Logo ={0} - Retour à l'accueil

Prieuré d'Oulme

Dossier IA17006438 réalisé en 2001

Fiche

Parties constituantes non étudiéeslogement, église, chapelle, bâtiment conventuel, cour
Dénominationsprieuré
Aire d'étude et cantonVals de Saintonge Communauté - Matha
AdresseCommune : Nuaillé-sur-Boutonne
Lieu-dit : le Grand Oulme
Cadastre : 1988 B2 286 ; 2016 B 286 ; 1834 B2 659

Le prieuré d'Oulme, sans doute fondé au milieu du 12e siècle comme l'atteste l'église mais mentionné par les textes seulement à partir du 14e siècle, est un prieuré de chanoines réguliers de Saint Augustin. Il s'agissait d'une communauté de religieux suivant la règle établie par ce saint, avec pour principales lignes directrices la pauvreté, la chasteté et l'obéissance.

Les membres de cet ordre sont appelés "chanoines réguliers", car ils suivent une règle de vie stricte mais ne sont pas des moines. A la différence de ceux-ci, ils ne vivent pas retirés du monde. S'ils vivent bien en communauté, ils ont également la charge d'une paroisse et de fidèles. Les chanoines réguliers ont donc une vie qui les rapproche à la fois des moines et des prêtres.

Les ruines du prieuré attestent d'une histoire mouvementée, malheureusement peu documentée. L'église porte les traces d'un grand incendie, probablement lié aux guerres de Religion à la fin du 16e siècle. Sous François Ier, le prieuré passe sous le système de la commende, c'est-à-dire que ses revenus sont confiés à un clerc ou à un laïc nommé par le pape sur proposition du roi, et non élu par la communauté. Ce système est souvent à l'origine d'abus et d'un relâchement de la vie monastique. L'un des prieurs commendataires d'Oulme, le marquis de La Chataigneraye, serait d'ailleurs célèbre pour ses scandales.

A la Révolution, le prieuré est fermé, les bâtiments sont saisis et vendus comme biens nationaux. Ils sont ensuite utilisés comme carrière et peu à peu démembrés. Une maison est construite derrière les ruines de l'église dans la 1ère moitié du 19e siècle. Classé Monument Historique en 1980, l'ensemble a été patiemment restauré par ses propriétaires actuels.

L'aile ouest, qui accueille le visiteur depuis l'entrée de la propriété, est sans doute la partie la plus complexe à interpréter. Elle correspondrait au logis du prieur et au cellier remaniés au 14e siècle. Le plan cadastral napoléonien de 1834 ne mentionne pas la partie centrale (y compris le porche), qui a été entièrement reconstruite à partir d'éléments anciens. La porte du pavillon-porche, avec ses chapiteaux sculptés, est remarquable et peut être datée du 13e siècle.

L'aile à gauche semble avoir été remaniée au 15e siècle, avec ses fenêtres à meneaux. La porte en arc brisé décorée d'une fine moulure proviendrait d'un autre bâtiment du prieuré. A droite du contrefort, les deux étroites fentes de jour sont plus anciennes. L'aile à droite possède, quant à elle, deux fenêtres géminées (doubles) de style gothique, agrémentées de décors végétaux sculptés. De nombreux remplois dans la maçonnerie trahissent d'importantes transformations. On voit également, tout à droite, deux pierres en saillie qui devaient supporter une latrine ou un système défensif appelé bretèche.

L'église prieurale : De l'église, il subsiste tout le mur sud et le chevet plat, partiellement restaurés. L'édifice est de style roman et date du milieu du 12e siècle : c'est la partie la plus ancienne du prieuré. On remarque tout d'abord ses vastes proportions et la différence de niveau, qui délimitait peut-être l'espace réservé aux chanoines et celui des simples paroissiens.

A la période gothique, une chapelle a été accolée à l'église : celle-ci a été épargnée par les destructions. La chapelle, toujours consacrée, est dédiée à saint Côme et saint Damien, patrons des médecins. Au 19e siècle, les habitants des villages voisins y venaient en pèlerinage le jour de la saint Côme.

Période(s)Principale : 12e siècle, 14e siècle, 15e siècle

Le prieuré se compose de deux vastes corps de bâtiments établis en équerre. Celui en arrivant, l'ancien logis du prieur, est percé d'une porte en arc brisé supporté par deux colonnes aux chapiteaux simples, de fenêtres à meneaux, d'une baie chanfreinée et d'étroites ouvertures. Le pavillon-porche, par lequel on pénètre dans la cour intérieure, est pourvu d'une porte gothique à deux voussures formées par des boudins et reposant sur des colonnes aux chapiteaux sculptés (de par l'usure de la pierre, ceux-ci sont difficilement interprétables). Au-dessus se situent deux fenêtres chanfreinées. La partie droite est percée, quant à elle, d'une fenêtre à un meneau vertical et de deux fenêtres géminées. Celles-ci sont en arc brisé et sont séparées par une colonnes à chapiteau sculpté de motifs végétaux. Au-dessus de chaque fenêtre se situe un arc de décharge en arc brisé et sur une on voit une sculpture présentant une fleur. La façade sur cour de l'ancien logement du prieur est percé de petites baies chanfreinées, de deux portes en arc brisé et d'une autre à encadrement mouluré et linteau à accolade. Sur cette face sont visibles les corbeaux qui soutenaient la charpente du cloître.

Le corps en retour, les anciens réfectoire et au dortoir des chanoines, est la partie la mieux conservée. Elle est éclairée à l'étage par d'étroites baies et au rez-de-chaussée se situe une porte en plein cintre. L'aile qui était placée à l'est a entièrement disparu : il reste au sol la base des murs de la salle capitulaire où les chanoines se réunissaient pour gérer les affaires de la communauté.

Le cloître, entièrement disparu, est matérialisé par les allées et le carré de pelouse, au centre des bâtiments. Les charpentes et les toitures s'appuyaient sur les pierres en saillie (corbeaux) encore visibles sur les murs des deux bâtiments. Le cloître était à la fois un espace de circulation au sein du prieuré mais aussi un lieu de méditation.

De l'église, il subsiste tout le mur sud et le chevet plat, partiellement restaurés. L'édifice, de style roman est la partie la plus ancienne du prieuré. De nombreux vestiges de décors sont visibles : les chapiteaux sont sculptés de feuillages (on aperçoit également le vêtement, les pieds et l'aile d'un ange) et les restes d'arc sont ornés de fleurs. Des traces d'enduit peint sont visibles dans l'ébrasement des fenêtres. On remarque aussi la présence d'un enfeu (arc aménagé dans le mur) et d'un sarcophage sculpté d'un étonnant visage au milieu d'une croix. A proximité, un escalier menait au clocher de l'église.

À l'intérieur de la chapelle gothique, épargnée par les destructions, on peut voir les voûtes sur croisées d'ogives retombant sur des chapiteaux et des culots sculptés de feuillages, ainsi qu'une très belle fenêtre dont le réseau a été restitué à l'identique. Les vitraux sont également contemporains. Un lavabo aménagé dans le mur et une pierre tombale de 1615 sont également à remarquer.

Murscalcaire moellon
Toittuile creuse
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré
Couverturestoit à longs pans
État de conservationrestauré, vestiges
Statut de la propriétépropriété privée
Protectionsclassé MH, 1980/11/14
Précisions sur la protection

Ruines de l'église ; chapelle sud ; façade et toitures des bâtiments conventuels classées M.H.le 14-11-1980.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Ivars Martine - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.