Dossier IA16008330 | Réalisé par
Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire

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Prieuré, aujourd'hui église Saint-Vincent
Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays Ouest-Charente - pays du Cognac - Hiersac
  • Commune Champmillon
  • Cadastre 1828 B 448  ; 2011 B 97
  • Dénominations
    prieuré
  • Vocables
    saint Vincent
  • Destinations
    église

L'église Saint-Vincent de Champmillon, fortifiée au 14e siècle, conserve un ensemble intéressant de chapiteaux romans.

L'église Saint-Vincent, dans le bourg de Champmillon, est donnée par l'évêque d´Angoulême Pierre de Lomond en 1172 à l'abbaye Saint-Cybard d'Angoulême, qui y crée peu après un prieuré dont l´église est commune à la paroisse. La sculpture du portail semble un peu plus ancienne, dans le deuxième quart du 12e siècle. La nef de l'église devait alors être couverte d'une charpente, ce qui n'a nécessité que la mise en place de petits contreforts plats que l'on peut encore voir sur le mur sud. La construction des coupoles, qui a imposé une surélévation des murs gouttereaux de la nef et de la façade, la modification de la longueur des travées ainsi que le renforcement des contreforts, pourrait dater du milieu du 12e siècle, dans la lignée du chantier de la cathédrale d´Angoulême. Les deuxième et troisième travées sont agrandies, de manière à obtenir des carrés, et la première travée est réduite et couverte d´une petite voûte. La coupole de la troisième travée a subi d´importantes déformations, probablement lors de la poussée vers l´extérieur des supports à l'est, poussée qui a également entraîné la chute du clocher d´origine sur la travée suivante. Le clocher et l'abside ont été reconstruits à la fin du 12e ou au début du 13e siècle, voire plus tard. La travée sous le clocher est aujourd’hui couverte d´une voûte en anse de panier et un chœur se termine en abside semi-circulaire couverte en cul-de-four.

L´église a été fortifiée peut-être au 14e siècle, avec la mise en place de mâchicoulis sur les murs gouttereaux avec une nouvelle surélévation des murs. Elle a subi d´importants dégâts lors des guerres de religion, notamment en 1568.

Les sculptures de l'époque romane se concentrent sur la façade et dans la nef.

La façade occidentale, tripartite, est composée de deux niveaux, surmontés chacun d´une corniche, et d´un haut pignon. Elle est rythmée verticalement par des colonnes qui montent jusqu'à la corniche qui surplombe le deuxième niveau. Le portail est encadré de chaque côté par une arcature aveugle. La corniche à damier qui sépare les deux niveaux de la façade n´est pas portée par des modillons. Le deuxième niveau est lui aussi rythmé par les colonnes et par des arcatures aveugles, une à droite et à gauche et deux plus étroites dans l'espace central, au-dessus du portail.

Les chapiteaux de la façade sont ornés de végétaux à feuilles grasses, de monstres affrontés (griffons, lions, dragons, serpents ailés), d´oiseaux et de deux bustes d´hommes barbus. Les queues des animaux se terminent généralement en feuillage. Les tailloirs des chapiteaux, dont le décor se prolonge au niveau des colonnes qui rythment la façade, sont ornés de palmettes sur la partie gauche de la façade et de rinceaux sur la partie droite. Les archivoltes sont ornées soit d´entrelacs, soit de petites fleurs.

Dans la nef, les colonnes des deuxième et troisième travées ont des bases à griffes, des chapiteaux sculptés de motifs végétaux (palmettes, tiges perlées, feuilles plates) et des tailloirs ornés de motifs géométriques. Elles soutiennent des arcs doubleaux à double rouleau qui encadrent les pendentifs des coupoles.

Champmillon est mentionné en 852 parmi les possessions de Saint-Cybard d'Angoulême, sans mention d´une église ni d´une paroisse. L'église Saint-Vincent est donnée par l'évêque d´Angoulême Pierre de Lomond en 1172 à l'abbaye Saint-Cybard d'Angoulême, qui y crée peu après un prieuré dont l´église est commune à la paroisse. La sculpture du portail pourrait dater du deuxième quart du 12e siècle et celle des chapiteaux de la coupole du milieu du 12e siècle. Cela daterait la mise en place des coupoles, qui a imposé une surélévation des murs gouttereaux, également du milieu du 12e siècle, dans la lignée du chantier de la cathédrale d´Angoulême. La façade est alors surélevée pour correspondre à la nouvelle hauteur de la nef. Le projet initial devait être de couvrir la nef d´une charpente, ainsi qu´en attestent les petits contreforts plats toujours visibles à l´extérieur sur le mur gouttereau sud. Pour la mise en place des coupoles, il a été nécessaire de redéfinir la longueur des travées de la nef. Les deuxième et troisième travées sont agrandies, de manière à obtenir des carrés, de nouveaux contreforts plus massifs et de nouveaux supports intérieurs sont construits pour pouvoir accueillir les coupoles. Par voie de conséquence, la longueur de la première travée est réduite et sa charpente est remplacée par une petite voûte.

