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Prieuré, aujourd'hui église Notre-Dame

Dossier IA86007740 réalisé en 2010

Fiche

VocablesNotre-Dame
Destinationséglise
Dénominationsprieuré
Aire d'étude et cantonPays Civraisien - Charroux
AdresseCommune : Payroux
Cadastre : 1834 G1 43 ; 2010 G 80

L´église Notre-Dame de Payroux aurait été construite au 12e siècle. Elle est citée en 1218 sous le nom de Sainte-Marie de Péro.

L'église de Payroux conserve très peu d'éléments romans : le portail occidental et les deux arcatures aveugles qui l´encadrent, la corniche de la façade, les modillons sur les murs nord et sud de la nef, probablement une partie des élévations (parties en pierre de taille sur la façade et sur les murs gouttereaux). Les chapiteaux de la nef sont postérieurs à l´époque romane, probablement de la fin de l´époque gothique. Il n´a pas été possible de préciser, en l´état de la documentation, la date de la construction des contreforts de la façade ni de la destruction du transept, s´il a bien existé.

Une chapelle seigneuriale a été adossée au sud au 15e siècle.

Une série de travaux est réalisée dans les années 1856-1859 : réfection des sols, des murs, de la porte de l'église, commande d'une nouvelle grille de communion, construction de la tribune, nouveau chemin de croix.

Les verrières du chevet, représentant des scènes de la vie de la Vierge et du Christ, ont été réalisées également en 1859 par l´atelier Lobin de Tours.

Une niche a été aménagée au sommet du pignon de la façade après 1865, puisqu'elle n´apparaît pas sur la gravure de Brouillet.

Une campagne de travaux de restauration a été menée en 1952-1953.

Période(s)Principale : 12e siècle
Principale : 15e siècle
Secondaire : 3e quart 19e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Avant 1790, la paroisse dépendait de l´archiprêtré de Gençay et le prieuré-cure dépendait de l´abbaye de La Réau à Saint-Martin-l´Ars.

D'après Brouillet (1865), elle mesure 30 mètres de long sur 6,75 de large. Les voûtes sont en pierre. Les restes d'une litre seigneuriale étaient alors visibles à l'extérieur ; au nord-est, extérieurement, se voyaient les traces du transept gauche de cette église qui, pour Brouillet, devait avoir autrefois la forme d'une croix latine au centre de laquelle s'élevait le clocher. Le toit était alors « aigu et couvert de tuile », aujourd'hui, la nef a un toit en ardoise à faible pente.

La façade occidentale est divisée en trois parties, avec un portail central encadré d´une arcature aveugle de chaque côté. Le portail, les arcatures et la corniche sont romans. Le portail se compose de trois rouleaux en plein cintre retombant, à l´extérieur et au centre, sur des colonnettes monolithes. Les chapiteaux sont très érodés. Seul le chapiteau central du piédroit gauche reste lisible. Il porte quatre animaux aux longs cous entrelacés. Les deux animaux situés le plus à l´extérieur ont la tête qui se rejoint pour en former une seule sur l´arrête de la corbeille. Les tailloirs des chapiteaux ne portent pas de décor. Les bases des colonnes sont moulurées et toutes différentes.

Plus basses que le portail, deux arcatures aveugles encadrent le portail. Elles étaient flanquées de colonnettes dont une seule subsiste, sur le piédroit droit de l´arcature nord (à gauche).

Les rouleaux et l´archivolte du portail ainsi que celles des arcatures ne portent pas de décor.

La façade est partagée en deux niveaux séparés par une large corniche surmontée d´un glacis et supportée par des modillons sculptés de têtes humaines et animales, décrits plus en détails dans l´annexe 1. Le premier niveau est construit en pierre de taille alors que la partie située au-dessus de la corniche est en moellons. L´étroite fenêtre en plein cintre qui surmonte le portail a entaillé la corniche. Son archivolte est ornée de pointes de diamant. Une niche aménagée au sommet pignon accueille une statue de la Vierge de la fin du 19e ou du début du 20e siècle.

Un petit jour se situe sur la droite du pignon. Il est surmonté de deux modillons en remploi représentant une tête humaine et une tête d´animal.

