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Presbytère et métairie du prieuré-cure de Mignaloux

Dossier IA86004733 réalisé en 2007

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, jardin, mur de clôture, portail, grange, écurie, toit à porcs, pigeonnier, four
Dénominationsferme, presbytère
Aire d'étude et cantonCommunauté d'Agglomération de Poitiers
AdresseCommune : Mignaloux-Beauvoir
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : 95 et 131 rue de l'
Eglise
Cadastre : 1819 D2 286 et 287 ; 2004 D1 14 et 17

L'église de Mignaloux et son presbytère, au nord, constituaient un prieuré-cure dont l'autorité s'étendait sur la moitié nord de l'actuelle commune, c'est-à-dire au nord de la route de Limoges, sauf les Bruères et la Cigogne, rattachées à la paroisse de Beauvoir. Ce prieuré-cure disposait en outre d'une métairie, au nord-ouest de l'église, constituant avec ses terres la partie temporelle du prieuré-cure. Cette métairie était confiée à des exploitants. En 1655 par exemple, le prieur-curé René Coytard afferme pour sept ans à Jacques Christian, maître tailleur d'habits, et Antoine Christian, maître sergier à Poitiers, le prieuré-cure de Mignaloux consistant en "maison, bâtiment, terres labourables et non labourables, prés, bois, vignes, jardins, chènevières". En 1689, le prieur-curé Guillaume Chesneau et les héritiers de son prédécesseur, René Coistard, s'entendent sur le partage de dépenses à faire au prieuré-cure. Les paroissiens devront financer des réparations "aux deux portes et principales entrées" du presbytère, ainsi qu'à la petite porte, à la charpente et aux murs de la grange, au grand four, et à la porte d'entrée du grand corps de logis. Il est aussi question de l'écurie, de toits et de l'étable aux boeufs. En 1726, à la suite du décès du prieur-curé Lecomte, l'inventaire après décès de ses biens indique que le bâtiment où il vit compte trois grandes pièces : une entrée, une cuisine, une chambre et deux autres plus petites appelées cabinets. La métairie dispose alors de deux vaches, deux petits boufs, quatre cochons, quatre grands boeufs et soixante-quinze brebis. Saisi comme bien national en 1790, le prieuré-cure est mis en adjudication le 16 mai 1791, à l'exception du presbytère qui reste à la disposition du curé. L'acquéreur est le sieur Goupy, peut-être le même qui possède un peu plus tard le Mars. Mais Goupy ne paie pas son achat, et la mise en vente est reprise. Le 2 mars 1795 (12 ventôse an 3), une nouvelle estimation est réalisée, incluant cette fois le presbytère. Le procès-verbal distingue en effet "une ancienne maison", soit probablement la métairie, et "un autre bâtiment neuf", soit certainement le presbytère. La première comprend deux chambres basses, une haute, un petit cabinet à côté, deux greniers, quatre écuries, une grange, un toit à cochons, un toit à brebis, une étable à boufs, deux celliers, une borderie, un four et un fournil avec grenier. Le presbytère ou "bâtiment neuf" comprend une chambre basse, trois petits cabinets à côté, quatre petites chambres hautes et un petit cabinet. Il donne d'un côté sur une cour et de l'autre sur un jardin et verger clos de murs. Au-delà de ce jardin s'étend une vigne. En dépendent aussi seize hectares de terres dont un pré coupé par la nouvelle route de Poitiers à Limoges. La vente aux enchères a lieu le 4 mai 1795 (15 floréal an 3). L'église et le cimetière, qui devaient en faire partie, ont été retirés au dernier moment de la vente. C'est Louis Pascault-Dumas, changeur à Poitiers, qui achète l'ancienne métairie et l'ancien presbytère pour 85000 francs. Quelques années plus tard, il se rendra acquéreur de l'église et du cimetière. En 1819, sur le cadastre, l'ensemble constitué par l'église, le cimetière, le presbytère et la métairie appartient aux héritiers Pascault-Dumas. Sur le plan cadastral, on reconnaît la métairie, en longueur, et ses dépendances, entre l'église et elle (parcelles D 286), ainsi que le presbytère (D 287). Derrière le presbytère, à l'est, se trouvait un plan d'eau. A l'est de l'église s'étendait le jardin puis un terrain à allées en croix, entouré de murs. Le cimetière s'étendait jusqu'au devant de l'église, au pied de la dépendance située au nord-ouest de celle-ci. Un bâtiment se situait alors au nord de l'église, en retour d'équerre. C'est sans doute là que se trouvait une porte donnant accès au choeur de l'église, mentionnée par une lettre du propriétaire des lieux, Pascault-Dumas en 1798. Le tout est acheté vers 1820 par Anne-Marie-Geneviève de Tudert, propriétaire du château de la Cigogne. En 1822, elle donne l'église et le presbytère à la commune pour permettre la réouverture du culte. Elle ne conserve que la métairie qui continue à suivre les propriétaires successifs de la Cigogne jusqu'au cours du 20e siècle. Dès l'année suivante, des travaux sont engagés au presbytère. Le plan d'eau qui se trouvait derrière est probablement comblé en 1826, date à laquelle le conseil municipal est informé de l'insalubrité qu'il créée dans le bâtiment. A la même occasion, il décide de démolir le presbytère, dont les murs et la charpente sont en mauvais état, d'utiliser les matériaux pour réparer l'ancienne métairie, et de construire un nouveau presbytère à l'emplacement du précédent. La partie habitable de l'ancienne métairie est probablement reconstruite, au moins partiellement, au 19e siècle. Une nouvelle construction de maison est en effet mentionnée par le cadastre en 1867 (parcelle D 286). Le presbytère connaît de nouveaux travaux en 1892. En 1988, deux pièces du rez-de-chaussée sont aménagées en salles de réunion. L'étage est transformé en logement locatif en 2003. Le bâtiment est ensuite cédé à la commune en 2004.

