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Prieuré, aujourd'hui église Saint-Hilaire

Dossier IA86007678 réalisé en 2010
Vocablessaint Hilaire
Destinationséglise paroissiale
Dénominationsprieuré
Aire d'étude et cantonPays Civraisien - Gençay
AdresseCommune : La Ferrière-Airoux
Cadastre : 1812 C 1 ; 2010 AC 44

Dépendante de la châtellenie de Gençay qui se constitue au 11e siècle, la paroisse de La Ferrière, traversée par le chemin de Poitiers à Charroux, est dotée à l´époque romane d´une (nouvelle ?) église dédiée à saint Hilaire. Les sources historiques la concernant sont rares. Une des plus anciennes mentions de la paroisse, " Ferraria ", est relevée dans le Taux du décime daté de 1383 (Rédet, 1881, p. 165).

Le prieuré-cure Saint-Hilaire à La Ferrière dépend - au moins à partir du 14e siècle - de l´abbaye Saint-Hilaire de la Celle à Poitiers (Rédet, 1881, p. 165). Jusqu'à la Révolution, La Ferrière fait partie de l´archiprêtré et de la châtellenie de Gençay, de la sénéchaussée et de l´élection de Poitiers.

En 1790, la paroisse devient une commune qui s´agrandit en 1822 de la commune d´Airoux. En 1833, le transfert du cimetière est autorisé. L'église, alors composée d'une nef unique prolongée d'un chevet à abside à trois pans, comme en témoignent le plan cadastral de 1812 et une description sommaire de Pierre-Amédée Brouillet (Brouillet, 1865, p. 352-353), se dégrade. En 1884, le conseil municipal demande l'autorisation d'organiser une loterie afin de trouver les subsides nécessaires à la réalisation de travaux d'urgence exigés par le mauvais état de l'édifice et constatés par l'architecte Alcide Boutaud (Archives diocésaines de l'évêché de Poitiers. Dossier de la paroisse de La Ferrière). Des secours sont accordés par le ministère des cultes et l'église est presque entièrement reconstruite sur les plans d'Alcide Boutaud. L'architecte conserve de l'édifice antérieur le chevet et le premier niveau de la façade romane.

En 1935, la partie inférieure - jusqu'à la corniche au-dessus du portail (corniche incluse) - de la façade occidentale est inscrite au titre des monuments historiques.

Période(s)Principale : 12e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Auteur(s)Auteur : Boutaud Alcide
Boutaud Alcide (01/07/1844 - 19/02/1929)

Architecte, élève de Jean-Baptiste Perlat. A réalisé de très nombreux édifices publics et églises de Poitou-Charentes.


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architecte attribution par source

L´église Saint-Hilaire est située au cœur du village de La Ferrière, près de l´ancien chemin de Poitiers à Charroux. L´édifice, de plan allongé, est composé d´ouest en est d'une tour-clocher dans œuvre en façade, d´une nef de trois travées, d´un chœur à travée droite et abside à trois pans ; la travée droite est flanquée de deux chapelles latérales.

Le clocher est couvert d´une flèche octogonale, en ardoise, matériau de couverture de l'ensemble de l´édifice.

L´église est édifiée en moellons de calcaire recouverts d´enduit à l´exception du chevet (moellons équarris non enduits) et du premier niveau de la façade, réalisé en moyen appareil de pierre calcaire.

L'actuelle façade-pignon de l'église, divisée en deux niveaux par une corniche à modillons sculptés, a été profondément remaniée lors de la campagne de reconstruction des années 1887-1889.

Le projet de restauration a intégré la partie basse de l'ancienne façade avec le portail roman et la corniche. Ce premier niveau est encadré par deux étroits contreforts plats qui prennent appui sur un soubassement saillant.Le portail est composé d´une voussure à trois rouleaux légèrement brisés et d´une archivolte ornée de pointes de diamant. La voussure retombe sur des piédroits présentant un ébrasement à deux ressauts. La partie interne du portail (rouleau interne et alettes) a été reprise à la fin du 19e siècle. Les chapiteaux des deux colonnes des piédroits portent un décor sculpté diversifié : végétaux, représentations humaines et fantastiques. Il est décrit dans l'annexe 1 consacrée au décor roman.

