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Prieuré, aujourd'hui église Notre-Dame-de-l'Assomption de Geay (Charente-Maritime).

Dossier IA17037406 réalisé en 2015

Fiche

L'église Notre-Dame de l'Assomption présente un ample chevet au riche décor architecturé inspiré de l'église Saint-Eutrope de Saintes. Elle se démarque des autres églises romanes saintongeaises (Rioux, Rétaud, Talmont-sur-Gironde...) par la sobriété de son décor sculpté.

L'église Notre-Dame de l'Assomption, parfois dénommée par erreur Saint-Vivien, a été construite au 12e siècle. Comme le proche prieuré de Sainte-Gemme, elle est une ancienne dépendance de l'abbaye de La Chaise-Dieu, en Auvergne.

Elle est composée d'une nef unique, d'un transept saillant avec absidioles orientées et d'un profond chœur dont l'abside est semi circulaire à l'intérieur, à pans

coupés à l'extérieur. La présence d'un transept témoigne de l'importance de la fondation - les églises de Saintonge en sont souvent dépourvu. Le chœur allongé, au décor architecturé soigné, est fréquent en Saintonge. Il s'apparente à Saint-Eutrope de Saintes, le plus ancien, ou aux églises de Rioux, Rétaud, Talmont-sur-Gironde... L'ensemble est construit en pierre de taille.

Le chevet, très développé, est l'élément le plus remarquable de l'église. Il est rythmé verticalement par des contreforts-colonnes et divisé horizontalement en trois registres délimités chacun par une corniche et animés par des arcades. Le premier niveau est orné de hautes arcades aveugles en plein cintre. Au registre intermédiaire, chaque pan est ajouré d'une baie en plein cintre inscrite dans une arcade dont l'arc retombe sur des impostes. La partie haute des murs est rythmée par une arcature aveugle à chapiteaux bagués. Les arcs sont monolithes et gravés de faux joints. Les chapiteaux à bague permettent de dater la construction d'avant les années 1150 (les bagues disparaissent dans la seconde moitié du 12e siècle).

La sculpture est très sobrement distribuée autour des baies (décor géométrique) et sur les chapiteaux des contreforts-colonnes. La rareté du décor sculpté différencie l'église de Geay de celles de Rioux ou Rétaud, où la sculpture est abondante.

Le bras sud du transept présente au niveau de la corniche plusieurs modillons sculptés. Quant à l'absidiole sud, quatre "modillons" sont en fait des bases de colonne (3) et un chapiteau, utilisés en réemploi. Ils peuvent provenir d'une église antérieure.

La façade à pignon, très austère, est vraisemblablement la partie la plus ancienne de l'église. Elle est scandée par quatre contreforts plats ; dans l'axe ouvre un sobre portail que surmonte une petite baie en plein cintre. Une seconde porte a été percée dans l'élévation sud de la nef.

Intérieurement, le regard est attiré par les aménagements de la croisée du transept, où se rejoignent la nef, les bras du transept et le chœur. La nef est plus large que les autres parties de l'église. Afin de construire une coupole de plan carré sur la croisée du transept, deux piliers réunis par un arc-diaphragme ont été érigés pour réduire la largeur de la nef.

Les arcs-diaphragmes (arcs surmontés d'un mur transversal) portent la coupole octogonale sur trompes de la croisée. Ils ont été ornés, sous la coupole, d'une arcature aveugle.

Hormis cette arcature, l'ornementation intérieure de l'église se concentre sur les chapiteaux sculptés du chœur, où sont représentés des feuillages, des motifs de vannerie et quelques monstres, et sur plusieurs chapiteaux de la nef (feuillages stylisés et décor géométrique à peine esquissé).

VocablesNotre-Dame de l'Assomption
Destinationséglise
Dénominationsprieuré
Aire d'étude et cantonPays de Saintonge romane - Saint-Porchaire
AdresseCommune : Geay
Cadastre : ? A 67 ; 2014 AI 12

Le prieuré Notre-Dame (Saint-Vivien au 19e siècle) est connu en 1178 comme dépendant de l'abbaye de La Chaise-Dieu, en Auvergne ; 3 moines y vivent.

L'église du prieuré a vraisemblablement été construite quelques années auparavant. La profondeur du chevet et son décor d'arcades superposées, inspirés du chœur de l'église Saint-Eutrope à Saintes, daté à la fin du 11e siècle, les chapiteaux bagués des colonnes du troisième registre du chevet, qui disparaissent en Saintonge vers 1150, évoquent une construction de la première moitié du 12e siècle. La sculpture, portée essentiellement par des chapiteaux intérieurs de l'église, suggère le milieu du 12e siècle.