La sobriété des parties orientales pourrait suggérer une chute du clocher et une reconstruction de cette partie à la fin du 12e ou au début du 13e siècle, voire plus tard. Les supports tréflés visibles sur deux assises autour de l´abside pourraient être des vestiges de l´abside avant sa reconstruction.

L´église a été fortifiée peut-être au 14e siècle, avec la mise en place de mâchicoulis sur les murs gouttereaux.

Elle a subi d´importants dégâts lors des guerres de religion, notamment en 1568.

Elle a connu des campagnes de réparations / restaurations à la fin du 19e et au début du 20e siècles (intérieur, reprise des contreforts). Le clocher est construit au-dessus de la tourelle d´escalier en 1906. En 1908, les enduits de l´abside sont enlevés.

Les charpentes et les couvertures ont été restaurées en 1955.

L'église Saint-Vincent, dans le bourg de Champmillon, construite en petit et moyen appareil de calcaire, a un plan allongé avec une nef de trois travées (la première plus petite, longue de 1,9 m, voûtée en arc brisé, les deux suivantes de hautes coupoles sur pendentifs), une travée sous le clocher aujourd'hui couverte d´une voûte en anse de panier et un chœur terminé par une abside semi-circulaire couverte en cul-de-four.

La façade occidentale, tripartite, composée de deux niveaux, surmontés chacun d´une corniche, et d´un haut pignon, est rythmée verticalement par des colonnes qui montent jusqu'à la corniche qui surplombe le deuxième niveau. L´étage supérieur, ajouté postérieurement en raison de la surélévation de la nef, est percé d´une petite fenêtre éclairant le comble, le tout surmonté d´un pignon triangulaire.

Cette façade comprend le portail encadré de deux arcatures aveugles au rez-de-chaussée, surmonté d´une corniche ornée de damier et d´un second niveau avec des arcatures aveugles : une à droite et à gauche et deux plus étroites au centre, au-dessus du portail. Si la façade semble assez remaniée, la sculpture du rez-de-chaussée pourrait dater, pour J. Georges, de 1120 environ, pour S . Ternet, de 1140-1150.

L´arc du portail s´élève plus haut que les arcs des arcatures aveugles. En avant de celles-ci se trouvent deux éléments qui pourraient correspondre à d´anciens autels. Du côté nord, une seconde façade a commencé à être plaquée sur la façade d´origine : la colonne séparant le piédroit droit de l´arcature aveugle nord et le piédroit gauche du portail est doublée par un pilier. La base de la première colonne est partiellement visible du fait de la chute d´une pierre à la base du pilier. De même, la colonne qui devait se trouver à gauche de la façade a été englobée dans un contrefort qui monte jusqu'à la deuxième corniche. Quelques claveaux ornés d´un motif géométrique marquent le début de construction d´un arc en avant de celui de l´arcature nord.

Les chapiteaux du portail et des arcatures aveugles sont ornés de végétaux à feuilles grasses, de monstres affrontés (griffons, lions, dragons, serpents ailés), d´oiseaux et de deux bustes d´hommes barbus. Les queues des animaux se terminent généralement en feuillage. Le premier buste est situé sur le chapiteau interne du piédroit gauche du portail ; sa tête émerge d´un décor végétal. Le second buste est situé sur le chapiteau externe du piédroit droit du portail. Il porte un vêtement à longues manches et à col soigneusement ouvragé ; il tient dans ses mains des rinceaux terminés par des feuilles, qui s´entrecroisent avec ceux qui prolongent le nœud de sa ceinture. Pour S. Ternet (2006, p. 451), les longues manches de leurs habits font penser aux costumes des personnages de la travée sous clocher de Trois-Palis, datés vers 1140-1150. Les tailloirs des chapiteaux, dont le décor se prolonge au niveau des colonnes qui rythment la façade, sont ornés de palmettes sur la partie gauche de la façade et de rinceaux sur la partie droite. Les archivoltes sont ornées, au nord, d´entrelacs, au-dessus du portail et de l´arcature sud (en grande partie détruite et remplacée par une archivolte sans décor), de petites fleurs.

La corniche à damier qui sépare les deux niveaux n´est pas portée par des modillons. Les colonnettes qui encadrent les arcatures du premier niveau sont monolithes, il semble que les bases et les chapiteaux soient taillés dans la même pierre que le fût et ne soient donc pas réellement des bases (ornées de tores) et des chapiteaux (sans décor, simplement soulignés par une astragale). La corniche qui surmonte le second niveau est portée par des modillons refaits sans décor.

