Logo ={0} - Retour à l'accueil

Présentation de l'aire d'étude : le patrimoine minier de la commune de Lavaveix-les-Mines

Dossier IA23002308 réalisé en 2010

Fiche

Œuvres contenues

Lavaveix-les-Mines est une commune de 838 habitants, située à mi-distance entre Guéret, au nord et Aubusson, au sud, le long de la route départementale 942, à quelques kilomètres d’Ahun. Elle est également desservie par la route départementale 55 (Chénérailles-Montluçon par Gouzon).

La ville est établie sur un bassin houiller, qui a été le siège d’une importante exploitation minière de 1779 à 1969, soit pendant près de deux siècles. A son apogée, en 1876, 2000 ouvriers travaillaient au sein de la Société Anonyme des Houillères d’Ahun, la compagnie qui détenait une concession. Le bassin d’Ahun constituait alors l’un des tout premiers bassins d’emplois du département de la Creuse, avec une main-d’œuvre presque exclusivement locale. La réduction régulière de l'utilisation du charbon a entrainé son déclin, jusqu'à la fermeture du dernier puits en 1969. La commune se trouve alors amputée de sa principale activité industrielle qui présida même à sa naissance, puisque c’est pour accueillir une population toujours plus nombreuse et attirée par sa croissance industrielle, que Lavaveix-les-Mines avait été fondée, en 1868.

Aujourd'hui, la commune de Lavaveix-les-Mines, soucieuse de la préservation de son patrimoine minier, a souhaité s'inscrire dans un programme d'aménagement global du bourg en partenariat avec notamment le département, la Région et l'Europe. Ainsi, un parcours d'interprétation permettant de découvrir le patrimoine minier légué par l'exploitation des houillères a été mis en place et une partie des anciens ateliers de la mine a été réhabilitée, afin d’accueillir des entreprises engagées dans le développement durable, intégrant, depuis 2017, la dimension "co-working" rejoignant ainsi la liste des tiers-lieux de la région Nouvelle-Aquitaine.

Aires d'étudesLavaveix-les-Mines
AdresseCommune : Lavaveix-les-Mines

L´exploitation du bassin houiller d´Ahun aurait débuté au Moyen Âge, bien qu´elle ne soit attestée par les sources écrites qu´à partir du 17e siècle. Il faut néanmoins attendre la fin du 18e siècle pour qu´avec l´amorce de la Révolution industrielle, le charbon devienne une source d´intérêt notoire, et ceci en raison de sa capacité à alimenter deux nouvelles inventions : la machine à vapeur et la fonte de coke.

La ville de Lavaveix-les-Mines n´avait pas d´existence administrative avant 1868, date à laquelle elle fut créée par distraction d´une partie du territoire des deux communes voisines de Saint-Pardoux-les-Cars et de Saint-Médard-la-Rochette.

1. La création de la Société Anonyme des Houillères d´Ahun

Jusqu´au début du 19e siècle, le bassin houiller n´est pas exploité d´un seul tenant. Il fait l´objet de multiples petites concessions artisanales accordées à des particuliers, qui se contentent de tirer bénéfice des affleurements présents sur leurs terrains, sans creuser très profondément. Faute de moyens et d´organisation, l´extraction du charbon se fait alors à dos d´homme, avec de simples balanciers munis de seaux. Mais très vite, les autorités dénoncent cette situation anarchique et invitent les particuliers à se regrouper en sociétés. C´est ainsi qu´en 1817, une ordonnance royale statue sur l´exploitation du bassin houiller d´Ahun, et marque la définition précise de deux concessions (Nord et Sud), partagées l´année suivante entre deux sociétés du même nom. La production de charbon, quoique modeste, entre alors dans une phase de développement, caractérisée par le fonçage de nouveaux puits et une amélioration des moyens d´extraction. La machine à vapeur fait ainsi son apparition en 1847, au puits Saint-Martial. Son énergie permet d´augmenter la force des engins de levage et donc de remplacer ce qui était jusque-là du grattage superficiel par une véritable exploitation souterraine. Mais ce qui va tout changer et faire entrer la production charbonnière du bassin houiller d´Ahun dans une ère industrielle c´est la conjonction de deux facteurs :

- d´une part l´intérêt d´investisseurs parisiens, qui décident de placer des capitaux dans les deux sociétés des concessions Nord et Sud. Parmi eux, figure un personnage-clef, le duc de Morny (1811-1865), demi-frère de Napoléon III, connu pour avoir été un grand industriel.;

- d´autre part, l´arrivée du chemin de fer, en 1864, avec l´ouverture, sur la ligne de Montluçon à Limoges, d´un embranchement de Busseau-sur-Creuse à Fourneaux. Ce mode de transport, et les nouveaux débouchés qu´il offre, permet de développer la production, qui, entre 1864 et 1867, passe de 22 000 à 160 000 tonnes de charbon.

