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Presbytère, actuellement maisons

Dossier IA86004356 réalisé en 2006

Fiche

Une des premières mentions du presbytère de Buxerolles date du 27 décembre 1653 lorsque le curé Jean Main l´afferme pour cinq ans à Jean Micheau, laboureur. Un jardin, des chènevières, des terres et des vignes en dépendent. Des travaux de reconstruction voire de construction ont dû avoir lieu en 1710, date inscrite sur une pierre remployée dans l'actuel mur de clôture. Le presbytère est saisi comme bien national à la Révolution et racheté par M. Clément de Poitiers. Il comprend alors une cour sur laquelle donne une porte de la sacristie de l´église. Les égouts de cette dernière tombent sur les dépendances du presbytère. Le jardin au sud est clos de murs. C´est M. Duveau, horloger à Poitiers, qui est propriétaire du presbytère sur le cadastre de 1817. Lorsque la paroisse de Buxerolles est rétablie, en 1848, le curé s´installe dans une maison louée mais éloignée de l´église. Au cours des années suivantes, des démarches sont entreprises auprès du propriétaire de l´ancien presbytère, Jean Picard, pour le racheter. Lorsqu'elle meurt le 28 décembre 1854, Victoire-Rosalie Orrillard, demeurant à Poitiers mais originaire de Lessart, lègue trois mille francs à la commune pour financer ce rachat ou bien pour l´achat d´une autre maison si la transaction n´est pas intervenue avant dix ans. Le 17 juillet 1859, devant Maître Cesbron, notaire à Poitiers, le maire, se portant garant pour la commune en attendant les autorisations administratives et financières, rachète l´ancien presbytère aux héritiers Picard pour 7510 francs. Une expertise faite du presbytère le 29 septembre 1859 permet d´en connaître la distribution avant sa transformation (voir en annexe) : au nord, entre le logis et l´église, s´étend une cour fermée à l´ouest par une porte charretière et une porte piétonne ; à gauche en entrant, le long de l´église, se trouvent une citerne, un hangar, un fournil, une grange et une remise, et à droite une petite porte donnant accès au jardin de trente-huit ares environ, situé au sud du presbytère et planté d´arbres fruitiers ; plus loin dans la cour à droite s´élève le logis avec au rez-de-chaussée un vestibule, une chambre, un salon, un office, une cuisine avec porte sur la cour ; un escalier en pierre monte à l´étage qui comprend une chambre ; trois greniers surmontent le bâtiment dont une partie est plus élevée que l´autre ; une cave voûtée, dont l´accès par un escalier en pierre se trouve dans la cuisine, règne sous le logis. Un devis des travaux à effectuer a été établi le mois précédent, les 12 et 18 août, par l´architecte Robin. Les aménagements projetés y sont décrits : le rez-de-chaussée comprendrait une cuisine, une cage d´escalier, une salle manger, un office, un vestibule et une petite chambre servant de cabinet d´étude. A l´étage se trouveraient trois chambres et un petit cabinet. Les deux niveaux du toit seraient uniformisés sans toutefois donner une symétrie parfaite à la façade puisque les anciennes ouvertures, à aplombs inégaux, seraient conservées. La cour serait dégagée par la destruction de dépendances inutiles dont les matériaux serviraient à la surélévation du logis. La toiture de la remise et du serre bois serait refaite, les murs du jardin, du porche, de la remise et de l´église "jusqu´à l´ancienne habitation du colon" seraient recrépis. Le portail sur le chemin de Buxerolles à Poitiers serait équipé d´une porte à abourdonneaux à deux battants en bois. Toutefois, le financement venant à manquer, les travaux sont suspendus en septembre 1860, sauf ceux nécessaires à l´installation du curé. Le presbytère continue à se détériorer. Le 7 mars 1880, le conseil de fabrique constate son état déplorable : au rez-de-chaussée, le salon et la salle-à-manger ne forment qu´une seule pièce à côté de deux autres plus petites ; à côté, à l´ouest, se trouve une chambre de bonne et à l´est la cuisine, les deux humides et malsaines ; l´étage n´a toujours qu´une seule chambre, celle du curé, à l´est au-dessus de la cuisine, plus un tout petit cabinet ; au-dessus de la salle-à-manger s´étendent toujours des greniers, encore en attente de réaménagement. Le 3 juillet 1881, l´architecte diocésain Ferrand expose au conseil de fabrique un nouveau plan de réaménagement, très proche de celui de 1859, avec notamment la surélévation et l´alignement des deux parties de toit. Mais l´argent manque, un nouveau devis, plus bas, est réalisé par l´architecte Baufreton, et les travaux ne commencent qu´à l´hiver 1887. Des pierres de taille provenant des tombes de l´ancien cimetière sur la place voisine sont réutilisées. Le terrain situé au nord de l´église est cédé par la fabrique à la municipalité, tandis que le champ de foire, au sud du presbytère, est agrandi au détriment d´une partie du jardin du curé. Grâce à ces travaux, le presbytère acquiert la physionomie qu´il gardera jusqu´à sa démolition : au rez-de-chaussée une cuisine où se trouve l´accès à la cave voûtée, une salle à manger, un salon et une salle de billard ; à l´étage trois chambres à coucher ; dans la cour au nord une remise, une écurie, un débarras et un petit hangar ; au sud un vaste jardin clos de murs. En 1900, les grands battants en bois de la porte charretière du portail sont remplacés par des grilles en fer. Après 1905 et la séparation de l´Eglise et de l´Etat, le presbytère est loué au curé par la commune qui se réserve une dépendance au fond à l´est de la cour pour abriter le corbillard. L´abbé Colin est à partir de 1929 le dernier curé de Buxerolles à occuper le presbytère. Passionné de musique et d´astronomie, il y tient une bibliothèque qui compte en 1938 plus de deux cents livres, et organise dans une petite salle en fond de cour des projections de cinéma. Après le départ de l´abbé Colin en 1967, le presbytère n´est plus habité. Il est finalement démoli en 1988 pour faire place à des logements locatifs.