Les corbeaux insérés dans le mur pignon se trouvent dans le prolongement des consoles situées au nord et au sud et devaient participer à la fortification de l´église (support d´une galerie en bois ?).

Au vu de la faiblesse des anciens contreforts plats conservés sur le mur sud de l´édifice (65 cm de largeur pour 25 cm d´épaisseur), il est probable que l´église était à l´origine couverte d´une charpente, avec des travées qui ne correspondent pas aux travées actuelles. La hauteur primitive de la nef devait approximativement correspondre au sommet de ces contreforts. Le mur nord a été remonté et renforcé de contreforts massifs, de 2 m sur 1,4m. Le même type de contreforts existe du côté sud, jusqu'au sommet de l´élévation. Ces contreforts massifs sont positionnés au droit des colonnes sur dosseret à l´intérieur de l´édifice et doivent donc correspondre à la phase de construction des coupoles.

Sur les murs gouttereaux nord et sud, des consoles ont dû porter des mâchicoulis. La superposition de deux gargouilles au niveau de la deuxième travée, contre le contrefort séparant les deuxième et troisième travées, témoigne de l´histoire complexe de l´édifice, avec une première surélévation pour la mise en place des coupoles et probablement une seconde pour la fortification de l´église.

La tourelle d´accès au clocher a été aménagée dans le dernier contrefort sud de la nef. Elle porte depuis 1906 un petit clocher, mais le clocher ancien devait se trouver dans la travée suivante.

Quatre colonnes encadrées de colonnettes apparaissent à l´état de soubassement sur deux assises autour de l´abside. Elles pourraient correspondre à la construction d´une première abside, arasée et reconstruite, ou à un changement du parti pour la construction de l´abside. Un contrefort a été mis en place dans l´axe de l´abside. La présence de murs arasés sous et contre le mur de l´abside du côté sud ne peut être expliquée en l´absence de recherches archéologiques.

Sur le mur nord, au niveau de la travée sous clocher, une porte a été murée. Contrairement au mur sud, il ne reste pas de trace des contreforts plats, l´ensemble du parement du mur semble avoir été repris lors de la mise en place des contreforts nécessaires pour maintenir les coupoles.

La nef est éclairée par d´étroites fenêtres à fort ébrasement. Dans la troisième travée, du côté sud, une fenêtre plus large a été percée, peut-être au 13e siècle, sous la fenêtre d´origine.

La nef est rythmée par des colonnes sur dosseret. Dans les deuxième et troisième travées, les colonnes ont des bases à griffes, des chapiteaux sculptés de motifs végétaux (palmettes, tiges perlées, feuilles plates) et des tailloirs ornés de motifs géométriques. Elles soutiennent des arcs doubleaux à double rouleau qui encadrent les pendentifs des coupoles. Ces dernières, construites en appareil allongé, ont des hauteurs différentes et sont percées d´une ouverture rectangulaire à l´est comme à l´ouest.

Dans la première travée, une corniche ornée souligne la voûte en berceau brisé. Une arcade aveugle a été mise en place sur les murs nord et sud de cette travée.

La corniche de la base de la coupole de la troisième travée présente, sur son côté est, un décalage d´environ une assise. Cette coupole a subi d´importantes déformations, probablement lors de la poussée vers l´extérieur des supports sur son côté est, poussée qui a également entraîné la chute du clocher d´origine sur la travée suivante.

La travée sous clocher, éclairée par des fenêtres hautes et larges dont la bordure a été refaite, est encadrée de quatre larges piliers nus surmontés d´une corniche. À l´ouest, ils consolident la dernière colonne sur dosseret de la nef et supportent un arc en anse de panier qui renforce le dernier arc doubleau de la nef qui avait commencé à s´effondrer. Du côté est, les pilastres, dont les assises correspondent à celle des murs de la travée sous clocher, semblent d´origine.

L´abside, ceinturée d´un soubassement de faible hauteur, est couronnée par un cordon non décoré sur lequel prend appui le cul-de-four. Elle est éclairée par deux fenêtres refaites au nord et au sud. À noter l´absence de fenêtre dans l´axe du fait de la présence d´un contrefort à cet emplacement à l´extérieur.

  • Murs
    • calcaire
    • pierre de taille
    • moyen appareil
    • petit appareil
  • Toits
    tuile creuse
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • fausse voûte en berceau brisé
    • coupole en pendentifs
    • cul-de-four
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • pignon découvert
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • ornement végétal, feuille
    • ornement animal, lion, oiseau, serpent
    • animal fantastique, griffon, dragon
    • ornement figuré, tête humaine, buste
    • ornement géométrique, palmette, dent de scie
    • ornement en forme d'objet, ruban
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    classé MH, 1904/03/23
  • Précisions sur la protection

    Eglise : classement par arrêté du 23 mars 1904.