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Prieuré aujourd'hui église paroissiale Notre-Dame

Dossier IA16008445 réalisé en 2011
VocablesNotre-Dame
Destinationséglise
Dénominationsprieuré
Aire d'étude et cantonPays Ouest-Charente - pays du Cognac - Rouillac
AdresseCommune : Mons
Cadastre : 1832 D1 303 ; 2011 AK 140

Le prieuré de Mons, dont il subsiste aujourd'hui l'église Notre-Dame, est une des plus anciennes possessions du proche prieuré de chanoines réguliers de saint Augustin de Lanville (commune de Marcillac-Lanville). Jusqu'au début du 17e siècle, l'église de Mons est aussi le siège d'une vaste paroisse ; en 1616, ce territoire est divisé en deux paroisses indépendantes, Notre-Dame de Mons et Saint-Pierre d'Aigre. Les deux vicairies perpétuelles demeurent unies au prieuré qui subsiste jusqu'à la Révolution ; il est fermé en 1792.

En 1803, la paroisse de Mons est supprimée et annexée à celle de Marcillac ; elle est rétablie en 1845. L'église, en partie détruite par la foudre en 1806, est restaurée en 1846-1847 ; la nef est notamment couverte d'une voûte en plâtre. Les aménagements intérieurs réalisés au cours de ces travaux, dont la voûte, ont disparu lors de l'importante campagne de restauration menée à la fin des années 1980.

Période(s)Principale : 12e siècle
Secondaire : 15e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Construite légèrement à l'écart du village, l'église Notre-Dame à Mons domine la vallée de l'Auge. De plan allongé, elle est composée d'une nef à trois travées de longueur inégale, d'une travée sous clocher et d'un chœur à chevet plat. Les murs présentent, extérieurement, un appareil de revêtement régulier en pierre de taille ; des traces d'incendie sont notamment visibles sur l'élévation nord de l'église. Le clocher carré coiffé d'une flèche polygonale date des années 1980.

L'édifice actuel témoigne de plusieurs périodes de construction. Il a vraisemblablement été édifié au cours du 12e siècle, puis remanié ultérieurement.

De l'époque romane subsiste la partie occidentale de l'église (façade et première travée de la nef). La façade à pignon présente une élévation à deux niveaux. En son centre s'ouvre un large portail couvert d'une voussure en plein cintre à trois rouleaux retombant sur des piédroits garnis, de chaque côté, de deux colonnes. Les bases de ces dernières sont moulurées et les chapiteaux portent un décor sculpté roman (voir le paragraphe sur les chapiteaux romans). Le portail est surmonté d'une baie en plein cintre flanquée de deux colonnettes dont les chapiteaux sont ornés de feuillage et d'une tête humaine. Le pignon est sommé d'une croix datée, selon J. Georges, du 15e siècle. Les angles des murs sont appuyés de contreforts plats doublés ; la base des murs et des contreforts est moulurée.

Le portail ouvre sur une nef charpentée dont les murs gouttereaux sont rythmés par des supports engagés qui en délimitent les trois travées ; ceux-ci montent jusqu'aux deux-tiers de la hauteur des murs.

La première travée se différencie des suivantes par une arcature aveugle en plein cintre reposant sur des pilastres qui double les murs ; elle est éclairée au nord par deux petites baies en plein cintre. Au nord et au sud, une colonne sur dosseret, dont la base disparaît sous le sol actuel de la nef, sépare la première et la seconde travée ; les chapiteaux portent un intéressant décor sculpté, notamment, au nord, où est représenté le Pèsement des âmes. Cette travée à arcature aveugle et les deux colonnes occidentales relèvent de la période romane.

Les deux travées suivantes ont été reprises ou reconstruites, peut-être lors d'un projet de couvrement de la nef avec des voûtes d'ogives (Georges, p. 163). Elles sont séparées par un pilier engagé à trois colonnes dont les chapiteaux sont ornés de feuillages retournés dans les angles. Les bases sont ornées de griffes.

La seconde travée, très étroite, est aveugle ; elle est doublée extérieurement, au sud, d'un mur-contrefort et, au nord, un puissant contrefort à ressaut a été édifié au droit du support intérieur. La dernière travée de la nef est éclairée de deux baies en plein cintre fortement ébrasées.