Cet essor est entériné en 1863 par la fusion des deux sociétés Nord et Sud au sein d´une Société Anonyme des Houillères d´Ahun, qui prend en charge l´exploitation des deux concessions.

2. Le développement de la fin du 19e siècle

Durant le dernier quart du 19e siècle, l´exploitation continue de se mécaniser, notamment autour du puits Sainte-Barbe, ainsi baptisé en hommage à la patronne des mineurs. Le bassin houiller compte alors une dizaine de puits, dont les plus profonds, comme en témoignent les cartes postales, sont équipés d´une machinerie d´ascenseur. Bien qu´inadapté au chauffage des fours à porcelaine, le charbon d´Ahun offre de nombreux débouchés. Il alimente les manufactures de tapis et de tapisseries d´Aubusson et de Felletin et donne naissance, sur le territoire de la commune de Lavaveix, à des industries connexes : verreries, briqueteries, fours à chaux et à coke, forge, etc. Les poussières issues de l´abattage du transport et du lavage du charbon (appelées «les fines ») sont agglomérées pour fabriquer des briquettes ou des boulets, qui servent de combustibles à divers foyers ( notamment les foyers de locomotives de la Compagnie du chemin de fer d´Orléans-Paris ). Le schlamm (c´est-à-dire le résidu boueux obtenu après lavage du charbon) est extrait des bassins de décantation situés à proximité de la gare. Il alimente les foyers domestiques des habitations de la ville. En 1912, les Houillères d´Ahun ouvrent à Lavaveix une usine de briques schisto-calcaires pour tirer parti du schiste présent dans les terrils. Elle fabrique deux sortes de briques (des bleues et des roses), de très bonne qualité, que l´on retrouve sur certains bâtiments du carreau de la mine, comme celui des Diesels. Ainsi, la mine n´emploie pas seulement des mineurs ; elle génère de très nombreux autres emplois.

C´est l´accueil de toute cette population attirée par la croissance industrielle qui entraîne la création de la commune de Lavaveix-les-Mines, en 1868. Avant cette date, en effet, n´existait au lieu-dit « La Vavé », qu´un petit bourg, visible sur la carte de Cassini (fin18e siècle). C´est par distraction d´une partie du territoire des deux communes voisines de Saint-Pardoux-les-Cars et de Saint-Martial-le-Mont que fut fondée la nouvelle entité administrative de Lavaveix-les-Mines. D'ailleurs, la Société des Houillères d'Ahun participe largement au développement de la ville en finançant notamment la construction d´une grande partie des équipements communaux. En 1869, l´entreprise accepte de fournir gratuitement, parmi les terrains lui appartenant, ceux nécessaires à l´édification d´une église, d´un presbytère, d´une école, d´un cimetière et de voies publiques pour la nouvelle ville de Lavaveix. Elle s´engage également à allouer chaque année à la commune la somme de 8000 francs, destinée à rembourser les emprunts contractés pour élever ces bâtiments. Cette situation ne va pas sans poser de problèmes. En 1881, la commune de Lavaveix doit se doter de nouveaux équipements et le préfet de la Creuse demande à la Société des Houillères de livrer gratuitement d´autres parcelles. Un contentieux juridique naît alors sur la propriété des bâtiments déjà construits. En 1887, au terme d´un long conflit, la société cédera et acceptera finalement d´abandonner tout titre de propriété sur ces édifices.

En 1901, la ville comptait plus de 3300 habitants.

3. Le déclin et la fermeture

En 1874, les mines d´Ahun atteignent leur pic de production : 354 000 tonnes de charbon sont extraites cette année-là. Mais très vite, le déclin s´amorce en raison de la conjugaison de deux facteurs : l'épuisement du filon de de charbon et la concurrence des houilles anglaises, belges et du Nord de la France.

