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Ports de commerce de Rochefort

Dossier IA17050824 réalisé en 2015
Précision dénominationports de commerce
AppellationsPorts de commerce de Rochefort
Dénominationsport
Aire d'étude et cantonVallée de la Charente - cantons du département 17
AdresseCommune : Rochefort
AdresseCommune : Rochefort

Les ports de commerce de Rochefort se sont développés en plusieurs lieux situés au nord-est de l'arsenal entre la fin du 17e siècle et le 20e siècle.

A la fin du 17e siècle et au 18e siècle, les marchandises sont chargées et déchargées sur la rive gauche du chenal dit de la "Cloche", aménagé au milieu du port militaire. Au-dessus de ce chenal, un pont en pierre, conservé de nos jours, remplace, en 1741, l'ancien pont en bois. L'activité y est très intense, Rochefort étant alors l'entrepôt exclusif des colonies d'Amérique. L'intendant de la marine à Rochefort a en effet pour mission d'assurer le ravitaillement en hommes, en munitions et en matériel à toutes les possessions françaises d'Amérique.

Des lettres patentes du Roi de 1775 et 1776 autorisent les négociants de Rochefort à commercer avec les colonies, mais les dépossèdent de leurs magasins et entrepôts édifiés sur les bords du chenal de la Cloche. En échange, il leur est concédé un terrain près de la Vieille Forme. Les négociants choisissent alors de s'installer dans un lieu moins exigu, à l'extérieur de la ville, à la Cabane-Carrée, où se font des réparations et des constructions de bateaux depuis 1719 ; de vastes magasins y sont édifiés. Le canal de la Cloche ne sert alors plus que pour le port militaire.

A l'intérieur de la ville et au nord du port militaire, un chenal, aménagé notamment pour le déchargement des denrées destinées à être stockées ou transformées dans le magasin aux vivres de la marine, est dit port marchand. Il fait l'objet de diverses transformations au cours du 18e siècle.

Au tout début du 19e siècle, on évalue à environ 200 le nombre de gabares, de 100 à 300 tonneaux, qui circulent sur la rivière, en une année, à Rochefort. L'augmentation du trafic et l'accroissement de la taille des bateaux conduisent à décider, dans les années 1850, l'aménagement de deux bassins : le n° 1 est creusé à l'emplacement de l'ancien chenal du port marchand, il communique par un canal avec le n° 2 créé à l'extérieur de la ville. Ce nouvel aménagement portuaire, réclamé par la Chambre de commerce de Rochefort créée en 1843, est mis en service en 1868. L'ancienne forme de radoub, qui est exploitée par le Ville de Rochefort, complète l'équipement des bassins.

Dans les années 1860-1880, la baisse régulière et rapide du trafic maritime s'explique par la concurrence du chemin de fer - en 1857 pour la ligne reliant Rochefort à Aigrefeuille (dont la gare se situe près du bassin n° 2) et, en 1867, pour la ligne de La Rochelle à Saintes - et par l'augmentation du tonnage des bateaux qui entraîne la diminution de leur nombre pour un transport plus important de marchandises. Le trafic fait alors l'objet d'une importante mutation : le nombre de bateaux baisse de plus de moitié entre 1867, où 1117 bateaux, presque tous à voiles (à l'exception de 22), sont entrés dans le port, et 1878, avec un total de 486 bateaux, dont près du quart à vapeur ; dans le même temps, le tonnage des importations a été multiplié par trois, tandis que celui des exportations a diminué de près de vingt fois (passant de 63 519 à 3 217 tonnes à la seule destination de ports étrangers). Dans les années 1880, le port de Rochefort est devenu presque exclusivement un port d'importation, la majeure partie du trafic s'y faisant sous pavillons étrangers (anglais pour le charbon, norvégien, allemand et suédois pour les bois de construction). Les exportations de faible importance consistent en moellon et pierre de taille, vins, etc. De petits bateaux de cabotage transportent des denrées et des matériaux de construction dans les ports voisins.

Dans le même temps, le mouvement dans le port s'est beaucoup modifié. Les navires à voile de 400 à 500 tonnes, qui mettaient de 15 jours à trois semaines pour leur déchargement et prenaient ensuite du lest, restaient en moyenne un mois dans le port. Les navires à vapeur de 3000 tonnes et plus, mieux équipés, ne mettent que huit jours pour leur déchargement.

Dans les années 1860-1880 est examiné un projet de création d'un canal reliant le bassin n° 2 au Vergeroux, offrant aux navires de commerce un trajet plus court et leur évitant de traverser le port militaire. Ce projet, plusieurs fois étudié, est finalement abandonné en raison de son coût.

