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Prieuré, aujourd'hui église Notre-Dame

Dossier IA00045061 inclus dans Ancien cimetière, aujourd'hui place réalisé en 1976

Fiche

VocablesNotre-Dame
Parties constituantes non étudiéeséglise
Dénominationsprieuré
Aire d'étude et cantonArrondissement de Montmorillon - Montmorillon
AdresseCommune : Jouhet
Lieu-dit : le Bourg
Cadastre : 1943 H3 455 [Idem en 2016] ; 1840 H3 767

L'église est citée en 1093 parmi les biens de l'abbaye de Saint-Savin sous le vocable ecclesia sanctae Mariae de Johec.

La construction s'échelonne principalement de la fin du 11e siècle au 14e siècle.

De la première construction, il ne reste probablement que peu d'éléments, essentiellement les murs des deux travées de la nef et leur voûte, ainsi que l'escalier qui desservait en façade un clocher mur aujourd'hui disparu.

Le chœur est voûté d'une croisée d'ogives de style angevin. La construction de cette voûte a entraîné la reprise des contreforts à la jonction de la nef et du chœur et des contreforts du chevet. Leur profil était similaire sur les photographies anciennes, celui placé au sud a été repris après les photographies de Salvini (dans les années 1930 ?). Le départ d'une nervure vers la nef sur les chapiteaux séparant la nef du chœur suggèrent que la nef aurait dû être couverte d'ogives et que le projet n'a pas été réalisé. Ce point devrait être vérifié en cas de pause d'échafaudage dans l'édifice.

La nef semble avoir été surélevée après la guerre de Cent Ans, avec une reprise partielle des contreforts nord et sud entre la première et la deuxième travée. La partie en pierre de taille qui correspond à l'accès à l'accès à un probable clocher-mur sur la première travée de la nef est difficile à dater ; il est peu probable qu'elle soit romane et pourrait dater d'une reprise de l'église pour sa fortification / aménagement en refuge pour les paroissiens.

Le 10 juillet 1476 par Pierre du Boschage, curé de la paroisse de Jouhet, fonde dans le cimetière voisin de l'église, la chapelle funéraire Sainte-Catherine destinée à Jean de Moussy, propriétaire du château de La Contour et du château de Boismorand. En 1510, son fils Pierre de Moussy aurait été enterré dans l'église de Jouhet.

Le clocher pourrait dater du 17e siècle.

En 1843, un tapis d'autel et des corporaux sont commandés par la fabrique.

En 1844, des pierres sont vendues pour financer les travaux de restauration prévus en 1843 : toiture et crépi de l'église, fenêtre du presbytère, porte intérieure.

En 1852, un budget de 608 francs est voté pour faire des réparations à la couverture de l'église l'année suivante.

Des travaux sont cités dans les archives en 1872/1873, notamment la réparation des couvertures en ardoises et tuiles plates.

La sacristie est reconstruite en 1885/1886 selon les plans de Alexandre Jouillat, entrepreneur : les plans, projets et devis sont approuvés par délibération municipale le 22 juin 1885 pour une somme totale de 1130,93 francs. Un secours de 400 francs est accordé par la commune au conseil de fabrique pour financer ces travaux.

Période(s)Principale : 4e quart 11e siècle
Principale : 13e siècle, 14e siècle , (?)
Principale : 17e siècle
Secondaire : 19e siècle
Auteur(s)Auteur : Jouillat Alexandre
Jouillat Alexandre

Entrepreneur de travaux publics puis architecte-entrepreneur à Montmorillon.


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entrepreneur attribution par source

L'église de Jouhet est construite sur la rive droite de la Gartempe, à proximité de l'ancien gué (approximativement à l'emplacement du pont actuel). Elle n'est pas strictement orientée : son chevet décalé vers le nord-est.

L'église se compose d'une nef unique, de deux travées, et d'un chœur d'une travée. Elle est couverte d'un toit à longs pans en tuile plate. Les pignons sont découverts avec une croix en pierre au chevet. Elle est construite en moellons enduits avec des chaînages d'angle et des contreforts en pierre de taille.