La corniche qui sépare les deux registres de l´élévation est également romane. Elle est portée par treize modillons sculptés. Les représentations animales dominent largement (dix éléments) ; elles sont complétées par deux têtes humaines et un modillon à volute. Chien, cochon, cheval, bélier, bœuf côtoient les serpents entrelacés, un lion retourné, un animal à bec denté. Cette diversité de motifs animaliers se retrouve, en pays civraisien, à Brion, Romagne, Vaux, Brux.

Le registre supérieur de l´élévation occidentale relève de la reconstruction de la fin du 19e siècle. Il est éclairé par un oculus. Les rampants du pignon découvert s´achèvent par des crossettes et l´ensemble est dominé par les parties-hautes du clocher.

Comme la façade, la nef a été reprise au 19e siècle. Les murs gouttereaux sont épaulés par des contreforts plats (cinq au sud, quatre au nord) et percés chacun de trois fenêtres couvertes en plein cintre. La nef, couverte d´un toit à longs pans, est légèrement plus large et plus haute que le chœur à travée droite et abside qui lui succède à l´est. La travée droite est flanquée de deux chapelles latérales identiques. Au nord comme au sud, les murs occidentaux de ces annexes prennent appui sur l´extrémité orientale des murs gouttereaux de la nef. Elles sont éclairées par une fenêtre en plein cintre aménagée dans le mur-pignon qui clôt la chapelle. Au nord, une sacristie de plan carré est adossée au mur ouest de la chapelle. De nombreuses similitudes apparaissent entre la nef et les annexes latérales : arc en plein cintre à sept claveaux des baies, rampants à crossette des pignons, chaînes d´angle en pierres de taille apparentes..., qui témoignent de la reconstruction des années 1887-1889.

Une abside à trois pans prolonge la travée droite ; elle a été sommairement décrite en 1865 par Pierre-Amédée Brouillet qui constate que la baie d'axe a " 1 mètre d'évasement à l'intérieur et 30 cm à l'extérieur " et que les deux autres sont murées. La maçonnerie de moellons de calcaire grossièrement assisés de l'abside est recouverte en partie haute d'un enduit. À ce niveau, les chaînes d'angle présentent des reprises. Les murs ont pu être surélevés pour mettre au même niveau le toit de la travée droite et la croupe polygonale qui couvre l´abside. Une corniche reposant sur des modillons non sculptés règne au deux tiers de la hauteur de l'abside. Au dessous d'elle, une baie couverte en plein cintre éclaire chaque pan ; l'encadrement harpé des fenêtres témoigne d'une reprise au 19e siècle ou au 20e siècle.

À l´intérieur de l´édifice, la période romane n´a pas laissé de traces apparentes. Précédant la nef, le clocher accueille une tribune à l´étage ; celle-ci ouvre sur la nef par une grande baie couverte en plein cintre qui est encadrée de deux baies plus étroites. Sous la tribune, un large passage central communique avec la nef ; il est flanqué d'une cage d´escalier au sud.

La nef, un vaisseau unique de trois travées, est couverte d´une voûte en berceau plein cintre soutenue par trois arcs doubleaux. Les murs gouttereaux, qui portent le couvrement, sont doublés par une haute arcature aveugle ; des consoles reçoivent les arcs doubleaux.

Un arc triomphal marque l´entrée du chœur composé d'une travée et d'une abside. La travée droite, plus étroite que la nef, est couverte d'une voûte en berceau. Au centre, sur un sol surélevé d´une marche par rapport aux autres parties de l'église, prend place un autel en bois. Ce dernier est encadré de deux chapiteaux sculptés romans, posés à même le sol ; les motifs sont détaillés dans l'annexe 1 sur le décor roman. Au nord et au sud, une large arcade en plein cintre donne accès aux petites chapelles latérales éclairées chacune d'une baie couverte en plein cintre.

À la travée droite succède une abside à trois pans couverte d´une voûte en cul-de-four. La séparation entre les deux parties du chœur est marquée par un arc-doubleau reposant sur deux colonnes engagées à fût tronconique. L'intérieur de l'église est très sobre. Les chapiteaux des colonnes et les consoles sont nus ; les murs et la voûte portent un décor de faux appareil sur enduit.

Murscalcaire pierre de taille
calcaire moellon enduit
Toitardoise
Plansplan allongé
Couvrementsvoûte en berceau plein-cintre
cul-de-four
Couverturestoit à longs pans
flèche polygonale
croupe polygonale
Techniquessculpture
Représentationsornement géométrique, pointe de diamant ornement animal, boeuf, cochon, cheval, chèvre, chien, lion animal fantastique, griffon ornement figuré, homme, tête humaine humain fabuleux, sirène ornement végétal, palmette, fleur, arbre
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsinscrit MH partiellement, 1935/04/17
Précisions sur la protection

La partie inférieure jusqu'à la corniche au-dessus du portail (corniche incluse) de la façade occidentale : inscription par arrêté du 17 avril 1935.

