Logo ={0} - Retour à l'accueil

Prieuré, aujourd'hui église Saint-Martin d'Esnandes

Dossier IA17006698 réalisé en 2002

Fiche

L'église d'Esnandes, construite au 12e siècle et fortifiée au 14e, étonne toujours les visiteurs par sa silhouette atypique, à mi-chemin entre lieu de culte et château fort.

Le prieuré Saint-Martin d'Esnandes dépendait dès 1029 de l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély. De l'édifice roman du 12e siècle reste la base de la façade, divisée en trois parties. Au centre, le portail est couvert de trois rouleaux au décor végétal reposant sur trois paires de colonnettes (le quatrième rouleau, polylobé, date du 19e siècle). De part et d'autre de colonnes jumelées, deux arcades aveugles sont constituées de deux niveaux de colonnettes. Des statues de saints personnages ornaient autrefois ces arcades. Seule une, représentant probablement saint Martin, a été partiellement conservée. Une corniche sur modillons et métopes surmonte cette façade romane.

A l'exception de la base de la façade, l'église est reconstruite au 14e siècle. Agrandie et transformée selon un plan rectangulaire atypique, sans abside et sans transept, elle reçoit la lumière par de grandes baies en arc brisé, de style gothique flamboyant. A l'intérieur, l'église est composée de trois vaisseaux de cinq travées.

Du fait de sa situation stratégique, face à la mer très proche à cette époque, l'église est dotée à la fin du 14e siècle d'un système défensif qui en fait une véritable forteresse. Elle est pourvue de nombreux éléments défensifs : des crénelages, des mâchicoulis, des échauguettes et des bretèches sont aménagés sur la partie supérieure des murs, tout autour de l'église. Au sud-ouest, un escalier à vis permet d'accéder à la tour carrée du clocher et au chemin de ronde. Les grandes baies gothiques sont alors obstruées pour assurer la défense. La façade est élargie et l'édifice est "enrobé" de maçonnerie pour garantir sa solidité et soutenir les nombreux éléments défensifs. Par endroits, l'épaisseur des murs atteint ainsi trois mètres. Un fossé ceinture enfin l'édifice. Considérée comme une place forte catholique, en 1622, le Conseil de la Ville de La Rochelle en ordonne la destruction. Il ne reste alors de l'église que les quatre murs extérieurs. L'édifice est reconstruit entre 1629 et 1740, comme l'indiquent de nombreuses dates inscrites : 1629, 1630 et 1632 sur les piliers du choeur, 1633 sur le clocher, 1740 sur la façade nord. Les voûtes actuelles, de style gothique tardif, ne semblent avoir été terminées que vers 1720.

Par son caractère très atypique, à la fois église et forteresse, Saint-Martin d'Esnandes fait partie de la liste des premiers monuments classés au titre des Monuments Historiques en 1840, par Prosper Mérimée et la commission nationale des Monuments Historiques. L'église est ensuite restaurée vers 1880 : le parti pris a été de conserver à la fois l'édifice gothique, en rouvrant les grandes baies (même en ouvrant des baies qui n'existaient pas auparavant pour gagner en luminosité), tout en réhabilitant les éléments défensifs. Les sculptures décorant la corniche de la façade (modillons et métopes), ont été largement restaurées, voire refaites, lors de ces travaux.

Vocablessaint Martin
Destinationséglise
Dénominationsprieuré
Aire d'étude et cantonCommunauté d'Agglomération de La Rochelle - Rochelle (La) 2
AdresseCommune : Esnandes
Adresse : chemin de la
Prée-d'Esnandes
Cadastre : 2014 AB 49