Le portail principal se trouve sur le mur occidental. Il est couvert d'un arc brisé à ressauts composé de trois rouleaux. Il est surmonté d'une baie en plein cintre ; un jour en plein cintre est percé dans le haut du pignon et éclaire le comble. Les reprises visibles dans la partie nord de la façade (à gauche du portail) ne peuvent être comprises sans une étude de bâti plus approfondie. Elles ont été curieusement traitées lors d'une restauration (à comparer avec le cliché ancien de Joseph Salvini). Sous les fragments de corniche en quart de rond, décalées les unes par rapport aux autres, le mur est maçonné en petit moellons plutôt plats et très irréguliers, alors que la partie supérieure en pierre de taille correspond au sommet du contrefort d'angle dont le talutage est nettement visible. Il est probable que ces anomalies soient à mettre en relation avec l'existence d'un clocher-mur disparu.

Le mur gouttereau nord est aujourd'hui aveugle. La première travée est épaissie sur sa moitié occidentale. Cet épaississement englobe le contrefort d'angle contre lequel s'appuie une fenêtre murée. Sur les photographies anciennes (Joseph Salvini et pré-inventaire de 1976) se distinguent des traces d'arrachement d'un bâtiment adossé en partie basse, bâtiment qui ne figure pas sur le plan cadastral de 1840 ni sur les plans du bac établis entre 1853 et 1895 (la maison du fermier n'est pas accolée à l'église). Un escalier semble être aménagé dans ce massif maçonné.

Le contrefort qui sépare les première et deuxième travées a été surélevé pour contrebuter la surélévation de la nef, ce qui n'est pas le cas du contrefort entre la deuxième travée de la nef et la travée du chœur. Une porte murée se trouve contre ce contrefort, du côté de la travée du chœur.

Le clocher, adossé en saillie au nord de la troisième travée, est couvert d'un toit en ardoise à huit pans à égout retroussé. Il est construit en pierre de taille. Sur les photographies de Joseph Salvini, un petit bâtiment couvert en appentis est construit entre le mur ouest du clocher et le mur nord de l'église (travée du chœur). Ce bâtiment protégeait la porte d'accès au clocher qui donne désormais directement accès à l'extérieur. Un autre accès est aménagé par une porte située dans le chœur. Sur le mur ouest du clocher, une grande arcade a été murée anciennement. Un jour d'éclairage de la cage d'accès au clocher, très étroit, est percé dans cette reprise du mur et éclaire le deuxième niveau du clocher. La fonction de cette arcade est difficile à expliquer sans une étude approfondie, la question reste également posée après examen rapide du côté intérieur. Une baie très étroite, couverte en plein cintre, éclaire le rez-de-chaussée du clocher du côté oriental. L'accès au clocher se fait par une série d'échelles. La chambre des cloches est percée d'une baie en plein cintre sur chaque face du clocher. Elle renferme trois cloches (un petit tocsin et deux cloches fondues en 1948 en remplacement de l'ancienne cloche fêlée, Henriette Noémie et Marie-Paulette, dédiée aux morts pour la France).

Le chevet est plat. Il est contrebuté par deux puissants contreforts d'angles à ressauts, qui s'appuient à mi hauteur du mur. Le contrefort nord a été repris pour permettre la construction du clocher. Le chevet est éclairé un par triplet, dont les ouvertures vers l'extérieur sont très étroites. Un jour à encadrement chanfreiné éclaire le comble.

Le mur sud est éclairé par deux baies étroites couvertes en plein cintre. La baie du chœur est nettement plus grande que la baie de la deuxième travée. Une porte, couverte en plein cintre, permet l'entrée secondaire dans l'église par la première travée de la nef. Cette porte débouchait directement sur l'ancien cimetière. Le contrefort qui sépare la deuxième travée de la nef et de la travée du chœur a été repris après les photographies de Salvini (années 1930 ?), notamment son sommet qui était alors taluté comme le contrefort nord.

La sacristie a été adossée à la travée du chœur du côté nord. Elle est éclairée par deux paires de baies jumelles. Elle n'a pas d'accès direct sur l'extérieur.

Une cage d'escalier, en légère saillie sur le mur sud de l'église et menant au comble de l'église, a été construite en pierre de taille dans l'angle sud-ouest de l'église, dont elle assure également le contre-buttement. Elle est éclairée par un jour étroit dans sa partie supérieure, sur le mur sud. Cette ancienne cage d'escalier, dont il reste quelques vestiges de l'escalier tournant en maçonnerie, donnait accès à un probable clocher-mur aujourd'hui disparu.