La travée sous clocher qui lui succède est couverte d'une coupole sur pendentifs maladroitement appareillés. Sous chaque pendentif prend place une colonne dont le chapiteau porte un décor de feuillage identique à celui des piliers séparant les deux dernières travées de la nef. Les colonnes sont partiellement englobées par les massives arcades qui soutiennent, à l'est et à l'ouest, la coupole. Celles-ci ont été construites ultérieurement pour pallier la faiblesse des supports originaux sur lesquels retombaient les arcs portant la coupole. L'arc brisé à ressaut qui supportait, à l'est, la coupole a été conservé ; il présente des déformations qui témoignent du déséquilibre des poussées exercées par la coupole. Extérieurement, un puissant contrefort été ajouté à l'époque gothique pour conforter l'angle nord-ouest de la travée. La travée est éclairée, au sud, par une baie en plein cintre. À sa gauche, une porte aménagée en hauteur donne accès à l'escalier qui dessert les combles.

Le chœur de l'église est composé d'une travée à chevet plat couverte d'une voûte sur croisée d'ogives. Les ogives retombent, au nord-est et au sud-est, sur une colonne dont le chapiteau est orné d'un feuillage identique à celui des chapiteaux de la nef et de la travée précédente. À l'ouest, les ogives disparaissent dans la maçonnerie de l'arcade portant la coupole de la travée sous clocher.

Le chœur est éclairé d'une haute baie gothique dotée d'un réseau en pierre.

Les chapiteaux sculptés romans de l'église.

Si l'édifice roman a été fortement remanié, le portail et les deux chapiteaux occidentaux de la nef portent un très intéressant décor sculpté roman.

Le portail est couvert d'une voussure composée de trois rouleaux en plein cintre, sans décor, et d'une archivolte parée d'une frise d'entrelacs et d'animaux à corps retournés. Les chapiteaux des colonnes des piédroits sont ornés, pour trois d'entre eux, d'un décor animalier et, pour le quatrième, d'une scène historiée.

Au nord, la corbeille de la colonne externe est mutilée ; on devine toutefois la présence de deux animaux affrontés. Le chapiteau de la colonne interne est presque intact. Sur les deux faces, un lion (?) à tête retournée porte sur son dos un oiseau dont une patte appuie sur la gueule de l'animal. L'extrémité de la queue du lion est divisée en deux, une partie du panache s'entremêlant avec les ailes de l'oiseau, la seconde se terminant en palmette. Au sud, le chapiteau interne présente deux registres superposés de griffons à l'intérieur de rinceaux.

Le chapiteau externe du piédroit sud présente une scène historiée qui illustre un épisode de la Bible, extrait du Livre de Daniel. Intitulée Daniel dans la fosse aux lions, elle est couramment représenté dans l'art roman ; Daniel est fréquemment figuré debout entre deux ou plusieurs lions. À Mons, Daniel est flanqué de deux lions mais, sur la face sud du chapiteau, d'autres personnages complètent la scène. Il s'agit du prophète Habacuc qui, porté miraculeusement par un ange, apporte un repas à Daniel emprisonné depuis six jours dans la fosse avec les lions. La représentation aussi développée de cet épisode biblique est plus rare et fait tout l'intérêt du chapiteau de Mons.

Dans la nef, les chapiteaux des deux colonnes qui séparent les deux premières travées de la nef portent un décor roman. Au nord, est représenté le Pèsement des âmes. L'archange Michel tient la balance dans sa main gauche et, dans sa main droite, un homme nu qui représente l'âme du mort ; un second ange, au centre de la face sud de la corbeille, écarte un diable aux pieds griffus. Un monstre ailé, à tête humaine difforme, est représenté sur la face est de la corbeille.

En face, le chapiteau est orné d'un riche décor animalier. La partie sud-est de la corbeille est occupée par deux lions à tête retournée séparés par un oiseau ; sur leur croupe se dresse un oiseau alors qu'un dragon se glisse entre les pattes des deux quadrupèdes. La partie sud-ouest présente une combinaison différente, avec deux lions affrontés à demi-dressés dont les corps sont enlacés par la queue de deux dragons. Ces motifs rappellent le décor de certains chapiteaux du chœur de l'église du prieuré Notre-Dame de Lanville, dont la sculpture s'inscrit dans le courant artistique issu du chantier de la cathédrale Saint-Pierre d'Angoulême.

