Dossier IA79004232 | Réalisé par
Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire

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Allard Thierry (Rédacteur)
Allard Thierry

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire

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Prieuré, aujourd'hui église Saint-Gilles d'Argenton-les-Vallées
Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays Thouarsais - Argenton-les-Vallées
  • Commune Argenton-les-Vallées
  • Cadastre 2014 AE 255
  • Précisions anciennement commune de Argenton-Château
  • Dénominations
    prieuré
  • Vocables
    saint Gilles
  • Destinations
    église

L'église Saint-Gilles est réputée pour sa façade occidentale richement sculptée et son programme iconographique qui s'y développe. Réalisée au milieu du 12e siècle, cette façade cache un édifice qui a subi beaucoup de modifications et de transformations au cours des siècles suivants. Seule la façade a été protégée monument historique en 1907.

Construite sur une hauteur dominant la vallée de l'Argenton, à l'extérieur de l'enceinte fortifiée du château construit au milieu du 11e siècle, l'église Saint-Gilles est donnée en 1069 à l'abbaye de Bourgueil par Geoffroi de Blois, seigneur d'Argenton, et son épouse Pétronille. Cette donation est confirmée la même année par l'évêque de Poitiers, Isembert II, et le vicomte de Thouars, Aimeri IV. Toutefois, l'abbaye de Saint-Jouin-de-Marnes, sur le territoire de laquelle l'église a été bâtie, revendique sa propriété et l'obtient en 1100. Dès lors, Saint-Gilles devient une priorale dépendant de l'abbaye de Saint-Jouin-de-Marnes. Elle le restera jusqu'à la Révolution.

De l'église d'origine, construite au milieu du 11e siècle, sont conservées dans le choeur deux fenêtres en plein cintre à chapiteaux ornés de lions retournés et une partie du bras sud du transept. Au milieu du 12e siècle, la façade occidentale est rebâtie afin de doter l'église d'un programme iconographique ambitieux plus en conformité avec la spiritualité de l'époque. A cette même époque, la nef est probablement dotée de voûtes de type angevin portées par des travées carrées à piliers composites. C'est après les ravages de la guerre de Cent Ans que l'édifice est agrandi et doté d'un collatéral nord long de deux travées. La travée sous clocher date de cette période, car elle porte les armoiries de Philippe de Commynes, seigneur d'Argenton de 1473 à 1511. Au 16e siècle, le choeur reçoit un chevet plat avant que les destructions dues aux guerres de Religion ne soient réparées grâce aux largesses de la famille de Châtillon. A la suite des guerres de Vendée (1793-1796), les voûtes du choeur, de la travée sous clocher et de la nef sont refaites en 1896-1897 sur le modèle de celles du collatéral nord. La façade occidentale est restaurée en 1996-2000 grâce à l'architecte François Jeanneau.

Construite en pierre granitique locale, l'église a été pourvue d'une façade en pierre calcaire suffisamment tendre pour que le ciseau des sculpteurs puisse s'y exprimer pleinement. Malheureusement, les intempéries et le vandalisme humain ont très largement abimé les parties sculptées les plus hautes, ce qui explique la restauration, à l'identique, de la corniche à la fin du 19e siècle. Le programme iconographique est réparti principalement sur les cinq rouleaux du portail, mais aussi dans les écoinçons qui le surmonte. Ce programme développe un message christique qui est explicité par de nombreuses inscriptions latines gravées. On peut voir, de haut en bas : sur le premier rouleau (supérieur) sont figurés les signes du Zodiaque alternant avec les travaux des mois ; sur le second, les apôtres proclament la gloire du Christ porté par deux anges ; le troisième rouleau illustre la parabole des Vierges sages et les Vierges folles qui attendent l'arrivée du Christ-époux ; sur le quatrième est représenté le combat des Vices et des Vertus au travers de personnages féminins foulant aux pieds des petits monstres ; enfin, le cinquième rouleau figure l'Agneau mystique entouré de six anges. Au-dessus de ces images, dans les écoinçons situés entre l'archivolte du portail et la corniche, sont figurés deux épisodes de l'histoire de Lazare : à gauche, le Riche qui festoie sous les yeux du pauvre Lazare, à droite, ce dernier, lépreux, qui est léché par des chiens. La corniche est quant à elle constituée de modillons ornés de monstres, de têtes humaines ou animales. En dessous, situés entre les colonnes en granite et les rouleaux en calcaire, prennent place des chapiteaux décorés d'animaux fantastiques (chimères, serpents hybrides, masques à chevelures hérissées, etc).

Le décor de cette façade est de grande qualité tant par la richesse de son iconographie que par l'exécution de ses sculptures. Il est à rapprocher fortement de celui du portail occidental de Saint-Pierre d'Aulnay, à la limite de l'ancien Poitou et de la Saintonge. Il est très probable que le même artiste soit l'auteur des deux façades.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    classé MH, 1907/09/02
  • Précisions sur la protection

    Classement partiel (façade).