

    19. 4 chandeliers en bois à l'autel de la Vierge... avec une croix

    20. 1 statue de la Vierge...

    21. 1 brancard pour le transport des corps.

    Dans la sacristie, M. Richard, représentant le trésorier de la fabrique, nous déclare qu'il n'est détenteur d'aucun denier. Ladite sacristie contient les objets mobiliers suivant :

    22. 1 bahut contenant les linges pour la messe...

    23. 24 amicts, 20 corporaux, 45 purificatoires, 32 manipules

    24. 1 calice bronze, coupe argent...

    25. 10 chasubles en très mauvais état...

    26. 4 surplis d'enfant de choeur...

    27. 1 chape...

    28. 5 aubes... (AD Deux-Sèvres : 13 V 3).

    2- LISTE DES PRIEURS CONNUS

    1686-1721. Michel Chainiau ou Chaigneau, oncle de Louis Huguet, décédé en 1723 (AD Deux-Sèvres : 4. 95 Charruyer, monograhie communale).

    1721 - début 1743. Louis Huguet, prieur-curé, fils de Louis Huguet et de Renée Chaigneau (Charruyer, monographie communale ; croix de cimetière ; inscription ; doc. Dalle funéraire).

    22 février 1743. Présentation, par l'abbé commendataire de l'abbaye Notre-Dame de Celles, de Louis-Anne Gabriau de Riparfond, prêtre, chanoine régulier de Saint-Augustin (AD Deux-Sèvres : 3 E 8988, min. Elie-François Minot, notaire royal et notaire apostolique à Melle).

    5 mars 1743. Démission du prieuré-cure de Saint-Médard de Louis-Anne Gabriau, prieuré curé de Saint-Lazare de Goux (Ibid.).

    6 mars 1743. Présentation d'Antoine-Augustin Audidier (Ibid.).

    1 avril 1743. Résignation du prieuré-cure par messire Audidier en faveur de Louis Goizet, prêtre du diocèse de Poitiers, et principal du collège de Melle (Ibid.).

    28 juillet 1743. Prise de possession dudit prieuré par Louis Goizet (Ibid.).

    25 octobre 1781. Résignation du prieuré-cure de Saint-Médard par Louis Goizet, prêtre chanoine de l'abbaye d'Angle O.S.A., en faveur de Jean-Mandé Dupont, prieur commendataire du prieuré Saint-Pierre de Melle (AD Deux-Sèvres : 3 E 9009, min.).

    9 novembre 1781. Prise de possession par messire Jacques-François de Gouscencourt, prêtre, chanoine de Saint-Augustin, demeurant à l'abbaye royale de Celles. Ce dernier devient peu après prieur de Périgné (AD Deux-Sèvres : 3 E 10425, min.).

    15 mars 1782. Prise de possession par messire Claude Vagniat, prêtre, chanoine de Saint-Augustin, prieur-curé de Sainte-Soline (AD Deux-Sèvres : 3 E 10426, min.).

    16 juin 1782-1789. Prise de possession du prieuré-cure de Saint-Médard par messire Laurent Potier des Laurières, prêtre, chanoine de Saint-Augustin, vicaire de Saint-Hilaire de la Celle de Poitiers, bénéfice vacant par la démission de messire Claude Vagniat (Ibid. ; VIGIER).

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.N. : F19 4741 (demande de secours pour aider à la dépense des réparations de l'église et du presbytère).

  • A.D. Deux-Sèvres : C 26 ; 3 E 8988, min. ; 3 E 10425, 10426, min. ; 14 F 180, p. 94 ; 2 O 2379 ; Q 67 ; 13 V 3.

  • A.D. Vienne : B IV 106 ; C 26.

  • A.E. Poitiers : doyenné de Celles-sur-Belle ; cartonnier 25, dossier 3.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Pon Charlotte - Renaud Geneviève