À l'intérieur de l'église, les deux travées de la nef ne se distinguent pas ; elles sont couvertes d'une voûte légèrement brisée reposant sur un petit cordon. Les murs sont couverts d'un enduit et présentent plusieurs fissures, la principale se trouvant sur le mur nord, dans la première travée. De nombreuses traces d'infiltrations d'eau sont également visibles dans l'enduit. Le sol est dallé. Une pierre de seuil semble avoir été posée dans un deuxième temps en travers du portail occidental.

Une niche rectangulaire est aménagée dans le mur nord, dans la première travée. Une autre petite niche, couverte en plein cintre, lui fait face sur le mur sud ; elle surmonte un bénitier oblongue.

Le chœur a été reconstruit probablement au 14e siècle. Il est couvert d'une croisée d'ogives à huit nervures qui retombent dans les angles de la travée sur des chapiteaux à décor végétal. La clef n'est par ornée. Il convient de noter le départ d'une nervure en appui sur ces chapiteaux vers la nef, au nord comme au sud, ce qui suggère un projet inachevé de voûter l'ensemble de l'église de croisées d'ogives. Du côté oriental, les chapiteaux reposent sur des colonnettes en appui sur des culots. Le culot nord est sculpté d'une tête humaine représentée bouche ouverte, montrant les dents. Du côté ouest, vers la nef, au nord, le chapiteau repose sur une colonne alors que du côté sud, il repose sur une colonne en appui sur un culot sculpté d'une tête humaine qui tire la langue.

Des portes sont percées dans les murs gouttereaux du chœur : la porte nord donne accès au clocher, la porte sud, à la sacristie.

La charpente repose sur huit fermes dont certaines sont endommagées et font l'objet d'un projet de restauration en 2018.

Le mobilier de l'église est étudié par ailleurs.

Des pierres tombales provenant de l'ancien cimetière (aujourd'hui place publique) sont disposées devant l'église, du côté sud.

Murscalcaire moellon enduit
calcaire pierre de taille
Toittuile plate, ardoise
Plansplan allongé
Étages1 vaisseau
Couvrementsvoûte d'ogives
voûte en berceau brisé
Couverturestoit à longs pans pignon découvert
flèche polygonale
appentis
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier en vis avec jour en maçonnerie
Statut de la propriétépropriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1750-1770. Titres de l'abbaye de Saint-Savin.

    1753-1756. Pièces concernant la pension due par les religieux à M. Dasché, abbé commendataire, interné par ordre du roi au séminaire de Bourg-Achard, en Normandie et libéré en 1756.

    1755. État des dettes de l'abbaye.

    1762. Procès-verbal de visite et estimation des ornements, livres, linges et vases sacrés à fournir aux églises dépendant de la mense abbatiale (Moulismes, Jouhet, Notre-Dame de Saint-Savin, Saint-Germain, Paizay, Mont-Saint-Savin, Nalliers, Antigny, La Bussière, Saulgé, Saint-Martial-de-Montmorillon).

    1763. Notification aux moines d'un indult permettant à M. l'abbé Dasché de conférer en commande pendant dix ans tous les bénéfices dépendant de l'abbaye.

    1764. Bail à ferme de la mense abbatiale pour 5 800 livres par an.

    1768. Relevé des actes de vente passés dans la mouvance de l'abbaye.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 H 7/7
  • Domaines et droits de l'abbaye de Saint-Savin en la paroisse d'Antigny

    1660. Vérifications des bornes qui séparent les terres des paroisses d'Haims, Jouhet et Antigny.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 H 7/16
  • Prieuré de Jouhet, titres 1476-1757.

    1476. Fondation d'une chapelle (= chapelle Sainte-Catherine) au cimetière de Jouhé [sic] par Pierre Duboschage, curé de Jouhé.

    1686. Conciliation avec le sieur de Thonac.

    1757. Procès-verbal des réparations à faire à l'église de Jouhet.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 H 7/32.
  • 1843, 12 février : approbation d'un devis de travaux complémentaires de réparations et achat de mobilier (crépi et réparation de la toiture de l'église, fenêtre à ouvrir au presbytère, porte intérieure, tapis d'autel, corporaux).