Après une courte période de relance, dans les années 1890, la production régresse nettement, tombant à 90 000 tonnes à la veille de la Première Guerre Mondiale. De 1911 à 1923, seuls cinq puits demeurent en activité dans le bassin (les puits Central, Est, Saint-Edouard, Sainte-Barbe et celui de Fourneaux). En 1922, la fermeture des mines de Bosmoreau contraint ses ouvriers à se replier sur Lavaveix-les-Mines pour trouver du travail. Bientôt, la crise économique s´en mêle, contraignant la Compagnie des Houillères d´Ahun à ordonner une baisse des salaires de 12% en 1927. C´est cette année-là que les houillères connaissent l´une des plus dramatiques grèves de leur histoire. Durement réprimée par la police montée de Limoges, elle provoque de nombreux incidents, qui culminent avec l´incendie de l´usine d´agglomérés, le 15 décembre 1927. L´exploitation ne s´en relèvera jamais. Faute de pouvoir reconstruire l´usine et de réorganiser la production, le conseil d´administration des Houillères d´Ahun se résout en 1928 à fermer tous les puits de la concession Nord, autour de Lavaveix-les-Mines, et à se replier sur les quelques puits de la concession sud, et notamment celui de Courbarioux (le Puits Quatre).

Les ventes à la Compagnie des Chemins de fer d´Orléans permettent une légère reprise de l´activité, dans les années 1930. Mais la véritable relance ne survient qu´après la Seconde Guerre Mondiale, avec la « bataille du charbon » lancée en 1945 par Maurice Thorez et le général de Gaulle. Le mineur se voit attribuer le titre de premier ouvrier de France. Il est invité à participer au relèvement économique du pays.

Pour cause de faible rendement, l´exploitation d´Ahun est tenue à l´écart de la nationalisation des bassins houillers opérée en 1946 au profit des Charbonnages de France. Mais les nécessités de la Reconstruction de l´après-guerre provoquent la réouverture de la concession nord, qui est reprise par la Société de recherche et d´exploitation des Mines d´Ahun-Nord, qui en obtient l´amodiation (régime par lequel les Houillères d´Ahun, toujours concessionnaires du bassin, lui en remettent l´exploitation moyennant une redevance). Le Puits Robert est remis en service et les installations modernisées. Au sud, le puits de Courbarioux continue de produire entre 10 000 et 15 000 tonnes de charbon par an, principalement pour la SNCF. Cependant, ces chiffres sont trop modestes et la concession sud est définitivement abandonnée en 1961. Huit ans plus tard, en 1969, a lieu la dernière descente dans le Puits Central. La concession nord ferme à son tour ses portes, condamnée par la progression des autres énergies fossiles (gaz, fuel) dans les foyers des Français. En deux siècles d´exploitation, ce sont ainsi 12 millions de tonnes de charbon qui ont été extraites du bassin houiller d´Ahun.

La commune est installée sur un bassin houiller long de 14 kilomètres, qui s´étend d´Ahun à Fourneaux, sur une surface d´environ 25 kilomètres carrés. La houille (ou charbon de terre) est le résultat de l´accumulation et de la macération, sous l´eau et à diverses époques géologiques, de matériaux et de débris végétaux. Cette fermentation, qui se produit sous l´action de microorganismes, donne lieu à un résidu, le charbon, dont les qualités et les propriétés découlent de l´époque à laquelle il s´est formé. Le bassin houiller d´Ahun s´est formé à l´âge stéphanien (fin de l´époque géologique du Carbonifère, soit 250 millions d´années av J.C). Il renferme des charbons dits « à courte flamme », avec une proportion importante d´impuretés et de matières volatiles, mais permettant, lors de leur combustion, de donner des « coups de feu » - et donc très utiles pour alimenter les fours à haute température (comme les fours sidérurgiques ou ceux des verreries). C´est ce qui explique que le bassin houiller d´Ahun ait été exploité précocement, et ce d´autant plus qu´il n´était recouvert que d´une très faible épaisseur de sédiments. Le charbon affleurait donc par endroits, rendant sa découverte et son extraction plus faciles.