Annexes

  • Annexe concernant le décor sculpté de l'église Saint-Hilaire à La Ferrière-Airoux.

    Le décor sculpté roman conservé de l´église Saint-Hilaire à La Ferrière se concentre sur les chapiteaux des colonnes des piédroits du portail occidental et sur les modillons de la corniche.

    Les chapiteaux des colonnes du portail portent chacun un motif différent. Celui de la colonnette externe gauche présente des griffons dressés et affrontés ; le tailloir est orné d'un rinceau de feuillage une petite tête d'animal occupant l'angle. Le chapiteau de la colonne interne est agrémenté à sa base d'une collerette végétale (fleurons) et, en partie haute de la corbeille, de végétaux (palmettes) épanouis se dressant sur de minces tiges. Les angles sont soulignés par des petites volutes et l'abaque peu échancré porte en son milieu un petit dé. Au-dessus, des rinceaux de feuillage décorent le tailloir.

    À droite du portail, la corbeille et le tailloir du chapiteau de la colonne externe sont tous les deux ornés d'une tête d´animal (lion ?) sculpté sur l´arête, d´où jaillissent des feuillages : rinceaux avec rosettes sur le tailloir, palmettes sur la corbeille. Le tailloir se prolonge en imposte ponctuée à son extrémité par une petite tête animale.

    La corbeille et le tailloir du chapiteau de la colonne interne portent un décor figuré. La représentation d'un homme aux jambes écartées et aux bras levés est centrée sur l'arête de la corbeille ; il est vêtu d´une tunique courte et tient dans ses mains levées un objet rectangulaire. Le tailloir qui le surmonte est orné d´une sirène-poisson à deux queues ; elle tient dans sa main gauche un poisson et dans sa main droite un oiseau.

    Ces éléments sculptés ont été remontés lors de la restauration de la fin du 19e siècle. La brisure des chapiteaux internes peut dater de cette campagne de travaux. Les corbeilles externes, moins hautes que les internes, ont pu être retaillées. La composition du décor s´organise sur les deux faces de la corbeille avec une place prépondérante pour l´arête. On observe cependant une différence dans la facture. La sculpture assez fouillée des chapiteaux externes occupe toute la corbeille, le décor des chapiteaux internes étant plus sobre et d´une facture plus sèche.

    La corniche qui marque la séparation entre les deux niveaux de la façade est portée par treize modillons sculptés. Ils ont été numérotés de gauche vers la droite.

    Se succèdent, de gauche à droite, les têtes d´un homme barbu et moustachu, d'un chien, d' un cochon, d'un cheval (modillons n° 1 à 4) ; une volute (n° 5) ; deux serpents entrelacés (n° 6) ; un lion à corps retourné (n° 7) ; une tête d´animal brisée (n° 8) ; une tête de jeune homme barbu avec une chevelure bouclée (n° 9) ; un bœuf (n° 10) ; une chèvre (n° 11) ; une seconde tête brisée d´animal (n° 12) et, à l´extrémité droite de la corniche, un animal à bec denté (n°13).

    Tous ces motifs sont fréquemment représentés sur les modillons des églises du pays civraisien comme dans de nombreuses édifices romans du Poitou.

    À l'intérieur, l'église n'a pas conservé d'éléments de décor romans, à l'exception de deux chapiteaux disposés de chaque côté de l'autel, dans le chœur.

    Le décor du chapiteau n° 1 (à gauche de l´autel) s´organise à partir des deux arêtes de la corbeille. D´une tête de lion, à la dentition très marquée, jaillissent des feuilles grasses (tiges entrelacées avec des palmettes).

    Le chapiteau n° 2 (à droite de l'autel) présente deux personnages sculptés sur les deux faces de la corbeille. Ils sont figurés debout, pieds écartés et bras levés à hauteur des épaules. Celui de droite est décapité et tient dans sa main droite un petit arbre. Son voisin tient également de sa main gauche un petit arbre ; sa tête, en partie brisée, repose sur sa poitrine. Les deux sont vêtus d´une tunique longue aux plis sommairement gravés et à longues manches évasées.

