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Prieuré, aujourd'hui église Saint-Germain de Varaize

Dossier IA17043194 réalisé en 2014

Fiche

Dans le Nord de la Saintonge, à proximité du Poitou et non loin d’Aulnay, la belle église de Varaize, dont l’architecture a beaucoup souffert, a subi les influences proches. Elle est donc l’un des rares exemples en Saintonge où la nef est accompagnée de bas-côtés séparés par des faisceaux de huit colonnes.

A l’extérieur, le décor est présent principalement sur l'élévation sud, avec un portail latéral très richement orné. Bien que fortement remanié lors d'une restauration, il présente des sculptures finement exécutées. En plein cintre, il est composé de quatre voussures reposant sur quatre paires de colonnes à chapiteaux sculptés. La façade occidentale est sobre, avec peu de décor. Quatre faisceaux de colonnes forment contreforts jusqu’au pignon, divisant en trois parts cette haute muraille. Un imposant clocher carré surmonte le transept.

A l'intérieur, deux absidioles s’ouvrent sur les bras du transept. Le choeur en hémicycle est relativement simple. La sculpture des chapiteaux et les bases indiquent une volonté de soigner l’édifice. Un chapiteau du transept représente Daniel entre les lions.

Vocablessaint Germain
Destinationséglise
Dénominationsprieuré
Aire d'étude et cantonRégion Poitou-Charentes - Saint-Jean-d'Angély
AdresseCommune : Varaize
Cadastre : 20914 AB 122

Le plus ancien lieu de culte signalé à Varaize est une chapelle donnée en 974 à l'abbaye de Saint-Jean d'Angély et mentionnée dans le cartulaire de celle-ci. Le même document mentionne le don de l'église de Varaize à l'abbaye par Bertrand de Varaize en 1077. Vers 1080, un jugement du concile de Bordeaux rejette les prétentions de l'abbé de Charroux qui dispute à celui de Saint-Jean d'Angély la possession de l'église. En 1096, un traité entre les deux abbayes entérine cette décision.

Les moines bénédictins de Saint-Jean d'Angély font reconstruire l'édifice, sans doute dans la 2e moitié du 12e siècle. Toutefois, les chapiteaux du portail occidental, nettement plus frustres que les décors du reste de l'édifice, pourraient peut-être provenir d'un édifice antérieur. À la fin du Moyen-Âge, peut-être au 15e siècle, l'église est fortifiée : l'abside principale et les bras du transept sont surélevés pour accueillir des chambres de défense. Celles-ci subsistent au-dessus du transept, mais il n'en reste que quelques pans de murs au-dessus de l'abside, à la base du clocher. Des cartes postales anciennes montrent toutefois l'aspect de l'abside avant la démolition de la surélévation.

L'église semble ne pas avoir particulièrement souffert des guerres de Religion. Suite à l'effondrement d'une partie des voûtes en 1770, une restauration de grande envergure est réalisée. En 1771, Pierre Falquet, maître entrepreneur, et Jean Coutanseau, maître charpentier, visitent l'église à la demande de l'intendant et dressent un devis des réparations à effectuer. Au cours des travaux, les parties de la voûte encore debout sont abattues et remplacées par une charpente.

Le mur nord de la nef qui menace ruine est en partie démoli et reconstruit : la base de l'ancien mur, plus large, est visible depuis l'extérieur, de même que les vestiges d'une baie romane. Cinq baies qui étaient alors murées sont rouvertes, une croix est posée au sommet de la façade occidentale, la tour d'escalier du clocher est surélevée, une nouvelle porte est aménagée au clocher, les charpentes du clocher et des absides latérales sont refaites.

Suite à la Révolution, l'église est désaffectée avec le rattachement de Varaize à la succursale de Fontenet. Les biens du presbytère et du prieuré (l'église était à la fois paroissiale et prieurale), supprimés, sont vendus. Ce n'est qu'en 1875 que l'église est à nouveau érigée en succursale, à la demande du conseil municipal. En conséquence, l'édifice est

restauré dans le 4e quart du 19e siècle : le niveau du sol est surhaussé, des vitraux sont posés en 1880, l'horloge du clocher est installée en 1894.

Le classement de l'église comme Monument historique en 1908 donne lieu à de nouveaux travaux. La charpente actuelle de la nef est installée, tandis que le portail sud, jusqu'alors muré, est lourdement restauré. Tout au long du 20e siècle, l'édifice est l'objet de campagnes de restauration : consolidation du mur nord en 1919-1920, restauration de la chapelle sud en 1937-1938 puis de la chapelle nord en 1943, du bras sud du transept et du chœur vers 1945, réparation des toitures et vitraux au début des années 1950 suite aux dommages causés par les bombardements du camp de Fontenet, restauration du clocher en 1954, assainissement en 1968, remplacement des cadrans de l'horloge en 1991. De nouveaux travaux sont entrepris en 2011 pour stabiliser la façade et restaurer les toitures.