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 O 144 / 4
  • 1852-1853. Travaux de réparation à l'église (couverture) pour 608 francs, à la croix du cimetière pour 5 francs et aux barrières du cimetière pour 58 francs. Le budget est assuré par un impôt exceptionnel sur les plus imposés, qui servira également à l'achat d'un bateau.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 O 144/3
  • 1885-1886. Reconstruction d’une sacristie. Alexandre Jouillat, entrepreneur.

    1885, 22 juin : délibération municipale approuvant les plans, projets et devis présentés le 22 mai par A. Jouillat pour 1130,93 francs.

    1885, 22 juin : approbation pour un secours de 400 francs de la commune au conseil de fabrique pour la construction de la sacristie suivant les plans et devis de 1130,93 francs dressés le 22 mai 1885 par M. Jouillat entrepreneur.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 O 144 / 4
  • Restitutions aux familles des biens des prêtres déportés ou reclus [loi du 22 fructidor an III]

    An VI-an X. Restitution des biens de Huguet de la Perotière, curé de Jouhet.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 Q 180
  • 1906-1912. Biens de toute nature des établissements publics du culte catholique dépendant des paroisses : inventaire, prise de possession, gestion.

    Paroisses de Montmorillon, Bourg-Archambault, Jouhet, Lathus, Moulismes, Plaisance, Pindray, Saint-Remy-en-Montmorillon, Saulgé, Chauvigny, La Chapelle-Viviers, Fleix, Lauthiers, Leignes-sur-Fontaine, Saint-Martin-la-Rivière, Paizay-le-Sec, Saint-Pierre-les-Eglises, Pouzioux, Sainte-Radegonde, L’Isle-Jourdain, Adriers, Asnières-sur-Blour, Luchapt, Millac, Saint-Paixent, Moussac, Mouterre-sur-Blourde, Nérignac, Queaux, Le Vigeant, Lussac-les-Châteaux, Bouresse, La Chapelle-Morthemer, Civaux, Gouex, Saint-Laurent-de-Jourdes, Lhommaizé, Mazerolles, Morthemer, Persac, Salles-en-Toulon, Sillars, Verrières.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 Q 129
  • 1833, 1835 : budget de la fabrique de la succursale de Jouhet.

    1881-1909 : comptes et budgets de la fabrique.

    1909, 20 février : attribution à la commune des biens de l'ancienne fabrique de l'église.

    Archives municipales, Jouhet
  • 1885, 22 mai. Approbation du devis de 1130,93 francs. Souilloux (Pouilloux?) entrepreneur.

    Archives municipales, Jouhet
  • Travaux dans l'église.

    1844. Vente de pierres pour financer les travaux de réparation.

    1872. Réparation des couvertures en ardoises et tuiles plates.

    1873. Travaux à l'église.

    190? (année non complétée sur le formulaire). Réfection de la couverture du clocher, notamment le tour en zinc, Hilaire Auprêtre.

    Archives municipales, Jouhet
Documents figurés
  • Commune de Jouhet. Plan d'une sacristie. Plan, coupes sur papier millimétré. 22 mai 1885. Signé A. Jouillat, entrepreneur.

    Archives municipales, Jouhet
Bibliographie
  • Crozet, René. Dictionnaire des églises de France. Paris : Robert Laffont, 1967, tome IIIc, Poitou-Saintonge-Angoumois.

    p. 79
  • Crozet, René. L´art roman en Poitou. Paris : Laurens, 1948.

    p. 115, 142, 158 Médiathèque, Thouars : 944.6
  • Eygun, François. Art des pays d'Ouest. Paris : Arthaud, 1965.

    p. 149, 172, 184, 185
  • PAIN, Armelle et FORESTIER, Carine (coord.). Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic, 2002.

    tome 2, p. 638 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 709.446 3 PAT POI
  • Mussat, André. Le style gothique dans l'Ouest de la France. Paris : Picard, 1963.

    p. 328
  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    p. 219 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
  • Service régional de l'inventaire. Madones du Montmorillonais. Catalogue de l'exposition à Montmorillon et Poitiers, 1979. LXXXVIIIe catalogue d'exposition de l'inventaire général, Poitiers, 1979.

    n° 20
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Reix [Jean Baptiste] Florentin
Reix [Jean Baptiste] Florentin ( - 11/08/1983)
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- Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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