Le prieuré Saint-Martin d'Esnandes dépendait dès 1029 de l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély. De l'édifice roman du 12e siècle reste la base de la façade. L'église est reconstruite au 14e siècle et reçoit à la fin du siècle un système de fortification : modification de la façade, ajout d'une enveloppe externe, construction du chemin de ronde, des créneaux, des mâchicoulis et de la poterne, creusement d'un fossé. Considérée comme une place forte catholique, en 1622, le Conseil de la Ville de La Rochelle en ordonne la destruction. Entre 1629 et 1740, reconstruction de l'édifice comme l'indiquent de nombreuses dates portées : 1629, 1630 et 1632 sur les piliers du chœur, 1633 sur le clocher, 1740 sur la façade nord. Le chœur et une partie de la nef avait été revoûtées en 1706. En 1820 des réparations sont autorisées. En 1845, des plans et devis seront fournis par l'architecte Clerget. En 1864 des travaux sont entrepris sur plans de l'architecte départemental Brossard. L'église est repavée par les entrepreneurs Denis Graugeaud et Brard (?). Toujours sur devis de Brossard, l'entrepreneur Jamot, de Marsilly, intervient sur le clocher et sa toiture en 1867, et sur la façade en 1872. De 1873 à 1874, restauration de vitraux confiée à Mongis. Dès 1880, les architectes A. Ballu et Lisch dirigent les travaux de restauration. Les entrepreneurs rochelais Eugène Héraud et Joseph Philippon travaillent sur ce chantier ainsi que le sculpteur parisien Eugène Legrain. La couverture de l'église a été restaurée en 1996.

Période(s)Principale : 1er siècle
Principale : 12e siècle
Principale : 4e quart 14e siècle
Principale : 2e moitié 16e siècle
Principale : 1ère moitié 17e siècle
Principale : 1ère moitié 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates1622, daté par source
1629, daté par source
1630, daté par source
1632, daté par source
1633, daté par source
1740, daté par source
1880, daté par source
1996, daté par source
Auteur(s)Auteur : Brossard Aubin-"Antoine"-Magloire
Brossard Aubin-"Antoine"-Magloire (1800 - entre 1878 et 1885)

Fils d'André Aubin Brossard, architecte à La Rochelle et architecte départemental de la Charente-Inférieure, son frère est second grand prix de Rome de peinture. Elève de Lépine et de l'école des Beaux-Arts, il succède à son père comme architecte départemental en 1825, et est également architecte de la Ville de La Rochelle et architecte diocésain jusqu'en 1873. On lui doit entre autres l'asile d'aliénés du département, le séminaire, les prisons de Rochefort et de Saintes, le lycée de La Rochelle, la bibliothèque et le cabinet d'histoire naturelle, le théâtre de Rochefort, l'hospice de Saint-Jean-d'Angély, l'église de Saint-Vivien de Saintes, plusieurs églises : Bois, Loix, Saint-Vivien de Saintes, la flèche de l'église d'Ars et des bains publics. Il a aussi participé à l'achèvement de la cathédrale où il a réalisé la chapelle de la Vierge.

(source : Elec, répertoire des architectes diocésains du XIXe siècle, dir. Jean-Michel Leniaud, elec.enc.sorbonne.fr)


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte attribution par source
Auteur : Clerget architecte attribution par source
Auteur : Graugeaud Denis entrepreneur attribution par source
Auteur : Brard entrepreneur attribution par source
Auteur : Jamot entrepreneur attribution par source
Auteur : Mongis entrepreneur attribution par source
Auteur : Ballu Albert
Ballu Albert (01/06/1849 - 1939)

Architecte né à Paris en 1849, fils de Théodore Ballu. Admis à l’École  des beaux-arts en 1868, élève de Magne ; architecte en chef des Monuments historiques ( ) chargé de la Charente et la Charente-Maritime ; 15, rue Mansart / 80, rue Blanche, Paris (Delaire, 97 ;  m.h., 34 ; Dict . Paris, I, 25).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte attribution par source
Auteur : Lisch Juste architecte attribution par source
Auteur : Héraud Eugène entrepreneur attribution par source