Période(s)Principale : 9e siècle
Principale : 11e siècle
Principale : 12e siècle
Principale : 13e siècle

L'église Saint-Germain, aux vastes proportions, est orientée, c'est-à-dire que le chœur se situe face à l'est. Elle présente une nef à trois travées flanquée de collatéraux, un transept dont chaque bras est pourvu d'une chapelle semi-circulaire et dont la croisée est surmontée du clocher, ainsi qu'un chœur d'une travée flanqué d'une abside semi-circulaire.

La façade occidentale, épaulée par quatre faisceaux de colonnes-contreforts, est percée d'un portail surmonté d'une grande baie, tous deux en plein cintre. Une autre baie, aujourd'hui murée, est visible uniquement depuis l'intérieur.

Le portail possède un bandeau d'archivolte et quatre voussures nues, portées par des colonnes à chapiteaux sculptés, dont certains ont été refaits : ils présentent des décors végétaux et géométriques assez simples. La fenêtre ne possède qu'une voussure, supportée par deux colonnettes à chapiteaux nus. Le pignon est surmonté d'une croix.

Le mur nord, en partie reconstruit, est aujourd'hui aveugle mais présente la trace d'une ancienne baie romane en plein cintre dans la maçonnerie. Le mur sud, en revanche, a conservé ses dispositions et ses décors. Il est épaulé par six faisceaux de trois colonnes-contreforts aux chapiteaux nus, entre lesquels s'intercalent les fenêtres. Celles-ci possèdent une voussure chacune, portée par des colonnettes à chapiteaux sculptés de feuilles, d'animaux, d'êtres humains ou de têtes grimaçantes. Un bandeau interrompu par les fenêtres et une corniche supportée par des modillons non figurés ornent l'élévation. La partie droite est percée d'un portail richement décoré : les quatre voussures, les chapiteaux des colonnes, le bandeau d'archivolte et la frise le surmontant sont ornés de rinceaux, de végétaux, d'anges, de représentations des vices et vertus et des vieillards de l'Apocalypse, de monstres et de personnages. L'ensemble a toutefois été en grande partie recréé au début du 20e siècle.

Le transept, plus haut que la nef et le chœur, a été surélevé par l'adjonction de chambres fortes percées de petites ouvertures pour le tir. Le bras nord est éclairé d'une lancette sans décor et d'une porte aujourd'hui murée, tandis que le bras sud possède une baie en plein cintre à une voussure richement ornée de motifs géométriques, supportée par des colonnettes à chapiteaux ornés de feuilles. À l'angle avec la nef se situe la tour d'accès au clocher, également surélevée. Percée de petites ouvertures en plein cintre, elle est ornée de trois faisceaux de deux colonnes-contreforts et d'une corniche à modillons.

Les chapelles du transept, orientées à l'est, ont un plan semi-circulaire. Celle du bras sud, qui s'appuyait primitivement sur l'abside du chœur comme celle du bras nord, a été transformée par les restaurations du 20e siècle et désolidarisée du chevet. Les trois absides sont flanquées de colonnes-contreforts, percée de baies en plein cintre à une voussure à décors géométriques, supportée par des colonnes à chapiteaux de feuillages. Les corniches sont supportées par des modillons sculptés de personnages et de monstres. Le chevet est encore surmonté de vestiges de fortifications, en partie en léger encorbellement.

Le clocher carré, surmontant la croisée du transept, est orné d'une génoise et possède deux niveaux. Le premier, orné d'arcatures aveugles en plein cintre, est en partie masqué par les surélévations du transept. Le second, percé sur chaque face de deux lancettes en plein cintre à une voussure sur colonnettes, accueille la cloche et l'horloge et est surmonté d'un toit en pavillon et d'une girouette. On peut apercevoir à sa base les arrachements des anciennes voûtes en berceau de la nef.

À l'intérieur, la nef est composée d'un vaisseau central et de deux collatéraux. La voûte de la nef a été remplacée par une charpente. Celle-ci repose sur les murs latéraux, flanqués à intervalles réguliers de faisceaux de trois colonnes-contreforts, ainsi que sur les grands arcs brisés qui séparent la nef des collatéraux. Ces arcs retombent sur des piliers flanqués de colonnes engagées dont les chapiteaux sont ornés de feuillages.