Deux puissants contreforts d´angle sont venus épauler la façade, probablement vers le 15e siècle. Ils masquent partiellement les arcatures aveugles.

Le mur nord de la nef est contrebuté par deux contreforts venant s´appuyer à environ les deux tiers de la hauteur du mur. Jusqu'à cette hauteur, le mur est construit en petit/moyen appareil, au-dessus, en moellons enduits. Une surélévation de ce mur à une époque indéterminée est probable. La première travée est éclairée par une fenêtre en plein cintre. Une porte couverte en arc segmentaire est percée dans la seconde travée, contre le contrefort gauche. Le seuil de cette porte se situe plus bas que le niveau actuel de la place et le battant de la porte se trouve en retrait vers l´intérieur de l´édifice. La troisième travée est aveugle.

Les vestiges d´une corniche à modillons, dont il ne reste que quelques exemplaires, surmontent les deuxième et troisième travées. Si la plupart sont modernes, deux pourraient être plus anciens, représentant une tête animale et un motif géométrique (cercles concentriques). La nef est couverte en tuile plate.

Le large clocher est contrebuté aux angles par d´étroits contreforts plats. Une grande ouverture en arc légèrement brisé a été murée : elle pourrait correspondre au seul vestige visible d´un ancien transept nord. Une porte s´ouvre sur la partie la plus à l´est. Au sommet de l´élévation, au centre, s´ouvre une baie couverte d´un plein cintre en brique sans abat-son. Un modillon (visage humain) a été inséré en remploi dans la maçonnerie à droite de son piédroit droit. Le toit du clocher, à quatre pans à égout retroussé, est couvert d´ardoise.

La travée droite du chœur a été construite après le clocher. Son contrefort vient s´appuyer à côté du contrefort est du clocher. Il est surmonté d´une ouverture permettant l´accès au comble. Le mur est construit en moyen appareil jusqu'au niveau du sommet du contrefort, puis au-dessus, en moellon enduit. Son toit, à longs pans à faible pente, est couvert de tuile creuse.

Sur ce côté nord, une sacristie, couverte en appentis, a été adossée à la travée droite du chœur. Les deux fenêtres du côté sud ont été murées, mais pas celles situées sur les côtés ouest et est. L´entrée se trouve du côté est ; la porte est surmontée d´une petite niche.

Le chevet plat est éclairé par trois fenêtres en plein cintre partiellement murées dans leur partie basse. Le couvrement de la baie centrale est constitué de claveaux alors que les deux baies latérales sont couvertes d´un bloc monolithe ; à droite, la forme de claveaux est tracée par une gravure profonde. Les deux contreforts d´angle, plus bas au nord qu´au sud, semblent postérieurs à la construction du chevet. La partie haute du mur a été reprise.

Le mur sud de la travée droite du chœur est peu visible du fait de la présence d´une propriété privée. Ce mur est percé d´une fenêtre couverte d´un arc monolithe en plein cintre.

Contrairement au côté nord, il n´y a pas de trace visible d´un ancien transept sur le mur sud du clocher. Celui-ci est construit en moyen appareil jusqu'à la deuxième assise de la fenêtre, en moellon au-dessus. Au rez-de-chaussée s´ouvre une étroite et haute fenêtre en plein cintre. Comme du côté nord, une baie couverte d´un plein cintre en brique sans abat-son s´ouvre au centre, sous la toiture du clocher. Le mur sud du clocher est, comme le mur nord, contrebuté aux angles par d´étroits contreforts plats. Celui de gauche a été en partie repris et déborde légèrement sur la troisième travée de la nef.

Celle-ci est percée d´une fenêtre en plein cintre partiellement murée en partie basse. L´appareil du mur est irrégulier. Cinq modillons, qui devaient supporter une corniche, subsistent au-dessus de la fenêtre et du contrefort séparant la deuxième et la troisième travées. Le premier et le second modillons (en partant de la gauche) semblent avoir porté un décor aujourd'hui illisible.