Murscalcaire pierre de taille
Toittuile
Plansplan allongé
Étages1 vaisseau
Couvrementscoupole en pendentifs
voûte d'ogives
charpente en bois apparente
Couverturestoit à deux pans
flèche polygonale
Techniquessculpture
Représentationssujet chrétien, personnage biblique, Pèsement des âmes, ange ornement animal, lion, oiseau, animal fantastique, dragon, griffon
Précision représentations

Sur le chapiteau de la colonne externe droite du portail, est représenté Daniel dans la fosse aux lions, accompagné d'Habacuc et d'un ange. Le Pèsement des âmes est sculpté sur le chapiteau de la colonne occidentale nord-ouest de la nef.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsinscrit MH, 1941/11/18
Précisions sur la protection

Eglise : inscription par arrêté du 18 novembre 1941.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales : F 19 4805, 5168.

    Archives nationales, Paris : F 19 4805, 5168
  • Casier archéologique [documents établis par le service des Monuments historiques au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur des édifices protégés ou destinés à l'être].

    2 p. : 6 fig Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes (Conservation régionale des Monuments historiques). Église Notre-Dame. Mons. Charente : dossier documentaire de protection.

    Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes, Conservation régionale des monuments historiques, Poitiers
Documents figurés
  • " Mons " [Elévation de la façade]. Sans date. 287 x 210 mm. Mine de plomb. [Société archéologique et historique de la Charente, Angoulême].

    Société archéologique et historique de la Charente, Angoulême
Bibliographie
  • Cadet, Alberte. Les saints patrons des églises romanes de Charente. Bulletin de la société d'études folkloriques du Centre-Ouest, t. 12, 1978.

    p. 291
  • Daras, Charles. Les lions dans la symbolique romane en Angoumois. Bulletin monumental, t. 123, 1965.

    p. 122
  • Daras, Charles. Dictionnaire des églises de France, tome IIIc. Paris : Laffont, 1967.

    p. 105
  • Eygun, François. Art des pays d'Ouest. Paris : Arthaud, 1965.

    p. 117
  • George, Jean. Les églises de France : Charente. Paris : Letouzé et Ané, 1933.

    p. 163 : 1 plan
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême, Angoulême, tome I, 1894-1903.

    p. 626-627
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême. - Imprimerie G. Chasseignac (26, rempart Desaix) ; Angoulême, 1894-1903. - 4 vol. (683 p., 588 p., 582 p., 684 p.) ; 24 cm. - Extr. de : "Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente". - Les 3 premiers tomes concernent l'ancien diocèse d'Angoulême et le 4e le diocèse actuel depuis la fin du XVIIIe siècle. Une table des paroisses dactylographiée de 17 p., faite en 1953, complète ces 4 tomes. Tome 2, 1892.

    p. 97-98
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême. - Imprimerie G. Chasseignac (26, rempart Desaix) ; Angoulême, 1894-1903. - 4 vol. (683 p., 588 p., 582 p., 684 p.) ; 24 cm. - Extr. de : "Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente". - Les 3 premiers tomes concernent l'ancien diocèse d'Angoulême et le 4e le diocèse actuel depuis la fin du XVIIIe siècle. Une table des paroisses dactylographiée de 17 p., faite en 1953, complète ces 4 tomes. Tome 3.

    p. 313-314
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême. - Imprimerie G. Chasseignac (26, rempart Desaix) ; Angoulême, 1894-1903. - 4 vol. (683 p., 588 p., 582 p., 684 p.) ; 24 cm. - Extr. de : "Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente". - Les 3 premiers tomes concernent l'ancien diocèse d'Angoulême et le 4e le diocèse actuel depuis la fin du XVIIIe siècle. Une table des paroisses dactylographiée de 17 p., faite en 1953, complète ces 4 tomes. Tome 4.

    p. 11, 18-19
  • Nanglard, abbé J. dir. Livre des fiefs de Guillaume de Blaye. Bulletins et mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 7e série, tome 5, 1904-1905.

    p. 284
  • Nanglard, abbé J. Ed. Cartulaire de l'église d'Angoulême. Bulletins et mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 6e série, tome 9, 1899.

    p. 149
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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- Sarrazin Christine