Dossier IA64002964 | Réalisé par
Ehlinger Maïté (Rédacteur)
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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Présentation de la commune de Bidart
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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Commune de Bidart

Dossier non géolocalisé

  • Aires d'études
    Bidart (commune)
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    • Commune : Bidart

En l’état actuel des connaissances, il semblerait que l’occupation du territoire soit ancienne. En effet, les diverses campagnes de fouilles d’archéologie préventive ont révélé plusieurs vestiges (habitats et ateliers de taille) et objets (céramique et industrie lithique) allant de la période paléolithique à la période gallo-romaine. Ces installations primitives se déployaient essentiellement au niveau du trait de côte, la plage d’Ilbarritz, la plage du Pavillon Royal, la plage de l’Uhabia, mais aussi autour du fleuve de l’Uhabia et de la source Contresta.

La paroisse est mentionnée au Moyen-Âge, dans la seconde moitié du 12e siècle, sous le nom de "Bidart" dans le cartulaire de Bayonne. Elle fait alors partie de la vicomté de Labourd, fondée en 1023 par Sanche III le Grand, roi de Navarre, avant d'être incorporée en 1058 au duché d’Aquitaine. Son nom a pour origine basque « Bide artean » qui signifie « au milieu des chemins ». En effet, à cette époque, elle était déjà un lieu de passage avec la voie secondaire du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, « el camino del norte » qui traversait la commune depuis la « route d’Espagne par Bayonne », contournait la place du village par l’ouest pour longer les falaises afin de rejoindre l’embouchure de l’Uhabia. Un pont permettait de traverser le fleuve et de continuer au sud vers Guéthary, alors hameau qui était incorporé à la commune de Bidart.

Après la Guerre de Cent Ans, le Labourd devint en 1451 une province française. En 1514, à la demande du roi, les fors de Labourd furent refondus et adoptés. Cependant les communes du Labourd conservent une certaine autonomie. La province était représentée par le Biltzar, assemblée capitulaire réunissant les maîtres de maisons, qui élisait chaque année un maire-abbé, à la fois maire et député de la paroisse devant le Biltzar. Elle élisait également des jurats, c’est-à-dire les représentants des quartiers. Il existait à Bidart cinq quartiers : Pourguette, Ilbarritz, Burruntz, Oyere et Parlementia.

Le premier système postal fut créé en 1464, sous le règne de Louis XI. Bidart, en raison de sa situation, devait certainement avoir dès le milieu du 15e siècle un premier relais de poste à chevaux, mais son existence n'est attestée qu’en 1632 par la Carte géographique des postes qui traversent la France de N. Sanson d'Abbeville.

D'après les bassins de salaison retrouvés à Guéthary, l’existence de la pêche sur ce territoire remonterait au Haut-Empire romain. Il est certain que la pêche et la chasse à la baleine ont été pratiquées au Moyen-Âge, mais dans l’état actuel de la recherche, il n’existe aucune source exploitable pour cette époque. Il faut attendre la fin du 16e siècle pour trouver des informations sur la pêche à Bidart. On peut supposer que cette activité florissante entraîna l’accroissement de la population et du bâti, notamment autour du port avec la création du quartier de « Parlementia » et celle de la paroisse de Guéthary en 1586. Malgré cette séparation, les pécheurs des deux communes restèrent unis et continuèrent à partager les deux ports et la « coupe » attribuée à leur entretien. L’existence physique d’un port à Bidart est révélée par la carte de Cassini (1756-1815) : il était situé à l’embouchure de l’Uhabia. Il n’y a aujourd'hui plus aucune trace visible de son agencement. Selon les recherches effectuées par Emile Davril et Michel Etcheverry, le port cessa de fonctionner durant la première moitié du 18e siècle. Sa fermeture entraîna une importante baisse de la population. En effet, si on comptait 2028 bidatars en 1718, on n'en dénombrait plus que 628 en 1820. Les habitants se tournèrent alors vers d’autres activités économiques, dont le maraîchage, les fours à chaux et les tuileries.

Le plan cadastral de 1831 illustre l’organisation du territoire en cette première moitié du 19e siècle. La commune était traversée du nord au sud par la « route d’Espagne par Bayonne » et d’est en ouest par le fleuve l’Uhabia. L’habitat s’était regroupé autour de la place du village et s’égrainait jusqu'à l’embouchure de l’Uhabia. Le quartier de Parlementia entre la rive gauche de l’Uhabia et la commune de Guéthary était densément bâti. D'autres hameaux d’envergure plus modeste étaient répartis sur le territoire : Oyhare au sud de l’Uhabia et du canal du moulin et Ilbarritz à l’extrémité nord du territoire, tandis que le reste de l’habitat était dispersé et isolé.

A partir du deuxième quart du 19e siècle, ce territoire fut modifié, dans un premier temps, par la création de la route royale n°10 qui, en 1843, contourna la place du village par l’est pour rejoindre l’embouchure de l’Uhabia. Plusieurs maisons et hôtels-restaurants s’installèrent au bord de ce nouvel axe. Dans un second temps, la création de la voie ferrée reliant Bayonne à Hendaye en 1865 découpa le territoire en deux, parallèlement à la route royale. Ce chantier entraîna la destruction de quelques maisons.

A Biarritz, les séjours répétés du couple impérial accélèrent la transformation du village côtier et le développement du tourisme à Bidart et dans les autres villages du littoral, donnant naissance à la « Côte basque ». En 1873, la municipalité de Bidart autorisa un marin de Guéthary à établir sur la plage de Parlementia des baraques en bois à l’usage des baigneurs. Le nombre de touristes étrangers augmenta. Les fermes furent alors dotées de chambres pour loger les estivants et des maisons de villégiature plus au moins modestes furent construites à proximité de l’océan.

