Dossier d’œuvre architecture IA86007632 | Réalisé par
Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire

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  • enquête thématique régionale, Patrimoine roman
Prieuré, aujourd'hui église Saint-Pierre
Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Civray
  • Commune Chatain
  • Cadastre 1834 E1 286  ; 2008 AB 155
  • Dénominations
    prieuré
  • Vocables
    saint Pierre
  • Destinations
    église

L´église aurait été construite au 12e siècle et relevait de l’archiprêtré d'Ambernac (aujourd'hui en Charente). Elle dépendait d'un prieuré fondé en 1185 par Almodis, comtesse de Charroux, et par ses deux fils, Aldebert et Boson.

De cette église romane subsistent le portail, partiellement remanié (ouverture en anse de panier et remplacement de claveaux, disparition des colonnes à chapiteaux), et la majeure partie du chevet (au moins l'abside, les chaînages des absidioles et les piles supportant le clocher).

En 1226, l´église (ou plutôt ses terres et dépendances ?) est cédée par Philippe, évêque de Poitiers, à l'abbé de Saint-Amant-de-Boixe (Charente) en échange de celle de Chasseneuil-sur-Bonnieure (Charente).

Suite à des problèmes de stabilité, de puissants contreforts ont été construits probablement au 15e siècle sur l´élévation nord de la nef, alors que le mur sud était entièrement reconstruit.

La voûte en pierre s'est effondrée en 1735 et a été reconstruite une vingtaine d'année plus tard ; en 1755, plusieurs documents signalent la restauration de l'église et le transfert du cimetière à l'extérieur du bourg.

En 1781, un autel est consacré, déplacé vers la nef par rapport à l'ancien de manière à dégager de l'espace pour la sacristie.

Une litre funéraire aux armes des Moneys, seigneurs d'Ordières (sur la commune de Benest aujourd’hui en Charente), a été achevée la veille de la Pentecôte de l'année 1789, il n´en reste pas de trace aujourd’hui.

La construction d'une nouvelle sacristie, au milieu du 19e siècle, a été financée par Michel Flavien Papaud, incorporé au 120e de ligne, médaillé de Saint-Hélène et retraité à Chatain.

La nef et la partie supérieure de la façade semblent avoir été reconstruites à la fin du 19e siècle, mais les archives municipales n´en gardent pas la mémoire. De même, l´incendie dont les traces sont nettement visibles sur le mur nord de l´église n´a pas pu être daté.

Le parvis a été réaménagé dans les années 1990.

Un bénitier daterait du 12e siècle, non protégé au titre des objets mobiliers. Le reste du mobilier (sculpture, verrière, orfèvrerie non observée) date du 19e et du 20e siècles.

L´église Saint-Pierre de Chatain est située en marge du village, qui s´est développé selon un axe nord-ouest / sud-ouest en laissant un espace vide autour de l'église (espace occupé jusqu'en 1755 par le cimetière), sur le rebord du plateau qui domine la vallée de la Charente. Une partie de la façade, les transepts, les absidioles, l´abside et la croisée du clocher sont romans, avec un certain nombre de reprises. Il ne semble pas rester de partie romane pour les murs de la nef.

L´église présente un plan en croix latine avec de très courts transepts. D'après Brouillet (1865), sa longueur du fond de l'abside à la porte est de 25 m, la largeur des bras de la croix est de 15m, avec une nef de 5,5 m de large. À cette époque, une litre funéraire était encore visible à l'intérieur et à l'extérieur de l'édifice.

L´édifice n'est pas orientée mais désaxée avec le chœur au sud-est, probablement pour suivre les courbes de niveau du terrain où elle a été implantée. Pour des raisons de simplification du texte, nous avons utilisé les orientations classiques (est et non sud-est pour le chœur, etc.).

La façade occidentale, remaniée, est organisée sur deux niveaux. Le premier niveau est construit en pierre de taille, à l'exception d´une reprise au-dessus du portail, alors que le deuxième niveau est en moellons enduits. Le portail en plein cintre comprend quatre rouleaux, le premier rouleau, à claveaux lisses, étant en arc surbaissé. Les claveaux du second rouleau sont ornés de rosaces, ceux du troisième rouleau de palmettes. Les claveaux du quatrième rouleau ont une forme ogivale. L´archivolte est ornée de pointes de diamant. La plupart des claveaux ont été remplacés par des copies modernes. Ce décor est très comparable à celui du portail nord de l'église prieurale d'Alloue (Charente), située à une dizaine de kilomètres. Les colonnettes qui se trouvaient dans l'ébrasement des piédroits ont disparu.

Deux arcades aveugles en plein cintre, sans décor, encadrent le portail central. Ce premier niveau est séparé du second par un léger ressaut ; une corniche aurait pu se trouver à cet endroit, comme sur la majorité des églises de la région.

Le second niveau est percé d'une baie centrale en plein cintre, et surmonté d'une corniche à modillons moulurés qui le sépare du pignon percé de baies jumelles en plein cintre décentrées par rapport au portail et à la fenêtre du deuxième niveau. Les modillons ne présentent aucun caractère particulier, aucune sculpture à l'exception de deux boules côte à côte (troisième modillon en partant de la gauche) et de billettes (quatrième et septième modillons).

L´angle sud-ouest de la façade est épaulé par un puissant contrefort en grand appareil construit dans un second temps et qui masque partiellement l'arcature aveugle sud.