Période(s)Principale : 18e siècle , (?)
Principale : 19e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Dates1826, daté par source
1867, daté par source
1892, daté par source
1988, daté par source
2003, daté par source
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

L'ensemble constitué par le presbytère et l'ancienne métairie du prieuré, est aujourd'hui partagé en deux propriétés. Cette partition est matérialisée par un mur dans lequel on observe une porte piétonne murée. Le presbytère donne à l'ouest sur une cour et à l'est sur un jardin. La cour est fermée à l'ouest par un mur de clôture et un portail qui relient l'église et l'angle de la grange de la métairie voisine. Le presbytère dispose de petites dépendances, adossées à celles de l'ancienne métairie, et proches de l'entrée de la cour. Le presbytère, couvert d'un toit à longs pans, ouvre sur la cour par quatre travées, dont deux portes accessibles par des marches. Ce schéma se reproduit sur la façade est, avec toutefois une seule porte. L'ancienne métairie comprend plusieurs dépendances réparties autour d'une cour. En fond de cour, au nord, s'étire un bâtiment longiligne à toit en appentis dont la pente descend vers l´arrière. Ce bâtiment comprend un rez-de-chaussée et un comble accessible par un escalier en pierre à deux volées. Le rez-de-chaussée juxtapose la partie habitable et des dépendances. Parmi elles, la plus à l´ouest est un fournil dans lequel se trouvent un four à pain et un four à pâtisserie. Son plafond est en torchis, constitué de rouleaux de paille et de terre. On remarque près d´une des ouvertures, vers l´est, une pierre d´évier. A l´ouest de la cour, en retour d´équerre par rapport à ce bâtiment, se trouvent des toits à cochons et un hangar. L´angle formé par ces deux corps de bâtiments est occupé par un puits. Plusieurs autres dépendances occupent le sud et l´est de la cour. Elles sont souvent imbriquées avec celles du presbytère. Parmi elles, on observe notamment une grange, qui longe la rue de l'Eglise, avec une porte à encadrement en bois et des éléments d´arcade et de cheminée pris dans les murs. A côté, à l´est de la cour, un bâtiment plus petit abrite une écurie, un cellier et un grenier. On y observe un larmier et des boulins à pigeons.

Murscalcaire
enduit
moellon
Toittuile creuse
Étagescomble à surcroît
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
appentis
Typologiesferme à bâtiments séparés
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Liste des prieurs-curés de Mignaloux jusqu'à la Révolution :

    Frère Jean de Civray cité en 1374 ; Guillaume Nicolas cité en 1449 ; Mathurin Compagnon cité en 1583 ; Jean Degennes cité en 1622 ; René Coytard en 1655 ; Guillaume Chesneau, cité en 1689 ; Louis Lecomte cité en 1718, mort en 1726 ; Louis de Luzines de 1726 à 1755 ; François-René de Luzines de 1755 à 1791.

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1689, 20 mars : transaction entre Guillaume Chesneau, prieur-curé de Mignaloux, et les héritiers Coistard.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 H 13/4
  • A. D. Vienne . 1798, 27 février (9 ventôse an 6) : lettre de Louis Pascault-Dumas aux citoyens administrateurs du département de la Vienne.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 Q 86, pièce 376
  • A. D. Vienne 1 Q 529. 1792, 21 avril : procès-verbal "de folle enchère" du prieuré-cure de Mignaloux.

  • 1795, 2 mars (12 ventôse an 3) : procès-verbal d'estimation du prieuré-cure de Mignaloux.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 Q 529
  • A. D. Vienne 1 Q 529. 1795, 4 mai (15 floréal an 3) : procès-verbal d'adjudication du prieuré-cure de Mignaloux.

  • Registres des délibérations du conseil municipal de Mignaloux-Beauvoir.

    séances en 1822, 1823, 1826 et 1892 Archives municipales, Mignaloux-Beauvoir
Bibliographie
  • Bulletin municipal.

    septembre 1978, mai 2003 et mai 2004 Archives municipales, Mignaloux-Beauvoir
  • Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994.

    p. 15-20 et 93
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Poitiers - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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- Royer Amandine