Lors de la Première Guerre mondiale, plusieurs sanatoriums, furent ouverts à Bidart. La maison Maurice-Pierre accueillit les enfants tandis que des hôpitaux bénévoles prenaient en charge les soldats. A la fin du conflit, ces institutions perdurèrent tandis que la Côte basque connût un boom immobilier orchestré par la création de sociétés foncières et d’entreprises de lotissement. A Bidart, des personnalités firent construire des maisons de villégiature au plus près de l’océan, mais aussi dans les terres pour jouir du paysage montagneux. En 1923, la société Paris-Province travailla sur le grand lotissement du « Domaine d’Ilbarritz » implanté à cheval sur Bidart et Biarritz. L’hôtel de la Roseraie était la locomotive de cet aménagement urbain. La crise économique puis la guerre d’Espagne empêchèrent le succès prévu : en effet, les 367 lots ne se vendirent pas, malgré le classement en 1927 de plusieurs quartiers de Bidart en station climatique et de tourisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, en juin 1940, les troupes allemandes investirent Bidart, réquisitionnant les prestigieuses villas et les hôtels. Après 1945, Bidart vit une augmentation considérable de réalisations immobilières. En effet de 1941 à 1962, le nombre d’habitations doubla. Les lotissements projetés avant guerre furent construits et de nouveaux lotissements créés le long de l’actuelle D810. La population touristique était elle aussi en hausse. Les terrains agricoles furent transformés en terrain de camping.

Dans les années 1970, l’autoroute A10 fut créée et découpa la commune en deux parties distinctes, dessinant ainsi le paysage actuel. En effet, aujourd'hui, à l’ouest de l’autoroute, le territoire est urbanisé avec un bâti très dense, tandis qu’à l’est, il reste quelques terres agricoles et des terrains boisés.

Actuellement, le nombre d’habitants s’élève autour de 6600 âmes. La population est surtout constituée de retraités, tandis que les actifs exercent principalement une profession intermédiaire. Seulement 31 % de la population active travaille sur la commune de Bidart. Le parc immobilier compte 2240 maisons et 2503 appartements, dont plus de 32 % sont des résidences secondaires.

Depuis 2008, la municipalité affirme sa volonté de valoriser son patrimoine architectural et culturel par une réflexion urbanistique et patrimoniale. Cette réflexion concerne l’ensemble des grands projets communaux, notamment le réaménagement de la place du village et la création d’une médiathèque dans l’ancien groupe scolaire, bâtiment emblématique de la commune. La création d’un « laboratoire citoyen » animé par la coopérative l’Atelier des Jours à Venir montre l’engagement des Bidartars dans ce processus.

La commune de Bidart est implantée le long du littoral, encastrée entre Biarritz au nord et Guéthary au sud. Elle est l’une des 8 communes composant la Côte Basque. Son centre-bourg se développe sur les hauteurs et surplombe l’estuaire de l’Uhabia. Ce fleuve prend ses sources au niveau des bois d’Ustaritz et de Saint-Pée-sur-Nivelle pour se jeter dans le golf de Gascogne. Ses affluents constituent des petits ruisseaux perpendiculaires à la côte. D’autres cours d’eau traversent Bidart, le Bixipau et le Lamoulie, émissaire du Lac Mouriscot.

Trois axes majeurs traversent la commune en parallèle de la côte : la route départementale 810 qui part d’Urrugne jusqu’à Bayonne, ancienne route Nationale 10, datant des années 1840, la voie ferrée qui relie Bordeaux à Irun, inaugurée en 1862 et l’Autoroute A63 qui commence à Bordeaux et rejoint la frontière espagnole construite dans les années 1980. Ces trois voies créées à des périodes différentes ont conditionné l’organisation de la ville et l’implantation de l’habitat.

En effet, l’ensemble du bâti se concentre entre le littoral et l’autoroute A63. Il se compose du quartier de « Parlamentia », du bourg ancien qui s’est étendu au-delà de la route départementale 810, des lotissements pavillonnaires construits le long de la départementale et de la voie ferrée, le quartier « Ilbarritz » à la limite de Biarritz. Cette zone urbaine est coupée par le bassin central de l’Uhabia et ponctuée d’espaces boisés et d’espaces agricoles. La zone située derrière l’autoroute A63 est à l’inverse moins urbanisée et essentiellement boisée et agricole. La commune présente un paysage disparate et varié, se déclinant du domaine côtier aux collines agricoles avec une dominante urbaine.

Documents d'archives

  • Délibérations du conseil municipal, 1791-1945.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Pau : E dépôt Bidart, 1D

Bibliographie

  • Ouvrage collectif. Bidart : Bidarte. Saint-Jean-de-Luz : éditions Ekaina, 2004.

  • SALLABERRY Francis. Quand Hitler bétonnait la Côte Basque. Biarritz : Atlantica, 2015.

  • LABORDE Pierre. Histoire du tourisme en pays basque. Biarritz : Editions Atlantica, 2001.

  • PERUSQUI M. Le passé d'un village basque : Bidart. Bayonne, imprimerie des Cordeliers, 1960.

  • DE LA CERDA Alexandre. Nathalie de Serbie. La reine errante. Biarritz : Atlantica, 2000.

  • CALLAIS Chantal, JEANMONOD Thierry. Une maison pour chacun, une ville pour tous : histoire des groupements de maisons individuelles, 1945-2015 Nouvelle-Aquitaine. La Crèche : Geste, 2017.

Date d'enquête 2018 ; Dernière mise à jour en 2018
(c) Commune de Bidart
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
Ehlinger Maïté
Ehlinger Maïté

Chargée d'inventaire du patrimoine bâti à la mairie de Bidart.

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