Église à trois vaisseaux, cinq travées et à chevet plat. Les voûtes d'ogives reposent sur une série de colonnes. Les murs sont très épais, comme l'indiquent l'ébrasement des fenêtres. Au sud-ouest, un escalier à vis en maçonnerie permet d'accéder à la tour carrée du clocher et au chemin de ronde. Cette tour est percée sur ses côtés de fenêtres longues et étroites. La partie supérieure des murs disposent de crénelages, de mâchicoulis et de bretèches. À l'est, le mur est percé de trois fenêtres. À l'intérieur, deux sacristies prennent place derrière les autels latéraux, avec séparation par des murs à mi-hauteur, de style gothique flamboyant. La façade ouest se compose d'un niveau de trois arcades, surmonté d'une corniche à modillons et métopes, au-dessus de laquelle est percée une fenêtre. Sur cette façade, on peut observer les transformations : moins large, la première façade devait être de la largeur des trois arcades du bas et surmontée d'un fronton triangulaire sans fenêtre ; l'actuelle est plus large et massive, surmontée d'un crénelage et encadrée par deux échauguettes. Au sud sont quatre ouvertures : la poterne restituée après 1880, la fenêtre rajoutée pendant ces restaurations, une fenêtre à meneaux et un oculus (17e ?).

Murscalcaire
pierre de taille
Toittuile creuse, pierre en couverture
Étages3 vaisseaux
Couvrementsvoûte d'ogives
Couverturestoit à longs pans
Escaliersescalier intérieur : escalier en vis en maçonnerie
Techniquessculpture
Représentationsornement géométrique, palmette, entrelacs ornement végétal ornement animal, chèvre, crabe, congre, lézard, aigle, animal fantastique, griffon ornement figuré, tête, tête d'homme, homme, femme, musicien, masque, humain fabuleux, chimère, centaure ornement en forme d'objet, pichet
Précision représentations

L'essentiel du décor est en façade.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1840
Précisions sur la protection

Eglise : classement par liste de 1840.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Esnandes ; église, 1809 - 1915.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 2 O 608
Documents figurés
  • " Église fortifiée à Esnandes ". Dessin par Adolphe Varin, 1849 (Médiathèque de La Rochelle).

  • " Portail ouest ". Dessin par Ballu, 1876 (Archives du patrimoine, casier archéologique).

  • " Église d'Esnandes. [Façade principale] ". Dessin par A. Ballu, 1878 (Archives départementales de Charente-Maritime : 2 O 608).

  • " Église d'Esnandes. Façade latérale nord restaurée ". Dessin par A. Ballu, non daté (Archives départementales de Charente-Maritime : 2O 608).

  • " Charente-inférieure, Église d'Esnandes (projet pour la façade principale) ". Dessin par A. Ballu, 1878 (Archives départementales de Charente-Maritime : 2O 608).

  • " Vue de l´église d´Esnandes. D´après le dessin d´A. d´Orbigny ", sans date (Archives du patrimoine).

Bibliographie
  • Blomme, Yves. Les églises d'Aunis. Saint-Jean-d'Angély : Editions Bordessoules, 1993.

    p. 61-66
  • Bonnin, Jean-Claude. L'église d'Esnandes. Revue Le Collibert, 1982, n° 6, juin-juillet-août, p. 3-8.

    p. 3-8
  • Crozet, René. L'art roman en Saintonge. Paris : Picard, 1971.

    p. 30, 86, 97, 108, 119, 120, 122-124, 135, 153, 167, 171
  • Faucherre, Nicolas. Esnandes, église Saint-Martin. In : Lacoste, Jacques dir. La sculpture romane en Saintonge : l'imaginaire et la foi. Sans lieu : Ch. Pirot, 1998.

    p. 171-172
  • Lafon, Françoise. L'église de Saint-Martin d'Esnandes. La Rochelle : Société d'Archéologie et d'Histoire de l'Aunis, n° 19.

  • Tonnelier, chanoine Paul. L'église d'Esnandes. La Rochelle : Beaulieu imprimerie, 1959.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Carpentier Aline - Moisdon Pascale