La partie conservée de la deuxième travée est construite en moyen appareil jusqu'au niveau du sommet du contrefort plat séparant les deuxième et troisième travées, en moellon au-dessus. Elle est percée d´une fenêtre en plein cintre.

Une chapelle, construite en moellon et couverte d´un toit en appentis en ardoise, a été adossée au sud de la nef au niveau de la première et d´une partie de la deuxième travée. Elle est éclairée par une baie en plein cintre située au milieu du mur sud.

À l´intérieur, la nef a un seul vaisseau, le chœur est plus étroit que la nef. Un cordon en quart-de-rond souligne la voûte de la nef, en berceau très légèrement brisé. La chapelle sud est voûtée d´ogives.

Du côté sud, suite à l´aménagement de la chapelle, la première colonne a été remplacée par un cul-de-lampe.

Les chapiteaux de la nef sont postérieurs à l´époque romane, probablement de la fin de l´époque gothique, peut-être contemporains de la construction de la chapelle seigneuriale. Ils sont pour la plupart ornés de feuillages, de têtes humaines stylisées et de serpents. Les chapiteaux à la jonction de la nef et du clocher portent des décors plus complexes. Au sud, sur la corbeille du chapiteau de la colonne, est représentée une scène d´accouplement en lien avec le thème de la luxure, encadrée sur le pilier vers l´ouest de feuilles et de visages sur les angles, et vers l´est d´un masque d´où sortent des rinceaux et des serpents sur le support oriental. Les tailloirs sont ornés d´un décor de vaguelettes et de palmettes stylisées. La corbeille du chapiteau de la colonne qui lui fait face au nord présente des serpents dans un décor de tiges et feuillages. Les chapiteaux des piliers sont ornés de feuilles, d´un personnage debout et de visages du côté ouest, de feuilles du côté est.

Les bases des colonnes sont moulurées. Dans la travée sous clocher, les deux bases à l´ouest sont visibles mais celles à l´est sont sous le dallage.

Le sol est couvert de dalles calcaires.

Murscalcaire
moellon
pierre de taille
Toitardoise, tuile creuse
Plansplan allongé
Couvrementsvoûte d'arêtes
voûte en berceau brisé
Couverturestoit à longs pans
toit à un pan
toit en pavillon
Techniquessculpture
Représentationsornement figuré, tête humaine, homme, femme ornement animal, lion, serpent ornement végétal, feuille, rameau
Précision représentations

Décor roman : voir annexe 1 ; décor gothique : chapiteaux de la nef (luxure figurée par une scène d'accouplement, serpents, feuillages, visages humains).

Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsinscrit MH, 1950/12/08
Précisions sur la protection

Eglise : inscription par arrêté du 8 décembre 1950.

Annexes

  • Le décor roman de l´église Notre-Dame de Payroux

    Le décor roman se situe sur la façade (un chapiteau, modillons de la corniche, modillons en remploi dans le mur) et sur les élévations nord et sud (corniches et remplois).

    Les chapiteaux du portail sont très érodés. Seul le chapiteau central du piédroit gauche reste lisible. Il porte quatre animaux aux longs cous entrelacés. Les deux animaux situés le plus à l´extérieur ont la tête qui se rejoint pour en former une seule sur l´arrête de la corbeille. Les deux autres ont la tête tournée vers l´extérieur. Celle qui se trouve vers l´intérieur du portail a un élément cylindrique qui lui sort verticalement de la bouche (langue, bâton ?). Les pattes sont très stylisées, les sabots partagés en sorte de « doigts » par des traits gravés.

    Les tailloirs des chapiteaux ne portent pas de décor.

    Les bases des colonnes sont moulurées et toutes différentes.

    Les rouleaux et les archivoltes du portail et des arcatures ne portent pas de décor.

    La façade est partagée en deux niveaux séparés par une large corniche surmontée d´un glacis et supportée par des modillons sculptés de têtes humaines et animales.