La croisée du transept forme un carré délimité par quatre piliers également flanqués de colonnes engagées, surmontées de chapiteaux sculptés de motifs géométriques, de feuillages et d'une scène représentant Daniel

dans la fosse aux lions. La coupole sur trompes supportant le clocher surmonte l'autel principal, orné de colonnettes, d'un chrisme et de motifs végétaux. Les chapelles du transept, voûtées en cul-de-four, accueillent chacune un autel, l'un dédié à l'Enfant Jésus de Pragues, l'autre à la Vierge à l'Enfant. Celle au nord possède un vitrail orné du monogramme IHS.

Dans le chœur, on observe trois anciennes portes aujourd'hui murées, un ancien lavabo liturgique et trois vitraux datés de 1880 représentant saint Germain, saint Jean-Baptiste et un saint diacre portant la palme du martyr, signés de l'atelier Dagrand de Bordeaux et offerts respectivement par l'évêque, le maire et le curé de Fontenet. L'abside est voûtée en cul-de-four.

Des traces de peintures murales sont visibles dans l'ensemble de l'édifice. Selon les sondages réalisés en 1997 par la restauratrice Rosalie Godin, le décor le plus ancien, très fragmentaire et non lisible, se situe sur le mur sud de la nef et a été réalisé entre le 12e et le 16e siècle. Un personnage barbu, peut-être du 16e siècle, a été en partie dégagé dans la chapelle du bras sud du transept. Deux (voire trois) litres funéraires, sans doute du 18e siècle, ont été identifiées et courent sur les murs de le nef, du transept et les piliers. Des armoiries sont partiellement visibles au revers de la façade occidentale et dans le bras nord du transept : celles de la famille Amelot sont identifiables.

Techniquessculpture
Représentationsornement figuré, personnages, musicien scène chrétienne, sujet eschatologique, ange, saint Georges, ancien testament, livre de Daniel, les vertus cardinales, les vertus théologales agneau mystique, ornement géométrique, rinceau ornement végétal, feuillage ornement animal, animal fantastique, dragon, animal, lion
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1908/07/20
Précisions sur la protection

Eglise : classement par arrêté du 20 juillet 1908.

Références documentaires

Bibliographie
  • Bonnin, Jean-Claude. Varaize, notes historiques. Editions 2000.

    p. 11-25
  • Camus, Marie-Thérèse, Carpentier, Elizabeth, Amelot, Jean-François. Sculpture romane du Poitou. Le temps des chefs d'oeuvre. Paris : Éditions A. et J. Picard, 2009.

    p. 134 n. 41, 421 n. 7, 424 n. 13
  • Camus, Marie-Thérèse. La sculpture romane dans les anciens diocèses de Poitiers, Angoulême et Saintes. Dans : Brudy, Pascale, Benéteau Péan, Anne, dir. Catalogue d'exposition L'âge roman. Arts et culture en Poitou et dans les pays charentais - XIe-XIIe siècles. Éditions Gourcuff-Gradenigo, Poitiers-Paris, 2011.

    p. 134-153, fig. 29
  • Connoué, Charles. Les églises de Saintonge 1952-1961. T. 3, Saintes : Delavaud, 1959.

    p. 149-151
  • Crozet, René. L'art roman en Saintonge. Paris : Picard, 1971.

    p. 76, 77, 97, 99, 144, 146, 152, 163, 170, 171, 174, 176
  • Dangibeaud, Charles. "L'école de la sculpture romane saintongeaise". Bulletin archéologique du comité des travaux historiques et scientifiques. Paris, 1910.

    p. 31-32, 53, 61
  • Deschamps, Paul. Le combat des vertus et des vices sur les portails romans de la Saintonge et du Poitou. Congrès archéologique de France, LXXIXe session, Angoulême, 1912. Paris, Caen, 1913.

    p. 312
  • Eygun, F., Dupont, J. Saintonge romane. Zodiaque, La Pierre qui Vire, 1970. (La nuit des temps, 33).

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  • Gensbeitel, Christian. Varaize. Église Saint-Germain. In : Lacoste, Jacques dir. La sculpture romane en Saintonge : l'imaginaire et la foi. Sans lieu : Ch. Pirot, 1998.

    p. 346-348
  • Prin, Rémy. Aulnay d'ombre et de lumière, édition Bourdessoules, 2009.

    p. 195-197
  • Semur, F. Abbayes, prieurés et commanderies de l'ancienne France vers IVe siècle - vers XVIIIe siècle en Poitou-Charentes-Vendée. Baunalec, 1984.

    p. 229
  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély. "Canton de Saint-Jean d'Angély", t.3. Saint-Jean d'Angély, 1966.

    p. 38-40
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Barreau Pierrick - Ourry Yann