Dénominationspresbytère, maison
Aire d'étude et cantonCommunauté d'Agglomération de Poitiers
AdresseCommune : Buxerolles
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : 1 rue
Omer-Bernier
Cadastre : 1817 A15 3 ; 2004 AV 262

A la fin du 18e siècle, le presbytère est, avec une ferme située à l'ouest, de l'autre côté de l'actuelle rue Omer-Bernier, le seul bâtiment entourant l´église. Une pierre portant la date 1710 a été remployée dans un muret fermant l'actuel jardin. Racheté par M. Clément, de Poitiers, l'ensemble est repris par la municipalité en 1859, quelques années après le rétablissement de la paroisse. Des travaux sont réalisés en 1887, aboutissant notamment à la mise au même niveau de toit des deux parties qui composaient le bâtiment. Curé de Buxerolles de 1929 à 1967, l´abbé Colin est le dernier à habiter le presbytère. En 1990, le presbytère, vétuste, est démoli. Il fait place à un ensemble de logements contemporains. Il reste ça et là, dans le jardin, des pierres probablement issues de l'ancien domaine, notamment le chapiteau d'un pilier de portail.

Période(s)Principale : 18e siècle , (?)
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Dates1887, daté par source
1990, daté par source
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Selon le cadastre de 1817 et les descriptions d'archives, le presbytère était construit selon une orientation est-ouest, parallèlement à l'église dont il était séparé par une cour. Celle-ci ouvrait à l'ouest par un portail couvert à porte charretière et porte piétonne. Au sud s'étendait le jardin clos de murs. Au nord de la cour, le long de l'église, ainsi qu'à l'est se trouvaient des dépendances dont une grange, un hangar et, à l'est, une écurie et le local à corbillard. Le logis s'élevait au sud de la cour. Il comprenait deux parties dont la séparation était repérée sur le toit par une cheminée, et qui se distinguaient par une différence de niveaux d'ouvertures. Le tiers est constituait la partie la plus ancienne, avec une vaste cuisine au rez-de-chaussée par laquelle on accédait à une cave voûtée. Le reste du rez-de-chaussée, dans la partie ouest, moins ancienne, comprenait une salle à manger et un salon. Compris dans un vestibule, un escalier menait à l'étage qui se divisait en trois chambres. Il ne reste de cet ensemble qu'une partie du mur de clôture, joignant l'angle sud-ouest de l'église. Ce mur comprend encore la porte piétonne et présente un départ de portail couvert avec un chasse-roue. L'ancienne cour du presbytère est aujourd'hui un jardin dans lequel on observe encore, à droite, près de l'église, l'ancienne citerne du presbytère surmontée d'un mécanisme de puits. Au sud de ce jardin se trouvent les logements qui ont remplacé le presbytère. Un muret en pierre achève de fermer ce jardin à l'ouest en prolongeant le reste de mur de clôture. Contrairement à l'ancien presbytère, les logements sont construits selon un axe nord-sud. A l'extrémité sud de l'ensemble se trouve un bâtiment en appentis, construit en moellons, peut-être une ancienne dépendance du presbytère restaurée et incorporée dans la nouvelle construction, ou bien un bâtiment reconstitué avec d'anciennes pierres du presbytère.

Mursbéton
calcaire
moellon
pierre de taille
Techniquessculpture
Représentationsarmoiries
Précision représentations

Dans le mur fermant le jardin à l'ouest, entre la porte piétonne et le départ de portail, a été incorporée une copie des armoiries de la famille de Lépinay-Richeteau, seigneurs de Buxerolles au 17e siècle : d´or à un chêne de sinople, élevé sur une terrasse de même, au chêne d´azur, chargé de trois étoiles d´or.