Certaines traces de implantation d´origine de Lavaveix-les-Mines sont encore visibles, au lieu-dit de la Vieille Vaveix, qui constitue la le bourg ancien, caractérisé par une architecture rurale en granite, composée essentiellement de fermes en bloc à terre. Les traces de l´industrialisation de la production des matériaux de construction et du développement local de la brique, sont observables sur certains bâtiments (chaînages d´angle et jambages de fenêtres). Lavaveix est donc née pour et surtout par la mine et conserve aujourd’hui son visage de cité minière, indissociable de l´activité qui l´a vue naître. La mine explique en effet la morphologie très particulière de la commune :

- son étirement le long de la route départementale 942 ;

- le décalage de son centre-bourg par rapport à cet axe ;

- et la discontinuité de ses quartiers, isolés les uns des autres par la voie ferrée et les terrils.

L´activité minière est aussi à l´origine de la toponymie de certains lieux (la Descente, la Verrerie, la Verrerie Saint-Joseph) et bien sûr, du nom des voies (allée de la Mine, rue de la Tuilerie, rue du Puits de l´Est).

Les équipements communaux de Lavaveix-les-Mines se concentrent le long de la rue du Centre.

La Coopérative Ouvrière de Consommation, avec ses trois ailes en brique enserrant une cour centrale avait pour but d garantir, aux ouvriers et à leurs familles, la possibilité de se procurer des denrées alimentaires de première nécessité, mais aussi d´autres marchandises (habits, chaussures, chapeaux, mercerie) aux meilleurs prix. La coopérative les achetait en gros. Cet édifice reste emblématique d´une forme de solidarité entre mineurs, à une époque où ils bénéficiaient de peu de protection sociale.

La chapelle qui jouxtait l'usine d'agglomérés. Elle a été remplacée par l'église communale à la fin du 19ème siècle. Aujourd'hui, elle fait fonction de maison d'habitation.

L´église paroissiale Saint-Joseph se démarque par son fronton triangulaire et par son matériau, la brique, bien que celle-ci ait été entièrement recouverte d´enduit. Les Archives départementales de la Creuse conservent la trace de correspondances échangées entre le curé de Lavaveix, l´évêque de Limoges et le Ministère des Cultes, en 1879, pour lever des fonds, afin d´acquérir des objets mobiliers pour cette église, qui n´avait pas été très bien dotée, dès son origine.

Au débouché de la rue du Centre, se trouve l´école des Galibots baptisée ainsi en hommage aux galibots, ces jeunes manœuvres qui travaillaient au service des voies dans les galeries de mine. Elle s'est substituée à une ancienne mairie-école, dont les archives conservent la trace. Construite par la Compagnie des Houillères d´Ahun, elle était destinée à l´enseignement des enfants de mineurs. Sa prestance est soulignée par sa situation, à la convergence de plusieurs rues, son plan en double L et surtout par son avant-corps central à trois arches cintrées, surmontées d´un fronton à la découpe chantournée, portant, en son centre, une horloge. Après la Seconde Guerre Mondiale, l´école des Galibots a été remplacée par une nouvelle école primaire, l´école Roger Aléonard bâtie au centre du bourg moderne, dans un style typique de la Reconstruction. Sa position, à côté de la mairie, a été choisie pour affirmer que l´école était devenue, à Lavaveix-les-Mines, un acquis républicain, même si son destin était toujours lié à celui de la mine.

Parmi les équipements communaux figuraient aussi une infirmerie et une morgue.

Annexes

  • Le fonds d'archives des houillères d'Ahun

    En 2005, après la liquidation judiciaire de la Société Anonyme des Houillères d’Ahun, les archives de l’entreprise ont été reversées aux Archives départementales de la Creuse. Le fonds ainsi collecté représente 78 mètres linéaires, auxquels il faut ajouter trois dons successifs, effectués par la dernière présidente directrice générale de la société, Romaine Marie-Antoinette Marchand.

    L’ensemble de ces documents a intégré une sous-série cotée 132 J. Après dépoussiérage, estampillage et conditionnement, ils ont été minutieusement classés et les Archives départementales ont publié en octobre 2009 un instrument de recherche détaillé permettant leur consultation. Ces archives, précieuses, ont constitué la base de l’inventaire du patrimoine minier de Lavaveix.