Au 13e siècle, le prieur est attesté comme seigneur justicier de Geay.

Le clocher octogonal est daté par René Crozet de l'époque gothique. Il s'élève sur une coupole qui porte la date de 1823, laquelle évoque sans doute l'année d'une restauration

L'église est classée au titre des monuments historiques en 1907.

Période(s)Principale : 12e siècle , (?)

L'église du prieuré-cure de Geay a été construite selon un plan en croix latine : nef unique, transept avec absidioles ouvrant à l'est, profond et étroit chœur à une travée droite et une abside pentagonale à l'extérieur, en hémicycle à l'intérieur. Un court clocher octogonal s'élève sur la croisée du transept.

L'extérieur de l'église

Une sobre façade

La façade occidentale, à pignon découvert, est très sobrement animée d'un portail et d'une baie, ouverts dans l'axe, et de quatre contreforts plats ; les deux contreforts internes sont plus hauts que ceux des angles.

Cette sobriété caractérise également le portail. La voussure compte deux rouleaux surmontés d'une archivolte. L'arc interne est orné de moulures, le rouleau externe porte de larges dents de scie et un motif en entonnoir disposés en alternance irrégulière. L'archivolte est ornée d'un cordon tressé.

Le rouleau externe repose sur les chapiteaux des deux colonnes du portail. A gauche, le chapiteau porte deux quadrupèdes affrontés, d'une facture assez maladroite ; à droite, l'ornementation de la corbeille a presque disparu.

Une petite baie en plein cintre encadrée par deux petites colonnes aux chapiteaux ornés de feuillages éclaire la partie haute de la façade.

La nef

La nef, dont les combles sont partiellement masqués par le pignon de la façade, est plus haute que le chevet. Les murs gouttereaux sont rythmés par quatre contreforts qui ne sont pas construits au droit des supports engagés intérieurs de la nef. Dans les angles, ces épaulements sont de faible section alors que les contreforts internes sont beaucoup plus importants.

L'élévation nord est éclairée de petites baies en plein cintre ouvertes au nu du mur et disposées irrégulièrement. Au sud, elles sont régulièrement percées au centre de chaque travée et flanquées de colonnettes.

Une porte couverte en plein cintre ouvre dans la deuxième travée méridionale. Elle est agrémentée d'une archivolte portant des pointes de diamant retombant sur des impostes. Une sacristie est adossée au mur nord des deux dernières travées de la nef.

Les parties orientales

Le transept, très saillant, est doté d'absidioles au toit plus bas que ceux de la nef et des bras du transept. L'élévation sud du bras sud, à pignon découvert, est percée d'une baie surmontée d'une corniche à modillons sculptés qui marque la séparation avec le pignon. L'absidiole orientale de ce bras est couronnée d'une corniche portée par des modillons et des éléments pouvant provenir d'un édifice antérieur : bases de colonnes, chapiteau... Au nord, la corniche de l'absidiole repose sur de simples modillons.

La croisée du transept porte le clocher octogonal dont les pans sont percés de petites baies en plein cintre sauf au nord, au nord-est et au nord-ouest.

A l'est du transept, le profond et étroit chevet s'élève au-dessus d'un soubassement mouluré. Comme il est fréquent en Saintonge au 12e siècle, le chevet présente un important décor architectural composé de trois registres superposés d'arcatures scandés par huit contreforts-colonnes.

Supportés par un petit socle qui fait saillie sur le soubassement, les contreforts-colonnes de l'abside sont, au rez-de-chaussée, adossés à un dosseret. A l'étage intermédiaire, deux colonnettes flanquent les contreforts ; elles disparaissent au dernier niveau.

Ce dispositif, comme la diminution progressive de la largeur des arcades, allège visuellement la construction et accentue l'effet de hauteur du mur.

Entre ces contreforts qui décorent le chevet plus qu'ils ne l'épaulent, prend place, au rez-de-chaussée, une arcade aveugle. À l'étage intermédiaire, chaque pan est ajouré d'une baie inscrite dans une arcade en plein cintre qui porte le décor et, au troisième niveau, trois arcades aveugles ornent chaque élévation. Leurs chapiteaux sont bagués, mode fréquente en Saintonge jusqu'aux années 1150. Les archivoltes se prolongent en bandeau sur les contreforts.