Statut de la propriétépropriété publique

Annexes

  • Procès-verbal d'expertise du presbytère de Buxerolles après son rachat par la municipalité et avant les transformations projetées, réalisé le 29 septembre 1859, A. D. Vienne 2 O 51/6 :

    "L´entrée est précédée d´une avancée fermée de murs à l´exception du côté du chemin, elle a 24 mètres de long et huit de large ; elle est plantée de 8 acacias et d´un amandier, le tout estimé cent francs. Deux portes, une grande et une petite avec leurs fermetures, forment l´entrée de la cour. Dans la cour à gauche est une citerne et un corps de bâtiment servant de hangar qui a 8 mètres sur 5. A droite des lieux d´aisance, le tout en mauvais état, estimation trois cents francs. A quelque distance de l´entrée, à droite, est une petite porte en bois blanc donnant dans un clos fermé de murs. Près de cette porte est une citerne qui reçoit les eaux du corps de bâtiment dont il va être parlé. Les chenaux sont en bon état. Elle a un tour et une chaîne avec crochet, longueur de 5 mètres 70. Ce clos est planté d´arbres fruitiers : un noyer, poiriers, pommiers, guigners, amandiers et autres. Estimation mille sept cents francs, il contient environ 38 ares. A droite de la cour est un bâtiment. Une première porte donne dans un vestibule pavé. A côté est une chambre avec alcôve ayant en totalité 4 mètres 50 sur 2 mètres 50. Elle est garnie de petits pavés en terre cuite. Elle a une fenêtre et une cheminée avec manteau en pierre. La fenêtre est ouverte sur le clos. A gauche du vestibule on entre dans le salon. Cette pièce a 5 mètres 50 sur 4 mètres 60. Elle est également garnie de petits carreaux. Porte vitrée sur le clos avec ses volets, une fenêtre sur la cour, une cheminée avec manteau en pierre, un placard. Au fond un office avec porte et fenêtre. Ces deux pièces ont un plafond en mauvais état. L´office a 2 mètres 60 sur un mètre 95. Une autre porte ouvrant également sur la cour donne dans une cuisine qui a 5 mètres carrés. Elle est pavée, elle a deux petites fenêtres l´une sur la cour, l´autre sur le clos, un potagé à deux fourneaux, une cheminée avec une plaque en fonte, un placard. Un passage conduit au salon dont il a été parlé. Là se trouve un escalier en pierre qui a onze marches. Il est éclairé par une petite fenêtre. L´étage supérieur comprend une chambre de 5 mètres 10 sur 4 mètres 60. Elle a un plancher en bois de chêne, une cheminée, deux fenêtres, un cabinet de toilette éclairé par une petite fenêtre. Trois greniers sont au-dessus de ce corps de bâtiment dont une partie est plus élevée que l´autre. La charpente est solide et paraît en bon état. Une cave voûtée dont l´entrée est dans la cuisine se trouve sous ce bâtiment. On y descend par une escalier en pierre. Le corps de bâtiment est estimé quatre mille deux cents francs. A gauche de la cour est un autre corps de construction dans lequel est un four et une grange. Le four est précédé d´une pièce ayant 6 mètres 10 sur trois mètres avec une fenêtre. Un passage ayant une largeur de 1 mètre 05 conduit derrière le four, dans une chambre qui a 4 mètres 80 sur 3 mètres. Elle a une fenêtre sur la cour. La grange est à la suite de cette chambre. Elle a sept mètres de profondeur sur 4 mètres 50 de large. Près de là est un mauvais hangar dont la toiture est peu solide, et en outre quatre toits en mauvais état. Tous les bâtiments sont couverts en tuiles courbes. Estimation deux cent francs. L´église touche à la cure dans toute sa partie méridionale. Derrière l´église et à côté du dernier corps de construction est une clôture plantée d´arbres à fruit. Elle contient environ 15 ares. Elle est estimée par le soussigné quatre cent francs".

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Vienne 9 G 13. 1555-1783 : cure de Buxerolles.

  • A. D. Vienne 2 O 51/6. 1859-1935 : presbytère, acquisition, réparations et locations.

  • A. D. Vienne 601 W 10. 1948-1949 : presbytère, réparations.

  • Registres des délibérations du conseil municipal.

    séances des 6 juillet 1856, 24 juillet 1859, 30 septembre 1860, 19 septembre et 4 novembre 1861, 8 août 1886, 2 décembre 1900 et 17 mars 1907 Archives municipales, Buxerolles
  • A. C. Buxerolles. Buxerolles, bulletin d'informations municipales.

    mai 1987 et février 1989 Archives municipales, Buxerolles
  • A. E. Poitiers. Dossier Buxerolles.

Bibliographie
  • Barbier de Montault, Xavier. "La commune de Buxerolles". Bull. Mon., t. 38, 1872.

    p. 475
  • Chancerel, François. Buxerolles à la fin de l´Ancien Régime : les hommes et la terre dans une paroisse de la banlieue de Poiters. Mém. de maîtrise, dir. D. Guillemet, J. Peret. Poitiers, 2005, 219 p.

    p. 198
  • Thimonier, Joseph. Buxerolles : le pays des buis. Poitiers, les Editions du Pont-Neuf, 1998, 126 p.

    p. 22 et 97
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Poitiers - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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