En 1890 est mis en service un troisième bassin à flot beaucoup plus vaste que les deux précédents (6 ha de superficie et 8 m de profondeur). Ce bassin est réalisé en même temps que la Charente fait l'objet de travaux d'approfondissement pour permettre à des navires de 8 m de tirant d'eau d'accéder au port à toute marée ; arrivés dans la rade, ils remontent à la marée, aidés par des remorqueurs, et, en deux heures, peuvent être amarrés et prêts à être déchargés.

Dans les années 1900 reste tout de même le problème de la traversée de l'arsenal, parfois gênée par les mouvements des navires de guerre et interdite la nuit.

A partir des années 1920, le bassin n° 3 reçoit surtout des importations de bois du Nord, puis des bois tropicaux. Les deux premiers bassins, sujets à l'envasement, sont de moins en moins utilisés et abandonnés en 1945 ; ils se comblent alors complètement au fil du temps. A partir de 1969, le monopole de l'importation des bois tropicaux par le port de la Pallice à La Rochelle porte atteinte au trafic du port.

Dans les années 1970, d'importants travaux sont entrepris pour que Rochefort retrouve son caractère maritime : les bassins n° 1 et n° 2 sont recreusés et transformés en port de plaisance. Dans le même temps, dans l'arsenal, le chenal de la Cloche et le bassin d'échouage qui y avait été aménagé vers 1880 sont remblayés au profit de la construction de bâtiments pour la SOCEA, actuellement Stelia Aerospace.

De nos jours, le port de la Cabane-carrée est devenu un simple quai. Les bassins n° 1 et 2 accueillent le port de plaisance. Le bassin n° 3 constitue le port de commerce de Rochefort. Ce dernier est associé avec celui de Tonnay-Charente pour un trafic principalement dédié à l'importation de bois du Nord et d'engrais, et à l'exportation de céréales.

Période(s)Principale : 4e quart 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle
Statut de la propriétépropriété publique
propriété privée

Annexes

  • Extrait d'un rapport du préfet de la Charente-Inférieure, le 19 floréal an 8 [9 mai 1800]. Service historique de la Défense, Rochefort, 2 K 1 5.

    « L'objet principal du port de Rochefort devant être l'approvisionnement de la marine et des colonies et la construction des bâtiments, il n'y a aucune position dans la république qui offre plus d'avantages ni qui soit en même temps plus utile pour le débouché des départements de l'intérieur, les vins, les eaux-de-vie se trouvent en abondance sur les rives de la Charente, les bois de construction de la totalité des départements peuvent se rendre à Rochefort sans frais par les rivières, la Charente, la Loire et la Garonne, deux canaux anciennement projetés dont l'un communiquerait par la Sèvre à la Loire et formerait la rivière du port de La Rochelle, l'autre communiquerait à la rivière de Bordeaux en prenant à l'amont jusque à Brouage, assurerait à Rochefort l'arrivée de toutes les denrées de la république et de tous les bois et ustensiles nécessaires à la construction, sans savoir aucun danger à craindre. […] Les dessèchements qui ont été opérés mettent à la proximité de Rochefort toutes les salaisons et les chanvres nécessaires à la marine. »

  • Extrait de "Rochefort". Dictionnaire universel théorique et pratique, H-Z, Tome second, 1861, p. 1339.

    "Le commerce de Rochefort s'exerce principalement sur les vins, eaux-de-vie, sel, blé, farine, houille, bois du Nord, métaux, chevaux, bétail, poissons salés, denrées coloniales. [...]

    Au point de vue du mouvement de la navigation, Rochefort occupe, à l'entrée, le 11e rang des ports français, et à la sortie le 13e rang. Son mouvement, combiné avec celui du port de Tonnay-Charente, lui donnerait le 7e rang."

Références documentaires

Bibliographie
  • Boutin, R.-J. Les anciens ports de commerce de Rochefort 1792-1904. Roccafortis, 2e série, tome IV, n° 13, 1984, p. 541-587.

  • Fardet, Marc. Histoire du port de Rochefort, cols bleus n° 1270, 3 mars 1973, p. 5-10.

    p. 7-8
  • L'Illustration économique et financière, n° spécial : La Charente-Inférieure. Paris, 1926.

    p. 49-50
  • Ministère des travaux publics. Ports maritimes de la France, T. 6 : de La Rochelle à Maubert. Paris : Imprimerie nationale, 1885.

    p. 83-130
  • Roche, Frédéric. Le port de commerce de Rochefort, dans : Bulletin de la Société de géographie de Rochefort, Tome XXIV, Rochefort : Gazeau, 1902.

    p. 281-301
  • Thomas. Mémoires pour servir à l'histoire de la ville et du port de Rochefort. Rochefort, Faye, 1828.

    p. 65-75
  • Voeux des conseils d'arrondissement. Rapports et délibérations, Conseil Général de la Charente-Inférieure, session août 1872, La Rochelle, 1872.

    p. XLVIII
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