La nef, composée de trois travées, a connu d´importants problèmes de stabilité. Le mur sud, en moellons recouvert d´un enduit, est percé de deux baies en plein cintre et épaulé de deux puissants contreforts contemporains du contrefort de l´angle sud-ouest de l´église et des contreforts du transept sud. La nef, les transepts et l'abside sont couverts d'ardoise.

Le clocher de plan octogonal, en pierre de taille, est situé au-dessus de la croisée du transept. Une baie en plein cintre avec abat-sons en bois est percée sur chacun de ses huit pans. Un bandeau prolonge l'archivolte de chaque baie. Le clocher est couvert d´un toit à huit pans peu abrupts, à égout légèrement retroussé, en ardoise.

Le transept sud, à pignon découvert, est épaulé à chaque angle d´un puissant contrefort. Il a été surélevé par des plaquettes calcaires. L´absidiole semi-circulaire qui s´ouvre sur ce transept est couverte de lauzes. En arrière de la croupe ronde, le mur est du transept sud porte les restes d'une corniche, témoignant de modifications du transept et de l'absidiole. L'absidiole est éclairée par une baie couverte en plein cintre. La petite sacristie construite au début du 19e siècle est située dans l'angle constitué par le mur sud de la nef et le mur ouest du transept sud.

L´abside semi-circulaire est éclairée par trois fenêtres en plein cintre. Construite en pierre de taille, elle est soutenue par quatre contreforts : le premier au sud est plat, ceux qui encadrent la fenêtre d´axe présentent deux petits ressauts et sont plus étroits dans leur partie supérieure. Les modillons et la corniche de l´abside ont été repris, vraisemblablement lors des travaux de la fin du 19e siècle.

Le transept nord est épaulé à l´ouest par un contrefort assez différent des contreforts du transept sud. Une absidiole semi-circulaire, construite en moellons et couverte de lauzes, s´ouvre sur ce transept et est éclairée par une baie couverte en plein cintre. Comme au sud, le mur est du transept porte les vestiges d'une corniche.

Les baies des absidioles sont construites au droit du mur, alors que les baies de l'abside présentent une embrasure extérieure.

Au nord, la travée de la nef la plus proche du transept nord et le mur ouest du transept nord portent d´importantes traces d´incendie, avec pierres rubéfiées, localement éclatées et calcinées.

L´intérieur de la nef est situé en contrebas du parvis. On y accède par six marches. Elle est constituée d´une nef unique et ne présente pas de collatéraux, contrairement à ce que pourrait laisser supposer la façade tripartite. Les murs nord et sud de la nef sont doublés, du côté interne, par de grandes arcatures en plein cintre. L´arc doubleau séparant la deuxième et la troisième travée repose sur une console insérée dans l´écoinçon de cette arcature, alors que l´arc doubleau qui sépare les deux premières travées repose sur des piles quadrangulaires. Les murs de la nef et les piles ouest du carré du transept sont enduits. Les traces d´humidité (décollement d´enduit, présence d´algues vertes sur les murs) sont importantes.

Le clocher, situé à la croisée du transept, s´appuie sur des piles carrées à colonnes circulaires engagées. Le poids du clocher a entraîné des problèmes de stabilité et un étayage en bois allège la pression des arcs doubleaux sur les piles. Les bases des piliers et des colonnes sont pattées et moulurées. Celles situées du côté est portent un petit décor (cordon tressé, demi-cercles superposés et feuilles au sud-est ; chevrons, cordon tressé et losanges au nord-est). Les chapiteaux ont le plus souvent une corbeille lisse ; à signaler néanmoins des tiges terminées par des enroulements au sud-ouest et au nord-ouest. La coupole, mise en place à la fin du 19e siècle, est de plan carré avec des pendentifs dans les angles qui reposent sur des trompes inclinées.

Les absidioles des transepts sont de très petites dimensions et accueillent des autels secondaires. Chacune est percée d´une très petite baie dont l´ébrasement est presque aussi important que la profondeur de l´absidiole. Pierre Amédée Brouillet (1865) a signalé, sous le badigeon de ces absidioles, des traces de peintures murales qu'il serait intéressant de dégager, mais dont il ne semble pas rester de trace aujourd’hui.

Le mur de l´abside semi-circulaire est doublé côté interne par un mur surmonté d´une corniche sur laquelle repose la voûte en cul de four. L´abside est éclairée par trois fenêtres couvertes en plein cintre et encadrées de fines colonnettes monolithes dont les bases sont moulurées et les chapiteaux à corbeille nue. Les cintres reposent sur un bandeau à hauteur d´imposte qui s´interrompt au droit de chaque chapiteau, décalé vers l´intérieur de la fenêtre par rapport à l´arc.

  • Murs
    • calcaire
    • enduit
    • pierre de taille
    • moellon
  • Toits
    ardoise, pierre en couverture
  • Plans
    plan en croix latine
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • coupole en pendentifs
    • voûte en berceau plein-cintre
    • cul-de-four
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • flèche polygonale
    • croupe ronde
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • ornement végétal, palmette
    • ornement géométrique, rosace, pointe de diamant, billette
  • Précision représentations

    La voussure du portail a été fortement restaurée. Le second rouleau du portail est décoré de rosaces, le troisième de palmettes et le quatrième présente des sculptures de forme ogivale. L'archivolte est ornée de pointes de diamant.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    inscrit MH, 1926/06/17
  • Précisions sur la protection

    Eglise : inscription par arrêté du 17 juin 1926.

  • Référence MH