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Prieuré, aujourd'hui église Notre-Dame de Surgères

Dossier IA17037665 réalisé en 2014

Fiche

Fondée au 11e siècle, l'église Notre-Dame de Surgères, est célèbre pour sa très large façade richement sculptée et son clocher élancé. Implantée à proximité du château, elle est une des églises romanes les plus connues de l'Aunis.

C'est à Hugues et Pétronille Maingot, seigneurs de Surgères au nom du comte de Poitiers, que l'on attribue traditionnellement la fondation de l'église Notre-Dame dans le second quart du 11e siècle. L'église est donnée quelques années plus tard à l'abbaye de la Trinité de Vendôme. Elle doit sa réputation à son imposante façade du 12e siècle qui se développe sur 27 mètres de longueur. Le haut clocher octogonal, qui s'élève à la croisée du transept, est aussi un des éléments marquants de l'édifice. Constitué d'un seul niveau, il est orné de fines colonnes qui encadrent des baies particulièrement hautes et étroites.

L'église est composée d'une nef, d'un transept avec chapelles de plan carré et de l'abside. Les parties orientales ont conservé leur couvrement d'origine : voûte en cul-de-four pour l'abside et coupole pour la croisée du transept qui porte le clocher massif. La nef, à l'origine voûtée, est aujourd’hui couverte d'une charpente en bois. Comme de nombreuses églises de la région, la façade est confortée aux angles par des contreforts-colonnes et compte deux niveaux dominés par un simple pignon. Elle est puissamment structurée, horizontalement, par les deux corniches qui couronnent les deux niveaux et, verticalement, par les arcades - dont six arcades aveugles qui se développent de part et d'autre du portail - et les contreforts-colonnes.

La façade écran concentre un riche décor sculpté. Celui-ci se développe sur les rouleaux du portail et des arcades (motifs végétaux ou géométriques) et sur les chapiteaux des colonnes (où dominent les animaux). Les corniches et les modillons sont aussi richement ornés d'animaux, de musiciens, d'acrobates... qui présentent des similitudes stylistiques avec ceux de l'église d'Aulnay. À l'étage, sont figurés deux cavaliers à l'intérieur de petites arcades, autour de la baie centrale. Celui de droite, terrassant un personnage, représenterait l'empereur Constantin qui autorisa le culte chrétien dans l'empire romain au début du 4e siècle. À l'intérieur, seuls les

piliers de la croisée du transept présentent des sculptures romanes ; cette partie de l'église, vraisemblablement antérieure à la façade, est datée des environs de 1100.

L'édifice roman a subi, au fil du temps, des dégradations qui ont nécessité des réfections voire des reconstructions. Suite aux destructions de la guerre de Cent Ans, l'église est restaurée au 15e siècle. Les voûtes de la nef et leurs piliers sont refaits, ainsi que les bras du transept. Une crypte est aménagée au 16e siècle. En 1880, une importante campagne de travaux est menée par l'architecte Lisch qui fait déposer une partie des sculptures romanes de la façade et les remplace par de nouvelles œuvres. L'église Notre-Dame est classée au titre des monuments historiques en 1862.

Genrede bénédictins
VocablesNotre-Dame
Destinationséglise paroissiale
Dénominationsprieuré
Aire d'étude et cantonPays d'Aunis - Surgères
AdresseCommune : Surgères
Cadastre : 1823 D2 984 ; 2014 AC 16

L'église romane du 12e siècle comportait à l'origine une abside en hémicycle, un chœur, un transept et une nef couverte en berceau. Une crypte a été creusée sous le chœur. Durant la guerre de Cent ans, le clocher ainsi que la nef sont détruits. Les piles actuelles datent du 15e siècle. La nef est à nouveau saccagée vers 1472 et une nouvelle charpente est construite à la fin du 16e siècle. À la Révolution, saccage du caveau des seigneurs de Surgère qui se trouvait sous la crypte.

En 1880, l'architecte Lisch réalise la restauration de la façade, en respectant le monument d'origine.

En 1899 la foudre ébranle le clocher qui est reconstruit plus haut qu'à l'origine.

Période(s)Principale : 11e siècle
Principale : 12e siècle
Auteur(s)Auteur : Lisch Juste architecte

La large façade romane est composée de deux niveaux surmontés chacun d'une corniche sur modillons richement sculptés. Le premier niveau est composé de sept arcades, reposant sur des colonnes à chapiteaux. Le portail est constitué de trois rouleaux à décor géométrique reposant sur des colonnes à chapiteaux. Trois baies couvertes en plein cintre, disposées sans symétrie, sont percées au second niveau. La baie axiale est encadrée de deux niches abritant des statues. La façade est encadrée de larges faisceaux de colonnes. La nef, reconstruite au 15e siècle, n'est pas voûtée. Elle est éclairée par cinq baies, couvertes en plein cintre et encadrées de colonnes à chapiteaux, percées sur chaque mur gouttereau. Le vaisseau central est séparé des bas-côtés par des arcades reposant sur des piles. Chaque bras du transept se termine par un mur pignon relativement haut, percé d'une baie gothique et épaulé par de gros contreforts. Le clocher, au-dessus de la croisée du transept, présente une base de plan carré et un niveau supérieur octogonal, percé de 16 baies hautes et étroites. Une coupole sur trompes couvre la croisée du transept. Le chœur, sous lequel se trouve une crypte, est composé d'une travée droite et d'une abside. Le chevet semi-circulaire est couvert de lauzes, il présente une corniche sur modillons, des baies couvertes en plein cintre et des contreforts plats surmontés de contreforts-colonnes.

Précisions sur le décor

La façade présente un riche décor sculpté. Les arcades du premier niveau sont ornées de motifs géométriques. Les chapiteaux qui les portent présentent des sculptures variées, principalement des animaux, et notamment deux éléphants (comme à Aulnay). Les modillons et les métopes soulignant les corniches sont également très variés : sirène, têtes humaines, acrobates, musiciens, animaux fantastiques, personnages divers. Deux statues de cavaliers, dont l'un est peut-être l'empereur Constantin, sont situées dans les niches du second niveau.

Techniquessculpture
Représentationsornement figuré, musicien, personnages, humain fabuleux, sirène, tête humaine, tête de femme symbole du zodiaque, ornement animal, animal, éléphant, lion, cheval, animal fantastique, dragon, sirène, oiseau, ours, serpent ornement végétal, fleur, marguerite, feuille, feuillage ornement géométrique, damier, losange, entrelacs
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1862
Précisions sur la protection

Eglise Notre-Dame : classement par liste de 1862. Site classé.

Références documentaires

Bibliographie
  • Camus, Marie-Thérèse, Carpentier, Elizabeth, Amelot, Jean-François. Sculpture romane du Poitou. Le temps des chefs d'oeuvre. Paris : Éditions A. et J. Picard, 2009.

    p. 102 n. 69, 334, 339, 361 n. 36, 430
  • Prismyski, Laurent. Surgères (17), église Notre-Dame. In : Lacoste, Jacques dir. La sculpture romane en Saintonge : l'imaginaire et la foi. Sans lieu : Ch. Pirot, 1998.

    p. 330-333
  • Semur, F. Abbayes, prieurés et commanderies de l'ancienne France vers IVe siècle - vers XVIIIe siècle en Poitou-Charentes-Vendée. Baunalec, 1984.

    p. 225

Liens web

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