Le côté sud de l'abside et de la travée droite est plus ornementée qu'au nord ; les arcs sont moulurés ou ornés de dents de loup, les archivoltes ornées de pointes de diamant et de besants, les chapiteaux du second niveau portent des motifs géométriques, des animaux ou des feuillages.

L'intérieur de l'église

La nef unique à quatre travées est couverte par une voûte en berceau brisé soutenue par trois arcs doubleaux retombant sur des colonnes engagées. Un bandeau prolonge les tailloirs des chapiteaux et marque la naissance de la voûte. Les murs de chaque travée sont renforcés par une haute arcade aveugle. La voûte est couverte d'un décor en faux appareil ; les murs de la nef et les parties orientales présentent un parement en pierres de taille.

La nef est plus large que le chœur. Pour articuler harmonieusement les deux espaces, les constructeurs ont diminué le passage entre la nef et la croisée du transept en élevant, de part et d'autre du passage central, des arcades plus étroites appelées passages « berrichons ». L'arcade nord est occultée par la tour abritant l'escalier qui dessert le clocher et les combles de l'édifice.

Un imposant mur-diaphragme marque également la transition entre la nef et les parties orientales de l'église.

La croisée du transept, de plan carré, est couverte d'une coupole sur trompes qui prend appui sur un étage orné d'une arcature aveugle. Ce dispositif est rare dans l'art roman saintongeais ; certains auteurs y ont vu une possible influence auvergnate en mettant en relation l'appartenance du prieuré à l'abbaye de La Chaise Dieu, en Auvergne, région où ce dispositif apparaît fréquemment.

Le chœur est composé d'une travée droite couverte d'une voûte en berceau brisé et d'une abside en hémicycle voûtée en cul-de-four. Il concentre l'essentiel du décor sculpté de l'église. Ce dernier est porté par les chapiteaux des colonnettes flanquant les sept baies qui éclairent abondamment le sanctuaire. Des feuillages assez secs, des animaux monstrueux issus du pittoresque bestiaire roman, des motifs de vannerie ornent les corbeilles. Dans la nef, les chapiteaux des colonnes sont décorés de végétaux à peine esquissés.

Murscalcaire pierre de taille
calcaire moyen appareil
Toittuile creuse
Plansplan en croix latine
Étages1 vaisseau
Couvrementscoupole à trompes
cul-de-four
voûte en berceau brisé
Couverturestoit à longs pans
toit polygonal
croupe polygonale

Escaliersescalier hors-oeuvre : escalier en vis
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1907/01/29
Précisions sur la protection

Eglise : classement par arrêté du 29 janvier 1907.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Casier archéologique [documents établis par le service des Monuments historiques au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur des édifices protégés ou destinés à l'être].

    3 p. : 17 fig. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
Bibliographie
  • Connoué, Charles. Les églises de Saintonge, tome I. - Saintes : Delavaud, 1952-1961.

    p. 107-108 : 3 ill.
  • Crozet, René. L'art roman en Saintonge. Paris : Picard, 1971.

    p. 24, 61, 63, 68, 72, 77, 80, 91, 93, 96, 118, 124, 130 : 3 pl., 1 plan, 1 coupe
  • Crozet, René. Dictionnaire des églises de France. Paris : Robert Laffont, 1967, tome IIIc, Poitou-Saintonge-Angoumois.

    p. 72 : 1 ill.
  • Féray, Jean. Geay. Congrès archéologique de France, La Rochelle, 114e session, 1956

    p. 217-223 : 3 ill., 1 plan
  • Froidevaux, Y. M. Contribution à l'étude des problèmes de restauration à propos de dix églises romanes de Charente. Monuments historiques de la France, 1974, 2.

    p. 10, 11, 14, 15, 21, 34, 36, 42, 47, 56 : 2 fig., 1 coupe
  • Lacoste, Jacques. Geay, église Notre-Dame-de-l'Assomption. In : Lacoste, Jacques dir. La sculpture romane en Saintonge : l'imaginaire et la foi. Sans lieu : Ch. Pirot, 1998.

    p. 356
  • Semur, F. Abbayes, prieurés et commanderies de l'ancienne France vers IVe siècle - vers XVIIIe siècle en Poitou-Charentes-Vendée. Baunalec, 1984.

    p. 356
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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