    Les deux têtes humaines barbues situées sur la gauche (premier et troisième modillons en partant de la gauche) présentent de grands yeux globuleux surmontés d´épais sourcils, avec un visage très allongé. Le style de ces visages ne se retrouve pas dans les autres églises du civraisien, sauf peut-être la forme des yeux (à Champagné-Saint-Hilaire par exemple). Les autres modillons de la corniche, recouverts de lichens et érodés, sont peu lisibles. Les deux modillons en remploi plus haut dans le mur représentent l´un un visage humain très rond, également avec des yeux globuleux et d´épais sourcils, l´autre, une tête animale.

    D´autres modillons sont présents sur des fragments de corniche dans les murs nord et sud et en remploi sur le mur nord du clocher.

    Sur la corniche nord, seuls deux modillons sont lisibles. L´un porte une tête d´animal montrant ses dents (lion ?), l´autre un motif géométrique (trois disques concentriques).

    Le modillon en remploi sur le mur nord du clocher représente un visage humain.

    Les cinq modillons des deuxième et troisième travées au sud ne portent plus de décor lisible ; seuls les premier et deuxième modillons (à gauche) devaient porter un motif figuratif.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne. Microfilms (archives privées Beauchet-Filleau). [1634, 4 décembre : visite pastorale de messires Jean Filleau et Denys Guilloteau, commissaires députés par arrest des Grands Jours de Poitiers, p. 161-163].

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers
  • Casier archéologique [documents établis par le service des Monuments historiques au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur des édifices protégés ou destinés à l'être].

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont. [0081/086/0024, document 0203]. 1952-1953 : correspondance : demande de travaux.

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • Archives diocésaines de l'évêché de Poitiers. Dossier de la paroisse de Payroux. 1856, 1er octobre : devis de réparations pour 1261,70 francs : réfection du sol (reprise du pavé ancien et pavé neuf), grille de communion, porte de l'église. 1858 : devis de 775,40 francs pour des travaux sur les murs latéraux, la voûte, le mur de façade et le pignon. 1859, 14 août : érection d'un nouveau chemin de croix, car quatre stations de l'ancien chemin de croix ont été cachés par la construction de la nouvelle tribune. 1924, avril : inventaire du mobilier de l'église.

    Archives diocésaines de la Vienne, Poitiers
Documents figurés
  • " [Ensemble de gravures sur l'église de Payroux] ". 1865. Brouillet. [Brouillet, Pierre Amédée. Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civray, 1865]. Canton de Charroux : " Façade et chevet de l'église " : planche 18 fig. 1 et 2. " Chapiteau représentant la luxure " : planche 20 n° 1.

Bibliographie
  • Anonyme. La Semaine religieuse du diocèse de Poitiers, 1898. 1898, 14 avril. Baptême des trois cloches sorties des ateliers de M. Bollée d'Orléans ; noms des parrains et marraines ; inscription de la cloche de 1848 refondue.

    p. 281
  • Beauchet-Filleau, Henri. Pouillé du diocèse de Poitiers. Niort (22, rue des Halles) : L. Clouzot ; Poitiers (4, rue de l'Éperon) : H. Oudin, 1868.

    p. 40, 114, 343-344 Bibliothèque nationale de France, Paris : 254 BEA
  • Brouillet, Pierre Amédée. Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civray. 1865.

    p. 70-71 et canton de Charroux, planche 18 n° 1 et 2, pl. 20 n° 1 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers
  • Crozet, René. Dictionnaire des églises de France. Paris : Robert Laffont, 1967, tome IIIc, Poitou-Saintonge-Angoumois.

    p. 125
  • Crozet, René. L´art roman en Poitou. Paris : Laurens, 1948.

    p. 115, 139, 142, 153, 173, 200, 277 Médiathèque, Thouars : 944.6
  • Crozet, René. Recherches sur les ponts du Moyen Âge en Haut-Poitou. Bulletins de la société des antiquaires de l'Ouest, 4e série, tome 10, 1969-1970.

    p. 515
  • Demézil, M. Origine probable des noms de lieux-dits habités en civraisien. Les Amis du Pays civraisien, juin 1991.

    p. 4
  • Eygun, François. L'abbaye Notre-Dame de la Réau, O. S. A. Étude historique et archéologique. Mémoires de la société des Antiquaires de l'Ouest, 3ème série, tome 15, 1938.

    p. 44, 272
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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