    Ces deux chapiteaux ont pu être déposés lors de la restauration des années 1887-1889. Leur ancienne localisation est inconnue.

  • Annexe concernant la restauration de l'église Saint-Hilaire à La Ferrière-Airoux.

    Archives diocésaines de l'évêché de Poitiers. Dossier de la paroisse de La Ferrière.

    - 1836, 25 juillet : le préfet écrit à l'évêque que la demande de secours de la commune de 6000 francs pour le transfert du cimetière, autorisé en 1833, est disproportionnée.

    - 1874, 31 août : le ministère de l'instruction publique et des cultes accorde un secours de 500 francs pour des réparations au presbytère.

    - 1884, 13 janvier : délibération du conseil municipal (copie) sur la nécessité de réaliser des travaux d'urgence, signalés par l'architecte Alcide Boutaud. Le maire constate que la commune n'a pas les ressources nécessaires et demande l'autorisation d'organiser une loterie.

    -1884, 31 janvier : le maire écrit à l'évêque pour lui signaler que l'église menace ruine et lui demander de bien vouloir appuyer sa demande de loterie pour financer les travaux ou fermer l'église au culte.

    - 1886, 2 septembre : le préfet demande l'avis de l'évêque pour l'attribution d'un secours du ministère des cultes. Des travaux pour 27907 francs sont prévus, mais la commune ne dispose que de 6000 francs.

    - 1888, 30 juillet : le préfet demande l'avis de l'évêque pour l'attribution d'un secours du ministère des cultes. Le devis des travaux a été ramené à 19600,20 francs et la commune a voté une participation de 9172,87 francs.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales F 31 163. An XII (1803-1804) : plan par nature de cultures.

    Archives nationales, Paris : F 31 163
  • Archives départementales de la Vienne. Microfilms (Archives privées Beauchet-Filleau). [1634, 10 octobre : visite pastorale de messires Jean Filleau et Denys Guilloteau, commissaires députés par arrest des Grands Jours de Poitiers, p. 21, 148].

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers
  • Archives diocésaines de l'évêché de Poitiers. Dossier de la paroisse de La Ferrière.

    Archives diocésaines de la Vienne, Poitiers
  • Casier archéologique [documents établis par le service des Monuments historiques au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur des édifices protégés ou destinés à l'être].

    5 p., 5 fig Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
Documents figurés
  • " [Ensemble de gravures sur l'église de La Ferrière-Airoux] ". 1865. Brouillet. [Brouillet, Pierre Amédée. Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civray, 1865]. Canton de Gençay : " Plan " : planche 4 n° 11. " Façade " : planche 6 n° 2. " Chapiteau avec griffons " : planche 6 n° 6.

  • " Photographies, trois vues " [La Ferrière-Airoux. Façade ouest ; chapiteaux du piédroit gauche du portail occidental ; chapiteaux du piédroit droit du portail occidental]. 1923. Gossin [Ensemble de trois photographies ; fonds de la médiathèque du patrimoine].

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
Bibliographie
  • Beauchet-Filleau, Henri. Pouillé du diocèse de Poitiers. Niort (22, rue des Halles) : L. Clouzot ; Poitiers (4, rue de l'Éperon) : H. Oudin, 1868.

    p. 40, 115, 271 Bibliothèque nationale de France, Paris : 254 BEA
  • Brouillet, Pierre Amédée. Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civray. 1865.

    p. 352-353 et canton de Gençay pl. 4 n° 11 et pl. 6 n° 2 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers
  • Crozet, René. Dictionnaire des églises de France. Paris : Robert Laffont, 1967, tome IIIc, Poitou-Saintonge-Angoumois.

    p. 67-69
  • Crozet, René. L´art roman en Poitou. Paris : Laurens, 1948.

    p. 174, 223, 233 Médiathèque, Thouars : 944.6
  • Longuemar, Alphonse Le Touzé de. Les anciennes fresques des églises du Poitou. Poitiers : Oudin, 1881.

    p. 48
  • Marcadé, Jacques. La dîme au XVIIIe siècle : l'exemple du diocèse de Poitiers. Bulletins de la société des antiquaires de l'Ouest, 5e série, tome 11, 1997.

    p. 63
  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    p. 165 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
  • Riou, Yves-Jean. Observations sur les verrières posées à Notre-Dame-la-Grande entre 1850 et 1940, sur leurs commanditaires, leurs auteurs et leur fortune critique. Bulletins de la société des antiquaires de l'Ouest, 1986.

    p. 460
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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