    Ce recensement porte (prioritairement) sur un patrimoine immobilier autrefois propriété de la Société Anonyme des Houillères d’Ahun, mais qui depuis 2006, appartient à la commune. Il s’étend sur 26 hectares et comporte une grande variété de bâtiments :

    - les puits, dont il ne reste plus aujourd’hui que de rares vestiges, mais dont les cartes postales permettent de restituer l’aspect, avec leur chevalement de bois.

    - les logements patronaux et l’habitat ouvrier.

    - les bâtiments liés à la vie de l’entreprise (bureaux, coopérative ouvrière).

    - les services communs (écoles, église, infirmerie, morgue).

    - les installations complémentaires à l’exploitation de la mine (ateliers, lavoir à charbon).

    - les industries connexes (verrerie, tuilerie-briqueterie, fabrique de boulets).

    - la gare et le réseau électrique.

    - les aménagements paysagers, tels que l’allée de la Mine.

    - et les terrils, ces buttes constituées de déchets de charbon et recouvertes de végétation qui sont présentes en divers endroits de la commune.

    Tous ces éléments patrimoniaux, pris en compte dans l’opération d’inventaire, incarnent la mémoire des hommes qui ont travaillé le charbon ; ils racontent la technique de la mine. C’est pourquoi il importe de les répertorier et de les valoriser.

  • La vie dans la mine

    Les mineurs étaient répartis en différents corps de métiers :

    - les piqueurs, qui représentaient deux tiers des employés de la Société des Houillères d´Ahun, et qui étaient chargés de l´abattage et de l´extraction de la houille ;

    - les boiseurs qui s´occupaient du boisage des galeries et de leur entretien ;

    - les chargeurs qui remplissaient les bennes de charbon ;

    - les rouleurs qui acheminaient ces bennes sur rail à l´intérieur de la mine ;

    - l´encageur qui les préparait pour les faire remonter à la surface dans les « cages » ;

    les manœuvres qui convoyaient les chargements jusqu´aux ateliers de triage ;

    - les palefreniers qui prenaient soin des chevaux de la mine.

    Pour tous ces hommes, les conditions de travail étaient particulièrement éprouvantes, et ce d´autant que faute de bénéficier de conditions naturelles favorables, l´exploitation du bassin ne pouvait être viable économiquement que si la main d´œuvre était bon marché et donc peu payée. Les salaires étaient inférieurs à ceux de la moyenne nationale des mineurs. Un document de 1914, conservé aux Archives départementales de la Creuse, montrent que les piqueurs et les boiseurs percevaient 4, 40 francs par jour, les machinistes 3, 40 francs, les manœuvres 2, 85 francs. Malgré cette maigre rétribution, les mineurs devaient payer leurs habits et l´huile de leurs lampes - du moins en fut-il ainsi jusqu´en 1907. Et ce n´est qu´avec la loi du 24 juin 1919 que fut instauré le régime des huit heures de travail maximum dans les mines. Les conditions étaient rudes, surtout pour ceux qui travaillaient au fond : à 300 mètres sous terre, il pouvait régner une température de près de 40 degrés ; les accidents étaient fréquents et les éboulements parfois mortels, lorsque l´on n´était pas emporté par la silicose, cette terrible maladie pulmonaire provoquée par l´inhalation de particules de poussières de silice.

    Les femmes étaient également touchées par cette précarité car elles étaient nombreuses à travailler sur le carreau de la mine. Les cartes postales nous montrent qu´à l´arrivée des chariots, elles étaient chargées de trier le charbon : gros, menu, tout venant, déchet, etc. On les appelait les «modistes», en raison de leur coiffure, car elles portaient de larges chapeaux qui les protégeaient des poussières. En 1913, elles ne gagnaient qu´ 1 franc cinquante par jour, pour huit heures de labeur quotidien.

(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel - Lazaj Jehanne - Philippe Emmanuelle
Philippe Emmanuelle

Chercheur Inventaire, SRI Limousin de 2009-2012


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
- Brahim-Giry Agnès
Brahim-Giry Agnès

Chercheur SRI Limousin (2007-2016) - Responsable de l'Unité Études et Ressources documentaires, site de Limoges (2016-2017 ) - Responsable de l'Unité Recherche-Photographie, Limoges-Poitiers (2017-


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.